“ Désignant du doigt la statue de Carnot, « son austérité sans rudesse, disait-il, sa douceur grave, chez un si grand guerrier, une allure si peu militaire, ses mœurs de famille, la simplicité qu’il portait en toute chose, tout en faisait un homme à part, un de ces hommes de Plutarque, dans lesquels on n’a voulu voir que des types de convention et qui néanmoins se réalisent quelquefois pour l’honneur de l’humanité. » C’est le grand Carnot que M. Henri Martin dépeignait en ces termes : il serait difficile de trouver en quelques lignes plus de traits qui lui convinssent parfaitement à lui-même. ”
Claude-Louis Hector de Carnot
Définition et enjeux
Citations sur “Claude-Louis Hector de Carnot”
Commandant Peyre, Discours prononcé sur la tombe de Carnot par le commandant du génie Peyre… (1888)
“ Carnot est un homme juste et vertueux, simple, modéré dans ses besoins personnels, grand, sublime dans ses conceptions pour la gloire de sa patrie, amant idolâtre de la liberté, mais citoyen soumis aux lois ”
Mathieu-Noël Rioust, Carnot . Par M. N. Rioust. (1817)
“ Au nombre des Français qui étaient restés attachés à Carnot, se trouvait un homme hardi, par amour de sa patrie ; il parvint à obtenir des passeports, et enleva Carnot de Paris dans' une chaise de poste. ”
Histoire de Napoléon le Grand, empereur des Français… (1849)
“ Le nom de Carnot, si honorablement placé parmi les illustrations de la science militaire, est une nouvelle preuve entre tant d'autres que la plus remarquable aptitude dans une branche spéciale des connaissances humaines n'est nullement la garantie d'un jugement droit dans l'appréciation de hautes questions d'ordre général, et qu'on peut être à la fois un très habile mathématicien et un fort mauvais politique. ”
Léonard-Charles-André-Gustave Gallois, Dictionnaire historique de tous les ministres… (1828)
“ A cette époque le prince Henri de Prusse lui écrivit pour lui offrir le grade de major dans les armées du grand Frédéric. Carnot était trop français pour accepter. Lors de la révolution, Garnot était parvenu par de rares talens et de lougs services au grade de capitaine du génie et avait obtenu la croix de Saint-Louis. Comme il ne devait rien à la faveur, il se déclara contre la cour, et professa les principes les plus favorables à la cause de la liberté il fut nommé député à l'assemblée législative, en 1791 par le département du Pas-de-Calais, où il s'était marié. ”
François Arago,
Œuvres complètes de François Arago
“ Le nom de Carnot se présenterait à ma pensée si, après tant d’exemples empruntés à l’histoire de tous les peuples, il restait encore à prouver qu’une âme ardente peut s’allier à des manières froides et réservées. ”
Léonard-Charles-André-Gustave Gallois, Dictionnaire historique de tous les ministres… (1828)
“ Ici commence une seconde époque de la carrière publique de Carnot, qui a couvert d'un voile de gloire les fâcheuses circonstances de la première partie de sa vie, et qui a inscrit son nom parmi les grands citoyens de la France, et les hommes les plus illustres des temps modernes. Carnot apporta au tribunat cette inflexibilité de principes qu'il avait développée dans ses précédentes carrières il n'est pas une loi injuste, une mesure tyrannique, une usurpation illégitime, qui n'ait trouvé dans le tribun Carnot un adversaire éclairé et courageux. ”
François Arago,
Œuvres complètes de François Arago
“ Carnot s’échappa du Luxembourg à l’instant même où des sbires entraient dans sa chambre pour l’arrêter. Une famille d’artisans bourguignons le recueillit et le cacha. Ceux dont la vie est une série non interrompue de privations savent toujours compatir au malheur. Notre confrère se réfugia ensuite chez M. Oudot, grand partisan du coup d’État du 18 fructidor, et où, dès lors, personne ne se serait avisé de chercher le directeur proscrit. Carnot n’avait pas encore quitté Paris lorsqu’on le raya de la liste des membres de cet Institut national à la création duquel il avait tant contribué. ”
Mathieu-Noël Rioust, Carnot . Par M. N. Rioust. (1817)
“ IL n'était pas plus au pouvoir des événemens que des hommes qui les maîtrisèrent, de jeter Carnot dans l'inoccupation, en le rendant à la vie privée. Son génie n'a jamais sommeillé; un foyer de lumières, alimenté par la chaleur du patriotisme, ne s'éteint pas, ne se refroidit pas même. Les années que Carnot passa loin des affaires publiques ne furent pas perdues pour la patrie. Ses ouvrages déjà terminés reçurent, sinon une nouvelle forme, au moins de nouveaux développemens, et le plan de ceux dont il avait conçu l'idée, régie d'abord, fut exécuté ensuite. ”
