“ Or, comme sa messe lui était payée trois carlins, et qu'elle devait durer trois quarts d'heure, don Gregorio posait sa montre sur l'autel, jetait un coup d'oeil sur l'Évangile, un autre sur le cadran, et à l'instant même où l'aiguille touchait à sa quarante-cinquième minute il faisait sa dernière génuflexion, et la messe était dite. Malheureusement don Gregorio avait la vue basse; aussi à côté de sa montre n'oubliait-il jamais de poser ses lunettes, d'abord pour regarder l'heure, ensuite pour surveiller ses fidèles ”
Gregorio
Définition et enjeux
Citations sur “Gregorio”
François-René de Chateaubriand,
Mémoires d’outre-tombe
(1850)
“ Le cardinal De Gregorio serait un pape convenable. Quoique rangé au nombre des zelanti, il n’est pas sans modération ; il repousse les jésuites qui ont ici, autant qu’en France, des adversaires et des ennemis. Tout sujet napolitain qu’il est, le cardinal De Gregorio est rejeté par Naples, et encore plus par le cardinal Albani [9] , l’exécuteur des hautes œuvres de l’Autriche au conclave. Le cardinal est légat à Bologne ; il a plus de quatre-vingts ans et il est malade : il y a donc quelque chance pour qu’il ne vienne pas à Rome. ”
Gustave Aimard,
Le Grand Chef des Aucas
“ Bien ! répondit don Gregorio avec amertume en faisant un pas en arrière, je me retire, don Tadeo ; pendant dix ans, nous avons tout sacrifié pour la cause que vous trahissez aujourd’hui ! nous saurons mourir pour cette liberté que vous abandonnez. Adieu, don Tadeo, le peuple chilien succombera, mais vous retrouverez votre fille et vous courberez le front sous la malédiction de vos frères ! ”
Léopold Delisle,
Mémoire sur d'anciens sacramentaires
(1886)
“ Fol. 3. Calendrier. Fol. 9. Litanies des saints. Fol. 25. Sacramentaire de saint Grégoire. « In Christi nomine. Incipit liber sacramentorum de circulo anni, a sancto Gregorio papa Romano editus, qualiter missa Romana celebratur.» Fol. 104 v°. Second livre du sacramentaire, précédé d'une préface dont la rubrique indique l'abbé Grimoldus comme le compilateur de ce second livre : « Explicit liber Gregorii. Incipit prefatio libri secundi, a vene- rabili Grimoldo abbate ex opusculis sanctorum patrum excerpti. » ”
Gustave Aimard,
Le Grand Chef des Aucas
“ Mais les cavaliers chiliens de Joan, embusqués en arrière, s’élancèrent du pli de terrain qui les cachait avec de grands cris et vinrent, en sabrant tout devant eux, augmenter encore la confusion. La Linda suivait pas à pas Antinahuel, les yeux brillants, les lèvres serrées, humant comme une bête fauve le sang par tous les pores. Don Gregorio et le général Cornejo faisaient des prodiges de valeur ; sous leurs sabres les Indiens tombaient comme des fruits mûrs sous la gaule qui les touche. ”
Gustave Aimard,
Le Grand Chef des Aucas
“ Valentin éprouva une douleur cruelle mêlée à une joie immense à ce dénoûment. Il refoula au fond de son âme les sentiments qui l’agitaient, et ramassant la lettre : — C’est moi, dit-il avec un doux sourire, qui porterai la réponse à don Gregorio. — Oh ! non ! fit la jeune fille avec une moue charmante en lui tendant la main, vous ne nous quitterez pas, mon ami : n’êtes-vous pas le frère bien-aimé de Louis ! Oh ! nous ne vous laisserons pas partir !... nous ne pourrions être heureux loin de vous, à qui nous devons notre bonheur. ”
Georges Berger, L'École française de peinture, depuis ses origines jusqu'à la fin du règne de Louis XIV… (1879)
“ Tandis qu'on se battait dans l'église de San Gregorio pour voir le tableau où le Guide a représenté l'Apparition de la croix à saint André pendant qu'il marche au supplice, personne ne daignait jeter les yeux sur la peinture placée en face, — la Flagellation de saint André — signée par le Dominiquin. Il s'isolait devant cette œuvre méconnue et cherchait à consoler son auteur désolé ; il était même devenu l'hôte assidu de son atelier, où il apprit réellement à peindre le nu. ”
Dante Alighieri,
Le purgatoire
(1868)
“ Principati ed Arcangeli si girano ; L' ultimo è tutto d'angelici ludi. 126 Questi ordini di su tutti rimirano, E di giù vincon si, che verso Dio Tutti tirati sono, e tutti tirano. 129 E Dionisio con tanto disio A contemplar questi ordini si mise, Che li nomò e distinse com' io. 132 Ma Gregorio da lui poi si divise ; Onde, sï tosto corne gli occhi aperse In questo ciel, di sè medesmo rise. 135 E se tanto segreto ver profferse Mortale in terra, non voglio ch' ammiri ; Chè chi' 'l vide quassù gliel discoverse, 138 Con altro assai del ver di questi giri. ”
