Edgard Guilbeau, Chants et légende de l'aveugle (1891)
“ J'ai évoqué ce qu'a dû être l'aveugle dans des milieux historiques divers. J'ai analysé mon coeur pour en tirer des soupirs vrais, des plaintes sincères, et quelques joies aussi. Ma gerbe, malgré un rude labeur, est bien incomplète sans doute : plusieurs de nos états d'âme ayant été omis, beaucoup de nos sensations se trouvant oubliées ; elle est trop souvent imparfaite aussi : par négligence ou par réminiscence, j'ai, quoique sans cesse contrôlé par d'autres aveugles, parfois employé des mots et des figures peu à notre usage. ”
