“ Semble au pâtre lointain le bruit d’un océan. Mysore est sur son trône une reine placée ; Médine aux mille tours, d’aiguilles hérissée, Avec ses flèches d’or, ses kiosques brillants, Est comme un bataillon, arrêté dans les plaines, Qui, parmi ses tentes hautaines, Élève une forêt de dards étincelants. On dirait qu’au désert, Thèbes, debout encore, Attend son peuple entier, absent depuis l’aurore. ”
Mysore
Définition et enjeux
Mysore, ancien royaume du sud de l’Inde, a longtemps captivé les voyageurs et les historiens par son héritage politique et culturel. Des auteurs comme F. de M.-S. ou Pierre-Louis-Honoré Chauvet ont analysé ses enjeux coloniaux et ses paysages, tandis que Victor Hugo en a fait un symbole poétique de résistance.
Les textes mettent en lumière à la fois son rôle stratégique dans les conflits de l’Inde du XVIIIe siècle et la complexité de son administration britannique. Cette diversité d’approches révèle une région à la fois historique et géographique, marquée par ses dynasties et ses échanges culturels.
Citations sur “Mysore”
F. de M.-S., Revue des Deux Mondes
“ Deux heures après, par une course rapide, j’entrais dans la capitale actuelle du Mysore, où l’ancienne dynastie, replacée sur le trône, est censée régner, tandis que le gouvernement réel est concentré à Bangalore dans les mains d’un simple colonel : toutes les affaires administratives du pays sont confiées à sa sagacité et à son mérite. ”
Pierre-Louis-Honoré Chauvet, L’Inde française
“ À part le cercle dans lequel les touristes anglais ont circonscrit leurs villas, les paysages du Mysore semblent être revenus à l’état sauvage depuis que le dernier sultan se fit bravement tuer sur les remparts de sa capitale en défendant le dernier boulevard de l’indépendance de l’Inde. ”
F. de M.-S., Revue des Deux Mondes
“ Inconnu des puissances voisines, gouverné par de faibles radjahs hindous, avili sous le joug de ses anciennes coutumes, le Mysore joua pour la première fois un rôle en 1752. Au siége de Trichinopoly, dans les sanglans débats de la succession du Carnatic, il est fait mention de l’armée auxiliaire des Mysoréens ; c’est aussi alors qu’Hyder, parti comme simple soldat, commença à conquérir ses grades. Il grandit rapidement, et bientôt avec lui parut sur la scène politique un empire tout nouveau qui devait peser dans la balance parmi les pouvoirs prépondérans de l’Inde. ”
Joseph Méry,
Les Nuits d’Orient
“ Typpoo-Saïb, sa famille, sa cour, ses nababs, montés sur des éléphants superbes, sortirent de la capitale du Mysore pour recevoir les Français au pont du fleuve Palaur. Un peuple immense formait le cortége du roi ou s’échelonnait sur les remparts, les toits, les pagodes, les arbres, en faisant retentir l’air des sons ou du bruit des mille instruments de l’orchestre indien. ”
Aleksej Soltykov, Voyage en Perse (1853)
“ Mysore est une ville assez grande et assez curieuse ; le climat en est bon, car elle est élevée à deux mille pieds au-dessus de la mer. Le pays est administré par les Anglais, qui l'ont conquis sur Tippo-Saïb, et qui y ont réinstallé le descendant des anciens radjas, sous la tutelle du gouvernement anglais. ”
Conrad Malte-Brun,
Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde…
(1851-1854)
“ L'Angleterre céda le territoire de Mysore à un. descendant de l'ancienne dynastie, chassé pur Haïder-Ali, accorda quelques districts à un autre descendant de cette dynastie, récompensa en terres son allié le nidzam, et se réserva le reste, composé des districts de Seringapatam et de Mangalore, la plus belle partie de rem pire de Mysore. ”
F. de M.-S., Revue des Deux Mondes
“ À cette époque, l’empire mogol croulait de toutes parts, et l’Inde entière, réveillée par l’appât du gain, convoitait chacun de ses débris ; c’est alors qu’une puissance nouvelle, création d’un seul homme, s’éleva au centre de la péninsule. Merveilleusement situé sur un plateau qui domine les deux mers, immense citadelle défendue par les Ghates, qui ne laissent pour y monter de l’une ou l’autre des côtes de Malabar et de Coromandel, que de rares et étroits passages, le Mysore jeta un éclat d’autant plus vif et soudain, que ses commencemens, presque inaperçus, avaient excité peu de jalousie. ”
Pierre-Louis-Honoré Chauvet, L’Inde française