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ L’histoire nous fait connaître le grand homme, l’homme public. Les œuvres de saint Grégoire : ses traités, sa correspondance, en révèlent un autre, au cœur humble, mélancolique et suave, d’un charme parfois douloureux et toujours exquis. On sait qu’il tenta de se soustraire par la fuite à l’honneur du pontificat, et comment il fut suivi, dénoncé, d’après la légende, par une colonne de lumière qui trahit sa retraite, et ramené, — pleurant, — dans Rome pour y régner. Il ceignit la tiare avec tristesse, avec épouvante même, et jamais il ne la porta sans anxiété. ”
J.-E. Saumade, L'admirable pèlerin de Montpellier… (1876)
“ Ce n'était pas la première fois que Rome était visitée par le fléau. Déjà l'année 590 l'avait vu sévir d'une manière exceptionnellement terrible. S. Grégoire occupait pour lors le Siège pontifical. Ce grand Pape, devant l'affliction de son troupeau, fut navré de douleur, et comprenant qu'il fallait avant tout fléchir la colère du Ciel, il ordonna des prières publiques. Au jour marqué, il parcourut les rues de la ville, pieds nus, couvert d'un sac, et portant dans ses mains l'image vénérée de la Mère de Dieu que l'on montre encore aujourd'hui en la basilique insigne de SainteMarie-Majeure1. ”
Albert de Broglie,
Revue des Deux Mondes
“ Cette littérature a toute la sainteté du christianisme ; mais elle a aussi les qualités, et quelques-uns même des défauts de la société romaine en décadence. Elle a les fortes et fraîches inspirations de l’Évangile ; elle a les délicatesses et parfois les subtilités de goût naturelles à une langue un peu vieillie. On sent dans les panégyriques de saint Grégoire l’élève d’Isocrate et aussi parfois le rhéteur des écoles affectées d’Athènes. Il y a dans saint Augustin du Virgile et du Claudien. Ce qu’on n’y rencontre nulle part, c’est la naïveté et la rudesse du moyen-âge. ”
Félix Dupanloup,
Discours prononcé à Rome en faveur des églises d'Orient…
(1862)
“ Pour venir à Rome, vous avez suivi les voies que suivirent autrefois ces saints missionnaires que le grand Pape saint Grégoire, épris d'un amour inspiré pour votre noble pays, lui envoya à travers les mers, pour lui porteries lumières, depuis si troublées, de la foi évangélique. Mais aujourd'hui de nouveaux rayons annoncent un nouvel éclat, et bientôt, je l'espère, il n'y aura plus qu'un troupeau et qu'un pasteur. ”
Lerminier,
Revue des Deux Mondes
“ Grégoire xvi ne s’est-il donc jamais aperçu que Jean a d’autres opinions que Luc, que l’apôtre Paul a apporté des nouveautés à la doctrine naissante du Christ ? Ignore-t-on à Rome que les pères et les docteurs illustres de l’église étaient nouveaux dans leur siècle, qu’ils ont formé la doctrine catholique par des nouveautés successives et par des originalités qui leur étaient propres ? Grégoire xvi semble destiné à faire de son pontificat l’apogée de l’incapacité papale. ”
Victor Hugo,
Revue des Deux Mondes
“ C’est un pape grand marcheur. Une superstition empêche les papes de marcher dans Rome ; un pape, qui marche dans Rome, lui porte malheur. C’est la croyance populaire. Hors de Rome, tant qu’il lui plaît. Presque tous les jours, si le temps est beau, Grégoire XVI se fait transporter en carrosse aux portes de la ville. Là, il met pied à terre, et se prend à marcher à grands pas. Tout vieux qu’il est il fatigue les jeunes. ”
François Helme, Les jardins de la médecine (1907)
“ Le fait important de son séjour à Rome, c'est l'audience du Saint-Père. Voici le portrait de Grégoire XIII : « C'est un très beau vieillard, d'une moyenne taille et droite, le visage plein de majesté, une longue barbe blanche, âgé lors de plus de quatre-vingts ans, le plus sain pour cet âge, et vigoureux, qu'il est possible de désirer ; sans goutte, sans coliques, sans mal d'estomac et sans aucune subjection: d'une nature douce, se passionnant peu des affaires de ce monde. » ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ S. Grégoire le Grand a établi dans l’Eglise Latine cette sorte de plain-chant, qu’on appelle de son nom chant Grégorien. Franchin a marqué tous les caractères différens du chant Grégorien. Dans les répons, dit-il, le chant est véhément, & semble réveiller par des sons rompus ceux qui sont assoupis. Dans les Antiennes, le chant est uni & doux ; dans les Introït, il est élevé, pour exciter à chanter les louanges de Dieu. Dans les Alléluia & ses Versets, il est doux & inspire de la joie ; dans les Traits & dans les Graduels, il est allongé, traînant, modeste, humble ”
