“ Oh ! vous voyez que je suis très forte, depuis que je lis le Code, je n’ignore plus qu’on ne joue pas sur une obligation, qu’un obligataire est un simple prêteur qui touche tant pour cent sur son prêt, sans être intéressé dans les bénéfices, tandis que l’actionnaire est un associé courant la chance des bénéfices et des pertes... ”
Obligataire
Définition et enjeux
L’obligataire désigne, dans le droit commercial, un prêteur qui détient des obligations émises par une société ou un État. Émile Zola souligne sa différence avec l’actionnaire, en mettant en avant son rôle de créancier non associé aux bénéfices. Louis Renault précise que les obligations, contrairement aux actions, représentent une dette, souvent émise par des entités publiques ou privées.
Charles Lyon-Caen évoque les garanties du capital-actions pour les obligataires, tandis que Joseph Gross illustre leur rôle dans les assemblées délibératives. Ces approches révèlent une structure juridique et financière complexe, où l’obligataire occupe une place centrale entre dette et participation.
Citations sur “obligataire”
Louis Renault, Manuel de droit commercial (3e édition… (1894)
“ Au fond, il y a entre les actions et les obligations des différences notables, qui dérivent, en général, de la même idée : l'action est une part d'associé, l'obligation une créance résultant d'un prêt ; l'actionnaire est un associé, l'obligataire un prêteur. De là découlent les conséquences suivantes : a. Les actions supposent l'existence d'une société; des obligations peuvent être et sont souvent émises non seulement par des sociétés, mais par des villes, des départements, des provinces, des États. ”
Charles-Louis Julliot, Traité-formulaire des titres nominatifs et des certificats de propriété… (1931)
“ De même, si un actionnaire ou un obligataire a, ce qui est licite, vendu une action ou une obligation à plusieurs personnes, les acheteurs doivent s'entendre pour agir à l'égard de la société comme si J'action ou l'obligation appartenait à une seule personne. ”
Louis Renault, Traité de droit commercial. Tome 2… (1906-1916)
“ Quand une société par actions a emprunté par voie d'émission d'obligations, à côté du capital-actions fourni par les actionnaires, il y a le capital-obligations fourni par les prêteurs ou obligataires. ”
Louis Renault, Traité de droit commercial. Tome 2… (1906-1916)
“ Il arrive aussi que, toutes ces parts étant prises par une seule personne ou par une seule société financière, celle-ci en fait l'émission c'està-dire appelle toute personne à prendre une ou plusieurs de ces parts. La personne ou la société dont il s'agit, vend, en réalité, alors les parts de l'empruut. (4) Les mots action et obligation ont donc l'un et l'autre deux sens différents. Les personnes qui veulent, devenir obligataires, ne versent pas toujours immédiatement le montant intégral de la somme qu'elles prêtent. ”
Charles Lyon-Caen,
Manuel de droit commercial, spécialement destiné aux étudiants des Facultés de droit…
(1910)
“ Mais il semble que l'opinion contraire doive être admise: outre que les lois sont des sommes considérables qui peuvent exciter la cupidité; chaque obligataire ne louche pas un lot, comme chacun touche une prime de remboursement. Le sort intervient pour déterminer quels sont les obligataires qui gagnent à l'exclusion des autres. 196. Le capital fourni par les actionnaires servant de gage aux obligataires, ne faut-il pas que le capital-obligations ne dépasse point le capital-actions ? Des lois étrangères ont imposé cette limite à l'émission des obligations (1) . ”
Louis Renault, Manuel de droit commercial (3e édition… (1894)
“ Comme les sommes empruntées par une société sont souvent très considérables, elle ne s'adresse pas à un ou plusieurs capitalistes déterminés, elle divise la somme à emprunter en un grand nombre de parts égales et fait appel au public; chacun peut devenir prêteur en versant une ou plusieurs fois la somme représentant une de ces paris. Les droits appartenant à chacun des prêteurs sont appelés obligations; on donne aussi ce nom aux titres délivrés aux obligataires. pour constater leurs droits. ”
Louis Renault, Traité de droit commercial. Tome 2… (1906-1916)
“ Le droit des obligataires sur le capital-actions pst, en principe, leur unique garantie. Mais il est évident que, comme tous créanciers,. les obligataires sont mieux assurés du service des obligations de la part de la société quand celle-ci réalise des bénéfices importants. ”
Joseph Gross, L'assainissement des sociétés anonymes (1935)
