“ Quand ils ont tout dit (les grands d’Ecosse) et pensé tout ce qu’ils peuvent, ils ne trouvent qu’une chose, c’est qu’il faut que Dieu lui envoie une prompte fin ou à eux une vie misérable. C’est grand’pitié de penser combien de gens sont en hasard et en danger pour leur vie, leurs terres et leurs biens! Le seul remède, c’est que Darnley disparaisse, ou que ceux qu’il hait trouvent quelque bon appui. ”
Étienne Darnley
Définition et enjeux
Citations sur “Étienne Darnley”
“ Si ce n’est ni pour un raccommodement ni pour un meurtre, ne serait-ce point pour ôter de l’esprit de Darnley ses idées de fuite à l’étranger, le préparer ou le forcer plus commodément à un divorce en l’ayant sous la main à Edimbourg, et, dans l’intervalle, couvrir l’adultère de sa présence? Et pour l’amener là, toutes les perfidies du voyage à Glasgow sont nécessaires. Darnley est défiant, faible, fantasque; il a peur pour sa vie; il faut le rendre confiant, le gagner, le dominer. Ai-je besoin de dire que j’explique, que je n’excuse pas ? Je cherche un crime moindre ”
Philarète Chasles,
Revue des Deux Mondes
“ Marie appuie ses passions sur l’audace. Épouser Darnley, c’est menacer les protestans et Élisabeth. Darnley premier prince du sang anglais, Darnley catholique, rallie tous les catholiques autour de lui. Les protestans grondent et tremblent. Ces trois personnes, Marie de Guise, Riccio, Darnley, une femme passionnée, un vieux secrétaire italien, un enfant écervelé, restent en butte à toutes les haines. ”
Philarète Chasles,
Revue des Deux Mondes
“ Furieux de tomber de si haut, Darnley se venge par un abandon apparent ou affecté, se livre aux penchans grossiers, à l’ivresse, au jeu, à la débauche, traite la reine avec dureté et avec insolence, même en public et se jette dans les bras des ennemis de Marie. « La reine, dit Randolf se repent bien de son mariage ; elle déteste Darnley et tout ce qui lui appartient. » Alors on enflamme la jalousie de cet enfant borné ; il entre dans le complot des protestans pour tuer Riccio, qu’il regarde comme son rival heureux : calomnie que plusieurs historiens ont adoptée et que tout contredit. ”
Joséphine Amory de Langerack, Galerie chrétienne des femmes célèbres (1862)
“ Marie fut séduite par la bonne mine et les empressements de ce jeune seigneur. Des princes lui offraient leur main. Elle épousa Darnley. Darnley était pourtant presqu'autant qu'un prince. Il était cousin de la reine d'Ecosse par leur aïeule Marguerite qui avait épousé Jacques IV. Marie Stuart ne fit pas une mésalliance, et cependant en Europe ce mariage passa pour tel, et en Ecosse ce fut un nouveau grief contre la reine. Darnley était catholique. L'Angleterre vit avec joie cette union qui ne pouvait que nuire à la reine dans l'esprit des nations voisines et de sa propre nation. ”
Philarète Chasles,
Revue des Deux Mondes
“ Ces jeunes gens si brillans et si joyeux, lorsque naguère ils partaient ensemble pour la chasse au faucon, se sont mutuellement et mortellement outragés. Darnley a délaissé, insulté, bravé Marie. Ses maîtresses, ses habitudes crapuleuses, sa lâcheté, son manque de foi, l’assassinat de Riccio, justifient l’abandon de la reine. Il ne peut écarteler ses armes du blason d’Écosse, et son écusson reste vide dans le palais et dans l’église. ”
Jules Beaujoint,
Les Reines galantes, par Jules Beaujoint et A.-M. Dumonteil
(1873)
“ Les dagues et les pistolets des assassins l'entouraient et menaçaient sa royale protectrice elle-même. Darnley détacha les mains du malheureux Italien et le livra aux lords qui l'entraînèrent. — Grâce ! criait la reine. Epargnez mon serviteur !... Pitié !... — Ah ! Darnley ! Darnley ! s'écriait David, ne vous ai-je pas bien servi pour votre mariage !... La reine voulait s'élancer à son secours. Darnley la prit dans ses bras et la retint. Elle était seule, ses convives avaient fui tout d'abord et jeté l'effroi parmi ses serviteurs qui se tenaient dans les pièces voisines. ”
Walter Scott,
Le Jour de Saint-Valentin
“ Voici la grande taille du jeune Darnley, aussi beau dans sa personne que faible dans sa résolution ; il s’avance d’un pas chancelant et avec des projets plus chancelants encore : ses jeunes frayeurs triomphent déjà de sa jeune passion. Il est comme un enfant espiègle qui vient d’allumer une mine, et qui maintenant, attendant l’explosion avec remords et terreur, donnerait sa vie pour éteindre la mèche à laquelle il a mis le feu. ”