Abbé Rapp, Saint Fulrade, abbé de Saint-Denys (1883)
“ Peu de Pontifes romains nous ont laissé autant d'écrits que saint Grégoire. C'est dans ses nombreuses lettres aux évêques que nous voyons avec quel zèle infatigable il veillait à la réforme des abus, à la restauration de la discipline ecclésiastique, à l'extirpation de la simonie qui désolait l'Eglise. Il prenait un soin particulier à bien organiser l'office divin. Un de ses grands mérites est d'avoir soumis le chant de l'Eglise à des règles précises ; il fonda une école de chant qui devint célèbre ; et ce grand Pape voulut lui-même présider aux exercices. ”
Oscar Havard,
Le Moyen âge et ses institutions
(1878)
“ Esprit essentiellement pratique, saint Grégoire fonde cette fameuse école de Rome, qui alimente les chœurs et forme depuis quinze cents ans les artistes de la chapelle Sixtine. Les fils des plus nobles familles manifestent, dès le début, une prédilection toute particulière pour l'école grégorienne; mais à ces élèves capricieux, mobiles, instables, saint Grégoire le Grand préfère les orphelins de Rome. Les enfants qu'il ramasse dans les faubourgs deviennent dans la suite si nombreux, que l'école de chant finit par devenir en même temps une espèce d'orphelinat, orphanotrophium. ”
Ernest Lavisse,
Études sur l’histoire d’Allemagne
“ Quelle différence entre lui et ce pape, son successeur, qui lime gravement et non sans effroi, les prétendues chaînes du plus grand des apôtres ! IV. La religion telle que l’histoire l’avait faite se retrouve dans l’âme du plus grand personnage ecclésiastique des temps mérovingiens, l’évêque Grégoire de Tours : la dignité de sa vie, sa charité, sa bonté sont comme la survivance du divin dans la décadence de l’église ; mais quelles misères dans cet esprit et quel désordre dans cette conscience ! Grégoire a du bon sens, même de la finesse ”
Émile de Toulgoët-Tréanna, Les musées de Rome ; précédés d'une Etude sur l'histoire de la peinture en Italie (1867)
“ La grande figure de saint Grégoire le Grand est une des plus intéressantes et des plus sympathiques de l'histoire des papes. Comme saint, c'est le modèle accompli de l'humilité chrétienne et de la charité; comme pape, c'est un grand homme dans toute l'acception du mot, grand esprit, grand législateur, grand administrateur. ”
Leconte de Lisle,
Histoire du Moyen-Âge
“ Caractère énergique, conviction profonde, vertu sans tache, doué du génie qui conçoit les vastes desseins et de la force d’âme qui permet de braver l’adversité, Grégoire VII avait toutes les qualités qui frappent l’imagination des hommes. Constituer un clergé plus pur, plus uni, plus indépendant du monde et plus dépendant de Rome, imposer l’omnipotence du Saint-Siége à l’Église et l’autorité temporelle du Saint-Siége à la chrétienté, arracher le Saint-Sépulcre aux Musulmans, tel fut son but. ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Les Œuvres et les Hommes/À côté de la grande histoire
“ Dans quelque sens que l’on prenne Grégoire, dans le sens du ciel ou de la terre, il n’est pas possible de le faire descendre. Saint ou politique, grand apôtre ou grand ambitieux, il a été tout par l’esprit, et il faut, de toute façon, qu’on le tienne au premier rang des hommes. ”
Jean-Baptiste-Charles Paya, Les Cachots du pape ; par J.-B.-Charles Paya… (1865)
“ Grégoire VII tenta opiniâtrément la domination de l'Église. Il fut donné à ce pape d'établir le célibat des prêtres, d'abolir les investitures féodales des églises, de soustraire à la confirmation impériale les Souverains-Pontifes; mais Grégoire voulut de plus revendiquer pour l'Église la confirmation des empereurs et le droit de les juger, la suprématie sur une foule de laïques féodaux, sur diverses provinces, spécialement les duchés lombards et normands de l'Italie méridionale. La prétention parut exorbitante. Il y eut résistance et lutte. Rome fut remplie de sang, et l'Italie déchirée. ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
