“ Sur les stèles de marbre blanc des peintures polychromes représentaient le défunt dans les attitudes qui lui étaient familières. Au bas de ces stèles, des inscriptions tracées en ocre rouge parlaient en son nom, comme si du fond de sa demeure funèbre il les eût lui-même dictées. Çà et là, coupant la monotonie des sarcophages, une chapelle funéraire plus haute, un édicule soutenu par des piliers ornementés de chapiteaux à fleurs de lotus bleu ; et sur le fronton la clef de toute initiation mystique : le disque solaire ailé où s’entrelaçaient des serpents urœus. ”
Chapelle funéraire
Définition et enjeux
Citations sur “chapelle funéraire”
Gustave Lapérouse, L'histoire de Châtillon (1837)
“ Mais, avant que les morts n'eussent obtenu la consolation de faire mourir ceux qui leur survivaient, il y avait, hors de l'enceinte des villes, des cimetières communs, au milieu desquels on élevait ordinairement une chapelle funéraire. ”
Auguste de Villiers de L’Isle-Adam,
Derniers Contes
“ En face de l’autel, s’élevait, au milieu des fumées de l’encens, une chapelle ardente. Sans doute on célébrait le service d’une religieuse de la communauté, car un drap blanc recouvrait la châsse posée très bas au-dessus des dalles, — et s’étalait jusqu’à terre en plis où se jouait, à travers les vitraux couleur d’opale, la lumière du soleil. Les mille lueurs des cierges, flammes de la forme des pleurs, éclairaient les autres pleurs d’or du drap funéraire, — et ces feux semblaient tristement dire à la clarté du jour : « Toi aussi, tu t’éteindras ! » ”
Hippolyte Taine,
Voyage en Italie
“ Partout la mort présente et palpable ; sous la dalle funéraire, on sent qu’il y a des ossements, les misérables débris d’un homme, et ces froides formes de marbre immobile qui reposent éternellement dans le coin d’une chapelle, levant leur doigt maigre, sont tout ce qui subsiste d’une chaude vie frémissante, qui s’est brûlée avec des flamboiements et des éclairs aux yeux du monde, pour ne laisser d’elle-même qu’un petit tas de cendres. ”
Pauline Craven, Récit d'une soeur : souvenirs de famille… (1866)
“ De là, à la mosquée construite par le grand Soliman , dont nous avons commencé par voir la chapelle funéraire. La bière qui contient ses restes est énorme, car la dimension des cercueils est en proportion du rang de ceux qui les occupent. D'autres cercueils l'entourent et sont couverts avec la profusion ordinaire de nacre et de châles. La voûte de cette chapelle est magnifique et il s'y trouve enchâssés, dit-on, des diamants véritables qu'on enlève à mesure que les réparations de cet énorme bâtiment deviennent plus nécessaires. ”
Adresse aux habitants de Chambéry… (1867)
“ Sa disposition bien ordonnée, sa majestueuse croix centrale, sa chapelle d'architecture distinguée et surmontée de l'Ange du Jugement, ses places réservées garnies de tombeaux somptueux, ses places communes plantées de croix et ornées d'emblèmes, tout y respire au plus haut point la décence qui convient à un lieu funéraire chrétien ; tout y montre, en même temps, que les sentiments de la nature sont profondément gravés dans le cœur des habitants. ”
Gaston Maspero,
Les monuments funéraires de l'Égypte ancienne
(1899)
“ Un couloir assez large mène de la première à la seconde chambre. Celle-ci est proprement la chapelle funéraire, celle où les parents du mort se réunissaient et apportaient au défunt les dons consacrés. Comme d'ordinaire, elle est ornée de nombreux tableaux. La paroi de l'Est, à gauche en entrant, est consacrée au transport de la momie, pleureuses, etc. Celle du Sud porte la liste, à moitié effacée, des offrandes funéraires. La paroi de l'Ouest nous reporte au milieu des scènes ordinaires de la vie du défunt. ”
Charles Alexandre, Souvenirs sur Lamartine (1884)
“ La veille, on avait fait un pèlerinage à SaintPoint, on avait commencé pieusement. Le groupe des pèlerins venus de Mâcon et de Paris, passa dans la rue du village sous des guirlandes de buis, aux inscriptions de bienvenue et d'hommage au génie mort : Au poète de l'espérance chrétienne. Il monta un sentier rocailleux, le long du cimetière ombragé d'un vieux noyer, s'arrêta devant une petite chapelle funéraire, à l'arceau gothique, où, au-dessus des morts couchés là, rayonnaient en lettres de bronze ces mots d'immortalité : Speravit anima mea. ”
Charles-Louis Morance, Un régiment de l'armée de la Loire… (1878)
