“ Quelquefois un reflet momentané s’allume Dans la vue enchâssée au fond du porte-plume Contre lequel mon œil bien ouvert est collé À très peu de distance, à peine reculé ; La vue est mise dans une boule de verre Petite et cependant visible qui s’enserre Dans le haut, presque au bout du porte-plume blanc Où l’encre rouge a fait des taches, comme en sang. La vue est une très fine photographie Imperceptible, sans doute, si l’on se fie À la grosseur de son verre dont le morceau Est dépoli sur un des côtés, au verso ; Mais tout enfle quand l’œil plus curieux s’approche Suffisamment pour qu’un cil par moments s’accroche. ”
Haut-fond
Définition et enjeux
Citations sur “haut-fond”
Charles Normand, Le vignole des architectes et des élèves en architecture… (1842)
“ La force de teinte, ici, est sur la partie convexe , au point où touche la ligne de 45 degrés; elle se fond vers le clair, et s'étend davantage vers le bas, déjà couvert d'une première teinte. FIGURE 9. Talon dans l'ombre, dont la teinte est forcée par le haut et par le bas, le reflet ne frappant que sur la jonction de la partie concave à la partie convexe A, en se fondant, vers le haut et le has, avec les parties privées de reflets par leur forme naturelle. ”
Charles Blanc,
Grammaire des arts du dessin
(1908)
“ Mais qu'une fenêtre s'ouvre aux rayons du soleil, que la lumière se fasse et aussitôt le bas-relief va se transformer en un tableau profond, où les plans pourront être multipliés à l'infini, et que la perspective creusera en faisant disparaître la surface plane qui servait de fond au bas-relief et que remplaceront un ciel, un paysage, une architecture fuyante, ou les murailles d'un palais magnifique, ou l'intérieur d'une cabane. ”
Léopold Mabilleau, Revue des Deux Mondes
“ « Coups de lumière, déchirures de soleil, lames d’argent, barres de feu, plaques de lumière, flaques d’ombre, éclaboussures d’étoiles...» De là cette impression de contraste, de saillie, cet effet de « repoussoir » qu’entraîne toujours l’effort de l’œil pour isoler un objet de son voisinage. La conséquence immédiate de cette fixité est que le champ coloré, ainsi touillé et analysé, ne subsiste pas à l’état de fond mat et uni : la tension de l’appareil fait saillir dans la teinte plate une foule de points lumineux, et la couleur se résout en un fourmillement où se recompose la lumière blanche. ”
Aristide Roger,
Votre histoire et la mienne
(1874)
“ Supposez que la chambre dont nous parlons soit éclairée par une seule fenêtre correspondant précisément à la cornée transparente. Le jour entrant par cette fenêtre tombera sur le mur du fond de la chambre, et c'est présisément ce qui se passe dans l'intérieur du globe oculaire. Mais ce n'est pas tout. Derrière la fenêtre se trouve un rideau, l'iris que vous apercevez de l'extérieur à travers la vitre, et dont vous pouvez apprécier la couleur. Il est, en général, bleu chez les blonds, noir chez les bruns et grisâtre chez les châtains ”
Henry Bataille,
Théâtre complet
“ Comme on sent vivre l’ombre, n’est-ce pas ? Il passe des souffles autour des lampes... ELLE, (va à la fenêtre et la pousse légèrement.) des souffles autour des lampes...Il fait si bleu ! (Au fond le grand rideau a bougé et se soulève comme sous la force du vent. Dans l’ombre de la galerie obscure une lueur d’abord absolument imprécise ; le point de départ d’une forme. Cette lueur prendra corps, peu à peu, en s’agrandissant, semblable à une forme évoquée.) ”
Owen Jones,
Grammaire de l’ornement
“ Afin que le repos soit tout à fait parfait, la tendance de l’œil de suivre une certaine direction y est corrigée par des lignes qui produisent une tendance contraire, et quel que soit le point du dessin qui frappe la vue, l’œil est disposé à s’y arrêter. Le fond bleu des inscriptions, des panneaux ornés et des centres, soutenu comme il l’est par les plumes bleues sur le fond rouge, produit un effet des plus gais et des plus brillants. ”
André Michel, Sur la peinture française au XIXe siècle (1928)
“ On comprend moins comment, si la façade est toujours orientée au couchant, le Soleil matinal peut, dans l'autre toile, la consteller comme de larges fleurs, de taches rosées de lumière qui vont, jusqu'au fond des voussures profondes, ranimer le portail. ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Memoranda
(1883)
“ Les fenêtres sont entendues avec génie, pour que le jour y passe sur les plans inclinés et profonds, au fond desquels ces fenêtres étroites sont encaissées, lumière sépulcrale qui ressemble à l'aube du jour éternel. ”
