“ On y rencontre la naïveté campagnarde de ce « rusticus vir » que ses contemporains dédaignèrent comme un trop rude peintre des champs, qu'on oublia pendant deux siècles, & qui renaît depuis en vainqueur. Rien de plus doux à l'œil, de plus pénétrant pour l'âme, que les toiles d'Albert Cuyp ; le calme est dans son pâturage, le drame dans ses ciels mouvementés & profonds. ”
Albert Cuyp
Définition et enjeux
Citations sur “Albert Cuyp”
Théodore Van Lerius, Supplément au Catalogue du Musée d'Anvers (1863)
“ Cette note extraite des registres de l'étatcivil, nous apprend que M. (de Br.) Albert Cuyp a été enterré le 7 novembre 1691, dans l'église des Augustins, et que la sonnerie s'est fait entendre une fois, pendant cette funèbre cérémonie. Cuyp qui appartenait à la bonne bourgeoisie, habita, près de Dordrecht, une campagne nommée Dordwyk. Lorsque le corps de logis en fut rebâti, en 1856, on' eut soin de conserver une tourelle, sur la porte de laquelle notre artiste avait peint un homme de grandeur naturelle. Nous devons cette biographie aux ouvrages de MM. Immerzeel et Kramm. ”
Partie des tableaux de la collection de Mr Bacofen (1840)
“ Elève de son père, Jacques Gueritz CUYP, qui peignait le paysage, ALBERT le surpassa de beaucoup et ses productions sont très rares et recherchés. La plus grande verité distingue ses ouvrages, et ses compositions sont riantes et agréables. Il savait bien choisir ses sites, et les détails de la nature que l'on trouve dans ses tableaux prouvent combien il l'avait étudié. Ce grand peintre a traité tous les genres avec un succès égal et il s'y est montré si parfait que nous ne saurions dire dans lequel il a été le plus habile. ”
Eugène Fromentin,
Les Maîtres d’autrefois. - Belgique-Hollande…
“ Sans sortir de France, on a pu voir dans des ventes de collections particulières des œuvres de Cuyp, non pas plus délicates, mais plus puissantes et plus profondes. Un vrai beau Cuyp est une peinture à la fois subtile et grosse, tendre et robuste, aérienne et massive. ”
Eugène Fromentin,
Les Maîtres d’autrefois. - Belgique-Hollande…
“ Il n’a pas la blonde atmosphère de Cuyp, et l’ingénieuse habitude de placer dans ce bain de lumière et d’or, des bateaux, des villes, des chevaux et des cavaliers, le tout dessiné comme on le sait, quand Cuyp est de tous points excellent. Son modelé, pour être des plus savans lorsqu’il l’applique soit à des végétations, soit à des surfaces aériennes, n’offre pas les difficultés extrêmes du modelé humain de Terburg ou de Metzu. Si éprouvée que soit la sagacité de son œil, elle est moindre en raison des sujets qu’il traite. ”
Musée d'Amsterdam (Rijksmuseum… (1910)
“ Dans toutes ses œuvres Cuyp se montre avant tout un coloriste très remarquable; mais il avait une personnalité trop individuelle et trop vigoureuse pour chercher dans l'exploitation de recettes fixes de colorations et dans une facture douceâtre les moyens de conférerà ses toiles un charme tout extérieur. C'était un artiste d'un jugement sain, sachant comprendre toutes les formes du beau et toujours prêt à tirer de tous les aspects de la nature — paysage, nature morte, personnages, animaux — matière à de riches compositions d'un chaud coloris. ”
Auguste Jal,
Galerie du Musée de France publiée par Filhol
(1828)
“ Cette composition est très-simple; l'arrangement en est si naturel, qu'il semble que l'art n'y est pour rien. Le dessin des chevaux de Cuyp est loin d'être irréprochable. Ces animaux manquent d'élégance et de noblesse; la couleur en est satisfaisante, mais qu'elle est loin de celle de Wouwermans ! Le ton général de ce tableau est agréable; quelques parties en sont brillantes, et d'une finesse qui est assez rare chez l'auteur. ”
William Bürger,
Galerie Suermondt à Aix-la-Chapelle
(1860)
“ Die kernigen Züge sind in einer wahren Färbung mit kräftigen Schatten voh Meisterhand hingeschrieben. Cuyp beweist in diesem Bildchen, dass, obschon nicht Portraitmaler von Fach, er in dieser. Grösse das menschliche Antlitz völlig beherrscht. A. CUYP. 41. — Das Studium eines Schimmels mit Zaum und Sattel; über letzerem hängt ein rother Rock; vor demselben zwei Hunde. Die Sonne fällt auf die dem Beschauer abgekehrte Seite der Thiere, so dass die vordere im hellen Widerschein liegt. ”
Émile Michel,
Les maîtres du paysage...
