“ Le jeune Gîselher de Burgondie parla : — « Je crois que le jour va venir ; un vent frais se lève. Le Dieu du ciel nous laissera encore vivre heureux quelque temps. Ma sœur Kriemhilt nous a donné une fête épouvantable ! » L’un d’eux dit : — « Je vois le jour, et puisque un sort plus favorable ne nous est pas réservé, armons nous, et pensons à défendre notre vie. Bientôt nous verrons venir vers nous la femme du roi Etzel. » Le souverain du pays croyait que ces hôtes étaient morts des suites du combat et par les tortures des flammes. ”
Burgondie
Définition et enjeux
Citations sur “Burgondie”
Alphonse de Lamartine,
Cours familier de Littérature - Volume 23
“ Il croissait en Burgondie une jeune fille si belle, qu'en nul pays il ne s'en pouvait rencontrer qui la surpassât en beauté. Elle était appelée Kriemhilt, et c'était une belle femme! À cause d'elle beaucoup de héros devaient perdre la vie. ”
Aimé Vingtrinier,
Note sur l'invasion des Sarrasins dans le Lyonnais
“ Les Arabes et les Bérébères envahirent la Burgondie, et, avides de conquêtes, fidèles à leur mission de convertir le monde, ils se dirigèrent vers le nord à la recherche des soldats de Charles-Martel. L’armée des Francs vaincue, l’Europe appartenait au croissant, c’en était fait de la chrétienté, et le rêve des Musulmans de rentrer dans leur patrie par Constantinople s’accomplissait ”
Richard Lescot, Chronique de Richard Lescot, religieux de Saint-Denis… (1896)
“ Hoc anno, prope Divionem2 obiit dominus Philippus, dux Burgondie, juvenis etatis XIII annorum, qui cum ducatu Burgondie possidebat Burgondie, Attrebati, Alvernie et Bolonie comitatus. Hic desponsaverat dominam Margaretam, filiam comitis Flandrie Ludovici et, quoniam inter eos carnalis copula nondum peracta fuerat quia impuberes erant, dominia dicti ducis inter multos divisa sunt. Ducatus siquidem Burgondie ad dominum regem Francie devenit jure hereditario quia domina Johanna, Francie regina, mater ejus, soror ducis nuper deffuncti fuerat. ”
Alphonse de Lamartine,
Cours familier de Littérature - Volume 23
“ Sîfrit résolut de rester à la cour afin d'apercevoir Brunhilt.«Le favori du roi Gunther parla à ce prince et lui dit:«Voulez-vous que cette fête vous fasse le plus grand honneur, laissez admirer les belles jeunes filles qui font l'orgueil de la Burgondie.«Quelle serait la joie de l'homme et quel serait son bonheur, s'il n'y avait ni belles vierges, ni femmes superbes? Laissez paraître votre sœur en présence de vos hôtes.» Le conseil était donné à la satisfaction de maint héros. ”
Augustin Thierry,
Lettres sur l'histoire de France
(1866)
“ L’Italie, séparée de ses anciennes annexes, et bornée par la chaîne des Alpes, devint un royaume à part, -180- que se disputèrent des prétendants de race germanique, mais naturalisés italiens depuis plusieurs générations [201] . Tout le pays compris entre les Alpes, le Jura et les sources du Rhin, forma, sous le nom de Burgondie ou Bourgogne supérieure, un nouveau royaume, dont la capitale était Genève, et dont les chefs se faisaient couronner au couvent de Saint-Maurice en Valais. ”
Charles Barthélemy, Erreurs et mensonges historiques… (1879)
“ Là, dit Grégoire de Tours, elle vivait en toute bénignité et chasteté. Et cette sainte veuve, occupée de bonnes œuvres et de méditations, quitte tout à coup sa retraite; il lui faut du sang. Elle appelle aux armes trois puissants monarques; elle livre au pillage et à la mort de vastes et belles provinces; elle veut mettre sa patrie en feu; il faut que la Burgondie maudisse à jamais le jour où elle a donné naissance à une royale furie 1 Bien plus, Clotilde déchaîne un fléau qui va peut-être bouleverser l'Europe ”
Marie-Nicolas Bouillet, Atlas universel d'Histoire et de géographie contenant 1° la chronologie… (1872)
“ L'Aquitaine remuait encore; et, derrière elle, dans la Vasconie, habitait un peuple indomptable. Les peuples soumis d'outre-Rhin, les Bavarois en particulier, s'agitaient continuellement. Enfin, au nord et à l'est, les peuplades germaniques, Slaves et Scythiques (Saxons, Slaves et Avares) , menaçaient sans cesse les frontières de l'Empire.Pépin, qui avait deux fils, divisa en deux parts l'empire des Francs; il laissa: A CHARLEMAGNE, A CARLOMAN, l'Austrasie, la Thu- la Bavière , l'Alléringe, la Neustrie, dans manie , l'Alsace , la leur intégrité. Burgondie, la Provence et la Septimanie. ”
