“ La presqu’île de Portland, vue en plan géométral, offre l’aspect d’une tête d’oiseau dont le bec est tourné vers l’océan et l’occiput vers Weymouth ; l’isthme est le cou. Portland, au grand dommage de sa sauvagerie, existe aujourd’hui pour l’industrie. Les côtes de Portland ont été découvertes par les carriers et les plâtriers vers le milieu du dix-huitième siècle. Depuis cette époque, avec la roche de Portland, on fait du ciment dit romain, exploitation utile qui enrichit le pays et défigure la baie. ”
Portland
Définition et enjeux
Citations sur “Portland”
Ernest Duvergier de Hauranne,
Revue des Deux Mondes
“ Portland, d’où je vous écris, est au nord de Boston, dans l’état du Maine, jolie ville située entre deux bras de mer, sur une presqu’île enfermée elle-même par d’autres promontoires. L’hôtel de ville, ouvert à tous venans, a une coupole où nous montons sans qu’il soit besoin d’invoquer ni la clé du gardien ni le babil du cicérone. Il n’y a point en Amérique de ces parasites oisifs qui passent leur vie à tirer un rideau sur un mur ou à tourner la clé d’une porte ouverte. ”
Jules Verne,
Le testament d'un excentrique
(1899)
“ Ce train dessert les principales villes où bourgades de cette riche vallée de la Villamette, Vinchester, Eugène City, Harrisburg, Albany, Salem, la capitale de l'Etat, fraîche corbeille de fleurs et de verdure, Canb, Oregon City, la plus industrieuse, grâce aux puissantes chutes qui actionnent ses papeteries, ses sucreries, ses filatures, Portland, peuplée de soixante-quinze mille habitants, qui tient la tête du commerce oregonnais, et dont la Columbia fait un port de mer d'une grande activité. ”
“ La falaise de Portland est bizarre, tant elle est correcte. Dans l’océan le régulier est singulier. Cette falaise ne se laisse imposer par le flot aucune forme de caprice. Elle a en elle une géométrie que la mer dégage, mais ne modifie pas. Les coups d’équinoxe, les paquets de mer, les remous, les ressacs, peuvent entamer cette roche, non la sculpter. Les lames viennent avec leur scie, le flot vient avec son marteau ; peine perdue. La pierre de Portland livre ses blocs et garde ses lignes. Le flot, en désagrégeant ce qu’elle a de friable, ne fait que mettre à nu ce qu’elle a d’éternel. ”
“ Tout le paysage est pleureur. On préférerait l’ouragan. La tempête est une colère ; la brume est une bouderie. Le maussade est plus triste que le lugubre. Le sud maritime de l’Angleterre a longtemps gardé, même en pleine civilisation, l’aspect acariâtre et rébarbatif des vieux temps bretons. Portland est resté un lieu obscur, et presque un lieu inconnu, jusqu’au jour où il a donne le nom de comte à William Bentenek, premier gentilhomme de la chambre du roi Guillaume III et ambassadeur extraordinaire après la paix de Ryswyck. Mais, tout en devenant pairie, Portland est demeuré solitude. ”
“ La baie de Douarnenez, avec ses pignons, ses flèches et ses ogives, est moins extraordinaire que la baie de Portland avec ses étraves et ses architraves. Depuis qu’on exploite la baie en ciment dit romain, beaucoup de ces chefs-d’œuvre calcaires de Portland ont disparu, mais à mesure qu’on les démolit, la mer les reconstruit. Le propre de l’océan, c’est de ne pas discontinuer. Le flot recommence partout sur cette côte le même affouillement et le même édifice. Le refaire lui est facile, le varier lui est impossible. Cette roche, nous venons de le dire, est réfractaire. ”
“ Par qui l’enfant qu’on vient d’entrevoir dans la pénombre des solitudes de Portland, était-il rejeté ? Selon toute apparence, par des comprachicos. VL’ARBRE D’INVENTION HUMAINE Il pouvait être environ sept heures du soir. Le vent maintenant diminuait, signe de recrudescence prochaine. L’enfant se trouvait sur l’extrême plateau sud de la pointe de Portland. Portland est une presqu’île. Mais l’enfant ignorait ce que c’est qu’une presqu’île et ne savait pas même ce mot, Portland. Il ne savait qu’une chose, c’est qu’on peut marcher jusqu’à ce qu’on tombe. Une notion est un guide ”
