“ Il n’y a jamais eu de grands hommes, de tuteurs de peuples — avant Émile. C’est bien entendu. On croit, à Médan, que César est un mot assyrien qui signifie multitude. C’est admirable comme les idées basses vont à cette caboche de rétameur littéraire accoutumé à gueuler son industrie dans les quartiers pauvres ! ”
Médan
Définition et enjeux
Citations sur “Médan”
James Capper, Voyage en retour de l'Inde, par terre… (1796)
“ A midi, nous arrivâmes à MEDAN ou ARGENA MEDAN, où nous fîmes halte pendant une heure. MEDAN est une ville assez gran.de, située sur le penchant de plusieurs petites coiiines , au pied de montagnes fort hautes dont elle est entourée de tous côtés : ces montagnes forment des chaînes qui se prolongent aussi loin que l'œil peut s'étendre, et paraissent riches en productions minérales; le soi est absolument stérile, et ne produit que quelques méchans arbrisseaux. ”
“ Je me figure être Léa Médan : j'ai un amant que j'aime.., et j'ai, pour vivre, des relations obligées ; pour conserver celles-ci, je loue, dans un quartier éloigné, une petite maison ; cette demeure, je la meuble spécialement pour l'amour... Je n'y mets aucune chose de valeur, tout y est agréable, mais simple ; la seule valeur est dans le goût dépensé. Et vous supposez que le jour où je fais une partie avec mon amant, après laquelle je dois l'emmener passer la nuit dans cette petite maison, je porterais sur moi quatre-vingt mille francs de valeurs !..... ”
Joris-Karl Huysmans,
À rebours
“ Autrement sagace que les catholiques, Zola le sentit bien. Je me rappelle que j’allai passer, après l’apparition d’À Rebours, quelques jours à Médan. ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ Monsieur le comte d'Ouville, j'ai l'honneur de vous demander pardon du mal que je vous fais ; vous ne savez pas quelle misérable créature vous honorez de votre amour. – Je vous défends. Huret l'interrompit aussitôt : – Cette femme a tué son enfant ; cette femme a assassiné son amie Léa Médan. Cette femme a souillé, déshonoré ceux qu'elle a connus ; cette femme a ruiné, déshonoré son mari Séglin ; cette femme a tenté d'empoisonner son amant le comte de Verchemont ; elle a volé deux millions à la banque !. ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ « Houdard semblait outré ; il regardait Iza bien en face ; mais celle-ci supportant son regard sans faiblir, l'oeil d'André s'éclaira d'une flamme farouche ; il respira fortement en serrant les poings. » Je craignais un coup de tête et je l'observais, m'avançant un peu de son côté. » Il n'en fut rien ; seulement il s'écria avec volubilité que c'était lui qui avait tué Léa Médan, mais avec l'aide d'Iza. Le champagne qui lui avait servi à le faire lui avait été préparé par elle, et, s'adressant à Iza, il lui dit que, voulant le perdre, elle se perdrait avec lui. ”
Émile Zola,
Correspondance: Les lettres et les arts
“ Je viens de lire Jean de la Roche, de George Sand, dont le dénouement, au sommet du Sancy, est une des choses les plus extraordinaires que je connaisse.Ma femme, en somme, ne va pas mal. Elle est simplement fatiguée. Mais elle assure qu'elle avalerait toute leur eau, sans en être dérangée en bien ni en mal. Elle vous envoie ses bien vives amitiés.Moi, mon bon ami, je vous souhaite de bonnes vacances. Si nous étions à Médan, je vous dirais de venir bavarder un peu. Enfin, nous y serons le mois prochain. Le pays est très beau, ici; mais l'espace manque. ”
Melchior Vogüé,
Les églises de la Terre Sainte
(1860)
“ Bostron. Jordanis descensus interpretatur, eo quod semper descendendo labitur. Dan fere ab ortu suo subterraneum ducit gurgitem suum usque Meddan, haut procul a Theman que est Suete metropolis. Est autem Meddan planities decens et spaciosa, in qua Dan satis patenter suum foras remittit alveum : ideoque vocatur Meddan, quia Dan medius in ea resurgit. Sarracene quidem platea sonat Medan f : latine autem platea forum. ”
Hector Malot,
Sans famille/Dentu, 1887
“ Après avoir traversé dans toute son étendue le causse Méjean, qui est bien le pays le plus désolé et le plus misérable du monde, sans bois, sans eaux, sans cultures, sans villages, sans habitants, sans rien de ce qui est la vie, mais avec d’immenses et mornes solitudes qui ne peuvent avoir de charmes que pour ceux qui les parcourent rapidement en voiture, nous arrivâmes enfin à Mende. ”
