Louise Colet,
Les Derniers Marquis — Deux mois aux Pyrénées
“ De là nous dominons tout le bassin des Eaux-Chaudes, empreint d’une mélancolie grandiose. Un courant d’air froid siffle sur nos têtes ; il descend du pic du Midi et s’engouffre dans le long canal de l’étroite vallée ; son mugissement se mêle à celui du Gave : ce sont comme deux grandes voix douloureuses se répondant ; comme deux sanglots pleurant sur ceux qui passent. Hors ces bruits, tout est tranquille et morne aux Eaux-Chaudes ; ni fêtes ni cavalcades comme aux Eaux-Bonnes ; les femmes qui viennent y boire les eaux, ou s’y baigner, n’y étalent pas de toilettes parisiennes ”