“ L’Angleterre — Albion — est un morceau de craie. Cette craie n’est nulle part plus visible que dans la baie de Portland. Vers la pointe, où est le phare, toute la côte est une longue cassure blanche, avec quelques anfractuosités vertes au sommet qui sont de la moisissure, c’est-à-dire du gazon. Rien de plus riant l’été, l’hiver rien de plus rechigné. La mer abonde toujours dans le sens de la saison ; à l’été plein d’aube, de rayons et d’étoiles, elle offre un miroir ; à l’hiver elle ajoute la tempête. En juin, le gazon des falaises de Portland fourmille de fleurs ”
comte de Auguste Villiers de L'Isle-Adam, Histoires souveraines
“ C’est pourquoi, vers minuit, l’une des embarcations royales avait touché à Portland. Une juvénile forme féminine, en mante sombre, en était descendue, seule. La vision, après s’être orientée sur la plage crépusculaire, s’était hâtée, en courant vers les torches, du côté du tintement apporté par le vent.Sur le sable, accoudé à une pierre et, de temps à autre, agité d’un tressaut mortel, l’homme au masque mystérieux était étendu dans son manteau. ”
Alphonse Esquiros,
L’Angleterre et la Vie anglaise…
“ Un sol alluvien, déposé par les matériaux que roulaient les rivières, recouvrit le dirt bed. Enfin, séparée de la masse par quelque convulsion intérieure, toute la région fut engloutie de nouveau au fond de l’abîme jusqu’au jour où, à la suite de changemens et de dépôts successifs, l’île de Portland s’est enfin relevée, et a pris la position qu’elle occupe sur le détroit. Les carrières de Portland racontent l’histoire des variations du sol ; celles de Slonesfield (champs de pierres) , si riches en fossiles, contiennent les chroniques de la vie. ”
Léon Faucher,
Revue des Deux Mondes
“ A ne voir que le West-End, Londres est sans contredit la cité la plus belle et la plus salubre du monde. Quand on y entre par Portland-Place, par Oxford-Street ou par Piccadilly, en longeant cette admirable chaussée que bordent d’un côté les prairies de Green-Park et de l’autre Hyde-Park avec ses allées, que traversent à toute heure de splendides équipages et de brillans cavaliers, on se demande si les voies romaines qui partaient de la ville des Césars pour la joindre aux pays conquis, pouvaient avoir plus de grandeur. ”
“ La mer comme la terre était blanche; l’une de neige, l’autre d’écume. Rien de mélancolique comme le jour que faisait cette double blancheur. Certains éclairages de la nuit ont des duretés très nettes; la mer était de l’acier, les falaises étaient de l’ébène. De la hauteur où était l’enfant, la baie de Portland apparaissait presque en carte géographique, blafarde dans son demi-cercle de collines; il y avait du rêve dans ce paysage nocturne; une rondeur pâle engagée dans un croissant obscur, la lune offre quelquefois cet aspect. ”
“ L’agriculture du duc de Portland est une des curiosités de l’Angleterre, et nous pouvons dire du monde civilisé. Elle a renouvelé une grande partie du pays qu’occupait jusqu’au dernier siècle la forêt de Sherwood. À la place de ces bois profonds, de ces vastes clairières où les outlaws et les gardes-chasse du roi se faisaient la guerre, des champs fertiles se couvrent de tous les genres de culture, blés, prairies, racines. ”
“ Terre inculte fait laine rude. Le Chess-Hill d’aujourd’hui ne ressemble en rien au Chess-Hill d’autrefois, tant il a été bouleversé par l’homme, et par ces furieux vents des Sorlingues qui rongent jusqu’aux pierres. Aujourd’hui cette langue de terre porte un railway qui aboutit à un joli échiquier de maisons neuves, Chesilton, et il y a une « Portland-Station ». Les wagons roulent où rampaient les phoques. L’isthme de Portland, il y a deux cents ans, était un dos d’âne de sable avec une épine vertébrale de rocher. ”
Jules Verne,
P’tit Bonhomme
(1893)
“ C'est ainsi qu'au delà du château, ils débouchèrent devant un vaste ensemble de constructions à quatre étages en pierre de Portland, possédant une façade grecque longue de cent mètres, un fronton porté sur quatre colonnes corinthiennes, deux pavillons d'angles décorés de pilastres et d'attiques. Autour se déroule un véritable parc, où des jeunes gens se livraient déjà aux divers exercices de sport. ”
Rudyard Kipling,
La cité de l'épouvantable nuit