(1906)
“ Dans ceux de ces dessins qui sont faits d'après nature, Cuyp montre une aisance et une largeur remarquables; mais les informations ne sont jamais poussées très loin et ne manifestent qu'une connaissance médiocre de l'anatomie des animaux représentés. Les eaux-fortes de l'artiste, au nombre de huit sont gravées d'un trait un peu gros ; on sent qu'il ne s'accommode guère d'un instrument aussi incisif que la pointe et qu'il est plus à son aise quand il tient le pinceau. Les œuvres de Cuyp sont assez nombreuses et le total de celles que Smith a mentionnées s'élève à 281. ”
Château de Moreuil. Collections… (1884)
“ Elève de son père, Jakob'Gerritz Cuyp,habile paysagiste, il l'eut bientôt surpassé, et embrassant divers genres, peignit des portraits, des marines, des paysages, des '- fleurs, des animaux. Au reproche fait à ses œuvres de porter trop loin la simplicité et de manquer de fini, il faut opposer une exécution sage, spirituelle et une couleur admirable. ”
Émile Michel,
Les maîtres du paysage...
(1906)
“ Il ne semble pas d'ailleurs se préoccuper outre mesure de modifier l'arrangement de ses compositions et il s'en tient presque toujours à celles qui lui ont réussi. On connaît cet arrangement qu'il a maintes fois adopté dans ses tableaux : les bêtes placées au bord de l'eau, près d'un tertre peu élevé, qui en s'abaissant vers le centre, laisse apercevoir l'horizon bas, noyé dans une lumière chaude et colorée. Pas plus que les expressions individuelles des animaux, d'ailleurs, les détails du paysage ne sont rendus par Cuyp avec une exactitude bien scrupuleuse. ”
Harriet Beecher Stowe,
Souvenirs heureux, voyage en Angleterre…
(1857)
“ Je vis un grand nombre de tableaux de Cuyp, qui satisfirent la soif que j'ai du coloris, et qui produisirent sur moi l'effet que j'attendais de ceux de Claude. Généralement parlant, le nombre de ses sujets est très-limité et d'un caractère vulgaire une petite pièce de terre ou d'eau, avec quelques bestiaux et quelques figures qui ne signifiaent pas grand chose et cependant il baigne cet ensemble d'un flot de lumière qui est aussi vaporeuse et suscite autant de rêves que celte qui remplit les voûtes de nos forêts dans les jours d'automne. ”
René Ménard, Le monde vu par les artistes : géographie artistique (1881)
“ Cuyp produisent toujours une impression poétique. Nul autre, Claude Lorrain excepté, n'a su rendre comme lui les teintes vaporeuses du crépuscule. Il ne faut pas chercher dans les animaux de Cuyp la précision de dessin qui caractérise Paul Potter; c'est avant tout un coloriste, et peu de peintres ont connu aussi bien que lui la magie des effets de lumière, surtout quand le soleil perce à travers les vapeurs du matin. ”
Émile Michel,
Les maîtres du paysage...
(1906)
“ S'il n'eut pas toutes les aptitudes de Cuyp, Paul Potter, en se consacrant exclusivement à la peinture des animaux, a sur lui, en ce genre, une supériorité incontestable. Par son amour de la nature et l'originalité de son talent, aussi bien que par la douceur aimable de son caractère, il mérite une place à part, et sa mort en pleine jeunesse - il avait à peine vingt-neuf ans — prête à cette figure d'artiste un charme singulièrement touchant. ”
Eugène Fromentin,
Les Maîtres d’autrefois. - Belgique-Hollande…
“ Van-Goyen est par trop incertain, volatil, évaporé, cotonneux ; on y sent la trace rapide et légère d’une intention fine, l’ébauche est charmante, l’œuvre n’est pas venue, parce qu’elle n’a pas été substantiellement nourrie d’études préparatoires, de patience et de travail. Cuyp lui-même souffre sensiblement de ce voisinage sévère, lui si fort et si sain. ”
Émile Michel,
Les maîtres du paysage...