“ Une formule analogue à la suivante se rencontre très souvent dans les convocations aux assemblées d'obligataires : Société N.N. et Cie. Conformément aux dispositions de l'Ordonnance sur la communauté des créanciers dans les emprunts par obligations du 20.2.1918, et des arrêtés additionnels y relatifs, les porteurs d'obligations de l'emprunt... sont convoqués en assemblée pour le... à..., aux fins de statuer sur l'ordre du jour suivant : 1. 2. 3... (concernant les modifications à apporter au contrat d'emprunt original) . ”
Charles Lyon-Caen,
Manuel de droit commercial, spécialement destiné aux étudiants des Facultés de droit…
(1908)
“ Ainsi, des obligations étant émises à 400 fr., la. société s'engage à rembourser 500 fr. pour -toute obligation. Chaque année,-un tirage au sort détermine les obligations à rembourser, de façon que.toutes soient remboursées (amorties) dans un certain nombre d'années. Là somme versée (400 fr.) est -le taux d'émission, la somme à rembourser (500 fr.) est le capital Mominal, et la différence (100 fr.) est la prime (1) .— Les lots rompent complètement l'égalité entre les obligataires ; ce sont des sommes d'ordinaire plus importantes que les primes montant parfois à .100.000 fr. ”
Charles Lyon-Caen,
Manuel de droit commercial, spécialement destiné aux étudiants des Facultés de droit…
(1910)
“ Mais, en fait, cela ne se pratique point. (2) , Rien ne s'oppose à ce qu'il soit stipulé que les obligations donneront droit à une part dans les bénéfices. Mais lés obligataires n'en demeurent pas moins des prêteurs, non des associés. (3) Le remboursement doit d'ordinaire avoir lieu dans une certaine période (50 ans, 99 ans. par exemple) et le sort détermine l'ordre dans lequel les diverses obligations sont remboursées. La société peut-elle rembourser par avance les obligataires ,en renonçant au bénéfice du terme ? ”
Claude Bufnoir, Propriété et contrat : théorie des modes d'acquisition des droits réels et des sources des obligations… (1900)
“ C'est un lien de droit en vertu duquel une personne est tenue envers une autre d'un fait ou d'une abstention. Au lieu de dire un lien de droit, si vous tenez à éviter cette métaphore, vous direz que c'est une nécessité juridique. Nous avons en présence, dans l'obligation, deux personnes, l'une qui est le sujet actif, qui a droit d'en exiger l'exécution, le créancier; l'autre, qui en est le sujet passif, le débiteur. Ce rapport de droit constitue, du côté actif, une créance, et de l'autre côté une obligation dans le sens propre du mot, ou, comme on dit aussi, une dette. ”
René Lemercier de Jauvelle, Répertoire général des contributions directes… (1885)
“ Sont meubles par la détermination de la loi, les obligations et actions, qui ont pour objet des sommes exigibles ou des effets mobiliers, les actions ou intérêts dans les compagnies de finance, de commerce ou d'industrie, encore que des immeubles dépendants de ces entreprises appartiennent aux compagnies. Ces actions ou intérêts sont réputés meubles à l'égard de chaque associé seulement, tant que dure la société. L'obligation est un lien de droit par lequel une personne peut être contrainte de procurer à une autre personne un certain bénéfice. ”
Émile Acollas,
Le Droit mis à la portée de tout le monde…
(1885)
“ Il faut maintenant savoir que l'obligation porte: aussi le nom de dette, et que, considérée dans la personne à laquelle en est dû l'acquittement, elle est la créance. Le bénéficiaire de l'obligation, c'est le créancier; celui qui la supporte, le débiteur (2) . Toutefois, l'effet du contrat, chez nous,ne se rapporte pas seulement à l'obligation, il peut être et il est fréquemment plus considérable ; de même qu'il produit, modifie ou anéantit l'obligation, le contrat, chez nous, est apte à produire, à modifier, à transmettre le droit réel (3) . ”
Paul Pont, Commentaire-traité des petits contrats… (1877-1878)
“ L'acte volontaire qui donne ainsi la vie à une obligation naturelle est ou un payement, ou une novation, ou un cautionnement, ou encore une compensation à laquelle le débiteur aurait consenti, et qui tiendrait lieu de payement. ”
A. Lucas, Précis historique de l'affaire du Panama… (1893)
“ Pendant que la Compagnie était sur la sellette au Parlement et au Palais de Justice, son liquidateur judiciaire, M. Monchicourt, avait à se défendre contre les assauts d'un grand nombre d'obligataires qui réclamaient leur argent au prorata de l'actif existant. Leurs réclamations s'appuyaient sur un jugement que venait de rendre le tribunal civil de la Seine et qui condamnait le liquidateur à payer à divers d'entre eux : le montant de la somme versée pour la souscription de leurs titres ; des dommages-intérêts représentant le montant de la prime d'amortissement acquise ”
