“ La terre est féconde, la végétation splendide ; la vie circule partout ; et au milieu de cette calme et riche nature, doucement emporté par ce beau fleuve, je me sens comme bercé sur le sein de la bonne et puissante mère qui nous porte et nous sourit. ”
Mère Nature
Définition et enjeux
Citations sur “Mère Nature”
George Sand,
Correspondance 1812-1876
“ La nature, mon pauvre enfant, est une bonne mère ; c’est Dieu, ou du moins c’est son ouvrage ; c’est elle qui nous donne les moissons, les forêts, les fruits, les prairies, ces belles fleurs que j’aime tant, et ces beaux papillons que tu soignes si bien. ”
Lucrèce,
De la nature des choses
“ Mieux faits pour affermir son courage et son corps. C’est de l’exemple offert par la mère Nature Que vint l’art de planter, la greffe et la culture. Les glands, les fruits tombés des arbres, à leurs pieds Renaissent en essaims d’arbrisseaux printaniers, Qui, mariés par l’homme aux branches maternelles, Permirent de planter des essences nouvelles ; Et d’essais en essais, dans l’enclos bien-aimé, L’homme vit, par son zèle et ses soins réformé, Chaque fruit dépouiller son âpreté sauvage. Les forêts, sur les monts reculant d’âge en âge, Livraient à ses efforts la plaine et les coteaux ”
Jules David, La duchesse de Presles. 2 (1836)
“ Oui, la nature est bien notre mère! nous jouissons de ses joies, nous souffrons de ses douleurs; entre elle et nous il existe un lien sympathique que nous ne pouvons rompre, et qui se trahit dans nos larmes comme dans notre sourire. ”
Henri Blaze,
Revue des Deux Mondes
“ La nature, cette bonne et généreuse mère, s’écriait-il souvent, nous prend volontiers dans ses bras et nous révèle les harmonies de son être, pourvu que nous consentions à ne pas prendre avec elle des airs de docteurs. Comme une mère attentive ouvre ses bras à son enfant, qui commence à peine à courir et lui montre ainsi la route de son sein, de même fait pour nous la nature, cette excellente mère ”
“ Car la nature soutenait alors la fiction presque insoutenable de l’Homme-Dieu par la représentation d’une mère qui ne cesse de guetter ses plus belles espérances dans un petit être qui ne peut encore les porter. ”
Eugène Muller, La forêt : son histoire, sa légende… (1878)
“ C'en est fait, la puissante, l' aime nature—comme auraient dit nos pères — la robuste et douce mère a vu, de nouveau, toute une légion de l'art boire à son sein le fort sentiment, la poésie de vérité. ”
Jerome K. Jerome,
Trois Hommes dans un bateau
(1889)
“ Le soleil est le sang de la nature. Notre mère la terre nous regarde avec des yeux tellement tristes et sans âme quand il s’est retiré d’elle. On dirait qu’elle ne nous connaît plus, qu’elle ne nous aime plus. ”
Alphonse Esquiros,
Paris ou les sciences, les institutions et les mœurs au XIXe siècle
“ Les anciens se représentaient la nature sous les traits d’une femme nourricière et féconde. Cette image n’a point été effacée par le progrès des temps modernes. Au mot de nature se rattache encore une idée de production. Mère éternellement jeune, elle procède, sous l’action de Dieu, à l’enfantement des mondes. ”
Gabriele D'Annunzio,
La Revue de Paris
“ Continuant l’œuvre de la Nature, de la divine Mère, leur esprit se transforme en une semblance d’esprit divin, comme dit Léonard. Et, puisque la force créatrice afflue sans cesse à leurs doigts ainsi que la sève aux bourgeons des arbres, ces hommes créent avec joie. ”
Xavier Forneret,
Ombres de poésie
“ Qui rit de la Nature et prend pied dans la fosse !.. Aurait-on dû jamais avoir à l’inventer Pour dire l’action qui fait le plus douter ? Une mère qui donne à son enfant la vie, Et qui la lui reprend sans pitié quoiqu’il crie... ”
Alphonse de Lamartine,
Cours familier de Littérature - Volume 14
“ La nature a donné à la mère un admirable instinct d'amour pour l'enfant sorti de son sein, formé de son sang, et à qui la nature a préparé, avant de l'appeler au jour, un berceau tiède et un lait nourrissant sur le sein de la femme. ”
Henry Morel, Le pilori des communeux : biographie des membres de la Commune… (1871)
“ Qu'on se rassure ; la mère-nature avait mélangé les éléments divers dans le corps et l'âme de son nourrisson, de sorte que les diverses influences qu'il devait subir ne se manifestassent que successivement et non en même temps. ”
