“ Je proclame l’école de Mademoiselle Genseigne la meilleure école de filles qu’il y ait au monde. Je déclare mécréants et médisants ceux qui croiront et diront le contraire. Toutes les élèves de Mademoiselle Genseigne sont sages et appliquées, et il n’y a rien de si plaisant à voir que leurs petites personnes immobiles et leurs têtes toutes droites. ”
école de filles
Définition et enjeux
Citations sur “école de filles”
Le jubilé des lycées et collèges de jeunes filles et de l'Ecole normale de Sèvres… (1911)
“ Les travaux à l'aiguille, le dessin, la musique, la gymnastique sont le complément naturel de l'enseignement secondaire des jeunes filles. Ils provoquent, après le travail, la détente de l'esprit. La loi, enfin, a inscrit au programme, la pédagogie, destinée d'une façon plus spéciale aux jeunes filles qui se préparent au professorat, mais accessible et profitable à toutes les élèves. Toutes les femmes, en effet, sont appelées à être éducatrices, puisqu'elles sont appelées à être mères. ”
Jules Le Berquier,
Le corps municipal, ou Guide théorique et pratique des maires…
(1858)
“ Dans les localités où la création d'une école de filles rencontre des obstacles insurmontables, il peut être créé, - pour y suppléer en partie, des asiles-ouvroirs, destinés à donner aux jeunes filles les connaissances et l'habitude des travaux d'aiguille. ”
Jules Rochard, Revue des Deux Mondes
“ Des mobiles du même genre poussent les enfans des deux sexes dans cette voie de travail à outrance. Pour les jeunes gens, ce sont les diplômes à conquérir, ce sont les lauriers du grand concours, c’est l’entrée dans une école de l’état. Pour les jeunes filles, c’est te brevet d’institutrice, c’est l’admission dans les écoles normales. Le développement que l’enseignement primaire a pris, depuis quelques années, surtout dans les grandes villes, en a fait une carrière attrayante. ”
Le jubilé des lycées et collèges de jeunes filles et de l'Ecole normale de Sèvres… (1911)
“ SEPTIÈME ÉDITION S'il est une question à l'ordre du jour, c'est assurément celle de l'éducation des jeunes filles. Signalons une nouvelle édition de l'ouvrage le plus complet qu'on ait publié sur la question : il a pour titre: Les Lycées et Collèges de jeunes filles. Tout s'y trouve réuni, documents parlementaires et officiels, propositions de lois, rapports, discussions à la Chambre des Députés et au Sénat sur l'enseignement secondaire des jeunes filles et sur l'Ecole des professeurs-femmes de Sèvres, décrets, règlements, arrêtés, circulaires. ”
Ernest Duvergier de Hauranne,
Revue des Deux Mondes
“ La plupart sont plus savantes que beaucoup de nos jeunes filles riches, l’éducation des femmes n’étant pas moins solide ici que celle des hommes. Elles ressemblent d’ailleurs pour les manières, pour la tournure, pour le langage même, à de véritables dames, et l’on raconte plaisamment que la fondation de cette école fut combattue, dans le conseil de ville, par tous les pères, qui craignaient de voir leurs fils se choisir là des femmes. ”
Jean Dornis,
La sensibilité dans la poésie française contemporaine…
(1912)
“ Les études que certaines d'entre elles font, dans les lycées de jeunes filles, donnent une direction précise à leur esprit celles qui n'ont point passé par cette école, suiveut le programme nouveau créé pour leur instruction, il s'impose dans toutes les familles, développe, chez les jeunes filles qui s'en nourrissent, un instinct critique propre à éveiller leur personnalité, à donner du relief à ce qui est individuel en elles. ”
Agnès de Neufville, Le mouvement social protestant depuis 1880… (1927)
“ Quant à « l'Ecole », elle est destinée à donner un enseignement préparatoire aux jeunes filles qui se destinent à des carrières sociales et qui pourront ensuite se spécialiser en connaissance de cause. ”
Puériculture et hygiène infantile… (1908)
“ Nous rechercherons alors ce qu'est une vraie femme savante et nous dirons comment la jeune fille doit être dès l'école, préparée à ce rôle, principalement en ce qui concerne ses futurs devoirs de mère de famille. ”
Le jubilé des lycées et collèges de jeunes filles et de l'Ecole normale de Sèvres… (1911)