“ Construite dans le style roman, c'est-à-dire à plein cintre, elle est composée d'une large nef et de deux bas-côtés très-étroits. Aux quatre angles, autrement dire de chaque côté de la façade principale et du sanctuaire, s'élèvent quatre petites tours carrées qui ont l'avantage de masquer la toiture en appentis des bas côtés. Une chapelle funéraire de forme carrée sert de prolongement au sanctuaire et d'abside à l'église. ”
Emmanuel Neeffs,
Tableaux, sculptures et objets d'art conservés dans les édifices religieux et civils de Malines…
(1891)
“ Sous l'encadrement de la niche se lit l'inscription funéraire du généreux paroissien, qui décéda en 1778. Le portrait du défunt, en ovale, bien peint par G. Herreyns, surmonte la petite chapelle; un rideau sculpté, relevé par les deux bouts, se déploie derrière le portrait et étend ses plis sur la niche. L'ordonnance et l'exécution du cénotaphe sont de L.J. Paran. Le confessional, appuyé contre le mur nord du transept, est pareil à celui qui se trouve, en regard, dans le transept sud; aussi est-il du même artiste. Le frontispice varie en ce qu'ici deux génies supportent un ciboire. ”
José-Maria de Heredia,
Les Trophées
“ À l’ombre de la voûte en fleur des catalpas Et des tulipiers noirs qu’étoile un blanc pétale, Il ne repose point dans la terre fatale ; La Floride conquise a manqué sous ses pas. Un vil tombeau messied à de pareils trépas. Linceul du Conquérant de l’Inde Occidentale, Tout le Meschacébé par-dessus lui s’étale. Le Peau-Rouge et l’ours gris ne le troubleront pas. Il dort au lit profond creusé par les eaux vierges. Qu’importe un monument funéraire, des cierges, Le psaume et la chapelle ardente et l’ex-voto ? Puisque le vent du Nord, parmi les cyprières, Pleure et chante à jamais d’éternelles prières ”
Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy,
Encyclopédie méthodique
(1788)
“ L’architecture s’empare quelquefois de cette lugubre décoration des temples, surtout lorsqu’il est question de faire la pompe funèbre d’un grand personnage, ou son cénotaphe : alors de vastes draperies noires, semées de larmes d’argent on d’autres attributs funéraires, couvrent les murs et jusqu’aux plafonds. Le corps est placé sur une estrade élevée, et quelquefois recouvert d’un monument temporaire orné de toute la pompe de la sculpture, et converti en chapelle ardente au moyen d’une multitude de torches, de lustres et de cierges allumés. ”
Henry Jouin, Nouvelles archives de l’art français
“ L. 0m 45) : une jeune femme en pleurs, debout, est voilée ; elle pose la main droite sur une urne funéraire surmontant une colonne circulaire. La chapelle a été construite sur les dessins de A. Sauvage, architecte. (13e div.) ”
U. Mac-Erin, Huit mois sur les deux océans… (1897)
“ Quel contraste entre l'aspect gracieux du champ funèbre et la tristesse des inscriptions qu'on lit sur les pierres tumulaires ! Que de jeunes gens, que de jeunes filles moissonnés par la mort à l'âge où l'on ne devrait pas mourir! Ils sont là dormant leur dernier sommeil, loin de la famille et de la patrie ! Elles m'ont souvent poursuivi de mélancoliques rêves, les inscriptions des mausolées de Funchal !. La chapelle du cimetière est aussi très élégante. J'y entrai et et je vis au milieu de la nef une belle caisse dont le velours luxueux était parsemé de clous dorés et de divers ornements. ”
Lord Feeling, Revue des Deux Mondes
“ Ce cimetière n’est pas, ainsi que ceux de Paris, un jardin coquet, joyeusement coupé de berceaux et de charmilles, où serpentent des allées de sable jaune bordées de fleurs et de tombeaux ; c’est un champ stérile et sans ombrage ; c’est une vaste enceinte carrée, ayant une chapelle à l’entrée, une haute croix de pierre au milieu, et tout à l’entour des galeries ouvertes, protégées par un toit revêtu de tuiles reposant sur des piliers de bois peint en vert. ”
Jean-Pierre Brès, Monuments funéraires choisis dans les cimetières de Paris et des principales villes de France
“ Depuis l’ouverture du Cimetière de l’Est, en 1802, jusqu’en 1821, que l’on commença les travaux de la chapelle dont nous donnons les plan, coupe et élévation, il n’y avait dans ce lieu aucun temple pour prier. ”
Antoine Caillot, Voyage d'une famille chrétienne de Paris au Calvaire… (1827)