Achille Plumerel, Carnot, 1753-1823, par Achille Plumerel… (1883)
“ La Convention ordonna l'impression et l'envoi à tous les départements du rapport de Carnot. De retour à Paris quelques jours avant le prononcé de la condamnation de Louis XVI, Carnot exprima son vote eu ces termes : « Dans mon opinion, la justice veut que Louis meure, et la politique le veut également. Jamais, je l'avoue, devoir ne pesa davantage sur mon cœur que celui qui m'est imposé ; mais je pense que pour prouver mon attachement aux lois de l'égalité, pour prouver que les ambitieux ne nous effrayent pas, vous devez frapper de mort le tyran ; ja vote pour la mort. » ”
Achille Plumerel, Carnot, 1753-1823, par Achille Plumerel… (1883)
“ Aussitôt qu'il a connaissance de la conduite du déserteur de la cause nationale, Carnot se rend au quartier-général de l'armée du Nord, pour la maintenir dans l'obéissance. Son intervention y fut décisive. Les soldats, un instant ébranlés, reprennent vite confiance devant sa courageuse attitude ”
François Arago,
Œuvres complètes de François Arago
“ J’ajoute que, de la part de Carnot, cette imprudence était volontaire ; qu’en se résignant à signer sans examen les décisions de tous ses collègues, il faisait sciemment à la France le plus grand de tous les sacrifices ; qu’il plaçait son honneur aux mains de plusieurs de ses ennemis déclarés ”
Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850
“ Carnot est l’homme le plus honnête qui ait figuré dans la Révolution ; il a quitté la France sans un sou. Carnot participa à la création de l’École polytechnique, du Conservatoire des Arts-et-Métiers, du Bureau des longitudes, à l’introduction d’un système uniforme pour les poids et mesures, à l’établissement des télégraphes, enfin à la fondation de l’Institut. Nommé membre de ce corps savant en 1795, il en fut exclu après le 18 fructidor, et remplacé par le général Bonaparte ”
Léonard-Charles-André-Gustave Gallois, Dictionnaire historique de tous les ministres… (1828)
“ Dumouriez dans ses Mémoires dit que Carnot sera regardé par la postérité comme un philosophe austère un parfait citoyen et un grand homme. Napoléon disait aussi que Carnot était le plus honnête homme qui eût figuré dans la révolution. ”
Achille Plumerel, Carnot, 1753-1823, par Achille Plumerel… (1883)
“ On sait ce qui leur advint; mis en état d'arrestation, sauf Carnot, par le général intidèle, ils furent par lui livrés à l'Autriche, retenus en captivité par cette'puissance, et, le 3 novembre 95, échangés contre la fille de Louis XVI. Par un hasard auquel le salut de la France fut peut èlre dû, Carnot, avant de rejoindre ses collègues à L'Ile, lieu du rendezvous, avait dû se rendre à Arras pour y réprimer une agitation naissante, et, par suite de cette circonstance toute fortuite, il échappa au sort de ses collègues (avril 93.) ”
Napoléon Ier,
Profils des contemporains , par Napoléon
(1824)
“ Carnot , natif de Bourgogne, était entré très-jeune dans le génie, et soutint dans son corps le système de Moutalembert. Il passait pour un original parmi ses camarades, et était déjà chevalier de Saint-Louis, lors de la révo- lution qu'il embrassa chaudement. Il fut nommé à la convention et membre du comité de salut public avec Robespierre, Barrère, Couthon, Saint-Just, Billaud - Varennes, Collot-d'Herbois, etc. ”
Mathieu-Noël Rioust, Carnot . Par M. N. Rioust. (1817)
“ Comme membre du tribunat, il reçut en l'an 12 la décoration de simple légionnaire de la Légion d'honneur ; il en fut fait officier au mois de mars 1815, commandant au mois de mai suivant, grand officier au mois de juin ; toutes ces décorations se sont fondues devant l'ordonnance du roi du 27 juillet 1815 et la loi du 12 janvier 1816. Carnot demeure en présence de titres moins imaginaires, de droits plus réels, ceux que recèle sa conscience. Il reste avec la connaissance de lui-même. Un faisceau moral de talens, d'honneur et de probité l'environne ”
Mathieu-Noël Rioust, Carnot . Par M. N. Rioust. (1817)