“ J’ai remarqué que la population indienne de ces districts est à peu près uniquement composée de fermiers et de jardiniers qui donnent, par leur exactitude et leur empressement à rendre fertile cette terre privilégiée, un démenti formel à la réputation de paresse de leur race. Cette réputation est méritée, d’ailleurs, pour les indigènes de l’Inde ; mais sur le territoire du Mysore, en raison de l’abaissement de la température, de la distinction sensible des saisons, le travail est facile, et ceux qui s’y livrent trouvent dans la récolte une large rémunération de leur peine. ”
Aleksej Soltykov, Voyages dans l'Inde et en Perse (1858)
“ Je songeais que peut-être, dans les temps païens de la Russie, le genre de vie de nos princes avait de l'analogie avec celui des radjas indiens. Les rues étaient sombres et mornes ; la tristesse me gagna. J'ai retrouvé à Mysore la végétation tropicale que j'avais perdue et regrettée dans les montagnes. Là l'épaisse verdure se compose d'une espèce de chênes verts et de rhododendrons avec des fleurs d'un ponceau magnifique. Les rhododendrons y sont des arbres grands comme des chênes. ”
René de Pont-Jest,
Le Fire-Fly
“ Les rives du Tanoor. — Les étrangleurs. — Un drame dans la nuit. Le Panoor, qui prend sa source dans les montagnes du Mysore et qui, après s’être divisé en trois bras à une trentaine de milles de son embouchure, se jette dans le golfe du Bengale en enveloppant Cuddalore, nous offrait sur ses rives le plus délicieux campement pour passer la nuit. Ses eaux, augmentées des pluies torrentielles des jours précédents, roulaient avec fracas entre ses bords escarpés, que des tecks, des banians et des sapans ornaient en laissant pendre leurs feuillages jusque dans les flots. ”
Pierre-Louis-Honoré Chauvet, L’Inde française
“ L’ancien empire d’Haïder-Aly et de Tippoo-Saïb, le Mysore, est enfermé dans un cercle de hautes montagnes boisées, arrosé par plusieurs bras du Cavery et fermé au sud par les Nelghéries, dont les hauteurs sont aujourd’hui couvertes de maisons de plaisance. Chose étrange et rare dans l’Inde, plusieurs de ces maisons ont des cheminées. Ainsi, sous une zone torride, alors que la chaleur est souvent intolérable à quelques lieues de là, on se chauffe, comme en France, pendant toute une saison de l’année, et il peut arriver qu’on ait froid à peu de distance de l’équateur. ”
Gustave Le Bon,
Lois psychologiques de l'évolution des peuples
“ Elle est plus grande encore quand on compare les statues et les bas-reliefs de la province d'Orissa avec ceux du Bundelkund, ou encore les statues du Mysore avec celles des grandes pagodes du sud de l'Inde. L'influence de la race apparaît partout. Elle apparaît d'ailleurs dans les moindres objets artistiques : personne n'ignore combien ils sont différents d'une partie de l'Inde à l'autre. ”
F. de M.-S., Revue des Deux Mondes
“ C’est à ces vieux principes de leur éducation que les nombreuses castes indiennes doivent leur stabilité, qui repose aussi sur l’hérédité des professions et le mariage entre les individus de même caste. Avant de gravir le plateau du Mysore, je longeai quelque temps le pied des Ghates. ”
Barchou de Penhoën, Histoire de la conquête de l’Inde par l’Angleterre
“ Le 3 février, l’ordre fut donné par le gouverneur-général de commencer les opérations et d’envahir le territoire de Mysore. D’après le plan de campagne de lord Wellesley, la principale armée sous les ordres du général Harris devait s’assembler à Valore, dans le Carnatique, et le détachement de Hyderabad se réunir à elle ; pendant ce temps, l’armée de Bombay ou de l’Ouest, sous les ordres du général Stuart, se former à Cananore, sur les côtes du Malabar, puis se porter sur Sedescar, position avantageuse dominant tout le royaume de Mysore ”
Xavier Heuschling, Manuel de statistique ethnographique universelle… (1847)
“ Mysore, capitale du royaume du même nom, dans la présidence de Madras, résidence du rajah ou nabab et siège d'un résident anglais, est à 15 kilomètres Sud de Seringapatam; 50,000 habitants. Le palais du souverain se trouve dans la citadelle. 31. Rampollr, ville du Delhi, au Nord-Ouest de Barcily; 50,000 âmes. 32. Rangpour, ville du Bengale, à 380 kilomètres de Calcutta; 50,000 habitants. ”
Émile de La Bédollière,
Histoire générale des peuples anciens et modernes…
(1878)
