“ Champrosay, 3 juin.—Parti à une heure et demie pour Champrosay. Pluie comme à l'ordinaire; le temps se remet le soir. Je rencontre en montant Candas, qui vient me faire un salut que je crois intéressé, Quantinet, puis le maire et Hippolyte Rodrigues et son fils, qui passent achevai et m'apprennent qu'Halévy s'installe à Fromont.*4 juin.—Aussitôt levé, je déballe mes toiles et fais ma palette; je travaille beaucoup dans cette journée, qui est la première que je passe ici.Avant dîner, promenade par le mur de Baÿvet; je trouve encore les traces de l'inscription au charbon sur son mur ”
Champrosay
Définition et enjeux
Citations sur “Champrosay”
Eugène Chapus,
Les soirées de Chantilly
(1855)
“ Il y avait soirée à Champrosay, l'une des dernières soirées de la saison d'automne ; la société, nombreuse et fractionnée comme de coutume en cercles de causeurs, en joueurs de lansquenet, en auditeurs enthousiastes de la charmante mademoiselle Hus, qui tenait le clavecin, laissait une grande liberté aux conversations confidentielles. De L'Epône, profitant de toutes les facilités que lui ménageait la marquise, lui exprima le regret qu'il avait de ne pas l'avoir revue plus tôt. Il s'était présenté au château plus de vingt fois, et toujours en vain. ”
Alphonse Daudet,
Oeuvres de Alphonse Daudet
(1930)
“ Entre Champrosay et les Meillottes, au milieu d'un parc qui longe la Seine, se trouve une belle maison Louis XV, du temps du marquis d'Étiolles et de madame de Pompadour. Deux charmilles droites et épaisses descendent jusqu'à la rivière, montrant, — l'été, — au bout des feuillages verts inclinés, un miroir d'eau bleue confondu dans le bleu du ciel. Toute l'ombre des vieilles allées a l'air de s'échapper par ces deux trous de lumière. ”
“ Champrosay, 18 juillet. — Parti à six heures pour Corbeil. Berryer, en robe de chambre, est venu m’embarquer. Je pars, le cœur plein de lui et de mon agréable séjour. Tête à tête avec mon automédon, respirant l’air frais, emporté par l’allée des peupliers et au milieu des eaux remplies de nénufars, je me retournai plusieurs fois pour le voir de loin, ainsi que ce qu’on pouvait apercevoir de la maison. J’attends la voiture quelque temps à Malesherbes ; j’essaye, sur la place publique, de m'ôter, avec mon canif, la petite épine de genévrier. ”
“ En fin de compte, je me suis réfugié ici, où j’ai retrouvé du mieux ; mais ce n’est pas tout ; voici ce qui m’attendait à Champrosay : l’homme qui me louait mon petit pied-à-terre m’apprend au déballé qu’il va vendre sa maison, et que j’avise d ici à peu. ”
“ Champrosay, 11 août.—Parti de Paris pour Champrosay.Je ne suis pas encore content de ma santé. Je n'ose me remettre à l'église [463] .Parti à onze heures. Je lais route avec Revenaz [464] et un de ses amis. Nous traversons la plaine par la chaleur la plus intense. [p. 346] *12 août.—Je sors à six heures du matin par la campagne. Délicieuse promenade. Je vais au bord de la rivière et fais un croquis vers la cabane de Degoty. Je rapporte un faisceau de nénufars et de sagittaires ”
Alphonse Daudet,
Trente ans de Paris
“ Pendant les quinze jours de convalescence que je viens de passer sans sortir, mon imagination a fait bien des promenades avec vous dans la forêt, et nous avons bien causé dans le grand atelier. Ma tête était trop faible pour la lecture et je restais à rêvasser, un peu seul et triste, quand le bon géant Charles Jourdan est venu me chercher avec un bourricot et m’a emmené dans une maison qui me serait trop chère si Champrosay n’existait pas. L’air, à Montriant, est si pur, la vue si belle, le silence si profond que je me sens renaître. ”
“ D'Étampes à Juvisy, je voyage avec eux ; il se trouve dans le même wagon cette personne si belle, d’une beauté étrange et faite pour la peinture. Elle frappe même mes voisins, dont l’un, grand esprit sous bien des rapports, est Français sous le rapport des sentiments que j’exprimais là-haut. J’ai fait le lendemain des croquis de souvenir, de cette belle créature. Arrivé à Champrosay vers deux heures, Jenny n’avait pas reçu la lettre par laquelle je la prévenais de mon arrivée. Le général [1] vient m’inviter pour dîner le lendemain avec Pélissier [2] . ”