Fulgence Marion, Les merveilles de la végétation… (1881)
“ Les anciens aimaient à considérer la nature comme un être personnel distinct du monde, doué de raison et de volonté, et parmi les titres dont ils la qualifiaient, le nom de Mère universelle est celui que les poètes ont le plus souvent et le plus chèrement célé. ”
Antoinette Grandsard, La Fleur de la montagne,... par Mme A. Grandsard… (1847)
“ L'humble mère de l'enfant Dieu! V. HUGO. Comme une petite fleur plantée sous un rayon bienfaisant et au bord d'une source pure, croît chaque jour et s'élève gracieuse, ainsi se développa la jeune Marie sous les tendres regards de sa mère, et arrosée par la source toujours jaillissante de son amour. A peine âgée de quatre ans, Marie était déjà d'une beauté remarquable; cependant toutes les grâces que la nature s'était plu à — 81 — répandre sur cette charmante créature, toutes ces grâces extérieures n'étaient rien en comparaison des richesses qui se révélaient en son âme divine. ”
“ Car le bon Dieu a créé la terre pour l’homme aussi ; Il veut qu’elle me fasse vivre, et votre grand’mère, et vos parents, et vous, mes petits-enfants, et tous les hommes. Aussi, voyez ce qui arrive : je n’ai qu’à la remuer, votre grand’mère n’a qu’à y déposer des graines toutes petites, et voilà la bonne terre qui boit la pluie, ramasse des sucs inconnus, les fait sourdre vers le soleil, et, fidèle, rend ce que je lui ai demandé. ”
Comtesse de Ségur,
La Bible d’une grand’mère
“ Grand’mère. Aride, veut dire sec, dur. Dieu donna à l’élément aride le nom de Terre ; et il appela Mers et rivières toutes les eaux rassemblées. Et il vit que c’était bon. Armand. Qu’est-ce que c’est, élément ? Grand’mère. On appelle élément ce qui compose le monde, la terre l’eau, le feu et l’air, sans lesquels nous ne pourrions pas vivre : sans terre, on ne pourrait avoir rien de solide, qui porte, qui soutienne ; sans air, rien ne pourrait vivre, ni les hommes, ni les arbres, ni même les plantes ; sans feu, tout périrait par le froid ; sans eau, tout mourrait par la sécheresse. ”
Lucrèce,
''Lucrèce, Virgile, Valérius Flaccus - Œuvres complètes''
“ Enfin, nous sommes tous nés du ciel ; nous avons tous le ciel pour père : du ciel tombent les eaux pures ; et quand les gouttes pénètrent au sein de la terre bienfaisante, cette mère féconde des êtres, elle produit les grasses moissons, les arbres fertiles, la race des hommes ; elle produit toutes les espèces vivantes : car elle leur fournit la pâture dont tous les corps se nourrissent, et où ils puisent avec la douce vie les germes de leur postérité. ”
John Wickham Flower, Des avantages et des jouissances que l'on trouve dans l'étude de l'histoire naturelle… (1861)
“ Il peut y avoir et il se trouve souvent des nuages et des ténèbres autour du naturaliste, mais il sait qu'ils se dissiperont et qu'alors apparaîtra dans tout son éclat la puissante Mère, sereine, majestueuse et calme, qui gouverne, guide et bénit ses nombreux enfants. ”
Pierre Louÿs,
Œuvres complètes de Pierre Louÿs…
(1894 (Chansons de Bilitis))
“ Terre sacrée, nourrice de tout, accueille doucement la pauvre morte, endors-la dans tes bras, ô Mère ! et fais pousser autour de la stèle, non les orties et les ronces, mais les faibles violettes blanches. ”
Marie Keller, Marie Keller, en religion soeur Catherine du Sacré-Coeur… (1884)
“ Je suis heureuse en haut, sur la montagne., et, je puis le dire à vous, ma Mère, j'expérimente ici des choses que je ne soupçonnais même pas. Je me sens tellement rivée au surnaturel que, pour mon âme, il n'y a plus de changement de lieu. Si mon cœur est dépaysé, sevré, privé, mon âme est tellement unie à la vôtre, ma douce Mère, qu'elle ne peut pas en être éloignée un seul instant. ”
“ C’est un astre en rumeur que tout astre qui luit, Musique d’or des cieux faite avec leur silence, Et tout astre immobile est l’astre qui s’élance. Ah ! que Dieu qui vous fit, magnifiques rayons Cils lointains qui battez lorsque nous sommeillons, Longtemps, jusqu’à nos yeux, buvant votre énergie Prolonge votre flamme et sa frêle magie ! La terre est notre mère au sein puissant et beau ; Comme on ouvre son cœur, elle ouvre le tombeau Faisant ce que lui dit le père qui regarde. Dieu nous rend à la mère, et la mère nous garde, Mais comme le sillon garde le grain de blé ”