“ Ce n’est pas en vain que vous prodiguez le granit par tonnes cubiques, que vous consolidez vos falaises avec du ciment de Portland, que vous construisez une jetée de cinq milles, que vous établissez un club qui a l’air d’un petit palais. ”
Théophile Gautier,
Zigzags
(1856)
“ Une jonque est amarrée à ce quai en granit de Portland, et vous voyez la réalité de rêves que vous avez faits à la vapeur du thé, en regardant les lasses bleues, les coffres de laque incrustés de nacre, les potiches, les paravents, les éventails et les albums sur moelle de roseau, où ce peuple singulier trace des portraits que l'Européen sceptique s'obstine à prendre pour des chimères. ”
Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon,
Mémoires
“ La faveur de Portland [fut] la plus ancienne, la plus entière, la plus durable, et qui avoit eu la confiance de tous les manèges de ce prince en Hollande, pour s’y rendre peu à peu le maître, comme il le devint, de toutes ses pratiques dans toutes les cours de l’Europe, pour allumer et entretenir la guerre contre la France, enfin de toute l’affaire d’Angleterre, où devenu roi, il le fit comte de Portland, chevalier de la Jarretière, et lui donna des charges et des emplois. Portland, jusqu’à ce qu’il fût pair d’Angleterre, portoit le nom de Benting, qui étoit celui de sa famille. ”
Mark Twain,
Un pari de milliardaires, et autres nouvelles
“ Correctement vêtu, je me fis conduire en voiture à la maison de Portland Place et m’assurai par une inspection rapide de l’extérieur de l’hôtel que mes deux individus étaient de retour ; de là, je retournai chez le ministre pour chercher ma chère Portia ; nous repartîmes en voiture pour Portland Place et causâmes appointements tout le long de la route. Cette question brûlante donnait à sa beauté un caractère particulier ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ PORTLAND, pierre de, (Hist. nat.) nom donné par les Anglois à un grès grossier, composé de particules d’un sable très-sensible, d’un blanc sale, pesante & d’un tissu peu serré, dont les parties semblent collées ensemble par un spath luisant : cette pierre ne fait point feu. Son nom lui vient de l’île de Portland en Dorsetshire où il y en a de grandes carrieres. Voyez d’ Acosta, Hist. nat. of fossils. Portland, (Géog. mod.) petite île d’Angleterre dans la Manche, sur la côte du Dorsetshire, à quelques milles au midi de Dorchester. ”
Alexandre Ribot, Revue des Deux Mondes T.103, 1873
“ Encouragé par les succès obtenus à Portland, le gouvernement a créé en 1856 de nouveaux établissemens à Portsmouth et à Chatham. Nous n’avons visité que ce dernier, mais il doit être considéré comme un modèle : c’est en outre le plus grand de tous, car il peut contenir jusqu’à 1,700 condamnés, tandis que Portland n’a de place que pour 1,600 et Portsmouth que pour 1,300 prisonniers. A Chatham et à Portsmouth, les condamnés sont occupés à creuser des bassins où les plus grands vaisseaux cuirassés trouveront un abri et pourront être mis en réparation. ”
Le colonel de la Moskowa, Revue des Deux Mondes
“ D’un autre côté, le parti républicain, opposé à Portland, ne restait pas inactif ; son chef, Moses Read, maire de Newport, homme influent dans sa localité, représenta au parlement que l’île ne serait jamais tranquille tant que lady Portland demeurerait a Carisbrooke, et qu’il fallait à tout prix l’en faire sortir. Se reposant sur l’affection que le peuple portait à son mari, la comtesse s’était réfugiée dans le château, et avait réclamé pour elle et ses cinq enfans la protection du colonel Brett, qui y commandait au nom du roi une faible garnison de vingt hommes. ”
“ Sitôt mai arrivé, dès que le tardif printemps anglais commence à poindre, cette baie de Portland, ouverte aux souffles du sud, s’emplit d’hirondelles, de martinets et de grimpereaux. En même temps, dans les anses solitaires du golfe, les hauts pans de roche, les larges tables calcaires inclinées et fendues, se hérissent gracieusement de toutes sortes de folles broussailles, semant des parfums sur la mer à chaque secousse du vent. Ce ne sont que des ronces, mais quoi de plus beau qu’une ronce au printemps ! La ronce, comme la fîlle, a la beauté du diable. Jeunesse, tout est dans ce mot ”