(1906)
“ Comme van Goyen, Cuyp était attiré par les immenses nappes d'eau qui entourent Dordrecht. Les motifs les plus divers y tentaient ses pinceaux. C'étaient d'abord des Marines, comme l'Orage du Louvre, avec des barques secouées par les flots et la foudre qui sillonne la nue. ”
Theodore Child, Les peintres de la jeunesse (1889)
“ Cuyp a traité tous les genres, et dans tous il a excellé. Il a peint des animaux, et il y a égalé Potter: des paysages, comparables à ceux de Ruysdaël et de Hobbema; des marins tout à fait extraordinaires de force et de vérité; des fleurs, des portraits. Le musée de Cologne et celui de Francfort peuvent faire apprécier le génie de portraitiste de cet admirable maître, que notre Louvre et les musées de Hollande montrent surtout comme un peintre d'animaux et de paysages. ”
Charles Monselet,
Monsieur de Cupidon. Aristide Chamois
(1854)
“ En se levant, M. de Cupidon crut qu'il était du ton le meilleur d'aller prendre le menton à la dame de comptoir, quelque insuffisante qu'elle fût. C'était un tic qu'il avait contracté jadis , et dont il s'était toujours bien trouvé. Cette action, qu'il accomplit avec la simplicité d'un homme qui éternue , occasionna un scandale effroyable. La dame manqua de s'évanouir ; — et une famille, qui se régalait dans un coin, murmura les mots de garde et de poste. Le maître du restaurant accourut, avec ses garçons rangés en bataille. ”
Charles Monselet,
Monsieur de Cupidon. Aristide Chamois
(1854)
“ Le soir de ce même jour, — M. de Cupidon sortait de son hôtel de la Boule-Rouge, après avoir fait un excellent repas. Il allait, je ne sais où, l'oeil allumé, les lèvres entr'ouvertes, et contemplant avec recueillement son petit ventre qui marchait devant lui. Cet état de douce quiétude pesa bientôt à notre héros, qui commença à se créer une foule de passe-temps, tels que de fredonner un air que personne n'avait inventé, de sourire aux vieilles femmes, de frapper sur sa tabatière sans l'ouvrir, de regarder l'heure sans la voir. ”
Marcel Reymond, Le musée de Lyon : tableaux anciens (1887)
“ Cuyp traite la nature morte largement, comme le font les peintres d'histoire, tandis qu'ici notre citron, nos crevettes sont d'un maître qui n'a pas fait autre chose de toute sa vie, bornant son ambition à faire ruisseler l'or du soleil sur des fruits mûrs ou sur de riches orfèvreries. Le nom de Cuyp écarté, et il n'aurait jamais dû être prononcé , on pense tout naturellement à W.Kalf. Kalf a peint deux genres de tableaux: des intérieurs de cuisine comprenant des personnages et une foule d'objets tels que casseroles, fruits, légumes, le tout en très petites dimensions ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Pour ne pas rester en arrière dans le mouvement, M. Quilp se mit à l’œuvre avec une vigueur extraordinaire, poussant et gourmandant tout le monde comme un vrai démon ; imposant à Mme Quilp une quantité de travaux rudes et impraticables portant lui-même du haut en bas, sans effort apparent, les plus lourds fardeaux ; lançant des coups de pied à son commis du débarcadère toutes les fois qu’il pouvait l’attraper ”
Louis Georges Duvernoy,
Notice historique sur les ouvrages et la vie de Cuvier
“ M. Cuvier connaissait les limites de cette partie philosophique de l’histoire naturelle, au-delà desquelles on tombe dans le vague des régions de la métaphysique. Sa profonde sagesse n’a jamais dépassé ces limites dans les nombreux rapports que son génie lui a fait découvrir chaque fois qu’il a dirigé son attention sur quelque point de la science qui en recélait de réels. ”
Louis Georges Duvernoy,
Notice historique sur les ouvrages et la vie de Cuvier
“ Peu de temps après, il fit partie de la première organisation de l’Institut, comme membre de la classe des sciences physiques et mathématiques. Quelques conversations avec des savans dignes de l’apprécier, quelques mémoires lus à la Société d’histoire naturelle de Paris, avaient suffi dans ces temps historiques, où l’orage de la révolution commençait à se calmer, où l’ordre social renaissait peu à peu, où presque tous les établissemens scientifiques étaient à créer, pour placer M. Cuvier dans une position digne de lui, la plus propre à montrer toute l’étendue, toute la puissance de son génie. ”
Albert Giraud,
Héros et Pierrots
“ Ce bel amour vient d’une vanité De femme : je n’ai pas, comme d’autres, été, Lamentable et piteux, languir sous ta fenêtre. Eliane vaincue a rencontré son maître. Ton âme de coquette a bondi sous l’affront, Et c’est par vanité que tu courbes le front ! ”
François Guizot,
Mémoires pour servir à l'Histoire de mon temps…
