“ Gaston Maspero continue à travailler et à professer, mais l’âge de la retraite ne tardera pas à sonner pour lui. Malgré le dédain que beaucoup d’étrangers, qui n’ont fait ni plus ni mieux, affectent pour elle et pour une partie de son œuvre, cette génération qui s’en va peut se rendre le témoignage qu’elle n’a point laissé péricliter l’œuvre de Champollion. En France, elle a enseigné sans relâche au Collège de France, à l’École des hautes études, au Louvre ”
Citations sur “Gaston Maspero”
Gaston Maspero,
Guide du visiteur au Musée du Caire…
(1915)
“ Il 611 est de même partout à Sakkarah ou à Gizéh, et la raison du contraste qu'on remarque entre l'attitude grave et compassée des statues et la franchise des bas-reliefs s'explique à la réflexion. Il s'agit ici de gens du peuple dont aucune préoccupation de dignité personnelle n'enchaînait les gestes et qu'on pouvait, qu'on devait même figurer ainsi sans nuire à leurs conditions d'existence dans l'autre vie. ”
Gaston Maspero,
Guide du visiteur au Musée du Caire…
(1915)
“ Lorsque M. Maspero reprit son poste en 1899, il ne restait à Gizéh que des séries dépareillées qu'il se reprit avec ardeur à compléter et à élargir : grâce à sa persévérance, grâce à la publication par Crum et par Strzygowski d'une partie de nos richesses, grâce aux fouilles faites par l'Institut français d'archéologie à Baouît dans les couvents de Saint-Apollo et de Sainte-Rachel, puis par Quibell à Sakkarah dans le couvent de Saint-Jérémie, l'art copte a maintenant conquis son droit de cité dans l'histoire. ”
“ La génération suivante s’occupa de régulariser la Science et de la mettre, une fois pour toutes, en possession des instruments nécessaires à la formation des générations futures. Elle se composait des hommes élevés à l’école d’Emmanuel de Rougé, Jacques de Rougé son fils, Paul Pierret, Paul Guieysse, Eugène Lefébure, et bientôt du groupe qui se rassembla autour de Gaston Maspero. ”
Gaston Maspero,
Les monuments funéraires de l'Égypte ancienne
(1899)
“ C'est la face orientale qui, dans les mastabats est la face principale. C'est à la face Est en effet, que, quatre fois sur cinq, se trouve l'entrée du tombeau. Il est extrêmement rare que cette face soit absolument nue. — Presque toujours, voici ce qu'on y remarque : 1° A quelques mètres de l'angle Nord-Est est une niche quadrangulaire, très haute et très étroite, au fond de laquelle la maçonnerie même du mastaba dessine les longues rainures verticales qui distinguent les stèles de cette époque; cette niche est quelquefois remplacée par une stèle sans importance, avec ou sans inscription ”
Gaston Maspero,
Lectures historiques, rédigées…
(1890)
“ Leur puissance, leur courage, leurs vertus ne leur serviraient tout au plus qu'à raccourcir leur séjour dans notre monde de lumière, et à les précipiter au fond des enfers avant le temps ! On crut que les dieux, les séparant du vulgaire, les accueillaient dans une île fertile, éclairée par le soleil, et séparée du séjour des hommes par la rivière infranchissable qui mène aux enfers. ”
Gaston Maspero,
Guide du visiteur au Musée du Caire…
(1915)
“ Au début, comme on craignait dans le mort un être redoutable, jaloux des siens qu'il laissait derrière lui et du bonheur dont ils jouissaient sur la terre, il semble qu'on se soit ingénié à inventer les moyens les plus sûrs pour l'empêcher de revenir dans la maison qu'il avait quittée et d'y tourmenter les siens. ”
Gaston Maspero,
Causeries d'Égypte (2e édition…
(1909)
“ Voilà bien la maigreur saine des flancs et la finesse de la tête : les narines palpitent presque sous le souffle qui les gonfle, les joues frémissent, les yeux regardent au loin devant eux avec une expression rêveuse et honnête. ”
Gaston Maspero,
Guide du visiteur au Musée du Caire…
(1915)
“ Il est pourtant inférieur à notre Chéîkh-el-beled (cf. p. 64-651 n° 140) , ainsi qu'au scribe accroupi du Louvre. ',' Angle sud-ouest de la salle. m 142. Calcaire. — Haut. 0 m. 61 cent. — Sakkarah. Statue trouvée près de la statue précédente (cf. plus haut, n° 1 ho et fig. 18) , à l'extérieur du mastaba, et représentant le même pel" sonnage. Il est assis, la main droite fermée, la gauche étalée sur leS genoux. Une grosse perruque lui couvre la tête et cache les oreilles. Les yeux sont incrustés; ils ont gardé tout leur éclat. ”
