“ La Chronique de Laurisham, p. 93 : [Capae très cum aurifrigiis, palla altaris cum aurifrigio, etc.] . Nous disons : « Orfroi, bordure, » et les Anglais : « Orfrey of à vestiment ; » mot à mot : De l’or frisé. ”
Citations sur “orfroi”
Musée du Louvre, Notice des émaux, bijoux et objets divers exposés dans les galeries du Musée du Louvre… (1853)
“ Deux grans bacins à laver, martelez, en l'un des quieulx a ung biberon, les bors et le fonz verrez, pretz à mectre esmaulx, pesans ensemble quinze marcs, troys onces, deux gros d'argent. (Invent. de la royne Anne de Bretagne.) ORFRAIZ et ORFROIS. Broderie employée en bordure, l'équivalent de nos galons. De là orfroisier, border. Il y avait des orfrois d'or de Chypre, représentant des sujets compliqués et larges de 20 à 50 centimètres, des orfrois de perles, c'est-à-dire brodés de perles, enfin les bordures ciselées sur les images en métal s'appelaient aussi des orfrois. ”
Alfred Franklin,
Dictionnaire historique des arts…
(1906)
“ Le percement des oreilles était presque toujours fait par les orfèvres. Quelques-uns d'entre eux ajoutaient à leurs réclames ces mots : « perce les oreilles avec habileté 3 ». La corporation avait pour titre officiel : orfèvres-joailliers-bijoutiers-metteurs en oeuvremarchands d'or et d'argent i. Les maîtres purent y joindre, en 1781, celui de lapidaires, ce métier leur ayant été réuni par édit du 17 mars 1781. Voy. Bienfaisance (OEuvres de) . Orfèvres en cuir et Orfèvres en vieux. Surnoms donnés par dérision aux savetiers. Orfroisiers. Fabricants d'orfrois. ”
Auguste Gilbert de Voisins,
Les miens
(1926)
“ « Si j’ai bonne mémoire, ce soir-là, on jouait Orphée. » Je demandais aussitôt ce que signifiait ce vocable inconnu.« Orphée... eh bien, tu vas comprendre : c’est le nom d’un grand poète qui chantait ses vers en s’accompagnant sur la lyre. Il aimait beaucoup une dame qui s’appelait Eurydice... »S’ensuivait une biographie sommaire mais pittoresque d’Orphée. Ainsi, les fragments d’histoire, de mythologie, les contes de bonne femme, les descriptions de fêtes à Pétersbourg ou aux Tuileries et les petits faits de la vie courante formaient une même tapisserie à personnages, tendue devant mes yeux. ”
Élie Berthet,
Paris avant l'histoire
(1895)
“ Maintenant je reviens dans ma tribu, et je désire voir Orfraie. Châtaigne-d'Eau répondit : — Orfraie est le maître dans sa maison; c'est à lui d'y recevoir les hôtes qui lui plaisent. Il se trouve en ce moment sur le lac ; je vais l'appeler, il décidera de ce qu'il faut dire et faire. Elle saisit une corne d'urus, s'avança sur le seuil de la porte et, mettant la trompe à sa bouche, en tira de discordantes intonations qu'on était surpris d'entendre sortir de si jolies lèvres. ”
Amand Dubois, Autour d'une volière : oiseaux de France & oiseaux exotiques (1896)
“ Impatient de revoir sa douce compagne, et cédant à un désir irrésistible, Orphée oublia la défense et jeta les yeux derrière lui, au moment même où il allait franchir le seuil du ténébreux empire. Hélas! Eurydice, cette fois, lui fut enlevée pour toujours. Dans son inconsolable douleur, Orphée fuit la société des hommes et se retire dans les solitudes les plus profondes, attendrissant par le son de sa lyre les forêts, les montagnes, les animaux les plus féroces : la nature entière se montre sensible aux charmes de son harmonie. ”
Pierre Daru,
L’astronomie, poème en six chants
“ Dans le même temps, le divin Orphée prit en main sa lyre, et, mêlant à ses accords les doux accents de sa voix, il chanta comment la terre, le ciel et la mer, autrefois confondus ensemble, avaient été tirés de cet état funeste de chaos et de discorde ; la route constante que suivent dans les airs le soleil, la lune et les autres astres ; la formation des montagnes, celle des fleuves, des nymphes et des animaux. Il chantait encore comment Ophion et Eurynome, fille de l’Océan, régnèrent sur l’Olympe, etc. Orphée avait fini de chanter, et chacun restait immobile. ”
Éliphas Lévi,
Histoire de la magie
