“ Presque toujours l’orchestre est exclu de ces solennités charmantes dont la musique chorale fait tous les frais. Nous en avons connu plus d’un qui mettait toute sa gloire à multiplier les trombonnes et les violons dans ses chefs-d’œuvre ; ici, c’est le contraire qui se passe : plus d’instrumens, mais la voix, la voix seule se développant selon les lois si simples et pourtant si difficiles de l’intonation et de la mesure. ”
Chorale
Définition et enjeux
Citations sur “chorale”
Hector Berlioz,
Les Soirées de l’orchestre
“ A gauche de la tribune que nous occupions devant l’orgue, une estrade attendait sept ou huit joueurs de trompettes et de timbales. Sur cette estrade, un grand miroir était placé de manière à réfléchir, pour les musiciens, les mouvements du chef des chœurs, marquant la mesure au loin, dans un angle au-dessous de la coupole, et dominant toute la masse chorale. Ce miroir devait servir aussi à guider l’organiste tournant le dos au chœur. ”
Marie Bobillier, Dictionnaire pratique et historique de la musique
“ Qui appartient au chœur : chant choral, composition, société chorale, signifient chant en chœur, composition pour le chœur, société établie pour exécuter des chœurs. On dit abusivement le Ch. ou la Ch. ”
Émile Michel,
La Musique en Allemagne
“ Et cependant notre race est loin d’être, comme on l’a dit, réfractaire à la musique chorale. On trouve chez nous autant qu’ailleurs des voix timbrées, étendues, souples et capables d’intonations correctes. ”
Protestantisme et musique (1950)
“ Le peuple qui, dans les temples ou dans chaque foyer, pratiquait l'art du chant, préparait l'éclosion des masses chorales que nous admirons en Allemagne et en Angleterre et qu'un souffle jeune et vivifiant tend, en ces dernières années, à ranimer aussi sur notre sol par une heureuse et surprenante résurrection du passé. ”
André Charry, Les grands musiciens (1910)
“ Rédemption, oratorio d'une grandiose conception, d'un plan génial, où le compositeur semble avoir rêvé dans le ciel et chanté avec les anges; le quatuor en ré majeur, au larghetto profond et élevé comme un andante de Beethoven; les trois chorales pour orgue; enfin, l'œuvre maîtresse, les Béatitudes, ce large oratorio d'une splendeur et d'une sublimité sans égale en notre temps, où le Christ, ayant trouvé en musique le poète clairvoyant qu'il n'a pas encore rencontré en littérature, se montre dans sa vérité, resplendissant à la fois de majesté divine et d'humaine compatissance. ”
Hugues Imbert, Johannès Brahms, sa vie et son oeuvre… (1906)
“ « J'espère en toi seul », dans laquelle les voix entrent successivement pianissimo, avec une phrase liée de neuf noires groupées trois par trois, pour aboutir à cette majestueuse et terrible fugue, où la pédale, sur la note ré, résonne et bourdonne sans interruption, pendant que les masses chorales se développent fortissimo, soutenues par les traits en croches largement détachées des instruments à cordes. C'est une page unique en son genre, et qui pro¬ duit un effet des plus saisissants, lorsque l'orchestre et les choeurs forment une armée nombreuse et compacte. ”
François Fabié,
Souvenirs d'enfance et d'études
(1925)
“ L'exécution de quelques chœurs à 3 ou 4 voix, « Les Paysans », « les Proscrits », etc., soit avec mes camarades de l'Ecole seuls, soit mêlés à l'orphéon de la ville auquel M. Grimaldi nous adjoignit quelquefois me procura quelques vives et douces jouissances ; l'orgue à l'église et les masses chorales en plein air furent deux puissantes sources d'émotions pour moi. peut-être parce que mon premier maître de chant fut le vent d'autan dans Roupeyrac et le bruit de l'eau tombant en cascade au moulin paternel. ”
Antonin-Dalmace Sertillanges,
Prière et musique
(1935)
“ Un exemple de cette réaction de l'instrument sur l'œuvre est le cas du concerto, souvent inférieur, musicalement, parce qu'il sacrifie au virtuose; les cadences qu'il lui ménage sont de la part du compositeur une abdication. 2. On remarquera que les deux questions se tiennent, et aussi celles de la formation de chorales religieuses et de groupes d'instrumentistes choisis. reconnu et favorisé le progrès des arts, en admettant au service du culte tout ce que le génie a trouvé de bon au cours des siècles, pourvu que ne fussent jamais violées les lois de la liturgie. ”