Jean Domat,
Oeuvres complètes de J. Domat.…
(1828-1830)
“ Dans le contrat du prêt, celui qui emprunte, s'obligeant à rendre une somme d'argent ou une certaine quantité pareille à celle qu'il a empruntée, ce contrat est du nombre de ceux où l'obligation ne se forme que par la délivrance de la chose pour laquelle on s'oblige (4) . 6. Comme l'argent fait le prix de toutes choses qui entrent dans le commerce, et qu'il est souvent nécessaire de réduire en argent la valeur des choses qu'on se doit l'un à l'autre, il est fréquent et naturel que l'on convertisse en obligation à cause du prêt, celles qui ont d'autres causes toutes différentes. ”
Ambroise Buchère, Traité théorique et pratique des valeurs mobilières et effets publics… (1881)
“ L'obligation est le titre par lequel un être moral, une Société industrielle ou financière, ou tout autre établissement public, s'est obligé à payer les intérêts de sommes reçues, et à en rembourser le montant à une époque déterminée. 28. L'origine des titres d'obligations est moins ancienne que celle des actions. Les premières Sociétés industrielles se bornaient à réunir les capitaux nécessaires à leurs opérations, au moyen des apports exigés des actionnaires, et qui constituaient le capital social. ”
A. Picard, Lettre à Son Excellence M. Rouher… (1868)
“ Il ne s'agit plus ici ni de 10 %, ni de lots, ni d'amortissement, ni de reconstitution de capital ; tout cela est votre bagage, reprenez-le, faites-en ce que vous voudrez. Nous ne demandons qu'une seule chose : les 340 fr. par obligation que nous avons payés. ”
Léobon Valéry Léon Jupile Larombière, Théorie et pratique des obligations… (1885)
“ Dans la vente du poulain qui naîtra de ma jument, la chose existera en entier, ou n'existera pas du tout. La condition accomplie ou inaccomplie parfait ou résout l'obligation tout entière. Mais lorsqu'il s'agit d'une obligation contractée d'abord pour une quotité déterminée, d'une chose future et susceptible d'une production plus ou moins grande, l'obligation se restreint à la quantité produite de la chose qui en fait l'objet; pour le surplus elle s'efface. Je vous vends, cent hectolitres de blé; voilà la quotité de l'objet vendu ”
Louis Josserand, Cours de droit civil positif français… (1938-1939)
“ L'obligation, ou droit personnel, est un rapport juridique qui assigne, à une ou à plusieurs personnes, la position de débiteurs, vis-à-vis d'une ou de plusieurs autres, qui jouent le rôle de créanciers et envers lesquelles elles sont tenues à une prestation positive (obligation de donner ou de faire) ou négative (obligation de ne pas faire) : envisagée du côté du créancier, l'obligation est une créance; considérée du côté du débiteur, elle est une dette. ”
Arsène Périer, Manuel de législation. Droit public et droit civil… (1889)
“ Comment prennent fin les obligations des parties ? Il y a un certain nombre de modes d'extinction des obligations : et d'abord le payement, et c'est le plus ordinaire parmi DROIT CIVIL. 203 ces modes ; puis viennent la novation, la remise volontaire, la compensation, la confusion, la perte de la chose due, la nullité ou la rescision, l'effet de la condition résolutoire, la prescription, la mort du débiteur ou celle du créancier dans certains cas, ainsi l'obligation de payer une rente viagère s'éteint par la mort du rentier, ainsi encore le mandat finit par la mort du mandataire. ”
Léobon Valéry Léon Jupile Larombière, Théorie et pratique des obligations… (1857)
“ La vente, l'échange, le louage de choses autres que les maisons et les biens ruraux, la société, le prêt, le commodat, le dépôt, le contrat de rente, le cautionnement, le mandat, rentrent pleinement dans les dispositions communes, sous le double rapport de la nécessité d'une preuve écrite, lorsqu'ils présentent, un intérêt juridique excédant la valeur de cent cinquante francs, et de l'admissibilité de la preuve testimoniale, lorsqu'ils présentent un intérêt d'une valeur moindre, ou qu'il existe un commencement de preuve par écrit. ”
Charles-Henri Vergé, Manuel théorique et pratique, et formulaire général et complet du notariat… (1881)
“ Par exemple, lorsque la loi fiscale a tarifé la vente, elle a forcément compris dans le tarif, l'obligation prise par le vendeur de livrer la chose, et celle prise, par l'acquéreur de la payer. Le contrat est formé de cette double obligation, et soit que l'acquéreur paie comptant, soit qu il s'oblige seulement à payer, son obligation obligation une condition nécessaire de l'acte, se confond avec lui et en est une partie intégrante. Tels sont les principes que confirme l'art. 10 ci-dessus. (Dalloz, Jur. gén., v° Enregistr,, nos 907 et suiv. ; Championnière et Rigaud, t. 2, n° 1544.) ”