“ Peu nous importe d'ailleurs qu'un des Argonautes se soit ou non appelé Orphée, le personnage poétique a plus fait que de vivre; il vit toujours, il est immortel! La fable d'Orphée est tout un dogme, c'est une révélation des destinées sacerdotales, c'est une idéal nouveau issu du culte de la beauté. C'est déjà la régénération et la rédemption de l'amour. Orphée descend aux enfers chercher Eurydice, et il faut qu'il la ramène sans la regarder. Ainsi l'homme pur doit se créer une compagne, il doit l'élever à lui en se dévouant à elle, et en ne la convoitant pas. ”
Hector Crémieux,
Orphée aux Enfers
“ L’Opinion, bas à Orphée Voici le moment solennel ! Tu vas, d’une voix attendrie, Implorer du grand Jupiter Le droit de reprendre à l’enfer Ton épouse tendre et chérie !Orphée, bas à l’opinion Mais non ! Mais non ! cela m’ennuie.L’Opinion Allons ! Allons ! obéis-moi !Orphée, avec passion O roi des cieux et de la terre, Vois ma douleur et ma misère, Ma tristesse et mon abandon ! Je viens te demander justice.Diane, sur le motif de Gluck « On lui ravit son Eurydice.Orphée » Et le ravisseur, c’est Pluton ! »Jupiter prend une attitude recueillie. Jupiter. Faites silence ! ”
Pierre-Louis Dubourcq, Notice des tableaux du musée d'Amsterdam… (1872)
“ ORPHEE vêtu de bleu, avec manteau rouge et bottes jaunes à revers, joue de la harpe assis presque au centre d'une forêt sur un tertre; un lévrier à poil gris est à ses côtés. Près de lui sont couchés un magnifique lion et sa lionne, un ours accroupi, et un superbe coursier noir debout. Derrière ce groupe, s'avancent un éléphant, et un dromadaire ; nn buffle et un âne montent le tertre derrière ORPHÉE ; un peu plus bas se touvent un chameau debout et un taureau couchée. ”
Hector Crémieux,
Orphée aux Enfers
“ Eurydice Ah ! Seigneur, ah ! quel supplice, C’est fini, le voilà parti. O Vénus, sois-moi propice ! Délivre-moi de mon mari. Vénus, ma belle déesse, délivre-moi de mon aimable Orphée, et je t’immolerai dix brebis plus blanches que le lait ! Orphée Jupiter, mon maître, délivre-moi de ma tendre Eurydice, et je chanterai tes louanges sur ma lyre à quatre cordes. (À Eurydice.) Madame, je ne me fais aucune illusion sur le sort qui m’attend ! Quand une femme en est arrivée à ce degré d’audace, il est parfaitement inutile d’essayer de la remettre dans la bonne voie... ”
Auguste Louvrier de Lajolais, Les émaux : catalogue des pièces composant la collection… (1905)
“ Tasse en forme de gohelet, à pied, sans anses H. 0,096 ; D. 0,103 Orphée charmant les animaux. — Deux bouquets de fleurs liées par un ruban séparent deux larges cartouches rouges, à enroulements jaunes. Dans l'un sur fond bleu clair le chiure peint en or : M. J. L. B. en lettres enlacées. Dans l'autre, Orphée assis au pied d'un arbre, charme, en jouant du violon, une licorne, un lion, un cerf et un chien qui l'écoutent. Emaux de couleurs, dessinés et peints sur fond blanc. Rehauts d'or. Le pied ainsi que le fond de la coupe sont noirs. Sur le pied, l'inscription en or : Orphée. ”
“ La peau du léopard, sur la terre étendue, Assurera ses pas, réjouira sa vue, Jusqu’à l’âge où, grandi, lui-même il lancera Le lacet qu’en fuyant l’onagre secoûra. Gloire aux dieux de Moab, ils sont grands, nul mensonge N’émane d’eux ; hier j’ai connu, par un songe, Qu’à la neuvième lune un fils naîtrait de moi. Ainsi parlait Joël, aveugle dans sa foi ; Mais, dans l’année, Orpha mit au jour une fille. Rien d’abord ne parut changé dans la famille ; L’enfant eut nom Jaïd ; l’esclave, dans son sein, La cachait à Joël, parfois, comme un larcin. ”
Anatole France,
L'Île des Pingouins
(1908)
“ Rien de plus incertain que l’histoire et même l’existence de sainte Orberose. Un vieil annaliste anonyme, le religieux des Dombes, rapporte qu’une femme du nom d’Orberose fut possédée par le diable dans une caverne où, de son temps encore, les petits gars et les petites garces du village venaient faire, en manière de jeu, le diable et la belle Orberose. Il ajoute que cette femme devint la concubine d’un horrible dragon qui désolait la contrée. Cela n’est guère croyable, mais l’histoire d’Orberose, telle qu’on l’a contée depuis, ne semble pas beaucoup plus digne de foi. ”
Jean Bertheroy,
Les Vierges de Syracuse
