“ Je les aime tant avec leur grand chapeau à larges ailes et leur long tablier de cuir! Ils ont de la terre aux mains, dans la barbe, et jusque dans le poil de leur poitrail; ils ont la peau comme de l'écorce, et des veines comme des racines d'arbres.Quelquefois, quand leur tablier de cuir est à bas, le vent entrouvre leur chemise toute grande, et en dessous du triangle de hâle qui fait pointe au creux de l'estomac, on voit de la chair blanche, tendre comme un dos de brebis tondue ou de cochon jeune. ”
Citations sur “hâle”
Henri de Régnier,
Les Jeux rustiques et divins
“ Si tu disais : Voici l’Hiver. Le soleil saigne sur la mer, La barque est prise aux glaces du port, L’âtre fume, le vent halète Ou ricane, glapit ou guette Et jappe et mord ; Le jour finit en soir amer... Si tu disais : Je suis la douleur et l’hiver ; ”
Marceline Desbordes-Valmore,
Bouquets et prières
“ L’HORLOGE ARRÊTÉE. Horloge d’où s’élançait l’heure Vibrante en passant dans l’or pur, Comme l’oiseau qui chante, ou pleure Dans un arbre où son nid est sûr : Ton haleine égale et sonore, Dans le froid cadran ne bat plus : Tout s’éteint-il comme l’aurore Des beaux jours qu’à ton front j’ai lus ? ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo
“ La foule inonde au loin la rive. Oh ! dit-elle, il vient, il arrive ! Elle l’appelle avec des pleurs, Et le vent porte au beau navire, Comme à Dieu l’encens et la myrrhe, L’haleine de la terre en fleurs ! ”
André Chénier,
Œuvres poétiques de Chénier/Moland…
“ Et moi, quand la chaleur, ramenant le repos. Fait descendre, en été, le calme sur les flots. J’aime à venir goûter la fraîcheur du rivage, Et, bien loin des cités, sous un épais feuillage, Ne pensant à rien, libre et serein comme l’air, Rêver seul en silence, et regardant la mer. ”
Maurice Maeterlinck,
La vie des abeilles
“ Elles sont l'âme de l'été, l'horloge des minutes d'abondance, l'aile diligente des parfums qui s'élancent, l'intelligence des rayons qui planent, le murmure des clartés qui tressaillent, le chant de l'atmosphère qui s'étire et se repose, et leur vol est le signe visible, la note convaincue et musicale des petites joies innombrables qui naissent de la chaleur et vivent dans la lumière. Elles font comprendre la voix la plus intime des bonnes heures naturelles. ”
Paul Éluard,
Capitale de la douleur
(1926)
“ Terre irréprochablement cultivée, Miel d'aube, soleil en fleurs, Coureur tenant encore par un fil au dormeur (Nœud par intelligences) Et le jetant sur son épaule: «Il n'a jamais été plus neuf, Il n'a jamais été si lourd.» Usure, il sera plus léger, Utile. Clair soleil d'été avec: Sa chaleur, sa douceur, sa tranquillité Et, vite, Les porteurs de fleurs en l'air touchent de la terre. ”
Augustin Savard, Principes de la musique et méthode de transposition…
“ En musique, ce terme désigne, comme nous l’avons vu, la durée proportionnelle du temps qui s’écoule entre l’articulation de chaque son. On peut donc dire du rhythme comme de la mesure, que c’est « l’ordre dans le temps ». (F. Halévy, Leçons de lecture musicale.) xxxLe rhythme se fait sentir et acquiert même un effet puissant par le retour périodique des mêmes formes symétriques, des mêmes combinaisons de durée. ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ Elle avait été congédiée vers la fin de l’hiver ; l’été se passa, mais l’hiver revint. Jours courts, moins de travail. L’hiver, point de chaleur, point de lumière, point de midi, le soir touche au matin, brouillard, crépuscule, la fenêtre est grise, on n’y voit pas clair. Le ciel est un soupirail. Toute la journée est une cave. ”
“ L’arc-en-ciel épanouit son cercle radieux, la rose et le bluet mouillés par la pluie scintillent au soleil, la verte prairie, le sillon d’or diversifient la plaine de leurs éclatantes couleurs. Il n’y a pas de couleurs, il n’y a pas de lumière, il n’y a que des ondulations de l’éther qui mettent en vibration le nerf optique. Apparences trompeuses. Le soleil échauffe et féconde, le feu brûle: il n’y a pas de chaleur, mais seulement des sensations. La chaleur, comme la lumière, n’est qu’un mode de mouvement. ”