Charles Nicolas Alexandre Haldat Du Lys, Recherches expérimentales sur le mécanisme de la vision… (1842)
“ On choisit préférablement une perspective de bâtiments, une galerie éclairée, et, s'il se peut, se détachant sur un fond de ciel. Tout étant ainsi disposé, on reconnaît la situation et la figure de l'image à la loupe; alors on dirige l'axe de la lunette vers cette image, on l'amène au foyer, et l'on invite la personne en expérience, à porter l'œil alternativement vers des objets-voisins et vers des objets éloignés placés dans la même direction; comparant alors l'image amplifiée dans ces deux cas, on juge ainsi de la constance dans la convexité de la cornée. On le fait sans crainte d'erreur ”
Jules Jamin,
L’Optique et la Peinture
“ Une salle obscure et voûtée, cloître, église ou souterrain, une fenêtre au fond qui laisse voir le ciel et éclaire la salle, des personnages bien éclairés, de grandes ombres projetées, tels sont les tableaux de Granet : une vive lumière sur la partie du ciel qu’on aperçoit, une grande obscurité dans tout le reste, tels sont les moyens employés pour produire l’illusion. J’ai étudié chacun de ses tableaux, j’ai en particulier comparé l’éclat du ciel aux châssis de la fenêtre : le ciel est de quatre à six fois plus éclairé que les châssis. ”
Auguste Laugel,
L'Oeil et la Vision
“ L’expérience peut même se faire avec une bougie ordinaire : entrez dans une chambre très noire, tournez-vous vers une muraille foncée, et promenez la bougie de haut en bas en la tenant tout près du côté externe de l’un des yeux, de façon que la lumière y pénètre très obliquement. ”
“ Grâce à ce mode d'éclairage, dont le foyer, factice ou naturel, se concentrait en cet endroit, qu'il fît nuit ou qu'il fît jour, la lumière, d'abord rassemblée dans la partie avoisinante de la croisée, s'amoindrissait de telle sorte, que le premier tiers de la galerie se trouvait dans un clair-obscur assez lumineux, mais que le reste de cette salle immense se perdait dans l'ombre.Rien de plus étrange que la décroissance successive de cette lumière qui, d'autant plus vive qu'elle était d'abord filtrée par une haute fenêtre, s'éteignait insensiblement dans de profondes ténèbres. ”
Louis Gillet,
Revue des Deux Mondes
“ Quant au caprice de l’éclairage, à la fantaisie du rayon qui glisse entre deux nuages, frappe un mur à l’extrême droite comme une note suraiguë, illumine le troisième ou quatrième plan comme un arpège courant sur l’arête des toits, pour disparaître à gauche dans la partie sombre du clavier, c’est une des plus belles arabesques que l’œil d’un artiste ait dérobées au soleil, le plus grand des peintres. ”
Émile Bergerat,
Peintures décoratives de Paul Baudry au grand foyer de l'Opéra…
(1875)
“ L'artiste, dans cette voussure et, remarquons-le tout de suite, dans toutes les autres voussures, n'a pas poussé aussi loin que dans les plafonds l'éclat des tons et la vigueur des effets; il avait pour cela plusieurs raisons, dont la plus ̃ aisée à expliquer sommairement est celle-ci, que les plafonds doivent être placés plus haut que les voussures et, par conséquent, plus loin de l'œil du spectateur. L'architecture de la salle imposait au peintre les mêmes lois d'optique pour sa cou- leur que pour son dessin. ”
Charles Nuitter,
Le nouvel opéra
(1875)
“ Si le plafond commence tout de suite au-dessus des spectateurs des rangs duhaut et que le lustre doive par suite être placé au niveau des troisièmes loges, accusez la forme de la salle, mais non pas le foyer central. Si le lustre est dessiné en forme de poire longue, accusez cette forme mal venue et illogique, mais absolvez le lustre large et peu élevé. ”
Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy,
Encyclopédie méthodique
(1788)
“ Dans le second, au contraire, la magnificence des plafonds, ajoutée à celle du fond du péristyle, se reproduira en quelque sorte à chaque instant : elle se présentera sous mille faces diverses aux yeux du spectateur, et lui offrira des points de vue toujours différens. ”
Charles Nuitter,
Le nouvel opéra
(1875)
“ En résumé, avec la réflexion des plafonds incan descents, les ombres sont ternes, la lumière est fausse et verdâtre, les visages des spectateurs mal éclairés, les yeux éteints, l'expression contrainte, l'esprit plus lourd; avec le lustre et ses feux en faisceaux, les ombres sont chaudes, la lumière rose et franche, les yeux brillants et l'esprit plus ouvert. ”