Baptistin Poujoulat, Récits et souvenirs d'un voyage en Orient… (1852)
“ Médine est la cité que le musulman n'aperçoit jamais sans être pénétré de vénération. Médine, la bien-aimée, la maison de l'islamisme, le palais de la victoire, est le lieu où la plus sublime des créatures se réfugia pour échapper aux poursuites de ses ennemis. C'est là que sous un dôme soutenu par deux cent quatre-vingt-treize colonnes, ornées de pierres précieuses et d'inscriptions en lettres d'or, à la place même de la demeure de la noble Aïché, où mourut Mahomet, se trouve la tombe fortunée du prophète. ”
L' Arioste, Roland furieux. Tome 2 (1838)
“ Mais bien plus vite encor s'agrandit la blessure, Source des maux cruels que tout son coeur endure. Jusques au fond du coeur, elle se sent percer Par l'invisible trait que vient de lui lancer, Des beaux yeux de Médor et de sa tête blonde, Le dieu dont le carquois est le sceptre du monde. Elle se sent brûler d'inextinguibles feux; Pourtant sauver Médor seul occupe ses voeux, Et, négligeant son mal, sans cesse elle ne pense Qu'à rendre à la santé l'auteur de sa souffrance. Aussi, plus du guerrier la blessure guérit, Plus celle de la dame et s'accroît et s'aigrit. ”
L' Arioste, Roland furieux. Tome 2 (1838)
“ Médor enfin se livre aux prières et dit : « Seigneur, au nom du Dieu que ton ame chérit, Si la pitié sublime à toi se fait connaître, Permets-moi d'honorer le corps du roi mon maître. Je ne suis désireux d'aucune autre faveur: Ne crois pas que la vie encor plaise à mon coeur. Que le temps de donner au roi la sépulture De mes derniers instans soit aussi la mesure! Ah! si, nouveau Créon, sans pitié tu te plais D'offrir une pâture aux monstres des forêts, De mes membres sanglans en leur faveur dispose, Mais que le fils d'Almont dans la tombe repose ! » ”
L' Arioste, Roland furieux : vingt chants (1865)
“ Dès qu'elle voit Médor dont la blessure saigne, Ce jeune homme expirant dans son sang qui le baigne, Moins chagrin de mourir que de regrets rempli, En pensant que son roi n'est pas enseveli, Elle sent la pitié remuer tout son être; Un sentiment nouveau tout à coup la pénètre, Fait que ce cœur si dur par degrés s'adoucit, Surtout quand de ses maux Médor fait le récit. ”
Adolphe d' Avril,
La Péninsule arabique depuis cent ans
“ C’est ce qu’on appréciera en suivant les diverses stations du hadj. La caravane avec laquelle Burton faisait route était sortie de Janibo : tout d’un coup, après une marche pénible, Médine apparaît à leurs yeux, Médine, où est le troisième temple de l’islamisme (les premiers étant ceux de La Mecque et de Jérusalem) , Médine, où est le tombeau du prophète ! A la vue de la cité sainte et comme obéissant à un commandement, les pèlerins, quoique affamés et harassés de fatigue, mettent spontanément pied à terre et poussent de pieuses exclamations, presque toutes en l’honneur de Mahomet. ”
Frédéric Borel, Étude d'hygiène internationale… (1904)
“ Dans cette vallée, où les pèlerins séjournent trois jours, il y a un seul hôpital, situé dans le bâtiment de l'office sanitaire et contenant à peine quatorze lits. � Médine est dans l'intérieur des terres à environ * 600 kilomètres au nord de la Mecque et à 240 kilomètres à l'est de Yambo-Bahr, c'est-à-dire du rivage de la mer. Elle compte environ 25.000 habitants de races diverses résultant des pèlerinages consécutifs. Tous les Médinois vivent eux aussi du pèlerinage et leur principal métier est celui de logeur. C'est à Médine que se trouve le tombeau du prophète Mahomet. ”
Prosper Mérimée,
Théâtre de Clara Gazul
(1927)
“ MENDO. — Inès ! DON LUIS. — Taisez-vous ; c'est moi qui lui ordonne de sortir. Vous, restez ; j'ai à vous parler de quelque chose dont vous ne vous doutez sûrement pas. (Inès sort.) Mais, d'abord, que je vous gronde. Vous êtes un singulier homme, Mendo. J'ai des reproches à vous faire. Vous êtes le seul ami que nous ayons dans ce pays, et vous ne venez jamais nous voir !. MENDO. — Excusez-moi, monseigneur. Un pauvre paysan comme moi ne peut pas faire compagnie à un seigneur de votre qualité. DON LUIS. — Chansons que cela ! ”
comtesse de Sophie Ségur, Les Mémoires d'un âne