Salvador Daniel, Cours de plain-chant : dédié aux élèves maîtres des écoles normales primaires (1864)
“ Dans les églises où il y a un orgue, c'est lui qui entonne et remplace, ordinairement, le premier côté du chœur. Dans ce cas, tout le chœur ensemble forme le deuxième côté, et ainsi de suite pour toutes les autres parties de la messe, comme le Gloria, le Sanctus, l'Agnus et le Domine sahum, lorsqu'on le chante. Pour l'exécution de cette leçon, il faut désigner d'avance un ou deux élèves pour remplir les fonctions de grand chantre ou de chantres coryphées, de même que les deux côtés qui doivent partager le chœur. ”
Étienne Hurault, Au pays des rois catholiques : impressions d'Espagne (1908)
“ Nous allâmes célébrer nous-mêmes dans une autre partie de l'église, où la cacophonie de tous ces chants divers arrivait, atténuée et harmonisée par le lointain, et nous attendîmes l'heure de la messe Capitula ire. Les grilles du chœur s'ouvrirent. ; les chanoines gravirent leurs stalles sculptées. Des femmes, dans l'espace vide qui précède l'autel, s'accroupirent sur de larges naltes. ”
Salvador Daniel, Cours de plain-chant : dédié aux élèves maîtres des écoles normales primaires (1845)
“ Le prêtre dit ensuite le verset (a) auquel répond le chœur; celui-là dit l'oraison, et après l'amen du chœur on fait d'ordinaire, et spécialement dans les cathédrales, la procession autour de l'église en chantant un répons propre de la fête. Quand la procession est rentrée dans le chœur, on commence la messe. Lorsque les kyries de la messe sont finis, le prêtre entonne le Gloria in excelsis Deo, et le chœur, divisé en premier et deuxième côté, ou l'orgue et le chœur en totalité, chantent tout le reste du Gloria, dans le même ordre prescrit pour les kyries. ”
Jean Vallas, Revue Musicale de Lyon
“ Les positions perdues par le plain-chant ont été prises par la musique, puisqu’il faut bien chanter quelque chose à l’Église. Et nous voyons tous les jours ce spectacle étonnant pour qui veut réfléchir. Dans le chœur se déroule la cérémonie sacrée, messe, vêpres ou bénédiction du Saint-Sacrement ; le clergé, parfois même les officiants, diacre et sous-diacre, disent le bréviaire, les fidèles sont plongés dans la lecture des livres pieux, habituellement étrangers à l’office lui-même ou attendent patiemment, en comptant les becs des lustres, qu’on ait fini ”
Ferdinand Donnet, Instruction pastorale et mandement de Mgr l'archevêque de Bordeaux… (1850)
“ Le chant de l'Eglise n'est majestueux, n'est efficace, qu'autant que des voix nombreuses s'unissent pour l'exécuter. Il ressort de cet ensemble un effet sublime, comme le bruit de la mer qui gronde et du tonnerre qui éclate. Trouvez quelque chose de plus beau, de plus attendrissant, que toutes les voix des membres de l'Archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires, ou des Associés à l'Œuvre de saint François Xavier, remplissant, chaque soirée du 'dimanche, plusieurs des églises de la capitale. ”
Théodore Nisard, Du plain-chant parisien : examen critique des moyens les plus propres d'améliorer et de populariser ce chant… (1846)
“ Engager souvent les fidèles,- au prône de la messe paroissiale, à unir leurs voix à celles du chœur. 2°. Rapprocher du sanctuaire les pensionnats de garçons et de filles, et les exciter par des encouragements à suivre le chant des morceaux les plus connus. 3°. Prendre des mesures pour que les fidèles, surtout là où il y a peu d'assistants, ne se disséminent pas dans des églises qui sont parfois très-vastes. 4°. Permettre même l'entrée du chœur à tous les hommes qui veulent chanter (1) . ”
Marie Bobillier, Dictionnaire pratique et historique de la musique
“ Pendant cette longue et florissante période, où l’art polyphonique vocal atteint sa perfection, tout en se révélant le plus fidèle interprète du sentiment religieux, les 5 morceaux d’une même messe se composent à 4, 5, 6, 8 voix, et exceptionnellement davantage, sans accompagnement instrumental, sur un seul et même thème, choisi soit parmi les mélodies liturgiques, soit dans le répertoire du chant profane, et traité avec toutes les ressources et tous les artifices du contrepoint. ”
Stéphane André, Conte (1897)