“ Seul avec sa conscience et quelques souvenirs heureux, loin de ses parens, de ses amis, ( 94 ) il eut traîné sur une terre étrangère une existence presque importune, si les sciences et les lettres n'étaient venues rompre de chagrins loisirs. Il passait chaque jour plusieurs heures chez un libraire, qui se procurait tout ce qu'il pouvait faire venir de France d'ouvrages marquans. Ce libraire parlait souvent avec effusion de coeur, à Carnot qu'il ne connaissait pas, de ce Carnot dont les journaux français disaient tant de mal. Un jour il lui remit le rapport de Bail... ”
Heures sombres et carrefours dangereux… (1897)
“ Il est donc de toute nécessité de remonter jusqu'à 1814 et 1793 pour trouver enfin, non pas « à toutes les heures sombres », mais à quelques-unes, non pas « à tous les carrefours dangereux », d'un temps si fécond en périls, mais à quelques-uns, Lazare-NicolasHippolyte Carnot « défendant le sol de la patrie ». Né en 1753, mort en 1823, homme de haute intelligence et de grand courage, il paie de sa personne, il marche à la tête de troupes françaises en Wattignies, en octobre 1793, et remporte la victoire. ”
Henry Lachize, Une Amazone sous le premier Empire… (1900)
“ Mais j' ai l' intime conviction que Carnot n' a rien fait que de rigoureusement juste à ses yeux . Cœur bon et simple , il n' a jamais obéi à un intérêt personnel , et chez lui l' homme disparut toujours devant le citoyen . ”
Charles Rémond, Carnot : les hommes de la Révolution (1882)
“ Que ce langage ait été sincère ou non, n'était-ce pas la cause de Carnot, l'idée de toute sa vie? N'avait-il pas aussi, lui soldat, entendu cette proclamation partie de la plage de Cannes : « Arrachez les couleurs que la nation a proscrites. Arborez cette cocarde tricolore que vous portiez dans nos grandes journées. la victoire marchera au pas de charge ! » Enfin, ses amis politiques, des libéraux, des amis de la République, de vieux conventionnels, allaient siéger à la Chambre nouvelle : Cambon, Dupin, Lafayette, Lanjuinais, Mallevillej Manuel. ”
“ Président de l'Alliance républicaine démocratique. MESSIEURS, La France vient de perdre un de ses meilleurs serviteurs, un grand citoyen qui, par l'éclat de son nom, de sa science et de ses services, l'honorait et ajoutait à sa beauté morale et à son prestige. M. Adolphe Carnot était une des belles figures de notre temps. La simplicité et la dignité de sa vie, son attachement passionné aux plus nobles causes, son ardent amour du bien public lui ont valu les plus solides et les plus chaudes amitiés et la plus respectueuse admiration de tous ceux qui l'ont approché. ”
Charles Rémond, Carnot : les hommes de la Révolution (1882)
“ AU GÉNÉRAL CARNOT LA VILLE D'ANVERS RECONNAISSANTE. Cinquante et un ans plus tard, en 1865, Anvers devait élever une statue à Carnot en souvenir du siège de 1814. Dans la .salle du Trône, un jour d'audience solennelle, Carnot fut présenté à Louis XVIII et à la famille royale. Au nom du défenseur d'Anvers, le roi, affectant de regarder de côté et hochant la tête, se mit à murmurer quelques paroles inintelligibles. « Ces gens-là ne sont pas français ! » dit Carnot à ses amis. C'était la première fois qu'il voyait le roi. Ce fut la dernière. ”
Léonard-Charles-André-Gustave Gallois, Dictionnaire historique de tous les ministres… (1828)
“ Carnot s'éleva vivement contre un réglement militaire dressé par le ministre Narbonne, et en fit rayer le principe de l'obéissance passive mais à la même époque il faisait rendre un décret pour honorer la mémoire du général Dillon et du colonel Berthois, massacrés à Lille par leurs soldats révoltés. Après avoir fortement contribué au licenciement de la garde constitutionnelle de Louis XVI, pour cause d'incivisme, Carnot appuya la proposition de distribuer trois cent mille fusils aux gardes nationales, à qui on voulait confier la police intérieure de la France ”
Charles Rémond, Carnot : les hommes de la Révolution (1882)
“ Le 11 juin, Napoléon vint trouver Carnot et lui exposa son plan. Carnot le combattit avec vivacité. Si la France pouvait être sauvée, elle ne pouvait l'être que par les moyens qu'il proposa. Il conseilla une résistance aussi prudente que vigoureuse. Il voulait soulever un mouvement national formidable comme celui qu'il avait lancé pendant la Révolution, s'appuyer sur la Seine et la Marne, organiser une défense inexpugnable en fortifiant Paris, en jetant dans les places frontières assez d'hommes, de vivres et de munitions pour braver tous les sièges. ”
Henri Briand, Tableaux synoptiques d'histoire contemporaine depuis 1789… (1897)