Jean-Jacques Baude,
Les Côtes de la Manche. Cherbourg…
(1859)
“ Portsmouth est déjà flanqué à soixante milles de distance à l'est et à l'ouest par deux de ces é.tablissemens, New-Haven et Scaford d'un côté, Portland de l'autre : à New-Haven, on construit un brise-lame de 1,850 mètres, d'une longueur équivalente à la moitié de celle de la digue de Cherbourg; à Portland, l'administration, mieux inspirée que nous, qui, lorsque nous n'exportons pas nos condamnés, ne savons les employer qu'à des travaux de fabrique, occupe les prisonniers à compléter par la création d'un môle de 2,300 mètres une rade déjà passable. ”
“ Il s’y passait les mêmes choses que dans l’antre de Trophonius, ce qui prouve que les cavernes sont de toutes les religions. Victor Hugo s’affirme une nouvelle fois peintre prodigieux dans cette description de la baie de Portland. Si, dans la version définitive, il n’a conservé que quelques détails d’histoire naturelle et de botanique, dans son reliquat il nous donne une étude complète de la formation géologique de Portland ; et ce n’est pas par vaine satisfaction d’érudit : sa géologie est amusante, captivante et, par-dessus tout, poétique ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo…
“ L’immense abandon des hommes était autour de lui. Il traversa diagonalement le premier plateau, puis un second, puis un troisième. À l’extrémité de chaque plateau, l’enfant trouvait une cassure de terrain ; la pente était quelquefois abrupte, mais toujours courte ; les hautes plaines nues de la pointe de Portland ressemblent à de grandes dalles à demi engagées les unes sous les autres ; le côté sud semble entrer sous la plaine précédente, et le côté nord se relève sur la suivante. Cela fait des ressauts que l’enfant franchissait agilement. ”
J.-Jacques Ampère, Revue des Deux Mondes
“ Ce qui est bien digne de remarque, c’est que ce soit dans un pays où le grand nombre règne qu’on ait ainsi interdit l’objet de la passion du grand nombre. Du reste, on s’y est parfaitement soumis, et le maire de Portland, capitale de l’état du Maine, félicite en ce moment ses concitoyens des bons effets de la loi, qui a diminué les crimes et le paupérisme dans la cité. ”
Alphonse Baralle, Atlas universel, contenant la géographie physique… (1877)
“ A peu de distance de Weymouth se trouve Nottington, célèbre par sa source thermale et Radipole dont on vante aussi la source d'eau minérale sulfureuse. PORTLAND est un endroit révère qui attire surtout les géologues ; le sol repose sur une masse énorme de pierres de taille. On y remarque une caverne d'où jaillit une source abondante. Portland est célèbre dans l'histoire d'Angleterre. En 1142, on y éleva une vaste forteresse dont il ne reste plus-que des ruines. Le bourg de Melcome-Régis, vis-à-vis de Weymouth, avec laquelle il communique par un pont fort élégant, renferme 6,000 habitants ”
Alcide d' Orbigny, Voyage pittoresque dans les deux Amériques… (1836)
“ PORTLAND, naguère la capitale et aujourd'hui encore la ville la plus importante du Maine, peuplée de 12,000 habitans, située sur la baie Casco qui y forme un des plus beaux ports de l'Amérique ; EASTPORT avec 2,400 habitans , WALDEL-BOROUGH avec 3,000; GASTINE , HALLOWEL, WIS-CASSET, BATII, KENNEBUNK, BRUNSWICK, THOMAS-TOWN, GARDINER, etc., plus ou moins intéressantes. Le INEW-HAMPSHIRE confine aussi au Canada ; c'est un Etat peu étendu, dont le climat est sujet à des variations assez grandes qui ne le rendent pourtant pas insalubre. Son sol est riche, ses manufactures sont importantes. ”
Léonce de Lavergne,
Dictionnaire encyclopédique usuel…
(1858)
“ PORTLAND, ville des Etats-Unis de l'Amérique septentrionale, capitale de l'Etat du Maine, à 38 lieues de Boston , avec une rade bonne et sûre dans la baie de Casco. Elle est bien bâtie et défendue par trois forts, et fait un commerce actif. Sa population est de 10,000 habitants. PORTLAND (PIERRE DE) OU PORTLAKDSTONE, roebe calcaire, d'une texture souvent crayeuse, mais plus souvent oolithique (c'est-à-dire formée de petits grains ronds que l'on a comparés à de petits oeufs de poissons) . On la trouve dans l'île de Portland, et elle sert pour les constructions. ”