“ Vous en trouvez le moyen dans l'éducation de la sensibilité féminine. Un des caractères de cette sensibilité est la faculté de compatir. Vous n'avez certainement pas de peine à éveiller chez vos filles la compassion pour les êtres dont la vie est moins heureuse que la leur. Mais faites-leur voir ce que c'est au juste que d'être malheureux. J'ai entendu parler d'une idée charmante. Des lycées de jeunes filles ont adopté des écoles maternelles L'école maternelle, c'est une belle leçon de choses pour une lycéenne. Elle enseigne qu'il y a des mères qui ne peuvent s'occuper de leurs enfants. ”
Jean-Vincent-Félix Lamouroux, Notice sur le Bon-Sauveur, lue à l'Académie royale des sciences… (1824)
“ L'on peut regarder comme un cinquième établissement l'école gratuite où sont admises cent quinze à cent vingt petites filles de tout âge , qui viennent profiter d'une partie des leçons que l'on donne aux jeunes pensionnaires : surveillées par quatre dames , elles reçoivent une éducation en rapport avec l'état qu'elles doivent embrasser ; on cherche surtout à leur donner des principes de religion et de morale , qui leur serviront quelques années plus tard à éviter les folies et les écarts de la jeunesse , et qui en feront par la suite de bonnes mères, de bonnes femmes de ménage. ”
“ Si la jeune fille de seize ans peut ainsi soutenir son père et sa mère, permettre à son frère aîné de garder.; le décorum qui convient à un fils de famille, c'est grâce à l'éducation qu'elle a reçue sur les bancs de l'école. Si l'éducation familiale est la base, on ne saurait nier cependant l'influence que les moeurs scolaires exercent sur cette éducation première. Dans toutes nos écoles de demoiselles on enseigne à coudre, à tisser, à broder ; les jeunes filles de toutes conditions font des travaux à l'aiguille et. ”
Alain de Goué,
Monographie de Saint-Sulpice-le-Verdon…
(1913)
“ L'instruction des filles, un peu négligée avant la Révolution, a beaucoup progressé depuis un demi-siècle. Jusqu'en 1870 la régente enseignait dans une maison placée à l'angle des routes de Saint-André et de la Chevasse, à côté de la cure. « Il existe, dit une délibération « de l'assemblée municipale du 15 août 1867, une « école libre des filles tenue par une institutrice tolé- « rée depuis longtemps, logée dans une maison très « insuffisante que la fabrique a la complaisance d'affec- « ter momentanément au service de l'école ; » mais faute de fonds on demande le statu quo. ”
Collectif, Revue pédagogique, second semestre 1882
“ I De toutes les discussions auxquelles elle a donné lieu, la plus grave, sans contredit, est celle qui touche au régime même de l’éducation qui convient aux filles. Doivent-elles être exclusivement élevées dans la famille ? Si l’éducation publique est préférable, sous quelle forme peut-elle leur être appliquée : l’internat ou l’externat ? Est-il impossible de réunir les avantages de l’un et de l’autre mode ? ”
Julie-Victoire Daubié,
L’émancipation de la femme
“ Si l’enseignement mixte et l’externat, reprend-on, donnent à la fois une discipline et une indépendance désirables, se concilient-ils avec ces grâces, ces prévenances, cette pureté, cette délicatesse de mœurs que nous réclamons des femmes, et les principes donnés aux jeunes gens dans l’enseignement secondaire et supérieur ne seraient-ils point nuisibles aux jeunes filles ? ”
Hubertine Auclert,
Les Femmes au gouvernail
(1923)
“ Nous n’en aurions pas fini, si nous voulions critiquer le programme des écoles secondaires de filles. L’enseignement que les femmes recevront dans ces écoles, les laissera dans la même situation fausse. ”
Émile de Girardin,
De l'instruction publique : élémentaire…
(1838)
“ Tout projet de loi en faveur de l'instruction élémentaire qui néglige l'organisation des écoles de filles ou qui ne l'établit que comme secondaire n'atteint pas le but qu'il se propose. Chaque jeune fille qu'on instruit devient, aussitôt qu'elle est mère , le moniteur de sa famille. ”
Jules Simon,
L’Enseignement primaire des filles en 1864
“ On cherche des carrières pour les femmes : la carrière d’institutrice est celle qui leur convient le mieux ; la nature les y a pour ainsi dire destinées. Elles sont institutrices parce qu’elles sont mères. Pourquoi condamner les parens de 360,000 filles à les faire élever par des hommes et côte à côte avec des garçons ? Ce n’est pas là de l’éducation. Pourquoi tolérer en faveur des congrégations religieuses une exception qui fait peser sur 12,000 écoles une présomption d’incapacité ? ”
Octave Gréard,
L’Éducation des femmes par les femmes