“ Médor était bon; ma maigreur et ma faiblesse lui firent pitié; un jour il m'apporta un morceau de pain, et me le présenta d'un air triomphant.—Mange, mon pauvre ami, me dit-il, dans son langage; j'ai assez du pain qu'on me donne pour me nourrir, et toi, tu n'as que des chardons et de mauvaises herbes en quantité à peine suffisante pour te faire vivre.—Bon Médor, lui répondis-je, tu te prives pour moi, j'en suis certain. Je ne souffre pas autant que tu le penses; je suis habitué à peu manger, à peu dormir, à beaucoup travailler et à être battu. ”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Si, comme le visage, le cœur se montrait à découvert, tel qui est en faveur à la cour et opprime les autres, et tel qui est en disgrâce auprès de son prince, changeraient mutuellement de fortune. Celui qui est humble deviendrait soudain le plus grand, et le grand tomberait au rang des plus infimes. Mais revenons à Médor, si fidèle et si attaché à son maître avant et après la mort de ce dernier. ”
Dictionnaire apologétique de la foi catholique
“ Au nord de la Mecque florissait Médine, alors appelée Yatrib : le nom de Médine (Médinet en-nabi) lui fut donné après l’hégire et signifie « ville du prophète ». Les Juifs étaient assez nombreux dans la ville et dans les bourgs des environs. Au nord-ouest de la péninsule arabique avait fleuri naguère la civilisation nabatéenne qui était alors éteinte ; on en voit d’assez beaux restes à Médaïn Sàlih et à Pétra ; les Arabes ne la connaissaient plus que par des légendes. Le centre de r.rabie était sillonné par des tribus païennes nomades ; le sud et l’est nous restent obscurs. ”
Paul Féval, L’Avaleur de sabres (1867)
“ Médor resta un instant pensif. Suivre le fiacre n’offrait aucune chance. Comment savoir la route qu’il avait prise en arrivant au bout de la rue Cuvier ? Médor se remit à courir et revint au bosquet pour chercher conseil. En arrivant, la première personne qu’il vit fut l’homme à la peau bronzée, dont le regard était fixé sur la Gloriette par une sorte de fascination. Toute la personne de cet homme se rapportait d’un façon si frappante au signalement donné par le soldat que Médor n’arrêta même pas son élan et tomba sur lui comme on s’empare d’une proie. L’homme n’essaya pas de résister. ”
Charles de Ribelle, Voyages à travers le monde et l'industrie des nations… (1863)
“ La population ordinaire de Médine, n'est guère que d'environ 4,200 familles, mais plusieurs fois par an, il arrive des caravanes nombreuses de pèlerins qui quadruplent ce nombre. Nous partîmes donc sous la garde de notre scheik et de quelques bandits de sa tribu, qui nous traitèrent assez mal, malgré la récompense qu'ils attendaient de nous. Après une course à travers le désert, nous arrivâmes enfin en Palestine, et mon oncle John, malgré qu'il fût presser d'aller étudier le terrain entre la Méditerranée et l'Euphrate, voulut bien s'arrêter dans la ville sainte. ”
L' Arioste, Roland furieux : vingt chants (1865)
“ Mais déjà son sang coule, et le nombre l'accable; L'infortuné voit bien qu'au Destin implacable Il voudrait plus longtemps en vain se dérober : Près de son cher Médor il se laisse tomber. XLIV La troupe alors s'ébranle, et, d'un galop rapide, A travers la forêt, suit son chef intrépide, Qui, des deux Sarrasins, sous le taillis mouvant, Laisse l'un mort, et l'autre à peine encor vivant.Médor va donc périr : son sang, sur l'herbe verte, Coule à si gros bouillons de sa poitrine ouverte, Qu'il touche, lui si jeune, à son dernier moment, Et s'éteint, s'il n'est pas secouru promptement. ”
L' Arioste, Roland furieux. Tome 2 (1838)
“ Ce prince était suivi de plusieurs cavaliers Qui de loin, tout à coup virent les deux guerriers. Chacun courut vers eux, guidé par l'espérance De trouver un butin digne de sa vaillance. « Médor, dit Cloridan, abandonnons ce corps, Et de nos pieds légers redoublons les efforts : Pour ne sauver qu'un mort, tous deux perdre la vie Serait du dévoûment, moins que de la folie. » Il jette donc sa charge, et croit qu'au même instant L'idole de son coeur, Médor en fait autant ; Mais lui, qui pour son prince avait plus de tendresse, Du fardeau tout entier surcharge sa faiblesse. ”