Victor Hugo,
Napoléon le Petit
“ Sur toute cette neige, sur toute cette glace, sur cette plaine dure et blanche, sur cette eau devenue bloc, sur tout cet infâme hiver, tu lanceras ta flèche d’or, ton ardent et éclatant rayon ! la lumière, la chaleur, la vie ! – Et alors, écoutez ! entendez-vous ce bruit sourd ? entendez-vous ce craquement profond et formidable ? c’est la débâcle ! c’est la Néva qui s’écroule ! c’est le fleuve qui reprend son cours ! c’est l’eau vivante, joyeuse et terrible qui soulève la glace hideuse et morte et qui la brise ! ”
Le Bhâgavata Purâna, ou Histoire poétique de Krichna
“ Aux portes de la ville, à celles des maisons, et dans les rues, la joie des habitants avait élevé des arcs de triomphe ; des drapeaux et des étendards de diverses couleurs y formaient un abri contre la chaleur du soleil. ”
Le Bhâgavata Purâna, ou Histoire poétique de Krichna
“ Chaste, vertueux, semblable à une mine de qualités, content du bonheur des autres, souffrant de leur malheur, n’ayant pas d’ennemis, il dissipera le chagrin du monde, comme l’astre de la nuit enlève la chaleur de la saison brûlante. ”
“ Du sein de la terre, ses esprits candides, comme des fleurs d’or et de pourpre, traversent l’immense espace portant dans leurs bras des bouquets aromatiques d’où s’exhalent le myrte, l’aloès et l’encens. Et au milieu de la nuit, les anges, battant des ailes, tournent, courent, vont et reviennent, entourés de nuages d’or, et à tous ceux qu’ils rencontrent, et à tous ceux qui les voient, ils disent : Hosanna ! le Sauveur est né. ”
Émile Verhaeren,
Les Heures du soir
“ La flamme ancienne Flamboyer; Et regarde le feu Tranquillement, avec tes yeux Qui n'ont peur d'aucune lumière, Pour qu'ils me soient encore plus francs Quand un rayon rapide et fulgurant Jusques au fond de toi les frappe et les éclaire, Oh! que notre heure est belle et jeune encore Quand l'horloge résonne avec son timbre d'or Et que, me rapprochant, je te frôle et te touche Et qu'une lente et douce fièvre, Que nul de nous ne désire apaiser, Conduit le sûr et merveilleux baiser Des mains jusques au front, et du front jusqu'aux lèvres. ”
George Sand,
Lélia
(1839 (2e version))
“ Quelle si grande influence supposez-vous à un rayon de soleil plus ou moins vertical sur nos têtes ? Allez ! ce monde tout entier est bien loin de lui ; il est bien froid, bien pâle, et bien étroit. Demandez au vent combien il lui faut d’heures pour le bouleverser d’un pôle à l’autre. ”
Maurice Maeterlinck,
Serres chaudes
“ Cloches de verre Ô cloches de verre ! Étranges plantes à jamais à l’abri ! Tandis que le vent agite mes sens au dehors ! Toute une vallée de l’âme à jamais immobile ! Et la tiédeur enclose vers midi ! ”
Émile Verhaeren,
Toute la Flandre
“ Le fulgurant visage Du grand soleil couchant. L’heure arrive des faux, l’heure arrive des proies ; Juillet torride, en ses brassins de flamme, noie Le sol, le bois, le ciel et les guérets d’été. ”
Edgar Allan Poe,
Les Poèmes d’Edgar Poe
“ Entendez les traîneaux à cloches — cloches d’argent ! Quel monde d’amusement annonce leur mélodie ! Comme elle tinte, tinte, tinte, dans le glacial air de nuit ! tandis que les astres qui étincellent sur tout le ciel semblent cligner, avec cristalline délice, de l’œil : allant, elle, d’accord (d’accord, d’accord) en une sorte de rythme runique, avec la « tintinnabulation » qui surgit si musicalement des cloches (des cloches, cloches, cloches, cloches, cloches, cloches :) du cliquetis et du tintement des cloches. ”
“ La plus adorable des illusions où l’esprit se puisse laisser ravir par la baguette d’un enchanteur, un monde surnaturel et charmant, le pays de Titania et d’Oberon, d’Ariel et de Puck, le pays des songes et des gracieuses fantaisies d’où jusqu’à la fin vous ne sauriez sortir une fois que vous y êtes entré, tant les séduisantes apparitions qui vous y environnent, les voix qui s’y exhalent, la douteuse clarté qui s’y répand, se combinent avec harmonie pour tous plonger dans ce demi-sommeil si propice aux sensations du rêve ! ”
Edgar Allan Poe,
Les Poèmes d’Edgar Poe