Gaston Maspero,
Guide du visiteur au Musée du Caire…
(1902)
“ La paroi de gauche est comme une officine de parfumeur ; on y voit, dans de grands vases peints de manière à imiter le jaspe, le granit, la poterie fine, les sept essences et les deux fards noir et vert dont le mort avait besoin pour se parfumer dans l'autre monde et pour assurer à ses membres une jeunesse éternelle. ”
Gaston Maspero,
Lectures historiques, rédigées…
(1890)
“ Ils ne sont point blessés, non plus que le lion, mais leur caparaçon est souillé de poussière et de sang, les plumes qui ornent leur tête sont en lambeaux, et leurs colliers traînent à moitié brisés. Ramsès les flatte, leur parle, leur promet une place d'honneur dans les écuries de son palais, des rations illimitées de fourrages et des parures superbes pour le restant de leurs jours; les bonnes bêtes paraissent le comprendre et relèvent la tête à sa voix malgré leur fatigue. ”
Gaston Maspero,
Les monuments funéraires de l'Égypte ancienne
(1899)
“ Salut à vous, dieux qui êtes dans la salle de Vérité et de Justice, qui n'avez point le mensonge en votre sein, mais vivez de vérité et en nourrissez votre coeur, par devant le seigneur Dieu qui habite en son disque solaire. Délivrez-moi de Typhon (le dieu du mal) qui se nourrit d'entrailles, ô magistrats, en ce jour du jugement suprême; donnez au défunt à vous, lui qui n'a point péché, qui n'a ni menti ni fait le mal, qui n'a commis nul crime, qui n'a point rendu de faux témoignage, qui n'a rien fait contre lui-même, mais vit de vérité et se nourrit de justice. ”
Gaston Maspero,
Causeries d'Égypte (2e édition…
(1909)
“ Une fois là, on se trouve soudain dans un monde infiniment éloigné du nôtre : colonnes, bas-reliefs, peintures, salles obscures ou claires, cryptes perdues dans l'épaisseur des murailles, escaliers montant aux terrasses vers les chapelles d'Osiris et vers la couverte de l'hypostyle, tout est si bien conservé qu'on s'attend presque à rencontrer au détour d'un couloir un fidèle d'autrefois oublié par le temps. ”
“ Ceux qui traitent de l’art copte méritent une attention particulière, car on avait dédaigné jusqu’alors les productions de la civilisation chrétienne de l’Égypte et on avait négligé de les recueillir systématiquement. M. Maspero fut le premier à les rechercher, à en former un Musée distinct, et à en encourager la publication. ”
Gaston Maspero,
Les monuments funéraires de l'Égypte ancienne
(1899)
“ Ce que vous éprouvez n'est point l'admiration qui éclate à l'aspect d'un chef-d'oeuvre de l'art, mais c'est une impression profonde. L'effet est dans la grandeur et la simplicité des formes, dans le contraste et la disproportion entre la stature de l'homme et l'immensité de l'ouvrage qui est sorti de sa main : l'oeil ne peut le saisir, la pensée même a peine à l'embrasser. C'est alors que l'on commence à prendre une grande idée de cet amas immense de pierres taillées, accumulées avec ordre à une hauteur prodigieuse. ”
Gaston Maspero,
Lectures historiques, rédigées…
(1890)
“ Les enterrements à Thèbes ne sont pas de ces procèssions muettes, où la douleur se trahit à peine par quelques larmes furtives. Il faut du bruit aux morts, des sanglots, des gestes désordonnés. Non seulement on loue des pleureuses à gage dont le métier est de crier, qui s'arrachent les cheveux, chantent des complaintes, et jouent en conscience l'extrême du désespoir, mais les parents et les amis ne craignent pas de se donner en spectacle, ni de troubler par les éclats de leur deuil l'indifférence des passants. ”
Gaston Maspero,
Causeries d'Égypte (2e édition…
(1909)
“ Les gens qui en font métier savent que les petites bêtes alignées en processions disparates sur les monuments égyptiens sont des signes de lettres ou de syllabes, et que chacune d'elles possède ses valeurs immuables dont la plupart nous sont familières. Si vous rencontrez sur un sarcophage du Louvre un lièvre accroupi à toutes ses oreilles et quelles oreilles ! ”
“ À ce moment l’École française était en pleine prospérité : M. Maspero en avait réparti les membres entre les domaines les plus variés, dirigeant MM. Loret, Bouriant et Virey vers l’interprétation des manuscrits hiératiques, M. GAYET vers l’archéologie païenne et chrétienne, l’abbé Amélineau vers le copte ; d’autre part, M. de Rochemonteix, détaché en Égypte de 1875 à 1878, y relevait les inscriptions et tableaux du grand temple d’Edfou. Il fallait à cette pléiade un moyen aisé de publication, un journal auquel elle pût confier ses travaux à mesure qu’ils se poursuivaient. ”
