Nullité matrimoniale

Définition et enjeux

Jules Favre Plaidoyers politiques et judiciaires… (1882)

Je viens demander à la cour d'annuler le mariage, non-seulement pour un défaut de consommation, mais pour une inhabileté radicale à la consommation. Je demande la nullité du mariage pour une impossibilité morale tout aussi forte, aussi puissante et surtout aussi bien établie que s'il s'agissait d'une impossibilité physique. Je viens demander la nullité du mariage pour un dol odieux qui a trompé une honorable famille, qui a réduit un honnête homme au désespoir, qui le prive de la douceur d'être mari et de la joie d'être père.
Source : Gallica

Louis Josserand Cours de droit civil positif français… (1938)

La nullité du mariage constitue la sanction la plus grave que comportent les règles instituées par la loi : le mariage disparaissant, non seulement pour l'avenir mais aussi dans le passé, les époux vont se trouver transformés rétroactivement en concubins; les enfants issus de l'union annulée ou nulle de droit deviennent des enfants naturels; c'est le trouble jeté dans le foyer, dans toute une famille; c'est un châtiment
Source : Gallica

Portrait de Pierre-Joseph Proudhon Pierre-Joseph Proudhon Amour et mariage

La loi civile et religieuse a posé des cas de nullité et de dissolution de mariage, tels que l’erreur de la personne, la clandestinité, le crime, la castration, la mort : ces réserves suffisent. Quant à ceux que tourmente la lassitude, la soif du plaisir, l’incompatibilité d’humeur, le défaut de charité, qu’ils fassent, comme l’on dit, séparation. L’époux digne n’a besoin que de guérir les plaies faites à sa conscience et à son cœur ; l’autre n’a plus le droit d’aspirer au mariage : ce qu’il lui faut, c’est le concubinage.
Source : Wikisource

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