L'Histoire de France racontée par les Contemporains…
“ Les Burgondes, sous la conduite de leur roi Gondicaire, se rendirent maîtres de l'Helvétie, aujourd'hui la Suisse, jusqu'au mont Jura. Peu de temps après, ils s'étendirent dans le pays des Séquaniens et des Éduens, jusqu'à la Loire et à l'Yonne. C'est ce qu'on appelle à présent le duché et le comté de Bourgogne. Cette nation puissante et pleine de valeur, avait des mœurs plus douces et plus pacifiques que les autres barbares. Ils traitèrent les peuples conquis avec plus d'humanité. Ils étaient encore païens lorsqu'ils entrèrent dans la Gaule. ”
Pierre de Coubertin,
Histoire universelle — Tome II
“ C’est ainsi qu’on vit les guerriers vandales dessiner le colossal arc de cercle qui, à travers la Gaule et l’Espagne, les conduisit en Afrique — et, au contraire, les Burgundes s’arrêter au plus proche et s’appliquer aussitôt à fonder un État. Dès 411 ils y avaient réussi. Ce fut le « premier royaume de Bourgogne ». Il effleurait l’Alsace, englobait une partie de la Suisse et presque tout le bassin du Rhône jusqu’à la Durance. À l’ouest il atteignit la Loire. Nous le retrouverons plus tard. Pas plus que les Francs, les Burgundes ne relèvent de l’histoire méditerranéenne. ”
Godefroid Kurth,
Clovis, Tome 2 (of 2)
(1901)
“ Ainsi, comme leurs voisins les Alamans, les Burgondes ne parvinrent pas à se procurer le grand débouché de [Pg 7] l'Océan: ils restèrent, pour leur malheur, un peuple sans issue. Ils avaient, il est vrai, élargi leur domaine primitif. Après Mauriac, l'heure avait sonné où quiconque voulait mettre la main sur l'héritage de Rome en avait emporté sa part. Les Burgondes avaient pu s'étendre du côté du sud jusqu'à Avignon, de l'est jusqu'à Windisch, du nord jusqu'à Besançon, à Langres et à Dijon. Ils n'allèrent jamais plus loin, parce qu'ils ne surent pas profiter des occasions propices. ”
Tony Borel, L'abbé de Watteville : conseiller au parlement de Dole et sa mission en Suisse (1923)
“ Puis, remontant de nouveau vers le nord, ils occupèrent le pays entre la Loire, la Saône et le Jura, jusqu'aux confins de l'Alsace, et la Transjurane jusqu'à IAar, tandis que la partie orientale de l'Helvétie était envahie par les Alémanes, autre peuplade d'origine germanique. Ces Burgondes, guerriers redoutables, étaient des hommes de grande taille, vigoureux, au crâne vaste et fort. Hommes libres et fiers, épris d'independance ils étaient cependant d'un caractère moins rude, plus accessible aux avantages de la civilisation que la plupart des autres envahisseurs d'origine teutonique. ”
Paul Viollet,
Précis de l'histoire du droit français…
(1886)
“ Les Burgondes. — Les Burgondes paraissent avoir été longtemps en bonnes relations de voisinage avec les Romains : il est probable qu'ils luttèrent souvent pour le compte des Romains en qualité de foederati contre d'autres Barbares 2. De la Germanie occidentale ils vinrent pour la première fois jusqu'au Rhin en 1 De Savigny, Hist. du droit romain au moyen âge, trad. Guenoux, t. II, 1830, pp. 64, 65. Reccessuinthe, monté sur le trône en 649, mort en 672, est ce roi goth dont le musée de Cluny possède la magnifique couronne avec l'inscription : « Reccessuinthus rex offeret. » ”
Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ La plus vraisemblable est que Bourguignon, Burgundio, ou Burgundius, n’est point leur premier nom, ni un nom qu’ils aient apporté en Allemagne ou en France, ou qu’ils se soient donné eux-mêmes, mais un nom que les Allemans ou les François leur donnerent, parce qu’ils bâtirent autour du pays qu’ils avoient conquis un grand nombre de châteaux, ou camps, Castra, pour leur sûreté ; que c’étoit-là une de leurs coutumes, & que château ou camp se dit en allemand & en ancien franc, burg, ou bourg, d’où l’on fit Bourguignons, comme qui diroit Chastelains. ”
Amédée Thierry,
Revue des Deux Mondes