Gabriel Simon, De la condition des aliénés en droit romain et en droit français… (1870)
“ I. Le fou peut-il commencer à être créancier ou débiteur? Pour résoudre cette question, il est nécessaire d'examiner en détail les sources des obligations; en appliquant à chacune d'elles les principes généraux nous verrons si elles peuvent donner naissance à une obligation contre l'aliéné ou à une créance en sa faveur. Les obligations naissent du fait de l'homme ou de la loi. ”
Gaston May, Éléments de droit romain, à l'usage des étudiants des Facultés de droit… (1901)
“ Il est bien évident que, dans les contrats de bonne foi, comme le louage, la société, le mandat, où les obligations sont destinées à prendre fin à l'expiration d'un certain laps de temps, l'insertion de l'exception n'est pas nécessaire. Le juge trouve dans ses pouvoirs le droit de déclarer que l'obligation est éteinte. (8) De cette stipulation d'annuités Pomponius dit qu'elle est : una, incerta, perpétua 16, § 1. Dig., De verb. obligat., XLV, 1) . Una, c'est-à-dire qu'il n'y a qu'une créance unique : le droit aux annuités. ”
Félix Julien Jean Bigot de Préameneu, Code civil des Français 1804
“ Celui qui se rend caution d’une obligation, se soumet envers le créancier à satisfaire à cette obligation, si le débiteur n’y satisfait pas lui-même. 2012. Le cautionnement ne peut exister que sur une obligation valable. ”
Émile Delacourtie, Éléments de législation civile… (1886)
“ Enfin certaines obligations naissent directement de la loi : par exemple, l'obligation du tuteur qui ne peut refuser la fonction qui lui est déférée, les obligations entre propriétaires voisins, relatives au mur mitoyen, au bornage, etc. Quasi-contrats; gestion il'aflfaires: payement de l'indu. — Donnons quelques détails sur les deux cas de quasi-contrat que nous avons cités : la gestion d'affaires et le payement de l'indu. Il y a gestion d'affaires lorsqu'une personne gère spontanément l'affaire d'autrui. ”
Maxime Petit, Dictionnaire usuel de droit (1904)
“ L'obligé, sujet passif de l'engagement, se nommé débiteur. La personne au profit de laquelle est contractée l'obligation, le sujet actif, se nomme le créancier. Le droit qui résulte pour le créancier d'une obligation contractée à son égard est un droit essentiellement personnel, différant notablement des droits que l'on a sur les choses ou droits réels. Ces derniers atteignent directement les choses qui en sont la matière passive et n'obligent spécialement aucun individu. ”
Exposition universelle d'Auteuil… (1868)
“ En conséquence, et pour la réalisation des garanties ci-dessus promises : A la sûreté du remboursement des sommes avancées et des obligations qui les représentent; du payement des intérêts et primes : ensemble de tous frais y relatifs; de ceux de lever des titres de propriété et de toutes justifications à fournir; de ceux de mise à exécution et autres faits et à faire, qui sont ou non susceptibles d'être colloqués de plein droit avec le principal, tous lesquels frais sont exigibles au moment même où ils sont faits on dus. ”
Louis Josserand, Cours de droit civil positif français… (1938-1939)
“ La cause, ainsi comprise, présente les caractéristiques suivantes : t 1° Elle est la cause de l'obligation et non celle du contrat; 2° Elle se trouve dans un rapport immédiat et direct avec cette obligation, elle est la causa proxima; 3° Surtout, elle fait partie intégrante du contrat dont elle eprsente l'un des éléments constitutifs : on ne conçoit pas de libéralité sans intention libérale, ni de vente sans engagement de livrer une chose et de payer un prix, ni de prêt argent sans remise d'une somme à l'emprunteur; la cause classique est une cause intrinsèque et spécifique ”
A. Piermé, Les lois françaises : guide pratique de législation… (1890)
“ OBLIGATION. — Acte par lequel on s'engage à donner ou à faire quelque chose (V. Contrat) . L'obligation est le résultat d'un contrat, d'un quasi-contrat, d'un délit ou d'un quasi-délit. L'obligation peut être à terme ou sous condition (V. ce mot) . — V. aussi Acte unilatéral. — Acte synallagmatique. — Condition. — Contrat. —Délivrance. — Dommages-intérêts. OBLIGATION DE SOCIÉTÉ. — Titre représentant la part d'un souscripteur à un emprunt émis par une Société. V. Amortissement. OBLIGATION ALIMENTAIRE. — V. Aliments. OCCUPATION. — Prise de possession d'une chose qui n'appartient à personne. ”