Auguste Gilbert de Voisins,
Les jardins, le faune et le poète
“ «Une génération innombrable est actuellement suspendue aux branches de tous les arbres, aux fibres des plus humbles graminées,—comme des enfants au sein maternel. Tous ces germes, incalculables dans leur nombre et leur diversité, sont là, suspendus entre le ciel et la terre, dans leur berceau et livrés au vent qui a la charge de bercer ces créatures.—Les forêts futures se balancent, imperceptibles, aux forêts vivantes. La nature est tout entière aux soins de son immense maternité.» ”
Jean-Baptiste Landriot, Allocution prononcée, le 21 octobre 1868… (1868)
“ Dans votre pieuse maison s'est vérifiée la parole de l'Evangile : un grain de sénevé est entré en terre, il y a cinquante ans ; avec les années, il est devenu un grand arbre ; et les oiseaux du ciel ont choisi ses branches pour y reposer le nid de leurs pensées et de leurs espérances. Ces oiseaux du ciel, ce sont les Filles de la Visitation; le grand arbre qui a vieilli, c'est le cœur de votre mère. Cet arbre, semblable à certains végétaux de l'Orient, a une résine parfumée : il embaume les lieux qu'il habite par l'odeur de ses vertus. ”
Henry Letellier, À travers mon jardin (1881)
“ Vos hymnes dignes de l'Éternel, disent assez de quel cœur vous aimez. Comme vous semblez heureux d'acclamer la douce vie. Chérubins de la vallée, vos berceaux se dérobent dans les méandres, au sein de nos guérets et sous les tilleuls de nos jardins. La mousse est votre nid, les zéphirs bercent vos premiers matins. Votre mère, aux sillons voisins, va puiser le grain de vie, pain quotidien qu'elle vous porte en becquetées bienfaisantes. Bientôt l'aile assez forte, comme d'une voile animée, dirige l'impatient. ”
Jean de Cronstadt,
Le P. Jean de Cronstadt
“ Celui qui a parsemé la terre de fleurs les plus variées, aux couleurs les plus bizarres, qui l’a inondée de parfums et d’arômes, n’a-t-il pas pu embellir sa Mère terrestre de toutes les fleurs les plus variées de la vertu et déverser sur elle tous les arômes célestes ? ”
George Sand,
Contes d’une grand’mère
“ Il est bien commode d’habiter la surface de la terre, de vivre avec les fleurs, les oiseaux et les animaux apprivoisés ; de se baigner dans les eaux tranquilles, de manger des fruits savoureux en marchant sur des tapis de gazon et de marguerites. Tu t’es imaginée que la vie humaine avait subsisté de tout temps ainsi, dans des conditions bénies. Il est temps de t’aviser du commencement des choses et de la puissance de la fée Poussière, ton aïeule, ta mère et ta nourrice. ”
Timothée Dehay, Petite botanique du jeune âge, ou Les plantes à la portée des enfants… (1842)
“ Ne peut-on pas encore appeler instinct ou sentiment de conservation et de bien-être ces divers mouvements de la jeune plante qui, élevée dans un endroit sombre et ombragé, se dirige constamment vers l'air et la lumière qui doivent l'alimenter comme l'enfant qui, à sa naissance, recherche aussitôt le sein de sa mère ? ”
“ Il retomba sur le dos, il élargit les bras dans l’herbe, parut vouloir entrer dans la terre, riant, plaisantant. — Ah ! bonne terre, prends-moi, toi qui es la mère commune, l’unique source de la vie ! toi l’éternelle, l’immortelle, où circule l’âme du monde, cette sève épandue jusque dans les pierres, et qui fait des arbres nos grands frères immobiles !... ”
Camille Melloy, Le Beau Réveil
“ Mère très pure, rendez vos filles semblables à ces gouttes de pluie teintées de ciel, qui roulent sur les feuilles sans y adhérer ni prendre aucune poussière... Que la grâce se répande sur les âmes, les pénètre, les adoucisse comme l’eau ruisselante imbibe et lisse les prairies. ”
George Sand,
Contes d’une grand’mère
“ Je sentis que la fée avait raison et je regardai, de tous mes yeux, la succession des aspects de la terre. Je vis naître et mourir des végétaux et des animaux de plus en plus ingénieux par l’instinct et de plus en plus agréables ou imposants par la forme. ”
H. Kjellin, Icones russes, collection Olof Aschberg… (1933)