Henri de La Blanchère, Répertoire encyclopédique de photographie… (1862-1866)
“ Toutes les fois qu'on pourra avoir un fond représentant un paysage ou intérieur, il faudra le préférer au fond uni, ayant soin que la couleur en soit sourde et laisse au portrait, qui est au premier plan, les vigueurs et les lumières intenses. ”
Gabriel Charmes, Cinq mois au Caire et dans la Basse Égypte (1880)
“ Dans les plafonds, chaque tympan diffère du voisin par le dessin et par la couleur, et cependant ces tympans réunis se fondent dans un ensemble où tout est à sa place, où tout caresse le regard Il'en est de même dans l'édifice entier. ”
Eugène Viollet-le-Duc,
Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle
“ Passant à travers un verre jaune, le rayonnement détache les contours du vide bien nets, sans bavures, ne modifie pas sa dimension à l’œil, mais la teinte jaune paraît plus obscure au centre que sur les bords. Suivant que les tons verts et pourpres se rapprochent du bleu, du jaune ou du rouge, l’espace vide laissé dans l’écran participera plus ou moins à ces trois qualités. ”
“ L’éclaircie lumineuse qu’on aperçoit au second plan n’est qu’une trouée sans importance, qui ne domine pas le reste du tableau, et ne retient pas suffisamment le regard. L’œil se porte de préférence vers les clairières pratiquées à droite et à gauche, soit vers le chemin, soit vers la mare qui bordent les deux côtés de la toile, et qui pourraient servir chacun de centre au tableau. C’est là un défaut grave que ne rachètent ni la grâce de certains détails, ni la scrupuleuse fidélité, ni l’harmonie de la couleur. ”
Alphonse Liébert,
La photographie en Amérique : traité complet de photographie pratique par les procédés américains…
(1878)
“ La lumière diffusée par les verres dépolis, les rideaux ou les écrans est celle qui s'emploie le plus généralement dans un atelier photographique, mais comme elle est souvent trop uniforme, on projette sur le modèle, lorsque cela est nécessaire, quelques rayons de lumière directe provenant du vitrage du haut et de côté pour produire des oppositions et du relief ”
Charles Ferdinand Ramuz,
Les Signes parmi nous
“ Ils voient bouger contre le mur les choses qui sont pendues au mur, les portraits dans leurs cadres, les photographies, la pendule ; ils voient bouger sous le plafond la lampe qui pend au plafond ; ne vont-ils pas voir dans le ciel la Croix, le Calice, la Colombe, après quoi une voix viendra ? Ils entendent craquer les poutres, battre la porte, gémir la pierre d’angle où le vent se déchire en deux ; ne vont-ils pas entendre la voix ? ”
Eugène Viollet-le-Duc,
Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle
“ Ces artistes savaient: 1° que les tons n'ont qu'une valeur relative; 2° que le rayonnement de certaines couleurs translucides est tel, qu'il altère ou modifie même la qualité de ces couleurs; 3° que le modelé appliqué sur le verre doit, dans les parties les plus ombrées, laisser apparaître le ton local, non à travers un glacis, mais par échappées pures; car une ombre qui couvre un verre coloré donne à distance un ton opaque qui ne participe pas de la couleur de ce verre qu'elle couvre, mais du rayonnement des couleurs voisines, en raison de la propriété rayonnante de ces couleurs. ”
Amédée Couder, Projets d'Académie royale de musique et de réunion du Louvre aux Tuileries (1845)
“ Des lustres sont appendus aux premières loges : les secondes loges sont éclairées par des girandoles. Un lustre principal est au centre du plafond; il est formé de cinq figures d'or aux ailes de cristal; ce sont les grandes inspirations; elles viennent du ciel et président aux enthousiasmes de l'art. ”
Aleksej Soltykov, Voyage en Perse (1851)
“ Le plafond, qui est élevé, se compose de plusieurs voûtes des plus gracieuses, mais dont il est difficile de comprendre le plan général, car leurs lignes se perdent sous une infinité de fines peintures tout éclatantes de couleurs et de dorures, représentant des fleurs, des femmes et des cavaliers, et dans de capricieuses stalactites à facettes de cristal, d'or et de diverses couleurs, au milieu desquelles l'œil ébloui s'égare. ”
Fanjat, Une adresse illisible, par Fanjat (1862)
“ Remarquez que le châssis de l'unique fenêtre est de bronze, et que les encadrements des deux glaces de cette fenêtre sont de véritables chefs-d'oeuvre de dessin et de ciselure. Comme ces beaux enfants tiennent avec grâce, — l'un, l'épais rideau de lampas, l'autre, le léger rideau tissé de lin et d'or! — Etoffe qu'on appelle je ne sais comment, mais qui est bien la plus jolie chose du monde — des rideaux. ”