“ L'église est toujours solitaire, et lentement pourtant les cierges se rallument, l'ombre recule et les voûtes s'éclairent ; les ors brillent, le tabernacle rayonne ; la plaie sanglante au côté du Christ s'est fermée, et Jésus semble maintenant veiller sur la croix. Le chant de l'orgue monte en une harmonie puissante, des voix se mêlent au chant, voix séraphiques et liliales. Tibi omnes angcli. Dieu !. le rêve se change en réalité, les cloches sonnent à toute volée une hymne d'allégresse, et par delà les murs épais, le ciel lui-même apparaît, le ciel radieux où scintillent les Mondss. ”
Jean Vallas, Revue Musicale de Lyon
“ Qu’on admette habituellement un chœur chargé de l’exécution du propre de l’Office trop variable et trop difficile pour être exécuté par la masse des fidèles ; qu’on charge aussi un chœur de musiciens d’interprèter, aux fêtes, la partie commune d’une messe en musique figurée, c’est bien ”
Hector Berlioz,
A travers chants: études musicales…
“ L'andante maestoso qui suit, est une sorte de choral qu'entonnent d'abord les ténors et les basses du chœur, réunis à un trombone, aux violoncelles et aux contre-basses. La joie est ici religieuse, grave, immense; le chœur se tait un instant, pour reprendre avec moins de force ses larges accords, après un solo d'orchestre d'où résulte un effet d'orgue d'une grande beauté. ”
James Fenimore Cooper,
L’Heidenmauer
“ Les enfants de chœur étaient, selon l’usage, vêtus de blanc et avaient la taille entourée d’écharpes pourpres. Les sons de l’orgue et le chant des moines se joignant et cette scène de splendeur, pénétraient jusqu’au fond de l’âme, et portaient l’esprit à des contemplations célestes. Des études et une habitude de toute la vie avaient perfectionné l’art de la musique chez les moines, et toutes les notes qui résonnaient sous les voûtes du couvent produisaient l’effet désiré. ”
Jules de Saint-Félix, L'Amie de la reine, par Jules de Saint-Félix… (1869)
“ A cette voix du choeur l'orgue répondait comme un chant triomphal. Les religieux, prosternés sur les dalles du sanctuaire, priaient pour le frère inconnu dont ils devaient ignorer toujours et le nom et la vie, mais avec qui ils allaient bientôt partager le pain du cloître et l'oeuvre de l'apostolat. Comme eux prosterné, loin du choeur, derrière un pilier de l'église, l'homme au manteau répandait son âme devant Dieu. Le premier rayon du matin arriva dans la nef comme une longue gerbe d'or; il illumina tout l'édifice et fit étinceler l'autel.. ”
Marie Bobillier, Dictionnaire pratique et historique de la musique
“ Trois genres de composition se sont établis peu à peu et subsistent parallèlement aujourd’hui pour l’ « Ordinaire de la M. » : le chant liturgique, ou grégorien, répondant à ce que l’on nomme communément une messe en plain-chant ; la polyphonie vocale ; la composition pour chœur avec accompagnement d’orgue ou d’instruments, avec ou sans solos de chant, qui répond au titre habituel de messe en musique. On regarde comme probable qu’à l’origine de la liturgie, les textes des cinq parties invariables de l’Ordinaire de la M. n’eurent chacun qu’une mélodie. ”
Baron Misson, Le Chapitre noble de Sainte-Begge à Andenne… (1889)
“ On ne peut pas aller parmi le choeur pendant le Te Deum, Benedictus, Magnificat, Confiieor, ni pendant la bénédiction de l'eau bénite, et tout ce qui se chante à la grande messe, soit de Requiem ou autre, hormis pendant l'épître, le graduel, l'Alleluia ou le trait, et la communion, ni pendant les hymnes, sinon au dernier vers. S'il faut entrer au choeur, on doit passer au long de hauttes formes. On ne peut aussi entrer pendant qu'on dit les prières en genoux au jour des vigiles, ni pendant Laudate et les Oremus de l'office des morts, non plus que pendant les O avant le Noël. ”
Protestantisme et musique (1950)
“ Dans la plus humble église de campagne, le service religieux n'eut plus rien à envier en noblesse et en beauté aux riches églises des villes lorsque la mélodie de choral eut passé à la voix supérieure et qu'ainsi l'orgue put s'emparer du choral, remplacer le chœur ou en tenir lieu et entraîner l'assemblée dans un chant d'une plus haute tenue artistique. ”
Amélie Fliche, Le pays des Magyars ouvrage : voyage en Hongrie (1893)