“ Sur un fond étincelant d'or et d'argent, la Mère de Dieu se tient debout, sans l'enfant, sur une pierre ronde dans un paysage montagneux où deux plantes à feuilles stylisées, travaillées comme en relief, remplissent le fond de manière décorative. ”
Xavier Mouls, Notre-Dame d'Arcachon (1855)
“ Près de succomber au chagrin qui la ronge, elle tombe aux pieds de la Consolatrice des affligés; l'espérance, comme un baume salutaire, descend dans son âme. L'infortunée lève les yeux, et la Mère du ciel lui apparaît sur les collines éternelles, tenant dans ses bras, appuyé sur son sein, un enfant qui s'enivre au torrent des plus douces voluptés. ”
Comtesse de Ségur,
La Bible d’une grand’mère
“ Comment une racine d’arbre peut-elle paître comme un animal ? Grand’mère. Paître veut dire se nourrir ; les arbres se nourrissent par leurs racines comme les animaux par leurs dents et leur estomac. La voix dit encore : « Qu’on ôte à cette racine son cœur d’homme, qu’on lui donne un cœur de bête, et que sept années passent sur elle. » ”
Johann Valentin Andreae,
Les Noces chymiques de Christian Rosenkreutz
“ J’habite dans les montagnes et dans la plaine. Je suis père avant que d’être fils. J’ai engendré ma mère et ma mère ou mon père m’a porté dans sa matrice, en m’engendrant sans avoir besoin de nourrice. ”
“ La maternité lui dit tout, comment la vie va se créant, s’enfantant. Voulez-vous savoir pourquoi son instinct si vite lui révèle la création, pourquoi elle entre de plain-pied (comme quelqu’un rentrerait chez soi) dans le mystère de la nature ? Elle est la nature elle-même. ”
Pierre-Hippolyte Mabire, Vie de madame de Saint-Léonard… (1875)
“ Le parterre où le divin jardinier veut la cultiver et où Marie se plaît à la cueillir, c'est votre cœur; le lieu retiré où elle croît, blanche et pure, c'est la solitude silencieuse et recueillie de vos humbles et champêtres demeures ; l'ombrage qui l'abrite, ce sont les ailes de vos saints anges gardiens ; les rayons du soleil qui la flétriraient, ce sont les conversations futiles, la recherche des personnes séculières; le vent qui en ternirait la blancheur, c'est le souffle empesté de leurs éloges ”
Louis Carlier, Histoire de l'apparition de la Mère de Dieu sur la montagne de La Salette (1912)
“ Nous; avons donc l'intime conviction de faire une oeuvre à la fois; agréable au Ciel et utile à la terre en essayant de raconter, nous, aussi-, après, tant d'autres, l'Histoire si belle, si touchante et si convaincante de l'Apparition de la Mère de Dieu dans les Alpes. ”
George Sand,
Le Poëme de Myrza
“ Cependant, à mesure que la créature de Dieu marchait, la terre semblait devenir plus riante, et la nature se parait de mille grâces nouvelles. Les plantes exhalaient de plus doux parfums, et la créature, comme saisie d'un amour universel, se courbait, respirait les fleurs, se penchait sur les cailloux transparents, souriait aux oiseaux, aux arbres, aux vents du matin. ”
Saint de Lisieux Thérèse, Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face
“ Depuis quelques mois, le divin Maître a changé complètement sa manière de faire pousser sa petite fleur: la trouvant sans doute assez arrosée, il la laisse maintenant grandir sous les rayons bien chauds d'un soleil éclatant. Il ne veut plus pour elle que son sourire, qu'il lui donne encore par vous, ma Mère vénérée. Ce doux soleil, loin de flétrir la petite fleur, la fait croître merveilleusement. ”
Mère Marie-Thérèse-Marguerite du Sacré-Coeur… (1923)
“ C'est trop peu, ô Trinité Sainte. Je voudrais que ces actes fussent aussi nombreux que les secondes qui se sont écoulées et s'écouleront jusqu'à la fin des temps, que les gouttes d'eau dans les océans et les grains de sable sur leurs rivages, que les feuilles dans les arbres et les brins d'herbe dans les prairies, d'étoiles dans le firmament, d'atomes dans l'univers. ”
“ Fuis le baiser de la Chimère Qui vous laisse une soif amère Et des désirs inassouvis. Concentre tous tes sens ravis Dans cet ici-bas éphémère. La terre est ta femme et ta mère : Greffe-toi sur la terre, et vis. ”
La Révérende Mère Sainte-Emilie… (1898)
“ Dans la dédicace du Déal, la vie des anciennes Mères nous est présentée comme un miroir où nous verrons clairement les vertus qui les ont sanctifiées, et comme un jardin où nous cueillerons les fleurs des vertus qui peuvent nous sanctifier nous-mêmes. ”