Gaston Maspero,
Les monuments funéraires de l'Égypte ancienne
(1899)
“ En mars 1881, M. Maspero, qui venait de succéder à Mariette comme directeur général des fouilles, ouvrait une pyramide appartenant à un groupe différent, qui se trouvait être la tombe d'Ounas, de la Ve dynastie. On rencontra là, ces herses, barrant le passage, que nous avons déjà signalées. Une fois le dernier obstacle franchi, le couloir recommence, d'abord en granit poli, puis en calcaire compact de Tourah. Les deux parois latérales en calcaire sont couvertes de beaux hiéroglyphes peints en vert, et le plafond est semé d'étoiles de même couleur. ”
Gaston Maspero,
Lectures historiques, rédigées…
(1890)
“ Les fleurs y sont si drues par endroit et si serrées les unes contre les autres qu'on dirait un tapis de couleur étalé sur le sol; les chiens qu'on y lance en ressortent tout bariolés de jaune, de rose et de Heu. A chaque instant, des lièvres effarés ou des volées de perdrix se lèvent presque sous les pieds des chevaux. Les hardes de gazelles et de chèvres sauvages qui paissaient dans l'éloignement s'inquiètent : on les voit lever la tête, flairer le vent, regarder un moment de tous côtés, puis détaler d'un même mouvement et se perdre à l'horizon. ”
Gaston Maspero,
Causeries d'Égypte (2e édition…
(1909)
“ La mainmorte thébaine se doubla d'un véritable fief seigneurial que ses maîtres arrondirent par des mariages avec les héritières des fiefs voisins, par des legs constants d'une branche à l'autre de la famille, par le placement des cadets de chaque génération à la tête du clergé de certaines villes secondaires. ”
Gaston Maspero,
Lectures historiques, rédigées…
(1890)
“ Les épouses qui se partagent l'affection d'un seul homme ne peuvent guère concevoir d'amitié l'une pour l'autre. La moindre marque d'intérêt que le maître accorde à l'une d'elles est un sujet d'inquiétude pour ses compagnes : si la faveur augmente, l'inquiétude devient de la jalousie et la jalousie une haine mortelle. Les dédaignées oublient d'anciennes querelles et se liguent contre la préférée, les eunuques prennent parti, et la guerre éclate, guerre de ruses et de trahisons qui se termine par le crime. ”
“ Entre temps, l’enseignement de M. Maspero aux Hautes Études et au Collège de France portait ses fruits : une école française, imbue des mêmes principes et agissant sous une même impulsion, s’élevait dans la génération d’alors. Le premier qui se manifesta brillamment fut M. Grébaut, avec sa thèse pour le diplôme des Hautes Études intitulée Hymne à Ammon Râ des papyrus égyptiens du Musée de Boulaq (1875) que suivirent bientôt plusieurs articles, dont le plus important se trouve dans les Mélanges d’archéologie égyptienne (1875) . ”
Gaston Maspero,
Guide du visiteur au Musée du Caire…
(1915)
“ C'est à peine si l'attention des savants commence à se porter sur elle : lorsque, suivant l'exemple donné par Crum, par Strzygowski, par Clédat, par Chassinat, par Jean Maspero et par quelques autres, ils l'étudieront dans notre Musée et dans les ruines, ils ne tarderont pas à reconnaître combien elle est importante pour l'histoire de l'art byzantin chrétien et des arts musulmans. Nous avons reconstruit dans la partie sud la façade du temple de Rome, qui fut bâti sous Auguste vers la pointe nord de l'île de Philæ. ”
Gaston Maspero,
Les monuments funéraires de l'Égypte ancienne
(1899)
“ Le détail ne nous en serait guère connu que par les monuments figurés, si en 1884 et 1888, M. Maspero n'en avait découvert deux complets, l'un à Thèbes, dans une tombe de la XIIIe dynastie, l'autre à Akhmîm, dans la nécropole gréco-romaine. Deux lions de bonne volonté ont étiré leur corps en guise de châssis, la tête au chevet, la queue recourbée sur les pieds du dormeur. Au-dessus s'élève une sorte de baldaquin qui servait lors de l'exposition des momies. ”