“ Quoi qu’il en soit, le moyen réussit. Cuirassés dès-lors contre les démons, les Burgondes se crurent invincibles ; ils attaquèrent à leur tour et taillèrent en pièces les Huns avec trois mille hommes seulement contre dix mille. Le roi Octar, qui sortait d’une orgie la veille de la bataille, étant mort subitement pendant la nuit, les Burgondes virent dans cet événement comme dans l’autre la main du nouveau Dieu qui les protégeait : les Burgondes de la Gaule étaient déjà chrétiens. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ BURGUETE, bourg d'Espagne (Navarre) , à 30 k. N. E. de Pampelune, dans la vallée de Roncevaux. C'est près de là que périt Roland, neveu de Charlemagne (778) . Moncey y battit les Espagnols en 1794. BURGUNDES, Burgundi et Burgundiones en latin, appelés plus tard Bourguignons, peuple teutonique, habitait d'abord la Germanie sept., entre l'Oder et la Vistule, sur les deux rives de la Warta. Chassés au IIIe s. par les Gépides, ils se divisèrent en deux bandes, dont l'une occupa l'île de Bornholm dans la mer Baltique, tandis que l'autre envahit la Gaule (280) . ”
Hudry-Menos, La Maison de Savoie, ses Origines et sa Politique
“ Si la douceur était un moyen de succès politique, le peuple burgonde aurait fondé un royaume durable ; mais en perdant son indépendance il ne périt pas tout à fait. Un historien savoyard [5] dit que la chute du premier établissement burgonde fut moins un changement de mœurs et de lois qu’un changement de dynastie. Le vaincu garda sa loi, cette fameuse loi Gombette adoptée à Genève en l’an 500 dans une assemblée où le Gallo-Romain entra sur le pied d’égalité avec le Burgonde, et promulguée à Lyon l’année suivante par le roi Gondebaud, dont elle porte le nom. ”
Virgile Rossel,
Histoire littéraire de la Suisse romande des origines à nos jours…
(1889-1891)
“ Les Burgundes et les Francs. 1. Renaissance littéraire : Avitus, Sidoine Apollinaire. - II. Chroniques de Marins et de Frédégaire; Boholène. - 111. Le «roman.» I La période burgunde est bien autrement riche pour les lettres de l'Helvétie. Le roi Gondebaud est un petit Charlemagne. Pendant son règne, les arts et les sciences fleurissent comme aux premiers temps de la conquête romaine. La Burgundie produit des hommes, de grands hommes. Le plus remarquable d'entre eux est AVITUS1, « insigne théologien et excellent poète, » comme l'appelle l'historien Guillaume Paradin. ”
Ernest Lavisse,
Études sur l’histoire d’Allemagne
“ Chez d’autres peuples, la personne auguste a été souvent maltraitée : les Burgondes tuaient leur roi quand ils avaient été battus ou que la moisson avait été mauvaise, mais cela prouve qu’ils lui prêtaient la puissance de vaincre leurs ennemis et les élémens, comme font ces paysans qui fustigent la statue d’un saint pour le punir de n’avoir pas veillé sur la récolte. La preuve que le roi était en dehors et au-dessus du droit commun, c’est que sa vie n’était pas estimée, à l’exception d’une seule loi barbare, dans le tarif du wergeld : on la croyait trop précieuse pour être évaluée en argent. ”
Jules Philippe, Histoire populaire de la Savoie… (1873)
“ Le partage des terres, qu'ils firent de concert avec les Allobrogo-Romains, répondit à leurs mœurs et à leurs besoins : à eux les forêts et les pâturages ; aux Allobrogo-Romains les terres cultivables. Suivant l'expression de Montesquieu, les troupeaux du Burgunde engraissèrent les champs du Romain. Chaque peuple trouva ainsi son compte dans ce partage ; les Burgundes, ennemis des agglomérations des villes, qu'ils appelaient des tanières environnées de filets, laissèrent en paix les anciens habitants et continuèrent leur vie de pasteurs. ”
Jean Mercier, L'abbaye et la vallée d'Abondance (1885)
“ Le Métral, l'Abbé lui-même tenus à l'observance des franchises. Selon le sentiment le plus accrédité et le plus fondé, une colonie burgonde, avons-nous établi, avait pénétré et s'était établie pendant le sixième siècle, dans la vallée jusqu'alors sauvage et inhabitée d'Abondance ; elle s'y était créé une petite patrie. Ignorés du reste du inonde, ces débris de Burgondes se multiplièrent avec le temps, défrichèrent successivement les parties de la vallée les plus favorables aux pâturages et à l'agriculture. Ils s'administraient eux-mêmes par des chefs librement élus dans leurs rangs. ”
Pierre de Coubertin,
Histoire universelle — Tome II
“ La monarchie des Burgundes a été abolie mais elle garde une autonomie. Elle a un vice-roi pour en administrer toute la partie centrale qui deviendra — et restera — la Bourgogne. Elle résiste de son mieux à la barbarie franque et sa résistance est dirigée par des celto-romains qui portent des noms latins. Dans toute la région située au sud de la Loire et principalement autour de Bordeaux et de Toulouse, même résistance. Là aussi les celto-romains sont seuls à posséder une instruction dont les Francs n’ont même pas le désir, qui n’en exerce pas moins une séduction et une influence. ”