“ Mais les méthodes applicables à l’éducation du premier âge varient si peu, dans sa pensée, avec les sexes, qu’à peine éprouve-t-il deux ou trois fois le besoin d’indiquer que telle prescription concerne plus particulièrement les filles : c’est l’enfant, fille ou garçon, l’enfant dans les débuts de sa croissance intellectuelle et morale, qu’il étudie en rapportant toutes ses observations à un régime commun. ”
Th. Bentzon, Revue des Deux Mondes
“ Avec beaucoup de tact, Mme Marion a démontré, sans comparaison désobligeante, que le système de l’éducation des filles en France repose surtout sur la nécessité de les laisser dans l’atmosphère de la famille où elles sont initiées tout naturellement aux devoirs et aux occupations de la vie, d’une vie de femme sérieuse et utile. ”
John Ruskin,
Sésame et les lys
(1865)
“ Et ce n’est pas seulement pour les programmes et le plan, mais c’est surtout pour l’esprit des études, qu’il faut vous appliquer à rendre l’éducation d’une fille aussi sérieuse que celle d’un garçon. Vous élevez vos filles comme si elles étaient destinées à être des objets d’étagères, et ensuite vous vous plaignez de leur frivolité. Ne les traitez pas moins bien que leurs frères ; faites appel chez elles aux mêmes grands instincts vertueux ; à elles aussi apprenez que le courage et la vérité sont les piliers de leur être ”
Octave Gréard,
L’Éducation des femmes par les femmes
“ « Envoyez-moi votre fille, écrivait saint Jérôme à Læta ; je me charge de l’élever. » « Gardez auprès de vous votre fille, » répond Fénelon à une mère qui lui avait demandé son avis. Le conseil était nouveau. Le couvent était resté la ressource commune, presque la seule ressource d’éducation pour les jeunes filles. Fénelon n’hésite pas à en signaler les dangers. « J’estime fort l’éducation des bons couvents, dit-il en substance, mais je compte encore plus sur les soins d’une bonne mère, quand elle est libre de s’y appliquer. Si un couvent n’est pas régulier, c’est une école de vanité : ”
Octave Gréard,
L’Éducation des femmes par les femmes
(1887)
“ Elle loua à Rueil, aux environs de Saint-Germain, une maison qu'elle pourvut de tout ce qui était indispensable pour recevoir soixante jeunes filles de bourgeoisie et de petite noblesse (1682) ; elle comptait, au sortir de l'école, « les placer ou établir par mariage ». Peu après, elle y adjoignit une cinquantaine d'enfants pauvres qu'elle envoya de sa terre de Maintenon. Ces « petites sœurs » furent installées dans les communs et au rezde-chaussée : les travaux manuels étaient leur principale occupation ; il s'agissait de les dresser à un métier : ”
C. Hippeau, L’Éducation des femmes et des affranchis en Amérique depuis la guerre
“ L’on ne tarda pas à s’apercevoir non-seulement que les jeunes filles, instruites à côté des jeunes garçons, ne leur étaient inférieures ni en application ni en intelligence, mais encore que les institutrices appliquaient à l’enseignement des qualités et des aptitudes que l’on ne trouvait pas au même degré chez les instituteurs. ”
X. Marmier, Revue des Deux Mondes
“ Il faut qu’elles apprennent par la conversation, par des récits, par des exemples, à connaître, à aimer les vertus de leur sexe, la douceur, la décence, la propreté, les devoirs de famille. Elles apprennent à lire, à écrire, à calculer, dans un but d’application journalière. On leur donne aussi des notions d’histoire et de géographie et des notions d’économie domestique. Cette éducation est tout-à-fait pratique. Les jeunes filles doivent y puiser des connaissances nécessaires pour se rendre d’abord utiles, agréables à leurs parens, et pour devenir un jour de bonnes mères de famille. ”
Paul Janet,
Revue des Deux Mondes
“ Que si le conseil s’est tenu en garde contre une certaine exagération dans la rédaction, des programmes de l’enseignement des filles, c’est qu’il avait devant les yeux l’excès qui, depuis le commencement de ce siècle, s’est produit dans l’éducation des garçons. Chaque régime, chaque gouvernement, chaque ministère est venu à son tour accroître le champ de l’enseignement dans nos lycées. ”
Marc Monnier,
L’Italie à l’œuvre de 1860 à 1868
“ Elles sont d’abord trois fois plus nombreuses que les élèves-maîtres, au rebours de ce qui se passe en France et ailleurs elles sont en outre plus intelligentes. Les jeunes filles accourent en foule dans ces écoles où on leur apprend à enseigner, soit que la modeste rétribution des institutrices suffise à l’ambition moins exigeante de leur sexe, soit que le beau côté de la profession séduise leur dévouement. ”