Philarète Chasles,
Études sur W. Shakspeare, Marie Stuart et l'Arétin…
(1852)
“ A peine convalescent, il insulte les calvinistes, se moque des Écossais, maltraite les bourgeois, et se croit tout permis, puisqu'il est aimé. Il y avait alors à la cour de Marie un homme d'esprit que j'ai nommé, d'une malice très-redoutable et d'un style excellent, Randolf, dont les lettres déposées au Musée britannique nous montrent sous des couleurs si vives la passion éphémère de Marie pour ce fat et léger Darnley, que le lecteur en suit sans peine les plus légers détails et touche du doigt les inconséquences dont la jeune femme se rend coupable aux yeux de son peuple. ”
Théodore de Wyzewa,
Revue des Deux Mondes
“ Le malheureux Darnley, qu’on lui donna ensuite pour mari, était lui-même trop nul pour diriger personne. Marie trouva alors un conseiller dans l’Italien Rizzio, dont rien au monde ne prouve qu’il ait été son amant. Il lui était dévoué, seul parmi des êtres abominables qui ne pensaient qu’à abuser d’elle. Mais Darnley, avec l’aide de Morton et sur le conseil de Murray, fit assassiner Rizzio « presque sous ses yeux. » Que le cœur de la pauvre femme ait été, après cela, « touché du mauvais esprit de la haine et de la vengeance, » c’est chose trop naturelle pour que nous puissions en douter. ”
Jean-Marie Dargaud, Histoire de Marie Stuart
“ C'était une vieille et vaste demeure abandonnée, située à l'écart, à quelque distance d'Hamilton-House et de sept pauvres cottages, entre deux cimetières. Là tout était lugubre, et l'on n'entendait que le hurlement des chiens et le croassement des corbeaux.La tristesse de Darnley redoubla.Marie, pour le calmer, fait tendre son lit dans une pièce au-dessous de la chambre du roi. Elle est de plus en plus assidue. Tour à tour épouvanté et séduit, Darnley ne sait que flotter entre son effroi et son espérance. Il ne peut se résoudre à rien. ”
Jules Lermina,
La haute canaille
(1881)
“ Et prenant le bristol, il lut à voix basse : – Ambroise Darneval. – Lui ! s'écria-t-il. Lui, ici !... Et Diane, qui avait entendu ce nom, prévoyant une nouvelle catastrophe, renvoya le laquais d'un geste, puis, s'adressant à son père : – Monsieur le marquis, vous ne m'avez pas demandé le nom de mon amant... Il s'appelle Jacques Darneval. Blême, les yeux fixes, le marquis semblait en proie à une terreur folle. – Jacques Darneval, répéta-t-il. Ah ! tout n'est pas fini. Diane, Lazare, retirez-vous, laissez-moi seul avec celui qui vient... Mais ne vous éloignez pas... ”
Jean-Marie Dargaud, Histoire de Marie Stuart
“ « J'entends que les privaultés de la royne s'augmentent tous les jours avec le comte de Rose (Darnley) , et de telle façon que l'on en parle icy peu à son honneur. »Pour la naissance, Darnley valait un prince. Son père, le comte de Lennox, avait épousé lady Douglas, fille de Marguerite, la sœur aînée de Henri VIII. Marguerite avait été mariée d'abord à Jacques IV, roi d'Écosse, et ensuite au comte d'Angus, ce terrible seigneur qui, à l'exemple d'un de ses ancêtres, donnait aux archers anglais prisonniers le choix de perdre le pouce ou l'œil droit. ”
Léon de Duranville, Darnétal et ses monuments religieux…
“ La Relation du sieur Pellehaistre, insérée dans la Revue Rétrospective normande, mentionne, avec des détails circonstanciés, une incursion que les religionnaires de Rouen firent sur Darnétal, le 5 juin 1562. Leur symbole les stimulait moins, dit-on, qu'une violente jalousie à cause de la fabrication des draps à Darnétal. Fort souvent le prétexte induit les historiens en erreur : de petites passions mettent les hommes en mouvement; on trouve rationnel d'admettre le prétexte et de l'ériger en cause, parce qu'il semble beaucoup plus important. ”
Léon de Duranville, Darnétal et ses monuments religieux…
