Soissons 15 avril 1871. Monsieur et très-honoré Père… (1871)
“ Je reste immobile de frayeur : je crois tout le monde mort; les soldats comprennent mon angoisse. Quelques-uns ont couru, je dirai même volé, car en cinq minutes ils furent revenus; ils me rassurent : c'est un obus qui est tombé et a éclaté chez les Sœurs, mais il n'y a aucun mal. Je respire, et, ne retrouvant pas mes jambes, j'essaye, en m'appuyant, d'aller les voir, et je considère les ravages que l'obus a faits. Je vais au dortoir me laver les mains. M. Dupuy me dit de ne pas rester dans cette pièce, qu'il y a du danger. ”