“ Les fugitifs, pendant leur embarquement, furent surpris par le rajah de Mysore, et perdirent 87 Européens et 172 cipayes. Satisfait de cette victoire, Hyder-Ali traita avec la présidence de Bombay: Il accorda à la Compagnie le droit de construire un fort à Onore, et d'acheter seule le poivre dans les vastes possessions dont Seringapatam était le chef-lieu. La présidence devait tirer de Mangalore le riz nécessaire à sa consommation, et fournir au rajah de Mysore une certaine quantité de fusils, pièces d'artillerie, plomb, salpêtre et poudre à canon. ”
Conrad Malte-Brun,
Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde…
(1858)
“ Tippou, les armes à la main, s'ensevelit sous les ruines de sa capitale, dont la trahison avait ouvert les portes aux Anglais. Un faible reste de l'empire, ayant que surface de 20,000 kilomètres carrés, fut concédé sous des conditions très-dures à un prince indien d'une dynastie détrônée par Haïder-Ali. Mysore ou Maïssoltr, ville forte, sur un oanal da la rivière de Kavéry, - est la résidence du prince vassal des Anglais. Elle est assez grande et conserve une population de 55,000 habitants. Le palais, seul monument à citer, est vaste, mais irrégulier. ”
Léonce de Lavergne,
Dictionnaire encyclopédique usuel…
(1858)
“ MAISSOUR, province de l'Indoustan embrassant une partie du plateau formé par les deux chaînes des monts Gates. Sa superficie est d'environ 2,600 lieues carrées, et sa population d'à peu près 3,000,000 d'habitants, placés sous la domination d'un radjah, qui paye aux Anglais un tribut de 7,000,000 de franrs. Trois soubahdars gouvernent les provinces. Les radjahs de Maïssour ou Mysore se prétendent issus de l'antique tribu de Yadava, dont était le dieu Krichna. Le plus ancien qu'on connaisse est Tcham-Radjah, qui régnait en 1507 sur un petit territoire agrandi depuis par ses successeurs. ”
Jean-Ferdinand Dupeuty-Trahon, Le moniteur indien : renfermant la description de l'Hindoustan et des différents peuples qui habitent ce pays… (1838)
“ Tout le pays de Malabar produit d'excellent poivre, et celui des environs de Mahé est le plus estimé. Maïssonr, vulgairement Mysore. Le Maïssoùr, vulgairement Mysore , était un état borné au nord par le Bijâpour, au midi par le pays de Caïmbatore, à l'ouest par le Kanarâ, à l'est par le Karnâtik. Dans ce royaume était compris, sous le règne de Haïder-A'lyKhân qui l'avait usurpé sur le râdjâ de la province, le canton de Bednore (Bidnoùr) , le Kanarâ, la province de Sérâ, l'Adony, le Goutty, le Kaddâpah, le Barah-Mahal, le Caïmbatore et le Dindigal. Bangalore (Bangaloùr) , re.. ”
James Talboys Wheeler, Les anglais dans l'Inde, 1700-1805 (1895)
“ Mais ces alliés natifs furent à charge au major Lawrence. On perdit de magnifiques occasions parce que les 1. Le raja du Mysore à cette époque était un enfant. Pendant sa minorité, son oncle Nunjiray gouvernait le pays avec le titre de régent. Alors aussi s'élevait au pouvoir, comme officier au service de ce dernier. Hyder Naïk, le futur fondateur du royaume mahométan du Mysore. LES ANGLAIS A MADRAS. 41 étoiles n'étaient pas favorables, et souvent il dut agir seul ou subir les prédictions indigènes sur les jours fastes et néfastes. ”
Lieutenant-colonel Malleson, Histoire des Français dans l'Inde… (1874)
“ Cet officier, sans se laisser abattre par cet échec, s'assura d'abord de l'état des magasins ; il reconnut qu'il n'y avait plus que pour trois semaines de vivres dans Trichinopoly. Il expédia un exprès à Lawrence pour lui demander de secourir la ville, que les ennemis privaient de toute communication. Le régent de Mysore avait réussi à établir huit mille hommes de ses meilleures troupes dans une forte position appelée le bois du Derviche, à quatre milles de Trichinopoly ”
Adolphe Nicolas, Chantiers de terrassements en pays paludéen… (1889)
“ Allahabad, au centre: 278,3; la province qui comprend Calcutta et la majeure partie des régions méridionales, seulement: 194,1; enfin la province d'Oude, du centre nord-est: 159,5 ; 3° la présidence de Madras, en général : 147,5, au lieu de 421, du Bengale et de 426 de Bombay ; toute la côte et le restant oriental des Ghattes orientales: 58; la province de Mysore : 29,3; les régions centrales, qui constituent proprement le Deccan et forment la province d'Hyderabad : 257 ; et dans cette région, le pa- ludisme va croissant, tandis qu'il décroît dans le Mysore. ”
James Talboys Wheeler, Les anglais dans l'Inde, 1700-1805 (1895)