“ Et maintenant elle était devenue une utile auxiliaire pour l’orfèvre, dans le dessein ténébreux qu’il poursuivait. Le plus souvent c’était elle qui l’avertissait des sorties de Dorcas, comme elle venait de le faire à l’instant. Orthon s’était levé ; rapidement, sans même prendre la peine d’essuyer ses mains noircies par le contact du métal, il avait jeté un manteau sur ses épaules, enfoncé sur ses yeux son bonnet de feutre, et il s’était dirigé vers le jardin qui recouvrait de frondaisons épaisses l’ancienne latomie de Denys. Ce jardin, il le connaissait bien. ”
Théophile Gautier,
Contes fantastiques traduits par X. Marmier…
(1878)
“ L'orfèvre lâcha le secrétaire privé, qui tomba hors d'haleine sur le gazon humide. Il se crut dans le bassin et s'écria : « 0 mort froide! ô$ verte prairieï Adieu, mademoiselle Albertine! Adieu, digne conseiller ! Le malheureux fiancé est au milieu des - grenouilles, qui louent le Seigneur dans les jours d'été. — Voyez, Tusmann, dit l'orfèvre, vous perdez la raison, et vous êtes dans un état pitoyable. Vous vouliez tout à l'heure m'envoyer aux enfers; que diriez-vous si le diable lui-même vous tordait ici le cou ? » ”
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ Le drame s’appelait à l’origine Orphée et Eurydice. Orphée tout court est préférable, car Orphée seul existe ; il rassemble et condense tout en lui. L’Amour, Eurydice même, se perdent en son rayonnement, et la plus faible page de l’œuvre est sans doute le duo des deux époux. Il y a plus, et dans Orphée toute puissance, toute force musicale est en quelque sorte autonome et singulière. Un air. une mélodie, une phrase de Gluck vit en soi, agit par soi. ”
“ Et l’on n’entendit plus que les sanglots d’Orpha. La noire alors reprit : — Quand vous m’aurez chassée, Par qui, dans ce logis, serai-je remplacée ? La veuve est jeune encor, l’enfant qui lui naîtra, Si la mère vous sert, qui donc le bercera ? Qui guidera ses pas ? qui tressera ses nattes ? Qui troquera des peaux pour du fer ou des dattes ? Quelle autre, répondez, fournira la maison De maïs, si déjà manque la venaison, Et si le vent du sud, qui porte les gazelles, Fait vos nerfs sans vigueur et vos flèches sans ailes. Le chasseur éclata : — Qui t’a dit de partir ? ”
Ernest Alby,
L'Olympe à Paris ou Les dieux en habit noir
(1867)
“ Comme poète, Orphée mérite une grande célébrité. L'antiquité lui attribue l'invention du vers hexamètre. Dans les poésies que nous avons sauvées du naufrage des siècles, et qui appartiennent à Orphée, le chaste et studieux amant de la muse antique recueille les inspirations d'un génie sérieux et synthétique. Ce n'est plus le style imagé d'Homère, sa pensée riante et colorée; ce n'est plus la fraîcheur d'Hésiode, la fougue de Pindare, la gracieuse mélancolie de Sapho ; c'est une œuvre calme, puissante, une étude des phénomènes du cœur, une appréciation généreuse des idées du bien et du mal. ”
Philippe Fabia, Mosaïques romaines des musées de Lyon… (1923)
“ Dans l'octogone central, Orphée, de face, vêtu, assis sur un rocher entre deux arbres et jouant de la lyre ; dans chacun des six autres un quadrupède ; dans chacun des carrés un oiseau ; en tout quatorze animaux. Une troisième fut exhumée à SteColombe, dans la propriété Grange, en 1899, puis recouverte 2. Orphée, dans un cadre hexagonal, y est entouré de six animaux dans des hexagones aussi. L'ensemble de ces caissons a comme bordure un cercle de torsade inscrit dans un carré. Entre la torsade et le carré, aux quatre angles, on voit les bustes des quatre saisons. ”
Dom Neroman, Grandeur et pitié de l'astrologie (1940)
“ La double épreuve d'Orphée signifie qu'il faut se plier au Cycle éternel : le talon d'Eurydice n'a pas vaincu le serpent, c'est le serpent qui a tué Eurydice ; Pluton n'a pas rendu Eurydice à Orphée, la faiblesse d'Orphée l'a reperdue. Alors Orphée revient en Thrace, qui est son pays natal, et il chante sa douleur, enchantant les bêtes et horripilant les femmes qui, jalouses de la Morte, le mettent en pièces. De nouveau, on perd le fil d'Ariane, à travers les Gémeaux, le Taureau et le Bélier, et peut-être avec quelques loisirs pour la méditation le retrouverait-on ”