“ Entendez le glas des cloches — cloches de fer ! Quel monde de pensée solennelle comporte leur monodie ! Dans le silence de la nuit que nous frémissons de l’effroi ! à la mélancolique menace de leur ton. Car chaque son qui flotte, hors la rouille en leur gorge — est un gémissement. ”
Comtesse de Bassanville,
Géographie amusante, ou Plaisirs des vacances
(1858)
“ Ainsi cette horloge ne marque pas seulement les heures, mais encore les jours, les mois et les années, le mouvement de la terre, de la lune et des astres, les éclipses de soleil et de lune avec une foule de choses encore qui intéressent les astronomes, car vous savez que les astronomes sont ceux qui recherchent tout ce qui se passe dans l'espace éthéré. ”
“ De grands rayons noirs qui tombaient du nuage se croisaient avec les rayons d’or qui venaient du soleil. Il n’y avait plus un être vivant dans le paysage, ni un homme sur la route, ni un oiseau dans le ciel ”
Louis Tiercelin, Les cloches (1891)
“ Le poète chantait le soleil des matins ; Tous les astres du ciel radieux sont éteints. O les cloches du Soir ! O les navrantes cloches ! Voici la nuit ! Tout est regrets, tout est reproches ! Bondissez dans mon coeur, ô regrets, ô reproches, Douloureusement, comme, en les clochers lointains, Bondissent les derniers battements de ces cloches... Les autres coeurs, hélas ! plus cruels que les roches, Refusent leurs échos aux pauvres glas éteints, Plus doux pourtant que le tintement des matins. ”
Friedrich Schiller,
Ode à la joie de Schiller
“ Elle fait tourner les rouages de la grande horloge du monde ; elle fait sortir les fleurs de leurs germes et briller le soleil au firmament ; elle fait rouler dans l’espace les sphères que l’astronome ne connaît pas. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ La hauteur du soleil pendant le jour, ou d’une étoile pendant la nuit, étant donnée, trouver le tems ou l’heure correspondante de ce jour ou de cette nuit. 1°. Rectifiez le globe comme dans le problème précédent ; 2°. tournez le globe & le quart de cercle jusqu’à ce que l’étoile ou le degré de l’écliptique, où est le soleil, coupe le quart de cercle dans le degré donné de hauteur, pour lors l’aiguille marquera l’heure que vous cherchez. ”
Renée Vivien,
À l’heure des mains jointes
“ Tel un arc triomphal, plein d’ocres et d’azurs, Les horizons du soir s’ouvrent larges et purs. Quand passerai-je, avec mes Victoires dans l’âme, Sous l’arc édifié pour celui qu’on acclame ? L’arc mémorable et vaste enferme le couchant En sa courbe pareille au rythme fier d’un chant. Quand passerai-je, ayant sur moi comme un bruit d’ailes Que font, dans l’air sacré, mes Victoires fidèles ? Certes, l’heure n’est point aux poètes, et moi Je n’ai que ma jeunesse et ma force et ma foi. L’arc triomphal est là, clair parmi les nuits noires. ”
Erckmann-Chatrian, Contes et romans populaires (1862)
“ Les ombres du soleil couchant, la vieille horloge avec son cadran de faïence à fleurs rouges et bleues, le coin d'une herse sur lequel retombait le rideau de l'alcôve à carreaux gris et blancs, et surtout la musique de plus en plus discordante, me produisirent une impression indéfinissable : je fus saisi d'une véritable terreur panique. ”
Robert de la Sizeranne, L’Art pendant la guerre 1914-1918
“ Tout cela mobile, poussé par le vent ; mêlé aux nuages vrais, traversé par la lumière naturelle, enflammé par le soleil, forme un spectacle infiniment plus vivant, plus varié et plus coloré au-dessus qu’au-dessous de la ligne d’horizon. ”
Émile Verhaeren,
La Multiple Splendeur
“ À LA GLOIRE DU VENT — Toi qui t’en vas là-bas, Par toutes les routes de la terre, Homme tenace et solitaire, Vers où vas-tu, toi qui t’en vas ? — J’aime le vent, l’air et l’espace ; Et je m’en vais sans savoir où, Avec mon cœur fervent et fou, Dans l’air qui luit et dans le vent qui passe. — Le vent est clair dans le soleil, Le vent est frais sur les maisons, Le vent incline, avec ses bras vermeils, De l’un à l’autre bout des horizons, Les fleurs rouges et les fauves moissons, — Le Sud, l’Ouest, l’Est, le Nord ”
Amédée Pichot,
Voyage historique et littéraire en Angleterre et en Écosse…