C.-J.-A. Colin, Sommaires et généalogies de l'histoire universelle divisée par nations… (1885-1887)
“ HISTOIRE ANCIENNE AVANT L'ÈRE CHRÉTIENNE Les Burgundes appartiennent à la grande famille germanique. (Voir le tableau des Germains, p. 73.) APRÈS L'ÈRE CHRÉTIENNE 3" siècle.. Luttes entre les Burgundes et les Gépides. 280. Première invasion des Burgundes en Gaule ; leur expulsion par les Romains : Probns. 363. Etablissement à l'ouest de la Germanie. 378. Adoption de l'Arianisme. 413. Deuxième invasion en Gaule; royaume des Burgundes GONDICAIRE. (Les Burgundes étaient les plus doux des Barbares; portés à l'industrie, ils devinrent forgerons et charpentiers dans les villes.) 451. ”
Jean Mercier, L'abbaye et la vallée d'Abondance (1885)
“ Cette occupation de la vallée d'Abondance par les Burgondes a dû avoir lieu du milieu du cinquième au milieu du sixième siècle de notre ère. On sait que ce fut en l'année 422 que le faible Honorius abandonna au chef burgonde notre Savoie et d'autres provinces des Gaules. Une colonie de ce peuple a donc pu pénétrer dans la vallée d'Abondance pendant le règne de saint Sigismond ou de Gondebaud, son père, tous deux rois des Burgondes, résidant dans notre pays, soit à Genève, à Vienne en Dauphiné, ou à Saint-Maurice d'Agaune. ”
Jules Philippe, Histoire populaire de la Savoie… (1873)
“ Il est à remarquer que, dans cette nouvelle partie des possessions burgundes, le partage des terres se fit sur des bases différentes des premières ; les Burgundes, au lieu de s'approprier des lots entiers, se disséminèrent au milieu des anciens habitants, avec droit de jouir des deux tiers des terres cultivées, de la moitié des forêts et du tiers des colons et des esclaves. ”
Henri Beaune, Introduction à l'étude historique du droit coutumier français jusqu'à la rédaction officielle des coutumes… (1880)
“ On imagina d'appliquer ce système aux Burgondes : seulement comme ces peuples ne se composaient pas seulement de guerriers, mais traînaient à leur suite leurs familles, leurs esclaves, leurs troupeaux, et qu'il fallait pourvoir à la nourriture, au logement, à l'entretien de tout ce monde, on leur accorda, outre une part dans l'habitation, des terres labourables pour leur subsistance et des pâturages pour leur bétail. ”
Godefroid Kurth,
Clovis, Tome 2 (of 2)
(1901)
“ La religion, ailleurs si puissante à éteindre les conflits et à rapprocher les cœurs, restait désarmée ici: au lieu d'unir elle divisait. Car les Burgondes, séduits par l'exemple des autres nations de leur race, venaient de passer en grande majorité à l'arianisme, si bien qu'on ne se rencontrait plus même au pied des autels. Telle était la situation intérieure dans celui des royaumes hérétiques où le vainqueur était le moins inhumain, et où les rois veillaient avec le plus de soin à préserver les droits de leurs sujets de race romaine. ”
L. Ravenet, L'ancienne paroisse de Préty en Mâconnais (1903)
“ Dès le IVe siècle, les florissantes campagnes de la Gaule s'étaient transformées en friches, en bois et en marais. Préty, Lacrost, La Truchère et la Froidière furent englobés dans le « Saltus Brixiensis», Le pays, dont nous faisons l'histoire, fit alors partie du royaume des Burgondes. Les conquérants, une fois implantés dans leur nouvelle patrie, se firent adjuger « en alleux » par leurs rois, les anciens villages romains, et les moines donnant l'exemple aux serfs, la culture se releva. ”
Victor Flour de Saint-Genis, Histoire de Savoie : d'après les documents originaux… (1868-1869)
“ De là le nom de Romana soboles donné aux Burgondes par les récits contemporains ou les actes officiels ; ce nom explique à son tour les alliances des deux peuples, une certaine communauté d'intérêts et la similitude de religion, de mœurs adoucies, qui facilita singulièrement leur établissement définitif dans les Gaules. Vers la fin du IVe siècle, les Burgondes continuent leur migrâtion et s'arrêtent un instant sur la rive droite du Rhin. La jeunesse passe le fleuve et court aux aventures ”