Louis Léger Vallée, Précis sur l'oeil et la vision (1854)
“ Et comme la forme optoïdale de la cornée, pour le point vu sur l'axe optique, donne un foyer principal trèsintense et très-net, les foyers voisins participent de cet avantage, et ils ont une vigueur qui décroît à mesure qu'ils se rapprochent de l'équateur de l'oeil. ”
Émile Desbeaux,
La Maison de mademoiselle Nicolle…
(1886)
“ Quand le plafond doit rester uni, on lui donne une simple couche de peinture. Souvent on le décore d'ornements moulés en carton-pâte, formant rosace et indiquant la place d'une lampe ou d'un lustre. En ce cas, le support de la lampe ou du lustre est solidement vissé dans une des solives du plancher. — Plafond. qu'est-ce que ça veut dire? demanda Nicolle. ”
Victor Hugo,
Proses philosophiques
“ Le jour où nos lunettes auraient reçu un suprême perfectionnement qui n’a rien d’impossible, la profondeur incommensurable étant partout peuplée d’astres à des éloignements divers, tous ces points lumineux, devant le regard du télescope, se serreraient sans interstice les uns contre les autres, boucheraient tous les trous, deviendraient surface, et le ciel de la nuit nous apparaîtrait comme un immense plafond d’or. ”
Élie Bertrand,
Mémoires historiques et physiques sur les tremblemens de terre
“ L’altération de l’air, qui est le milieu par où la lumière du soleil nous parvient, doit aussi en changer la couleur. Les lunettes vertes, bleues ou jaunes font paraître les objets teints de ces couleurs. ”
François Arago,
Œuvres complètes de François Arago
“ Sous la main puissante de ce grand homme, l’œil devient, définitivement, le simple appareil d’optique connu sous le nom de chambre obscure : la rétine est le tableau, le cristallin remplace la lentille vitreuse. ”
Edmond Jaloux,
Les figures de cire : roman
(1947)
“ La lumière, qui entrait par la fenêtre, déposait, sur les objets, sur les murs et sur les meubles, moins son éclat qu'une sorte de lèpre grise donnant aux choses cet aspect qu'elles prennent sur les vieilles photographies, où des toiles de ramures grisâtres avaient pour mission de représenter l'opulence de la nature. ”
Catalogue de dessins et tableaux provenant de la collection de feu M. Hippolyte Destailleur… (1896)
“ Projet de plafond. Le milieu de forme ovale représente une scène mythologique. Dans les écoinçons, des médaillons avec têtes de femmes ; dans les bordures, des amours tenant des guirlandes de fleurs et des figures nues supportant des médaillons. A la plume et à l'aquarelle. Au vo, croquis d'un plafond, dessin à la sanguine. ”
Théophile Gautier,
Zigzags
(1856)
“ Une seule fenêtre brille à la façade éteinte. Une lampe, posée près d'un rideau de mousseline, dessine une vague silhouette, comme celle de quelqu'un qui lit ou qui travaille. Est-ce un homme ou une femme? ”
Eugène Viollet-le-Duc,
Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle
“ Ce qui a été oublié pendant plusieurs siècles, ce sont les seuls et vrais moyens qui conviennent à la peinture sur verre, moyens indiqués par l'observation des effets de la lumière et de l'optique; moyens parfaitement connus et appliqués par les verriers des XIIe et XIIIe siècles, négligés à dater du XVe, et dédaignés depuis, en dépit, comme nous l'avons dit, de ces lois immuables imposées par la lumière et l'optique. ”
Eugène Pelletan,
Le Monde marche, Lettres à Lamartine
“ Sous cette architecture de verre, chrysalide transparente d’un monde nouveau en voie de formation, l’œil ne saisit d’abord que des formes, que des couleurs jetées, entassées pêle-mêle sans logique de lieu ou d’idée ”
Julien Masselon, Manuel d'ophtalmologie : guide pratique à l'usage des étudiants et des médecins (1889)
“ Un champ visuel mesuré à une fenêtre bien éclairée présentera, surtout dans sa partie externe, une étendue plus considérable que si on procède à l'examen dans une chambre sombre, à la lumière d'une lampe. ”
Auguste Laugel,
L'Oeil et la Vision
“ Le photographe avance ou recule la lunette objective jusqu’à ce qu’il soit satisfait de la netteté de l’image qui se forme au foyer. Cela fait, il retire l’écran et le remplace par une plaque sensible où l’image se fixe par une opération chimique. Dans l’œil, la chambre obscure n’est point carrée, elle est ronde ”