Élisée Reclus,
L’Homme et la Terre
“ Nulle légende n’est plus vraie que celle d’Orphée, dont la lyre évoque les fauves hors de leurs retraites, les change en fraternels compagnons des hommes, et va jusqu’à faire surgir la vie dormante de la pierre pour façonner les blocs en murailles qui, d’elles-mêmes, se juxtaposent et s’érigent en cités. Orphée est bien une personnification de l’art aux âges préhistoriques, et nous pouvons attester en toute certitude que sa lyre a plus fait pour les progrès du genre humain que la massue d’Hercule. ”
Pseudo-Lucien de Samosate, De l’Astrologie
“ En effet, les Grecs, pour lui faire honneur, lui assignèrent une place dans le ciel, et la réunion de plusieurs étoiles prit le nom de Lyre d’Orphée. Aussi, quand parfois vous voyez Orphée représenté en pierre ou en peinture, assis au milieu de ses auditeurs dans l’attitude d’un homme qui chante, une lyre à la main et entouré d’une foule d’animaux, hommes, taureaux, lions et autres encore, à cette vue rappelez-vous quel est ce chant, quelle est cette lyre, quel taureau et quel lion prêtent l’oreille à Orphée ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ ORPHÉE, Orpheus, est, selon la mythologie, un chantre ou poète thrace, fils du roi Œagre et de la muse Calliope, ou, suivant d'autres, d'Apollon et de Clio; il vécut environ un siècle avant la guerre de Troie, fut disciple de Linus, prit part à l'expédition des Argonautes, voyagea en Égypte, où sa femme Eurydice périt blessée au talon par un serpent, osa descendre aux Enfers pour la redemander à Pluton, obtint qu'elle lui fût rendue, mais à la condition qu'il ne la regarderait qu'après avoir quitté les enfers, ne put résister au désir de la revoir et la perdit aussitôt pour toujours. ”
Victor Hugo,
William Shakespeare
“ Orphée apprivoise les bêtes fauves ; Amphion bâtit des villes. Le poëte dompteur et architecte, Linus aidant Hercule, Musée assistant Dédale, le vers force civilisante, telle est l’origine. La tradition est d’accord avec la raison. Le bon sens des peuples ne s’y trompe pas. Il invente toujours des fables dans le sens de la vérité. Tout est grand dans ces lointains grossissants. Eh bien, le poëte belluaire, que vous admirez dans Orphée, reconnaissez-le dans Juvénal. ”
Sénèque le Jeune,
Tragédies de L. A. Sénèque
“ Brise les lois du trépas ; fais descendre le jour dans le sombre abîme des enfers, et que ses portes infranchissables deviennent une voie facile pour remonter vers la terre des vivans. Orphée a bien su par ses chants et par ses prières attendrir les inflexibles souverains des Mânes, et les forcer à lui rendre son Eurydice. ”
Albert Dumont, Souvenirs de la Roumélie
“ « Il commanda aux Youdas d’aller habiter les unes dans les montagnes, les autres dans les eaux, d’autres encore dans les vents, et ainsi jusqu’au jour d’aujourd’hui elles vont, viennent et trompent les hommes. Orfen occupa leur pays ; il engendra un grand nombre de fils et de filles qui le peuplèrent, et vécut juste mille ans, après quoi il s’en alla au ciel, et il se peut qu’il y soit encore vivant. » Ce serait une si grande découverte, celle de poèmes consacrés à Orphée et répétés encore de nos jours, que M. Vercovitch trouvera sans doute en Europe beaucoup d’incrédules. ”
Ovide,
Ovide - Œuvres complètes
“ Mais enfin Apollon paraît, détourne la morsure et change en un dur rocher le serpent, dont la gueule s’arrête et se durcit béante. L’ombre descend dans la demeure des morts, et reconnaît ces lieux qu’elle a déjà visités : dans les champs réservés aux justes, elle cherche, elle trouve Eurydice, et la serre avec amour dans ses bras. Là, tantôt les deux ombres s’unissent dans leur marche ; tantôt Orphée suit son épouse, tantôt il la précède, et il peut regarder en arrière sans perdre son Eurydice. ”
Barchou de Penhoën, Revue des Deux Mondes
“ Nous voyons Orphée porter ensuite les mêmes bienfaits chez d’autres peuples, chez les Thraces entre autres, ou, se montrant au moment où deux partis allaient s’exterminer dans une sanglante bataille, pour mieux dire une horrible mêlée, sans art et sans gloire, il calme leurs haines et suspend leurs fureurs. ”
