Dragon (soldat)

Définition et enjeux

Ernest Capendu La Vivandière de la 17e légère… (1868)

Le dragon n'avait pas fini qu'il était collé le long du mur, la face empourprée et la langue pendante... Dame!... j'ai la poigne solide; et j'aimais mon ancien capitaine...
On nous sépare, le dragon crie et m'agonise, je lui ferme la bouche à poing fermé... Tu comprends? on est soldat ou on ne l'est pas, c'est-à-dire que l'on a un sabre sur la cuisse gauche...
— Une!... deux!,... le premier coin venu !... — que je lui dis.
—Ça me va ! —qu'il répond.
Et nous voilà dans le jardin de l'établissement : les camarades tenaient des chandelles.
Source : Gallica

Carnets d'un soldat en Haute-Alsace et dans les Vosges… (1917)

Son peloton débouchait vers le viaduc lorsqu'une quarantaine de cyclistes allemands l'ont criblé de balles. Trois dragons sont tombés ; les autres ont chargé. Le brigadier a été emporté par sa jument blessée jusqu'à ce que celle-ci s'abatte, raide. Un officier prussien a pansé le dragon et, pour se payer sans doute, il a fouillé la musette du blessé et chipé la boîte de sardines qu'elle contenait.
En même temps que nous ramenons le blessé à la ferme, des brancardiers apportent les morts.
Les dragons n'ont pas souffert ; ils ont été touchés de plusieurs balles au cœur et à la tête.
Source : Gallica

Portrait de Émile Zola Émile Zola Les Soirées de Médan

On voyait surtout des mobilisés, gens pacifiques, rentiers tranquilles, pliant sous le poids du fusil ; des petits moblots alertes, faciles à l’épouvante et prompts à l’enthousiasme, prêts à l’attaque comme à la fuite ; puis, au milieu d’eux, quelques culottes rouges, débris d’une division moulue dans une grande bataille ; des artilleurs sombres alignés avec ces fantassins divers ; et, parfois, le casque brillant d’un dragon au pied pesant qui suivait avec peine la marche plus légère des lignards.
Source : Wikisource

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