“ Après la mort de M. de Rougé, qui coïncida presque avec l’apparition du premier fascicule, ces Mélanges traînèrent péniblement sous la conduite d’un comité de rédaction, où figuraient MM. Jacques de Rougé, Pierret, Maspero, E. Revillout ; ils fournirent trois volumes de 1871 à 1878, date où le comité fut dissous et où les Mélanges furent remplacés par deux publications indépendantes l’une de l’autre, le Recueil de travaux, que M. Maspero ressuscita et dont il composa un second numéro en 1879, la Revue égyptologique que M. REVILLOUT édita depuis 1880 jusqu’à sa mort, en 1912. ”
Gaston Maspero,
Guide du visiteur au Musée du Caire…
(1915)
“ Elle fut peut-être trop admirée par Mariette au moment de la trouvaille, elle est certainement trop dépréciée aujourd'hui. Les formes un peu longues et grêles sont chastes et délicates, la tête, surchargée de la grande perruque et du lourd calot à bordure d'uræus propre aux déesses, est d'une expression languissante; en dépit de ses défauts c'est une des œuvres les plus précieuses de notre Musée. Le socle est de granit gris; l'inscription contient le protocole de la reine et les deux noms martelés sont ceux de Sabacon et de Kachto, que la XXVe dynastie considéra comme des usurpateurs. ”
Gaston Maspero,
Les monuments funéraires de l'Égypte ancienne
(1899)
“ Le passage où Strabon parle du temple de Sérapis s'offrit immédiatement à la pensée de Mariette et il ne douta pas qu'il fût sur la voie de cet antique monument, un des plus célèbres et des plus révérés de l'Egypte, à cause des Apis ou boeufs sacrés qui y avaient leur sépulture. « Le temple de Sérapis, dit l'auteur grec, est construit dans un endroit tellement sablonneux que les vents y amoncellent des amas de sable, sous lesquels nous vîmes les sphinx enterrés, les uns à moitié, les autres jusqu'à la tête. » ”
“ En dépit de son transfert au service égyptien, M. Maspero n’en demeura pas moins le directeur réel de la Mission, bien que la direction apparente en fût confiée officiellement, d’abord à M. Eugène LEFÉBURE (1881-1883) , puis à M. GRÉBAUT (1883-1886) , et l’exploration de l’Égypte marcha désormais sous le contrôle complet de l’Égyptologie française. Elle progressa heureusement, malgré les embarras où nous jetèrent la révolution d’Arabi-Pacha en 1882 et une grande épidémie de choléra en 1883. ”
Gaston Maspero,
Les monuments funéraires de l'Égypte ancienne
(1899)
“ L'illustre égyptologue Mariette Pacha pensait déjà, en 1856, quelques années après sa célèbre découverte du Sérapéum 4, que la pyramide à degrés de Sakkarah avait été bâtie pour des Apis, et qu'ainsi, un Sérapéum n'étant que le temple du taureau mort, cette pyramide était le Sérapéum de l'Ancien-Empire, c'est-à-dire le temple de Sérapis, trois ou quatre mille ans avant notre ère. ”
“ Cette modification du personnel en Égypte ne changea rien à la situation générale : l’École continua à recevoir de M. Maspero l’impulsion directrice. Celui-ci, de retour à Paris, avait repris ses leçons à l’École des hautes études ainsi qu’au Collège de France, et il s’était occupé tout d’abord de réorganiser les cours désemparés momentanément par le transfert imprévu, au Caire, des meilleurs étudiants, et par la succession rapide, au Collège de France, de M. Grébaut (1881-1884) , de M. Lefébure (1884-1885) et de M. Guieysse (1885-1886) . ”
Gaston Maspero,
Les Contes populaires de l'Égypte ancienne…
(1882)
“ Les amoureux des Mille et une Nuits n' agissent pas autrement ; même l' inévitable cadi qu' on appelle toujours pour célébrer le mariage ( 1 ) Hérodote , II , CXI . de la Zobéide avec l' Ahmed ou le Noureddin d' occasion est déjà annoncé par le scribe qui rédige le contrat destiné à transférer sur Tboubouï les biens de Satni-Khâmoïs . Quant aux événements qui précipitent ou retardent le dénoûment , ils sont le plus souvent les incidents de la vie journalière en Égypte . ”
Gaston Maspero,
Les enseignements d'Amenemhaît Ier à son fils Sanouasrît Ier
(1914)
“ Je ne risque pas de me tromper beaucoup en proposant de la placer dans les cent années qui suivirent l'événement, assez loin de lui pour qu'il n'y eût pas inconvénient à rappeler la part que Sanouasrît Ier y avait prise, assez près pour que le souvenir des circonstances qui l'avaient accompagné subsistât précis encore (1) . S'il en est ainsi, nous devons admettre que les Enseignements, considérés en ce qui concerne la philologie, représentent fidèlement l'état de la langue au moment le plus heureux du premier empire thébain. ”
