Côlon droit

Définition et enjeux

Portrait de Fustel de Coulanges Fustel de Coulanges Revue des Deux Mondes

Maintes fois ce colon est qualifié homme libre. Aussi possède-t-il ce qu’un esclave n’aurait jamais, une famille et des droits civils. A l’opposé de l’esclave, il hérite de son père, et ses enfans de lui. Il peut posséder en propre. Sa tenure, bien entendu, n’est jamais sa propriété ; mais, en dehors de sa tenure, aucune loi ne l’empêche d’être propriétaire d’un immeuble. Il peut tester en toute liberté pour ce qui est à lui. Enfin, il a la protection des lois et le droit de se présenter en justice. Il peut plaider même contre son maître.
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Portrait de Fustel de Coulanges Fustel de Coulanges Revue des Deux Mondes

En l’absence du propriétaire, le domaine était régi par un villicus et un procurator. On aperçoit bien que le colon était subordonné à ces deux personnages. Mais ici se présente une difficulté. Comment le colon, qui est homme libre, peut-il être soumis à des hommes qui sont toujours des esclaves ? C’est qu’il ne leur est soumis qu’à titre de régisseurs du domaine tout entier. Qu’ils aient un droit de coercition sur sa personne, c’est ce qu’aucun texte ne permet de supposer, saut le cas où il aurait voulu s’enfuir du domaine.
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Jean-Jacques-Eugène Lagrange Manuel de droit romain ou Explication des Institutes de Justinien… (1857)

LE COLONAT. — A peine connu des jurisconsultes classiques, qui ne parlent, en général, que d'hommes libres et d'esclaves, le colonat est une condition intermédiaire, ou, si l'on veut, une transformation de l'esclavage imaginée pour intéresser le serf à la culture et dispenser le maître de la terre de la surveillance, souvent onéreuse, qu'imposait l'exploitation par les esclaves proprement dits. Le colon, esclave par le lien qui l'attache au sol, lui et sa race, a, sous certains rapports, les droits, et quelquefois même le titre d'homme libre
Source : Gallica

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