“ Puis les lâches pensaient que Darnétal ne saurait résister, n'ayant pas cette forteresse construite par Henri V, dont les larges fossés et les ponts-levis avaient neutralisé leur ardeur. Grâce à l'expérience des émeutes, nous savons tous que des vainqueurs sortis des réduits de la misère, aiment à se parer comme dans un jour d'orgie. Quelques religionnaires s'affublent de chapes et de chasubles prises naguère au sac des églises de Rouen ; presque tous se sont fait, avec ces ornements, des chausses tellement larges, qu'un enfant tout vêtu pourrait y entrer. ”
Jules Beaujoint,
Les Reines galantes, par Jules Beaujoint et A.-M. Dumonteil
(1873)
“ Une réaction aussi prompte qu'extraordinaire se manifesta partout en sa faveur. L'insolence de ceux qui lui avaient succédé au pouvoir, sa captivité, les rigueurs déployées contre elle, l'impunité que les assassins de Darnley s'étaient assurée en brûlant le pacte secret qui les avait unis pour le crime, tout cela lui avait rendu un grand nombre de sympathies. Enfin l'imagination populaire est volontiers séduite par des traits d'audace tels que cette évasion de Lochlewen. Pour d'autres raisons une grande partie de la noblesse se déclara pour elle. ”
Gorré, Cours d'études historiques. Tome 6 (1842-1849)
“ Maintenant, si nous reprenons le règne d'Elisabeth en Angleterre, nous aurons à considérer particulièrement sa conduite à l'égard de Marie, reine d'Ecosse et veuve du roi de France François II. Marie épouse le lord Darnley, et se brouille avec lui en l'accusant du meurtre d'un musicien, Rizzio, pour lequel elle avait une très-grande bienveillance. Darnley est assassiné à son tour par le comte Bothwell, qui enlève Marie Stuart et devient son troisième époux. Les Écossais se révoltent : Bothwell se sauve en Danemarck. ”
Jean-Marie Dargaud, Histoire de Marie Stuart
“ Il y avait déposé le band pour l'assassinat de Darnley avec deux contrats de mariage, huit lettres galantes et des sonnets amoureux de Marie.Aucun des originaux de ces pièces n'existe maintenant. Les seigneurs compromis dans le band et qui l'avaient signé, s'empressèrent de le livrer aux flammes et d'anéantir ainsi la preuve irréfragable de leur complicité. Plus tard Jacques Ier, devenu roi d'Angleterre, fit disparaître les contrats, les lettres et les sonnets qui déshonoraient sa mère ; il les rechercha partout pour les brûler. ”
Antoinette Dupin, Comment tout finit. Tome 2 (1838)
“ Vous sauriez poignarder un homme dans l'ombre, mais vous trembleriez devant un ennemi qui se montrerait au grand jour, qui vous défierait en face (1) . – Mort-dieu ! Madame, savez-vous ce (1) Marie faisait allusion au projet que Henry avait jadis connu d'assassiner le comte de Murray. que vous dites ? Pensez-vous à qui vous parlez. – A un fils indigne de l'Ecosse, à un fils dégénéré des Lénox et des Douglas. Elle fil quelques pas. – Répétez ces insolentes paroles ! Henry Darnley s'avança vers la reine les poings serrés, le corps agité par un frémissement convulsif. ”
Georges Darney, Saint-Cloud (1903)
“ Il se rendit à Saint-Cloud et dans la chambre même de l'impératrice, il trouva Mlle Lesueur. « Ce n'était pas, je l'avoue, dit Mlle Avrillon (1) , un spectacle « ordinaire que de voir Napoléon examinant pièce à pièce les « dentelles contenues dans les cartons de Mlle Lesueur et disant « de temps à autre : — Comme on travaille en France. Je dois « encourager un pareil commerce. Pauline a tort. Le résultat « fut que l'Empereur acheta les dentelles pour son compte et en cc fit la distribution entre quelques dames de la Cour ». ”
Alexandre Lesguilliez, Notice historique, topographique et statistique sur la ville de Darnétal… (1835)
“ Si l'on se reporte a l'époque où ce grand homme dictait des lois à la Neustrie, Darnétal n'é tant encore qu'un simple village, sans importance par luimême, ni par sa position dans une vallée, l'on ne voit pas par quel motif on l'aurait fortifié. ”
Georges Darney, Saint-Cloud (1903)
“ Au moment où ils sortaient pour aller prendre le roi et sa famille, le piqueur avait été tué sur la place du Carrousel. Les voitures durent rentrer. Autour des Tuileries la foule devenait de plus en plus dense et l'effervescence des uns gagnait les autres. Le duc de Nemours, à la tête des troupes renfermées dans la Cour du palais, contenait encore la révolution, par une attitude pleine de fermeté, mais il la sentait, peu à peu, avoir prise sur lui. Le prince confia la duchesse de Montpensier au dévouement d'un ami qui s'offrait, Auguste Louis-Victor, prince de Saxe, Cobourg et Gotha. ”
