Choléra des poules

Définition et enjeux

Jules Héricourt Revue des Deux Mondes

Peut-être l’histoire du microbe du choléra des poules se fût-elle arrêtée là, si M. Pasteur n’avait eu la curiosité d’inoculer ses cultures à toute une série d’animaux. Or, chez le cochon d’Inde, entre autres, le seul phénomène produit par l’inoculation est un trouble purement local ; c’est un abcès qui s’ouvre et guérit spontanément ; mais vient-on à inoculer du pus des abcès ainsi formés à des poules, ou même à des lapins, qu’on voit ces animaux succomber avec les symptômes bien caractérisés du choléra des volailles.
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Paul-G. Charpentier Les Microbes (1909)

Parfois se déclare dans les basses-cours une maladie désastreuse qu'on désigne vulgairement sous le nom de choléra des poules. L'animal en proie à cette affection est sans force, chancelant, les ailes tombantes. Les plumes du corps, soulevées, lui donnent la forme en boule. Une somnolence invincible l'accable. Si on l'oblige à ouvrir les yeux, il paraît sortir d'un profond sommeil et bientôt les paupières se referment, et le plus souvent la mort arrive sans que l'animal ait changé de place, après une muette agonie. C'est à peine si quelquefois il agite les ailes pendant quelques secondes.
Source : Gallica

Portrait de René Vallery-Radot René Vallery-Radot M. Pasteur : histoire d'un savant (1884)

Or, circonstance bien particulière, ce milieu de culture est tout à fait impropre à la vie du microbe du choléra des poules. Non seulement il ne s'y développe pas, mais il y périt même promptement, en moins de quarante-huit heures. Ne peut-on rapprocher ce fait si singulier de ce que l'on observe quand un organisme microscopique se montre inoffensif pour une espèce animale à laquelle on l'inocule? Il est inoffensif parce qu'il ne se développe pas dans le corps de l'animal ou que son développement s'arrête et ne saurait atteindre les organes essentiels à la vie.
Source : Gallica

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