“ A cette occasion, comme à d'autres, on a maltraité la mémoire de M. Cuvier; on l'a accusé d'ambition servile et de pusillanimité. C'est bien mal connaître la nature humaine et injurier bien légèrement un homme de génie. J'ai beaucoup vécu avec M. Cuvier; la fermeté d'âme et de conduite n'était pas sa qualité dominante; mais il n'était ni servile, ni dominé, contre sa conscience, par la peur. Il aimait l'ordre, un peu pour sa propre sécurité, bien plus encore dans l'intérêt de la justice, de la civilisation, du bien-être social, du progrès intellectuel. ”
Louis Georges Duvernoy,
Notice historique sur les ouvrages et la vie de Cuvier
“ M. Cuvier n’était pas plus un homme de parti en politique que dans les sciences ; son génie lui faisait voir de trop haut les débats politiques ; et, de ce point de vue élevé, les passions des hommes se rapetissaient si fort à ses yeux, qu’il répugnait d’y prendre couleur. Le seul sentiment qui l’anima, qui domina toutes ses opinions, tous ses jugemens, était celui de la justice universelle et de l’ordre. ”
Louis Georges Duvernoy,
Notice historique sur les ouvrages et la vie de Cuvier
“ M. Cuvier était loin de la négliger ; les différences d’organisation n’étaient souvent pour lui que des modifications d’un même plan ; et ce plan, qui pouvait se vanter de posséder toute sa puissance intellectuelle pour le mieux saisir ; d’avoir acquis plus d’expérience et de science pour en découvrir tous les détails ; d’être doué, comme lui, pour en pénétrer avec justesse toutes les lois les plus cachées, de ce regard du génie, le plus perçant à la fois et le plus étendu ? ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Faisant gravir à sa voix une sorte d'échelle musicale à mesure qu'il posait ces questions, M. Quilp termina la gamme par un cri aigu, et reprit cet air essoufflé qui lui était habituel, et qui, feint ou naturel, avait également pour effet de bannir toute expression de son visage, et de le rendre parfaitement impassible, autant que cela pouvait lui être utile pour dissimuler sa pensée.«Monsieur Quilp,» dit le gentleman.Le nain porta la main à sa grande oreille pendante, pour témoigner, en apparence, la plus grande attention. ”
“ Un dernier rayon de soleil perce les rideaux, et lui fait un sillage de lumière. Et, comme elle s’avance, un cri m’échappe. Sa taille s’est affinée. Son buste a repris la désinvolture rhythmique de la jeunesse. Au front, aux tempes, plus de rides. S’éclairant d’elle-même, la peau éblouit. ”
Louis Georges Duvernoy,
Notice historique sur les ouvrages et la vie de Cuvier
“ Si la supériorité intellectuelle de M. Cuvier, secondée par les circonstances les plus favorables de l’époque où il a vécu, a mis sa carrière scientifique à l’abri des revers qui n’épargnent pas toujours celui veut y persister malgré des obstacles en tout genre ; si ce grand homme a joui d’un bonheur inaltérable comme auteur, en ne recueillant de toutes parts, pour ses immortels travaux, que de justes éloges, que les suffrages unanimes de ses contemporains ”
Rudyard Kipling,
Le Livre de la jungle
(1930)
“ On nous apprend à l'école du cavalier à nous coucher et à laisser nos maîtres tirer par-dessus nous, mais Dick Cunliffe est le seul homme à qui je me fierais pour cela. Cela me chatouille au passage des sangles, et, en outre, je n'y vois rien, avec la tête sur le sol. — Que vous importe qui tire par-dessus vous? répondit le chameau. Il y a beaucoup d'hommes et beaucoup de chameaux tout près, et des masses de fumée. Je n'ai pas peur, alors. Je reste tranquille, et j'attends. — Et cependant, dit Billy, vous faites de mauvais rêves, et vous bouleversez le camp la nuit... Eh bien! ”
Paul Féval, La première aventure de Corentin Quimper (1877)
“ M. Surcouf avait bon cœur, c'est connu, quoique mal embouché et jurant salé comme un trancheur de morues. Il s'arrêta et s'assit sur le parapet du Sillon, les pieds pendants, pour dire : — Sale femme (maman Quimper ne se fâcha pas plus cette fois que l'autre) , la Jeune-Émilie est un magasin. Si je te le cède, où diable veux-tu que je mette mon brai, ma ferraille et ma filasse? ”
Charles Monselet,
Monsieur de Cupidon. Aristide Chamois
(1854)
“ M. de Cupidon fit un geste : il tressaillit et lança un regard olympien sur la jeune femme inclinée devant lui. — Galant homme! galant homme! murmura-t-il mielleusement entre ses dents et en composant sonvisage; certainement cette qualification a son prix, mais elle a aussi ses désavantages : ainsi, chère baronne, permettezmoi une supposition ; mettons en fait pour un instant que vous ayez affaire, non pas précisément à un malhonnête homme, mais à un infortuné sur qui vos charmes ont produit une si vive impression qu'il ne peut résister plus longtemps au désir de vous en faire l'aveu... ”