“ Pour résister à l'Europe entière coalisée, la Convention, sur la proposition de Carnot, décréta plus tard la levée en masse (août 1793) . Cette conception hardie eut des effets prodigieux; la République lui dut sa conservation et ses victoires: elle put mettre en ligne jusqu'à 1 200 000 combattants. CARNOT, qu'on a appelé avec raison le Louvois de la Terreur, fut le créateur des forces militaires de la Révolution. Simple capitaine du génie, il fut le véritable généralissime des armées de la République, et « organisa la victoire », suivant le mot de Napoléon. ”
François Arago,
Œuvres complètes de François Arago
“ Carnot, cependant, n’était rien moins qu’un censeur morose. Sévère envers lui-même, il avait pour les autres un fonds d’indulgence inépuisable. Ses moments de loisir ou de délassement, il les employait à composer de petits vers, empreints toujours d’une gaieté douce et de bonne compagnie. ”
Achille Plumerel, Carnot, 1753-1823, par Achille Plumerel… (1883)
“ Au lieu d'une constitution librement discutée par les représentants de la nation, ils se voyaient imposer une charte dans laquelle revivait l'ancien .despotisme impérial. En plein conseil des ministres, Carnot dit à Napoléon : « Votre acte additionnel vous fera plus de tort que la perte d'une bataille. » Et comme s'il prenait à tâche de braver le sentiment public, l'Empereur et ses trois frères Joseph, Louis et Jérôme se présentèrent en costume d'histrion, à Y Assemblée du Champ-de-Mai où devait être proclamé le vote émis sur cet acte par le corps électoral. ”
François Arago,
Œuvres complètes de François Arago
“ Vous vous rappelez sans doute les vifs débats que Carnot eut à soutenir, dès son entrée dans la carrière militaire, avec les chefs de l’arme à laquelle il appartenait. Un caractère droit et inflexible lui faisait déjà repousser le joug pesant de l’esprit de corps. L’âge mûr ne démentit pas un si honorable début. Carnot trouva aussi dans sa raison élevée le secret de se soustraire aux préoccupations, quelquefois passablement burlesques, des hommes trop exclusivement livrés à une spécialité. Les officiers du génie eux-mêmes n’ont pas toujours échappé à de semblables travers. ”
Léonard-Charles-André-Gustave Gallois, Dictionnaire historique de tous les ministres… (1828)
“ Carnot avait été nommé deux fois membre de l'institut, et deux fois il en avait été rayé savoir sous le directoire, après le 18 fructidor et lors de la réorganisation du mois d'avril 1816. Carnot joignit aux vertus publiques les vertus privées, qui en sont la meilleure garantie. Il fut bon père bon époux et bon ami il cultiva les lettres par délassement et les sciences avec passion elles le dédommagèrent longtemps des caprices du sort et de l'injustice des hommes. ”
Désiré Blanchet,
Biographies des hommes illustres des temps anciens et modernes…
(1882)
“ Patriotisme de Carnot. - Au milieu des orages de la révolution, Carnot se montra toujours courageux et ferme. Il défendit dans la Convention ses amis accusés, au risque d'être condamné à mort. « Je ne sais qu'une chose, dit-il, c'est que quand ils sont entrés au comité de salut public la France était perdue, et qu'elle était sauvée quand ils en sont sortis. » Plus tard, quand le premier consul voulut substituer l'Empire à la République, il vota seul contre l'abolition de la République. Sous l'Empire, il se tint à l'écart, loin des honneurs. ”
Mathieu-Noël Rioust, Carnot . Par M. N. Rioust. (1817)
“ Il n'était " pas dans l'ordre du respect qu'un écrit qui " contenait des réflexions aussi hardies, fût « adressé à Sa Majesté sans les précautions " qui servent, au moins, à adoucir l'aspérité " des pensées d'un homme d'état, souvent en" traîné par ses retours sur le passé et sa pré" voyance sur l'avenir. Si ce changement fut " le fait d'une main étrangère, cette main était " ennemie ; s'il fut celui de Carnot, Carnot ( 48 ) " fit une faute ; et dans cette occasion, mon " bon Homère sommeilla. » ”
duc d'Otrante Joseph Fouché, Mémoires de Joseph Fouché, Duc d'Otrante…
“ «Mais vous ne me dites pas tout, reprend-il. Ne voulait-on pas mettre Carnot à la tête du gouvernement? Carnot qui s'est laissé mystifier au 18 fructidor, incapable de garder deux mois l'autorité, et qu'on ne manquerait pas d'envoyer périr à Sinnamary!...» J'affirmai que la conduite de Carnot avait été irréprochable, et j'observai qu'il serait bien dur de le rendre responsable de projets extravagans enfantés par des têtes malades, et dont lui, Carnot, n'avait eu aucune idée. ”