André Michel, Notes sur l'art moderne : [peinture… (1896)
“ Il va à la campagne, dans ce cher Champrosay où il trouve le silence et la solitude dont il a tant besoin, à Angerville, chez Berryer, à Nohant, chez George Sand, et les arbres et les fleurs lui communiquent, avec l'apaisement passager et délicieux, les fraîches inspirations. Son imagination s'exalte à les con- templer ”
“ Champrosay. — Dimanche 17 juin. — Villot qui était ici depuis huit jours est reparti ce soir avec sa femme, emmenant ses enfants qu’on avait tirés du collège, à cause du choléra. La présence de Villot m’a été douce pendant cette semaine. Tous les matins, je travaillais assidûment, et il venait l’après-midi. — J’ai ébauché depuis mon arrivée et jusqu’au 26, jour où je retourne à Paris pour deux jours : Tarn O’Shanter [1] . Une petite Ariane [2] . Daniel dans la fosse aux lions [3] , — sur papier. Un Giaour au bord de la mer [4] . Un Arabe à cheval descendant une montagne. ”
Adolphe Joanne,
Les environs de Paris illustrés…
(1878)
“ Champrosay dépend de Draveil. C'est un charmant village, presque entièrement composé de maisons de campagne qui jouissent de magnifi- Le château de Fromont. ques points de vue sur la vallée de la Seine. Il occupe, en effet, la crête d'un coteau, au pied duquel coule le fleuve. Eugène Delacroix l'a longtemps habité. Derrière ses parcs s'étend la forêt de Senart, qui a une contenance de 2,359 hectares et qui, dans la direction de l'E., mesure 8 kil. de longueur. La route de terre de Paris à Melun la traverse. La route qui conduit à Soisy longe la crête de la colline ”
C. Benetti, Discours prononcé dans la cathédrale de Tunis à l'occasion de l'anniversaire de la bataille de Champigny… (1908)
“ Le spectacle que j'ai sous les yeux est une preuve des grands attraits que l'amour de la Patrie exerce sur les àmes françaises. Les morts que nous honorons ne sont pas d'hier et leur souvenir est aussi vivant que s'ils venaient de disparaître; c'étaient des inconnus et notre pensée va à eux comme à des frères ; Champigny, autrefois lieu géographique ignoré, nous attire maintenant comme un lieu de pélerinage célèbre. Ces zouaves, morts au service de la France, nous sont chers et malheur à celui qui, par un oubli coupable, leur témoignerait de l'indifférence; il encourrait tout notre mépris. ”
Henri Vincent, Les Vingt-deux années du Père Tasse à Chamrousse… (1891)
“ Tel est le « Génie de Champrousse », et, pour compléter la ressemblance, il ne lui manque, nous le verrons plus loin, ni son chamois, ni son ours.. Curiosités de la vie humaine ! c'est à Vancé, arrondissement et canton de Saint-Calais, dans la Sarthe, que le Père Tasse a reçu l'existence en 1823, et pendant vingt-deux ans les sommets de Chamrousse l'ont contemplé et ses rochers l'ont abrité comme un enfant de prédilection qui aurait vu le jour à leur ombre. ”
Eugène Labiche,
Théâtre complet d’Eugène Labiche…
“ Champbourcy. C’est possible... nous allons le savoir tout à l’heure... à neuf heures et demie, nous procéderons au dépouillement. Supposons, dis-je, que nous ayons deux cents francs... Colladan. Quelle noce ! Champbourcy. Notre horizon s’agrandit... nous pouvons donner une fête digne de nous, et qui marque dans les fastes de La Ferté-sous-Jouarre. Léonida. Voyons ! jouons ! J’ai vu... Champbourcy, se levant. Je n’ajouterai plus qu’un mot... et ce mot... sera un regret... nous regrettons que M. Baucantin, notre ingénieux receveur des contributions... ”
Auguste Laugel,
Revue des Deux Mondes
“ Il avait le duché de Champsaur avec ses vingt paroisses, nombre de seigneuries dans le Dauphiné, Coppet en Suisse, Treffort, Pont-de-Veyle, Châtillon en Bresse, Pont-d’Ain en Bugey, Villemur en Languedoc, Seyne en Provence. Il fit bâtir ses maisons par les vassaux de l’évêque de Gap, dont il avait pris les fiefs. Les paysans croyaient qu’il avait un pacte avec le diable, et on raconta longtemps dans les chaumières que toutes les femmes du Champsaur avaient perdu leurs cheveux à force de porter des pierres sur la tête, pendant qu’on bâtissait son château. Lesdiguières mourut tout entier ”