“ Après avoir monté une vingtaine de marches, nous arrivâmes sur une autre esplanade, où sont situées deux chapelles, l'une à droite, c'est celle des morts; l'autre, à gauche, est ornée d'un tableau qui représente Marie, dans l'attitude de la plus profonde douleur, aux pieds de Jésus que l'on vient de descendre de la croix. Au-dessus de la porte, on lit ces mots : Ecce mater dolorosa. Dans la première chapelle on récite les prières des morts et on offre le saint sacrifice pour le repos de l'âme des personnes qui ont obtenu la faveur d'être inhumées dans le cimetière. ”
P.-J. Marandon, Histoire du clocher de Saint-Michel et de son caveau (1842)
“ C'est une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts. Un service funèbre se célébrait à certaines époques de l'année dans la chapelle des trépassés placée au-dessus du caveau ; là, le peuple se rendait en foule pour prier avec ferveur pour un parent ou un ami. ”
Aimé Guillabert, Gustave de Chapuys-Montlaville… (1866)
“ Après le service, le funèbre cortège, escorté par les compagnies de sapeurs-pompiers de Chardonnay, d'Uchizy, de Lugny et de Tournus, se dirigea vers la chapelle construite dans l'enceinte du parc et abritant les tombeaux de la famille. Il pleuvait, la brume obscurcissait l'horizon ; on eût dit que la nature elle-même voulait s'associer à ce deuil. M. le Sénateur suivait, anéanti, le cercueil de son fils. Partout sur son passage les larmes répondaient à ses larmes. ”
Victor Simonnot, Notice biographique sur Nicolas-Louis Simonnot… (1884)
“ A cause des offices solennels des derniers jours de la Semaine-Sainte et de la fête de Pâques, la cérémonie des funérailles fut remise au Lundi suivant. Pendant ce temps, durant lequel nous eûmes le bonheur de conserver la dépouille mortelle de notre bon père, dans une pièce de la maison transformée en chapelle ardente, il nous sembla, malgré notre profonde douleur, que nous vivions dans un atmosphère de paix toute surnaturelle, comme si nos âmes étaient déjà embaumées des parfums de l'éternelle résurrection. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Chapelle ardente, est l’appareil funèbre qui environne le corps ou la représentation d’un défunt, dans une Eglise, dans une chapelle particulière, ou dans un appartement, avec un grand nombre de cierges allumés. ”
Ernest Dessiaux, Mémoires d'un prêtre d'hier (1911)
“ Si le spectacle en est tragique, la leçon en est salutaire et inoubliable. L'image-souvenir fut placée sur le cœur de la morte ; le lendemain, au déclin du jour, nous accompagnâmes, avec l'aumônier, la petite Sœur et deux infirmiers, la bière de sapin jusqu'au cimetière ; après avoir passé par la chapelle de l'hospice pour les prières liturgiques. Une tombe minuscule, humble comme sa vie, ayant peine à se dresser au-dessus des herbes qui finirent par la dérober, marquait pour moi seul et les miens, l'endroit où reposait cette chère dépouille. ”
Antoine-Charles Cousseau, Oeuvres historiques et archéologiques de Mgr Cousseau… (1891-1892)
“ Maintenant que son sacrifice était consommé, c'était son corps inanimé qu'on rapportait dans cette église si souvent témoin de sa vive foi et de son angélique piété. Tous ces souvenirs se représentaient à l'esprit et encore plus au cœur des fidèles de Vesins. Aussi, quand le cercueil eut été déposé dans une chapelle ardente préparée à l'entrée de l'église, ils y vinrent en grand nombre prier et pleurer, et se succédèrent les uns aux autres dans ce pieux devoir pendant toute la durée de la nuit. ”
Jean-François Destigny, Némésis incorruptible : satires de moeurs (1838)
“ C'est un deuil de commande où l'âme n'entre pas. Mais quelle part l'Orgueil s'est faite dans l'enceinte Où le dôme ardoisé de la chapelle sainte Semble s'être aplati sous le faste du jour! Un gigantesque fût, dressé pour un BEAUJOUR, A mis un casque d'or sur sa tête de pierre; Châton pyramidal, il brille en ferronnière Sur le front élevé du funèbre coicau : Ce colosse des morts l'a pris pour chapiteau. L'aiguille de granit que l'Europe a connue, Obélisque insolent qui déchirait la nue, Ne paraît aujourd'hui qu'un ridicule enfant Qui veut toucher du doigt le dos d'un éléphant. ”
“ Le troisième jour, ce fut l’enterrement, à Saint-Ambroise, dans le cimetière des Dissidents. Prières... prières... prières. Prières en chemin entre les haies fleuries ; prières dans la chapelle sombre, prières très longues au cimetière, quand le cercueil fut posé sur la grande pierre plate qui recouvrait la tombe du dernier prêtre ; prières encore quand on eut descendu le cercueil et jeté de la terre. ”