“ J’en demande pardon à Rome moderne ; mais quand je lis l’histoire des Scipion, des Caton, des Pompée, et des César, j’ai de la peine à mettre dans leur rang un moine factieux, devenu pape sous le nom de Grégoire VII. On a donné depuis un plus beau titre à notre Grégoire ; on l’a fait saint, du moins à Rome, Ce fut le fameux cardinal Coscia qui fit cette canonisation sous le pape Benoît XIII. On imprima même un office de saint Grégoire VII, dans lequel on dit que « ce saint délivra les fidèles de la fidélité qu’ils avaient jurée à leur empereur ». ”
Émile Doumergue, Le protestantisme au Moyen-Age (1934)
“ Alors en face de cette figure colossale, nous avons pensé : le. moyen âge ne nous montrera rien de plus grand! Et cependant, le moyen âge s'était incarné ensuite dans le pape romain, ce Grégoire VII qui, étendant encore et réalisant le rêve de monarchie absolue, rêvé par Charlemagne, avait soumis non seulement les corps, mais les âmes par la seule force de l'idée! Il se déclara saint! Et devant le pape, l'empereur était venu s'humilier à genoux, en chemise, dans la neige. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ D'un zèle ardent, qui put paraître quelquefois excessif, inflexible dans ses résolutions, austère dans ses mœurs, ce pontife fut assurément un grand et saint homme. Il fut canonisé : on l'hon. le 25 mai. — On a de Grégoire VII des Lettres (dans les collections des Conciles) ; des Maximes sur le pouvoir pontifical, recueillies dans un écrit intitulé : Dictatus papæ; un Commentaire sur les psaumes pénitentiaux, qui est aussi attribué à Grégoire I. Les ouvrages les plus importants à consulter sur ce pape sont l’Histoire du pape Grégoire VII, par J. Voigt, 1815, 2 vol. in-8, trad. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ PONTIFICAL, s. m. pontificale, (Théologie.) livre où sont contenus les rits & les cérémonies qu’observent le pape & les évêques dans l’administration des sacremens de confirmation & d’ordre, dans la consécration des évêques & des églises, & autres fonctions réservées à leur dignité. On croit communément que le pontifical romain vient de saint Grégoire. ”
Melchior Du Lac, La liturgie romaine et les liturgies françaises… (1849)
“ La Liturgie romaine a été revue, corrigée, réformée, ordonnée une première fois par Saint Grégoire-le-Grand, une seconde fois par Saint Grégoire VII, une troisième fois, au treizième siècle, par les Frères-Mineurs, sur l'ordre de Grégoire IX, une quatrième fois par Saint Pie V; elle le sera probablement encore dans l'avenir. Mais une réforme n'est pas une révolution ”
Jacques de Voragine,
La Légende dorée
(1261-1266)
“ Après quoi saint Grégoire, réalisant son ancien désir, envoya en Angleterre Augustin, Mélitus, Jean, et quelques autres prêtres, et convertit les Anglais, par leur entremise, comme aussi par ses prières et par ses mérites. V. Telle était l’humilité de saint Grégoire, que jamais il ne permettait qu’on fît son éloge. À l’évêque Étienne, qui l’avait loué dans ses lettres, il répondait : « Vous m’accablez d’éloges dans vos lettres, et cependant il est écrit qu’on doit s’abstenir de louer un homme aussi longtemps qu’il vit. » ”
Abbé Nicollet, Vie du bien-heureux Grégoire, évêque d'Amnice en Arménie… (1837)
“ Tel est, mes frères, le noble motif qui conduisit Grégoire sur le sol français, tandis que la providence lui destinait la gloire d'achever l'oeuvre de la foi dans nos contrées. Il fit partie du saint cortège, qui accompagna le pontife de notre province au moment où il vint dans vos murs consacrer un temple au Seigneur. Chargé de veiller au salut du troupeau que le Seigneur s'était choisi dans ce lieu, Grégoire l'augmenta en soumettant à l'empire du Seigneur ceux qui ne l'étaient pas encore. Oh ! ”
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ L’historien nous apprend, « à part les progrès continus de la liturgie et du chant romain parmi les églises d’Angleterre, 1° que saint Grégoire envoya des livres liturgiques à ses missionnaires ; 2° que ces missionnaires avaient chanté, à leur débarquement, une antienne de procession qu’on nous cite tout au long ; 3° qu’il y avait parmi eux des élèves de Grégoire qui enseignèrent à divers Anglais le chant romain. » ”