Léon Le Grand, Les Quinze-Vingts depuis leur fondation jusqu'à leur translation au faubourg Saint-Antoine… (1887)
“ Comme le fait observer Berty, ce nom de Champourri servant à désigner l'enclos des aveugles n'est fourni par aucune charte, mais seulement par les Crieries de Paris de Guillaume de La Villeneuve (XIVe s.) ; il n'est pas étonnant de le rencontrer dans un quartier de Paris où une rue portait le nom de Champfleury. On peut remarquer que la forme « Champorri » donnée par le manuscrit de La Villeneuve (Bibl. nat., ms. fr. 837, fol. 246) ne prête même pas l'apparence de la vraisemblance à cette étymologie fantaisiste, dont le thème est évidemment campus putritus. ”
Henri Vincent, Les Vingt-deux années du Père Tasse à Chamrousse… (1891)
“ Quant à Chamrousse, - était-ce pour s'harmoniser avec nos tristes pensées ? - au moment même où, solitaire, n'ayant que notre chien pour compagnon, nous étions au pied de la Croix, elle nous a enveloppé à l'improviste de ses brouillards perfides: et une fois de plus nous avons connu les inquiétudes d'une marche à l'aveugle pour ainsi dire à Nous nous plaçons seulement au point de vue de ceux qui, comme nous,-ont longtemps fréquenté Chamrousse et pour lesquels Roche-Béranger s'était identifié, en quelque sorte, avec l'image de ses fondateurs. ”
“ Chamrousse, dont le nom tient « à la couleur jaune de ses prés desséchés par le gel », marque le point extrême des masses herbues couronnant les hauteurs d’Uriage. Une croix est plantée à son sommet, au milieu d’un pré qui, en cette fin de juillet, est bleu avec ses gentianes et blanc avec ses anémones. Les moutons, par centaines, couvrent les pentes, tandis que leur berger, enveloppé dans son ample limousine, culotte des pipes, assis sur une pierre. ”
Champfleury,
La Comédie académique. 3e édition
(1875)
“ L'un des étudiants disait, allant de maison en maison : — Où demeure le vieux Casmajou? — C'est un tailleur en chambre, répondit un des trois compagnons ; il doit avoir une enseigne au premier, — Fajon, dit une voix, ne vois-tu pas l'enseigne de Casmajou? Un homme de haute taille s'avança près d'une maison. — Parlons bas, dit-il, je crois que c'est ici. Raymond, blotti dans l'embrasure de la porte, écoutait. — Ohé, Casmajou ! ohé! cria un étudiant. — Tu vas faire manquer notre coup, d'Espipat, dit une voix impérieuse qui semblait habituée au commandement. ”
Conseils de guerre de Versailles… (1871)
“ Avant la Commune, Champy était bon fils, bun ouvrier, bon père de famille, je crois même ; après la Commune, il n'a été qu'un bon citoyen. Il n'a exercé des fonctions publiques que par dévouement unique à la patrie ; il n'a pris part à aucun des actes odieux de la Commune, et si la signature de Champy se trouve ça et là sur quelque pièce compromettante, c'est seulement grâce à un faussaire ; l'innocent Champy n'y est absolument pour rien. ”
Stéphanie-Félicité Du Crest comtesse de Genlis, Les Veillées du château (Nouvelle éd… (1874)
“ Oui, mon enfant, reprit madame de Clémire, je vous le permets ; et vous, n'oubliez jamais que, sans cette piété tendre et sincère, il est impossible d'être heureux. Cependant Champcery devient chaque jour plus agréable à ses habitants ; les enfants ne conçoivent plus comment ils ont pu regretter Paris; l'abbé lui-même s'accoutume à la vie de château; sa chambre est bien calfeutrée, les appartements sont chauffés, les peaux de mouton prodiguées aux portes, et même aux fenêtres. Le curé du lieu, aussi sociable que vertueux, joue d'ailleurs passablement bien aux échecs ”
Champfleury,
La Comédie académique. 3e édition
(1875)
“ LA COMÉDIE ACADÉMIQUE. 59 La foule est sans pitié. Fajon, se sentant fort, prit dédaigneusement le menton de Raymond. Alors seulement le géant frémit de son imprudence. Raymond s'étant levé sauta à la gorge du colosse. — Sais-tu que je suis Fajon? dit le géant pour effrayer son adversaire, Tordant la cravate, Raymond lui souffla à l'oreille : — Tu es un misérable ! Et de son gant il le souffletait, disant à mi-voix : — Rappelle-toi la rue de la Dalbade. Le colosse, cloué sous la poigne et le regard de Raymond, roulait de gros yeux effarés. — La police ! où est la police ? ”
Procès des membres de la Commune… (1871)