“ La guerre du Mysore fit plus qu'établir dans la péninsule la prédominance du gouvernement britannique : elle dissipa le fantôme de la balance des pouvoirs dans le Dekkan et l'Hindoustan. Le nizam était désespéré, son existence dépendait entièrement des Anglais. Le gouvernement du peichoua était de mauvaise foi : il n'envoya aucun contingent rejoindre ses alliés et garda les envoyés de Tippou à Pouna longtemps après l'ouverture des hostilités pour conduire sous main des négociations avec l'ennemi. ”
Jules Saintoyant, La colonisation française pendant la Révolution… (1930)
“ Bussy, voyait son territoire menacé à la fois par les Mahrattes au Nord-ouest et par les Anglais à l'Est; il s'était abandonné à l'influence de ces derniers. Enfin, au Sud, le Mysore était le seul État où la pénétration anglaise se heurtait à une obstruction décidée à ne céder qu'à la force des armes et obligeant à la guerre. Ces princes n'avaient plus guère confiance dans leurs seules forces ; ils avaient appris à connaître la puissance de la discipline, de la tactique et du feu des troupes européennes ; ils avaient retenu ce qui avait été instauré par Dupleix ”
F. de M.-S., Revue des Deux Mondes
“ On m’a dit qu’après le sac de Seringapatam, cette délicieuse demeure servit quelque temps de quartier-général au colonel du trente-troisième régiment, aujourd’hui duc de Wellington, alors commandant-gouverneur de Mysore. Le Cavéri, après avoir serpenté dans la vallée en courant du nord au sud, réunit toutes ses eaux pour se présenter de front contre la ville, et au pied même de ses murs se partage de nouveau en deux branches, qui forment une île longue et étroite. Deux collines s’élèvent à chaque extrémité ; la première de ces collines est occupée par la ville de Seringapatam ”
Henri Delavenne, Grammaire de la langue française… (1873)
“ LE TIGRE ET L'ÉLÉPHANT. Corrigez les fautes et remplacez les points par l'adjectif ou le pronom convenable. L'ancien royaume de Mysore est une des plus riche province des possession anglaise dans les Inde. Arrosé par de nombreux cours d'eau, le sol y déploie, sous l'influence d'un soleil tropical, un luxe et une force de végétation extraordinaires. Tout dans riche nature a un aspect grandiose. Les jungle, qui forment des forêts impénétrable, sont peuplé d'animal féroce et de plusieurs espèce de gibier. y rencontre les éléphants sauvage par troupeaux de cent à deux cent individus ”
Barchou de Penhoën, Histoire de la conquête de l’Inde par l’Angleterre
“ Le rajah ajoutait que les forts et le territoire achetés par lui aux Hollandais leur appartenaient bien réellement ; qu’ils ne dépendaient en aucune façon du tributaire de Tippoo ; enfin que le terrain traversé par ses lignes (les deux districts) lui avait été cédé en toute propriété par le rajah de Cochin long-temps avant que ce rajah ne se fût constitué vassal du royaume de Mysore. ”
Guide bleu du Figaro et du Petit Journal… (1888-1889)
“ Les vingt exposants sont réellement Indiens. Le principal exposant est le maharajah de Mysore, et les organisateurs de l'Exposition, MM. Robinson et sir Georges Berwod, sont depuis de longues années déjà en relation avec les Indes. On aura donc dans ce palais une représentation exacte de la vie aux Indes, et ce palais est un des coins les plus intéressants de l'Exposition. Si l'on quitte le Champ de Mars pour se rendre à l'esplanade des Invalides, on retrouve là encore l'exposition anglaise. ”
Barchou de Penhoën, Histoire de la conquête de l’Inde par l’Angleterre
“ Un corps de Mysoréens qui avait marché sur Caroor, attendait l’issue des négociations commencées entre le roi de Mysore et la régence de Madras, tout en permettant à la cavalerie de faire des incursions dans les districts appartenant aux Anglais. À la fin de cette année, Pondichéry n’avait donc rien à espérer pour son salut de ce qui se passait au-dehors. Au commencement de décembre, Lally avait fait faire une stricte recherche des provisions qui pouvaient se trouver dans la ville. On transporta à la citadelle tout ce que l’on put trouver ”
Victor Hugo,
La Légende des siècles
“ Nul, si petit qu'il soit, n'échappe au souffle énorme ; Les plus humbles, pendant qu'il parle, ont le frisson. Ainsi quand, évadé dans le vaste horizon, L'aquilon qui se hâte et qui cherche aventure Tord la pluie et l'éclair, comme de sa ceinture Une fille défait en souriant le nœud, Quand l'immense vent gronde et passe, tout s'émeut ; Pas un brin d'herbe au fond des ravins, que ne touche Cette rapidité formidable et farouche. III. « Autrefois, j'ai connu Ferdousi dans Mysore »III. « Autrefois, j'ai connu Ferdousi dans Mysore » Autrefois, j'ai connu Ferdousi dans Mysore. ”