Julie Delafaye-Bréhier, Récits d'un vieillard : contes et nouvelles à l'usage de la jeunesse
“ Il était trois heures après midi lorsque Darnetal annonça la fin de leur voyage à Suzanne et à ses filles, qui avaient mis pied à terre pour soulager la Normande, comme ils appelaient la jument. A une vaste échancrure que formait le rivage, on tourna subitement à l'est, et l'on se mit à gravir une colline boisée au pied de laquelle croissaient de hautes cannes, gages d'une fertilité inépuisable. ”
Henri de Régnier,
Contes de France et d'Italie
(1912)
“ Or, depuis une dizaine d'années, vous avez pu remarquer que Darnet n'expose plus que des portraits d'hommes, et c'est ce qui fait que son succès a diminué auprès du public. Le public, en art, est féministe. Un jour que nous causions des diverses alternatives de sa carrière, je lui en fis l'observation et je lui demandai pourquoi il renonçait ainsi à un genre où il avait excellé. A ma question, Darnet sourit tristement. Il releva d'un geste brusque la longue mèche de cheveux blancs qui lui barre le front, puis il détourna la conversation. ”
Alexandre Lesguilliez, Notice historique, topographique et statistique sur la ville de Darnétal… (1835)
“ A cette époque de douloureuse mémoire (1685) , Darnétal a vu aussi une grande partie de sa population émigrer et porter chez l'étrangcr ses bras , son industrie, sa fortune. Nous Terrons, dans un autre chapitre, quel coup funeste cette émigration a porté aux manufactures de cette ville , alors si florissantes, et qui occupaient un si grand nombre d'ouvriers. Dans tous les tems, l'intolérance religieuse a produit des fruits bien amers ! Quand cessera-t-on de tyranniser les consciences? ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Le mariage fut célébré le 25 juillet 1565 ; toutefois Marie s’opposa à ce que Darnley fût couronné comme il le demandait avec instance : elle craignait un soulèvement populaire. Douglas et Murray profitèrent de l’irritation que ce refus lui causa pour l’entraîner à un acte d’autorité qu’ils méditaient depuis longtemps. Un chanteur italien, David Rizzio, qui avait plu à Marie par son talent original et ses saillies grotesques, possédait alors toute sa confiance. ”
Jean-Marie Dargaud, Histoire de Marie Stuart
“ Elle le quitte très-tard. L'amour semble la retenir. Elle reste avec Darnley depuis six heures jusqu'à onze heures du soir. Cette entrevue tout entière est affectueuse, caressante. En partant, Marie sourit à Darnley et l'embrasse tendrement.Où se rend-elle?Est-ce dans son appartement au-dessous de celui du roi? Non. Voici, d'après la déposition de Paris, ce qui s'était passé dans cet appartement quelques heures auparavant. « La royne me dict : « Sot que tu es, je ne veux pas que mon lict soyt en cet endroyt là ; » et de faict, le fist oster. ”
Julie Delafaye-Bréhier, Récits d'un vieillard : contes et nouvelles à l'usage de la jeunesse
“ « Es-tu donc Darnetal ? lui demanda-t-elle. — C'est mon nom, répondit Daniel. — Lave la peinture qui colore ton visage, reprit la fille des Natchez, car sans doute elle est cause que je ne puis reconnaître tes traits. » Le jeune homme obéit, sans trop comprendre ce qu'elle lui disait. A mesure que le barbouillage des Indiens s'effaçait, Oura, les regards toujours attachés sur lui, prenait insensiblement un air de Colère. « Tu vas être brûlé comme un traître, s'écria-t-elle, car ta bouche ne profère que des mensonges. Tu n'es point Darnetal. » ”
Alexandre Lesguilliez, Notice historique, topographique et statistique sur la ville de Darnétal… (1835)
“ Lorsque Radulphe fit cette donation aux religieux du Mont-aux-Malades , la population de Darnétal était bien peu considérable , puisque, d'après le pouillé de l'archevêque Odo Rigault, dressé dans le milieu dulSème siècle, cette ville ne comptait encore que cent-vingt communians répartis, tant sur la paroisse de Carville, que sur la dépendance de la chapelle de Longpaon : ainsi, en mettant trois personnes par feu, nombre le plus bas qu'on puisse prendre, Darnétalne se composait alors que d'une quarantaine de maisons. ”