Alexandre-Léopold Sebaux,
Vie de Mgr Jean-Baptiste Bouvier…
(1889)
“ On se dirigea ensuite vers le Séminaire, et à deux heures et demie le cercueil fut introduit dans la chapelle, où tous les élèves, en habit de chœur, un cierge à la main, l'attendaient en silence. On y célébra la sainte messe pour le bien-aimé défunt. A trois heures, tout était terminé. Le lendemain jeudi, le cercueil fut ouvert pour constater l'identité. Le corps de notre pieux évêque, parfaitement conservé, put être exposé, la face découverte, sur le catafalque élevé au centre du chœur de la chapelle, tendue de noir dans toute sa hauteur et transformée en chapelle ardente. ”
Amédée Curé, Allocutions prononcées dans la chapelle royale de Frohsdorf après la mort de M. le Cte de Chambord… (1884)
“ Alors vous resterez seuls, mes Frères! Vous vous croirez jusqu'à un certain point reportés à la 'grande et lugubre Semaine où l'Eglise pleure son divin Epoux. Alors les temples sont en deuil et les tabernacles sont vides, parce qu'on a déposé NotreSeigneur au tombeau. Ainsi aujourd'hui pour nous cette chapelle est en deuil, et aucun chant de joie n'en doit troubler la solitude, parce que c'est le jour où l'on porte le Roi au tombeau. ”
Henri Pérennès, Coadry en Scaër : monographie archéologique et historique (1926)
“ La messe est plus silencieuse cette année, mais la chapelle ne suffit pas à contenir la foule des assistants. Le cimetière, le joli petit cimetière vert sans tombes est plein de fidèles agenouillés, les hommes du côté droit de l'autel, les femmes du côté gauche. A chaque instant de nouveaux assistants s'approchent; en franchissant l'échalier du cimetière, les femmes se signent, les hommes tirent leur chapeau et d'un pas très grave, vont se joindre à l'un des deux groupes. ”
Auguste Amaury, Le monastère de Meilleraie, ou Visite à Note-Dame de la Trappe (1857)
“ On lui ferme les yeux, et on dépose ce cadavre dans la chapelle, au pied du sanctuaire, sans appareil, sans bierre, revêtu seulement de ses habits religieux, tenant entre ses mains jointes une petite croix de bois, dans l'attitude du recueillement et de la méditation. L'heure de la sépulture venue, tors les membres de la communauté sont autour du mort, le front dans la poussière ; ils prient avec le prêtre qui jette l'eau sainte sur ces restes humains, et qui conjure Dieu de recevoir dans sa céleste miséricorde l'àme qui les animait et qui vient de s'envoler vers lui. ”
André Dominique Fauqué, Mgr de Salinis dans sa dernière maladie et après sa mort… (1861)
“ La grande salle du rez-de-chaussée, qui ouvre au midi sur la cour d'honneur, en regard de la cathédrale, nous parut être la plus facile à convertir en chapelle ardente et la plus accessible au public. Un lit funèbre, couronné d'un dais fond noir avec panaches blancs, fut dressé entre deux petits autels, contre le mur oriental de cette salle. Le cercueil y fut établi sur un plan incliné vers l'assemblée des fidèles, qui pendant six jours se s'ont succédé, en très grand nombre, sans qu'il y eût jamais interruption. ”
Jean-Pierre Brès, Monuments funéraires choisis dans les cimetières de Paris et des principales villes de France
“ Une façade lisse, ornée de trois avant-corps, dont dont celui du milieu donne entrée au monument, et ceux des extrémités le caractérisent, précède l’enceinte sacrée dans laquelle s’élève la chapelle royale. Après avoir monté quelques degrés, on pénètre dans un vestibule carré, auquel aboutissent à droite et à gauche, en retour d’équerre, deux galeries de tombeaux élevés à la mémoire des victimes de la révolution. Ces galeries prolongent, l’une, jusqu’à la sacristie, l’autre, jusqu’au vestiaire, placés aux deux côtés de la chapelle haute et basse décrites plus loin. ”
Max Reichard, Souvenirs d'un aumônier protestant au camp français devant Sébastopol… (1869)
“ Ce cimetière, situé tout près de la Quarantaine, avait été pris par nos soldats, pendant une nuit de mai, après un combat terrible. La chapelle, délicieusement placée dans un nid de verdure, est bien encore debout, parce qu'elle a dû servir de poste d'observation aux vedettes, mais ses autels sont dévastés, ses tableaux mutilés, son toit est percé à jour. Les tombes n'ont pas moins souffert. Les boulets ont brisé les croix, labouré les tertres. Quelques monuments sont, comme par miracle, restés intacts et vous avertissent que vous traversez un cimetière ”