“ Il est doux de s'y attarder pendant l'office du soir, d'écouter les voix suaves des enfants de choeur qui descendent de la haute tribune, se prolongent sous les voûtes gothiques, se perdent dans les nefs et dans les chapelles, et nous arrivent enfin, moins comme des chants humains, que comme l'écho d'un choeur d'anges invisibles planant autour de nous. ”
Joséphine Colomb, Contes pour les enfants, par Mme J. Colomb (1880)
“ Dans l'église, où priait une foule recueillie, de nombreux enfants étaient réunis au pied de l'autel. C'était en leur honneur que le clergé de la collégiale avait revêtu ses plus beaux ornements ; c'était pour eux que brillaient tous ces cierges et qu'embaumaient toutes ces fleurs ; c'était pour eux que l'orgue jouait ses plus graves mélodies, et que l'orchestre placé dans le chœur exécutait ses plus beaux chants. ”
“ Aux offices, ni orgues ni serpent ; aux grands jours, quelques accords d’un harmonium modeste tenu par le curé, viennent soutenir les chants sacrés de l’assemblée, car là tout le monde chante. Les voix d’hommes alternent avec celles des femmes, ce n’est pas tout-à-fait le chant liturgique, il a un cachet sui generis, qui lui donne un certain charme. ”
Julien Loth, Notice sur M. l'abbé Isaac : vicaire général… (1885)
“ Quand le curé ne donne pas lui-même l'exemple et ne sait pas se dépenser pour instruire ses paroissiens dans la science du chant, les bonnes volontés particulières se lassent et n'aboutissent pas. Quelle différence entre un chœur exercé et celui qui ne l'est pas ! Quel beau et édifiant spectacle que celui d'une paroisse où, sous l'impulsion du pasteur, le chant est en honneur et où l'église retentit des accents élevés, fervents, unanimes des fidèles! ”
Thérèse-Alphonse Karr, La symphonie du travail (1885)
“ Puis le calme reparut ; puis on aurait pu voir poindre l'espièglerie, qui réclamait de temps à temps ses privilèges, en dépit de la précoce gravité et de la bonté ingénue. Cette dernière phase venait de s'ouvrir quand les accords pleins et profonds des cloches annoncèrent la grand'messe. « Ha ! ha ! ces vagabonds se disent enfants de chœur et ils ne savent pas chanter une note ? Bon ! je vais lui montrer si, moi, je sais chanter ! » Il se glissa dans le chœur de musique, et se tint d'abord tout modestement au coin de l'orgue. ”
André Suarès,
Voyage du Condottière
“ Dans le violon visible, je suis toujours tenté de reconnaître le corps divin du son en croix : le chant sur le saint bois du sacrifice. Et le grand violoniste, quand il va donner le premier coup d’archet, semble toujours le grand prêtre d’un culte voué aux enchantements. ”
Jules Janin,
Les gaîtés champêtres. Tome 1
(1851)
“ Dans la sacristie se déshabillaient les actrices ; les tribunes devenaient les loges de l'avant-scène ; dans le choeur on était à l'orchestre; sur des banquettes, dans la nef, se plaçaient les gens du parterre ; les stalles restaient des stalles; l'orgue soufflait l'ouverture avec le vent des tempêtes, ou bien, de son jeu de flageolets et de flûte éolienne, il accompagnait les plus délicates et les plus amoureuses chansons. ”
Septfontaines, L'année mondaine 1889 (1890)
“ C'est la même pompe, le même clergé habillé des mêmes ornements; dans le chœur, s'alignent les mêmes fauteuils dorés ; les mêmes fleurs se pressent le long des rampes et sur l'autel, le même tapis recouvre les degrés. L'orgue a les mêmes chants et, souvent aussi, les mêmes artistes mêlent leurs voix à ses accords. Et quelle frivolité, quels sentiments de curiosité profane et indiscrète accompagnent cet apparat! Les parents, les amis, sont noyés au milieu d'une foule oisive et vulgaire, que le plaisir des yeux et des oreilles a seul réunie dans la nef. ”
Baron Misson, Le Chapitre noble de Sainte-Begge à Andenne… (1889)
“ On demeure aussi tous à genoux pendant les dites litanies. On chante la messe qui commencera par les Kyrie, qui doivent être ceux des Pâques, qui se chanteront alternativement avec les prêtres et les dames; on va à trois au milieu du choeur. Lorsqu'on sera au Gloria in excelsis, l'orgue touchera et on sonnera toutes les cloches; après, le grand prêtre chante trois fois Alléluia en haussant la voix ; la chantre prend Alleluia, à chaque fois du même ton du prêtre ; ensuit les prêtres chantent les vers Confitemini, et les dames Laudate Dominum ; l'orgue reprend, le vers qui suit étant achevé. ”