Compagnie de Jésus, Lettres édifiantes et curieuses… (1819)
“ Les filles sont pareillement obligées jusqu'à l'âge de douze ans , d'aller dans d'autres écoles, où des maîtresses , d'une vertu éprouvée, leur apprennent les prières et le catéchisme , leur montrent à lire , à filer, à coudre, et tous les autres ouvrages dévolus au sexe. ”
Nicolas-Edme Rétif de La Bretonne, Les contemporaines, ou Aventures des plus jolies femmes de l'âge présent… (1875-1876)
“ Education des Filles. Les Filles seront élevées dans une égalité parfaite, et instruites aux ouvrages de femmes, comme la couture, les modes, le linge, la dentelle, etc. Celles qui auraient de la disposition pour certains arts comme la peinture, la gravure, la musique, etc., y seront appliquées : toutes apprendront le dessein, et en langues étrangères, l'italien et l'anglais. Leur vie sera occupée, sans être fatiguante : l'art de se mettre avec goût leur sera enseigné comme important. ”
Adolphe Mourier,
Notes et souvenirs d'un universitaire…
(1889)
“ Sans exposer leurs croyances à aucun danger, les jeunes filles françaises pourront a l'avenir, sous la direction constante de leurs mères, exercer et fortifier leur intelligence par le même enseignement que leurs frères reçoivent au lycée. ”
Jules Simon,
L’Enseignement primaire des filles en 1864
“ Aujourd’hui nous n’avons pas assez d’écoles, et plus de la moitié de ces écoles sont des écoles mixtes, c’est-à-dire des écoles de garçons où les filles sont reçues. Nos écoles de filles proprement dites sont dans une situation tellement précaire que le recrutement des institutrices est impossible. ”
Ludovic Carrau, L’Éducation en France depuis le XVIe siècle
“ On comprend de nos jours que la femme doit recevoir une éducation sinon identique, du moins analogue à celle de l’homme : l’instruction laïque des filles, ébauchée par la convention, apparaît de plus en plus comme un des moyens essentiels pour assurer à la fois la stabilité et le progrès des institutions sur lesquelles repose une société vraiment libérale et démocratique. ”
Ernest Legouvé,
Dernier travail, derniers souvenirs
“ Les programmes de nos lycées sont pleins et solides. Ils ont le double mérite de constituer une éducation sérieuse pour les femmes, et de répondre à un besoin impérieux de la société moderne. Le temps n’est plus où, dans la classe moyenne, dans la petite bourgeoisie, les filles se résignaient à une existence toute passive, et acceptaient, comme une nécessité, la gêne, l’oisiveté, souvent le célibat. Aujourd’hui, elles veulent avoir les mêmes droits que les filles du peuple. ”
Congrès international et intercolonial de la société indigène… (1931)
“ Encore ces écoles ne sont-elles avant tout que des écoles ménagères, et, si quelques jeunes filles s'y préparent à devenir sages-femmes, la plupart ne cherchent qu 'à s'y perfectionner dans les travaux de couture ou la technique d'un métier féminin. ”
Jean-Jacques Rousseau,
Émile, ou De l’éducation
“ Les femmes, de leur côté, ne cessent de crier que nous les élevons pour être vaines et coquettes, que nous les amusons sans cesse à des puérilités pour rester plus facilement les maîtres ; elles s’en prennent à nous des défauts que nous leur reprochons. Quelle folie ! Et depuis quand sont-ce les hommes qui se mêlent de l’éducation des filles ? Qui est-ce qui empêche les mères de les élever comme il leur plaît ? Elles n’ont point de collèges : grand malheur ! Eh ! plût à Dieu qu’il n’y en eût point pour les garçons ! ”
Jonathan Swift,
Voyages de Gulliver
(1884)
“ Dans les écoles destinées aux filles d'un rang inférieur, on enseigne aux enfants tous les genres de travaux propres à leur sexe et à leurs diverses positions sociales. Celles qu'on veut mettre en apprentissage sont congédiées à l'âge de sept ans ”
Ferdinand Brunetière,
Revue des Deux Mondes
“ Mais qu’est-ce que l’École des maris ou l’École des femmes, si ce ne sont des opinions, et des opinions raisonnées, sur l’éducation qu’il convient de donner aux femmes en vue du mariage, et par conséquent dans l’intérêt de la société? ”
Lucien Perey, Histoire d’une grande dame au XVIIIe siècle… (1887)
“ Après avoir constaté l’importance du rôle des femmes à cette époque, la première question qui se présente à l’esprit est celle-ci : quelle éducation avait si bien préparé les jeunes filles à exercer, une fois mariées, une telle prépondérance ? ”