“ « La voilà, cette boîte! c'est Champy qui est cause que nous ne pouvons pas y aller, » et, en voyant passer le curé : « Le voilà, ce grand calotin ! il aura son tour! » Et aussi on a connaissance que M. Champy a donné à plusieurs personnes des laisser-passer qui leur ont permis de quitter Paris. M. LE PRÉSIDENT : Il est triste pour l'insurrection, d'entendre des témoins qui, pour faire l'éloge d'un accusé, viennent déclarer qu'il a permis qu'une église restât ouverte. M. LE COMMISSAIRE DU GOUVERNEMENT : D'ailleurs aucune accusation relative à cette église n'est dirigée contre Champy. ”
Récit de la bataille de Champigny… (1878)
“ Nous parlerons uniquement de ces mémorables journées de Champigny, 30 novembre et 2 décembre 1870, de ce suprême effort de la défense de Paris dont nous devons garder à jamais le triste et patriotique souvenir. Notre but, dans cette courte notice, est d'expliquer les péripéties de la lutte aux nombreuses personnes qui viennent visiter l'admirable monument de Champigny; de leur désigner avec précision les points qui furent le principal théâtre de l'action ; en un mot, de leur donner l'intelligence des lieux sur lesquels ils se trouvent. ”
Claude-Jules Briffaut, Histoire de la seigneurie et de la ville de Champlitte… (1869)
“ Léproserie. 1. Champlitte s'élève entre deux voies et deux camps romains, dont l'importance n'est point douteuse. La première de ces voies est la grande route de Langres à Besançon par le Pailly, Grossesauve, Grenant, Pierrecourt, Larret et Seveux. La seconde, plus rapprochée, se détache de celle-là à Champfleury, ferme du Pailly, passe entre Palaiseul et Violot, à l'ouest de Rivière-le-Bois, de Grandchamp et de Maatz, au-dessus de Leffond, à Piémont, pour arriver au Prélot, où les cultivateurs, qui l'appellent le Chemin des Romains, l'ont défoncée a grands efforts. ”
“ Malgré leur renom fâcheux quant à l’esprit, les Champenois peuvent se glorifier d’un grand nombre d’hommes illustres. Une bonne partie de ces fabliaux caustiques, de ces contes salés où le seigneur, voire même le curé, étaient joyeusement pris à partie, sont nés dans la Champagne. Aussi suis-je tout disposé à accepter l’explication donnée à Napoléon du proverbe fameux : « Quatre-vingt-dix-neuf moutons et un Champenois font cent bêtes. » ”
Auguste Richard, La France par canton (1843)
“ Un embranchement des eaux de la Marne y forme une petite rivière, appelée Morbras. La route royale, n. 19, passe dans le territoire de cette commune; celle départementale, n. 58, la croise pour se rendre à Choisy-leRoi. Voitures à la barrière de Charenton correspondant avec des Diligentes. Champigny (pop. 1,533) . — Succursale de Charenton. Cette commune, sur la rive gauche de la Marne, est très étendue ; elle n'a rien de bien remarquable. Il y avait à Champigny un château-fort qui fut détruit en 1419, par les Armagnacs. ”
Champfleury,
Les excentriques
(1852)
“ Chacun se lève. L'inconnu prend son chapeau de paille et sort. Il monte la rue Richelieu et suit la ligne des boulevarts jusqu'à la Madeleine, sans être même suivi par les curieux. Et cependant son costume est étrange. Par hasard un provincial le regardera avec des yeux inquiets ; peut-être le suivra-t-il quelques minutes ; mais, fatigué de marcher seul à la suite d'un homme vêtu de rouge, il s'arrêtera et demandera, l'imagination tourmentée par ce grand cordon qui ne peut appartenir qu'à un prince ou un ambassadeur étranger : — Quel est cet homme ? — C'est Carnaval. ”
Denys Clouzet, Dictionnaire illustré des communes du département du Rhône… (1901-1902)
“ Les Champiers estoient de Saint-Symphorien-le-Chasteau en Lyonnois, comme nous apprenons de l'illustre Sympborien Champier; et il falloit bien que cette famille lût bonne et ancienne, puis qu'elle étoit liée de consanguinité avec le cardinal Pierre Girard, Evesque du Puy, qui vivoit environ l'an M.CD.X. Il dit encore lui-mesme qu'il étoit filleul de Symphorien Champier, de l'ordre de saint Jean de Hierusalem, professeur en droict civil et canon, frère de son ayeul Guillemin Champier, fils de Jean Champier et de demoiselle Perronnelle de la Roche, d'une maison noble de nom et d'armes. ”