(1825)
“ Elle est glacée la main qui en cueillait les fleurs ! l'horloge y sonne solitairement les heures ; la cendre des foyers est froide, et si nous y retournions, l'écho ne nous renverrait que le bruit de nos pas et des sons semblables à la voix des morts. ”
Émile Verhaeren,
Les Heures du soir
“ Il est des jours choisis, d'un si doux réconfort, Et des heures d'été, si belles de silence, Que j'arrête parfois le temps qui se balance, Dans l'horloge de chêne, avec son disque d'or. Alors l'heure, le jour, la nuit est si bien nôtre Que le bonheur qui nous frôle n'entend plus rien, Sinon les battements de ton cœur et du mien Qu'une étreinte soudaine approche l'un de l'autre. ”
William Shakespeare,
Sonnets. Volume 8
“ Quand je regarde l'horloge qui indique les heures, et que je vois le jour brillant disparaître dans la nuit hideuse; quand je vois la violette perdre sa fraîcheur, et des cheveux noirs argentés de lignes blanches ”
Saint-Pol-Roux,
Les Reposoirs de la procession
“ Sans doute deux rayons de lune exprimés par l’huis de ma venue. Un rayon de lune est fluide et diaphane, ce que je vois est opaque et solide. Alors ce sont deux banderoles de neige pleurées par les blessures de la tuile. ”
“ Au rythme grave des clairons, Sous le flottement des bannières ; Clair sur les puissants éperons, Fantôme aux hautaines manières, Il marche aux terres printanières Vers où, rêveuses, nous irons, Au rythme grave des clairons. ”
“ Le soleil dans sa gloire de rayons dorés, la lune blanche et noire, les étoiles sur fond bleu, opèrent des évolutions compliquées, lesquelles déplacent à l’autre bout de l’horloge un système de petits tableaux où des écoliers patinent, où des vieillards se chauffent, où des paysans coupent le blé, où des bergères cueillent des fleurs. ”
“ Vieux os du temps que grignotte le nombre — Les horloges et leur effroi ; Les horloges Volontaires et vigilantes, Pareilles aux vieilles servantes Boitant de leurs sabots ou glissant sur leurs bas, Les horloges que j’interroge Serrent ma peur en leur compas. ”
Jules Verne,
L’Île mystérieuse
“ Or, le soleil, dans son mouvement apparent autour de la terre, parcourt un degré par quatre minutes, soit quinze degrés par heure. Quinze degrés multipliés par cinq heures donnaient soixante-quinze degrés. ”
Charles Dickens,
Barnabé Rudge
“ Il n’y avait pas plus tôt un nouveau quart de sonné, qu’il se faisait un mouvement dans la foule.... comme s’il venait de leur passer quelque chose sur la tête.... comme s’il y avait un changement subit dans la température.... et dans ce mouvement on pouvait lire le fait comme sur un cadran d’airain avec le bras d’un géant pour aiguille. Onze heures trois quarts ! le murmure dévient étourdissant, et cependant chacun a l’air d’être muet. Regardez partout où vous voudrez dans la foule, et vous ne voyez que des yeux tendus, des lèvres serrées. ”
Louis Dépret,
La cloche : épopée héroïque en quatre chants
(1854)
“ Mais ce qui, plus encor, très-indulgents lecteurs, De mes nobles héros tourmentait les grands cœurs, C'était le son maudit d'une cloche funeste Présent empoisonné de la fureur céleste, Qui dans les nuits d'hiver, brisant le doux sommeil, Impitoyablement annonce le réveil. Oui, c'est la cloche au cri lentement monotone Qui, troublant le repos, chaque matin résonne Et prolongeant, hélas ! son lamentable bruit, Chaque jour les éveille au milieu de la nuit. ”
Ernest Putegnat, La Folle décorée, ou Épisodes de la vie d'un médecin… (1863)
“ Huit heures du soir viennent de sonner à l'horloge, dont le cadran ovale orne les deux faces du magnifique donjon de celte demeure princière ; le ciel, sans nuage aucun, offre sa voûte immense émaillée d'innombrables feux scintillants, parmi lesquels brillent, de leur plus vif éclat, l'étoile polaire, le chariot, etc. ”
“ L’âge des cloches marque ainsi la découverte d’un rythme étranger à nos passions. Dans la sonnerie à toute volée, chaque cloche se balance suivant sa grandeur, et le battant de même ; de là des entrelacements de rythmes que le fondeur n’a pas prévus, et que le sonneur ne peut changer. ”