Alfred Jacobs, Voyage en Asie et en Afrique, d'après les récits des derniers voyageurs (1855)
“ Tel est, parmi les Musulmans, le symbole de l'union entre l'Orient et l'Occident. La population de Médine est de 20,000 âmes. Les habitants ont une physionomie qui se rapproche beaucoup de celle des Bédouins; leur teint est trèsbrun et leurs traits sont fortement accentués. Ils conservent un maintien grave, leurs plaisirs sont peu bruyants, et leurs fêtes ont pour théâtre la mosquée plutôt que la place publique. Une partie des habitants fait métier de guider les fidèles dans leurs actes de dévotion au tombeau du Prophète et aux lieux consacrés par la tradition. ”
Stanley Lane-Poole, Le Korân, sa poésie et ses lois
“ Les juifs avaient préparé le terrain pour l’Islâm à Médine. La nouvelle religion ne paraissait pas déraisonnable à ceux qui avaient depuis longtemps entendu parler d’un Dieu unique. Aussi les fidèles commencèrent-ils à quitter la Mekke par petites troupes, et à se réfugier dans la ville hospitalière où leur prophète était honoré. À la fin, comme le capitaine d’un navire qui sombre ne le quitte que lorsque son équipage est en sûreté, Mohammed, accompagné d’un ami fidèle, trompa la vigilance des Koreichites, et arriva presque triomphalement à Médine, au commencement de l’été de 622. ”
Collectif, Répertoire national/Vol 1
“ « Pour le moins, aussi fier qu’un enfant de l’Écosse ; « Tandis qu’il faut que moi je me promène à pié. « Philaris fait envie, et moi je fais pitié : « J’enrage de bon cœur, voyant l’or qu’il entasse. » Médor, sais-tu pourquoi ton voisin te surpasse ? C’est que, sans être avare, il règle sa maison Avec économie, et selon la raison : Sa richesse par-là promptement s’est accrue. Cet homme qu’on rencontre à chaque coin de rue, Devant vous toujours prêt à vous faire plaisir, À l’ouïr vous diriez qu’il n’a d’autre désir Que votre intention, votre dessein prospère. ”
Albert Devoulx, Notice sur les corporations religieuses d'Alger… (1862)
“ Ensuite, les pauvres (soussignés) habitant Médine la ville du Prophète et qui se consacrent à adresser des prières matin et soir, pour que vous triomphiez de vos ennemis, sollicitent de Votre Seigneurie élevée la faveur de participer à vos bienfaits et de voir leurs noms inscrits parmi ceux des pauvres de la ville de Médine la resplendissante, qui touchent des aumônes. Le prophète de Dieu (que Dieu répande ses bénédictions sur lui et lui accorde le salut !) ”
“ « Va, chasse avec le fils la mère égyptienne « Comme on jette la branche avec son fruit gâté ; « Sans doute il n’est pas bon qu’à ma fécondité « Se confronte l’opprobre insolent de la sienne. « Puisque l’on voit encor sous le lin gracieux « Sa jeunesse mûrir en deux rondeurs égales, « Qu’elle parte ! emportant des tentes conjugales « La honte de ma face et l’amour de tes yeux ! « Certes, le faon de la servante, qui put naître « Sans lui rider les flancs ni lui creuser les seins, « Avec l’homme que Dieu réserve à ses desseins « Ne partagera pas l’héritage du maître. » ”
Alfred Des Essarts, Influence de la civilisation chrétienne en Orient (1841)
“ L'Orient cède au chef que Dieu voulut élire ; La nomade tribu salue avec délire Cet astre européen à ses regards offert, Et Médine a crié d'un accent lamentable : « Quel est ce lion redoutable « Qui n'est pas venu du désert ? » Le héros n'est plus là : vers un autre rivage L'emporte son destin, impétueux orage ; Mais son pied sur le sable a laissé pour toujours Les vestiges de son passage, Sa main a fécondé ce sol des anciens jours. Un vieillard, dominant l'Égypte rajeunie, Doit recueillir bientôt la moisson du génie. ”
Adolphe d' Avril,
La Péninsule arabique depuis cent ans
“ La visite à Médine n’est pas obligatoire pour celui qui veut mériter le titre de hadji ; mais, par suite du sentiment qui porte les Arabes et un peu les autres musulmans à invoquer les saints, la visite à Médine est au moins aussi honorée que celle à La Mecque. Les Mogrebins en particulier sont très attachés à cette dévotion. Ils sont attirés à Médine par le tombeau de l’iman Malek, fondateur de celui des quatre rites orthodoxes auquel ils appartiennent. Les nègres, peu monothéistes de leur nature, ont aussi un vrai culte pour la personne du prophète. ”
