Saignée (médecine)

Définition et enjeux

François Saint-Cyr Mémoire sur les conditions et le mécanisme de la résolution de la phlébite avec conservation du canal veineux… (1856)

La saignée, Messieurs, est une opération en quelque sorte banale de notre chirurgie ; les hommes les plus étrangers aux sciences médicales la pratiquent pour ainsi dire journellement ; maréchaux , empiriques, marchands de chevaux , cochers , propriétaires : tous croient avoir assez d'habileté pour se servir de la flamme; et comme, dans leur opinion, une saignée, si elle ne fait pas de bien, ne saurait faire de mal, ils en usent avec une prodigalité qui fait le plus singulier contraste avec la répugnance que la plupart témoignent à l'idée seule de voir répandre leur propre sang.
Source : Gallica

Celse Traité de la médecine en huit livres (1821)

Mais l'expérience a fait connaître par la suite des temps, qu'il n'y'avait aucune des règles prescrites par les anciens, au sujet de la saignée, qui dût être constamment observée, et qu'il falloit diriger les méthodes curatives d'après d'autres considérations. Car ce n'est ni à l'âge, ni à la grossesse, mais aux forces qu'il faut avoir égard; et c'est mal-à-propos qu'on tirera du sang à un jeune homme, s'il est faible, ou à une femme qui n'est point enceinte, si elle est dans un état de langueur. Par la saignée, on emporte et on détruit le peu de forces qui pouvait lui rester.
Source : Gallica

Léon Meunier Histoire de la médecine depuis ses origines jusqu'à nos jours (1924)

Mais la grande et fréquente opération du chirurgien du XVIl siècle est la saignée. Il y consacre près d'une centaine de pages. C'est une opération qui donne lieu à des surprises: chez les personnes grasses, la veine glisse et échappe à la pointe de la lancette. Il est toujours préjudiciable au chirurgien de faire une saignée blanche ; plus préjudiciable encore de piquer un tendon, d'ouvrir une artère.
On saignait dans toutes les maladies parce que « toutes les maladies ayant leur source dans le sang, la saignée débarrasse l'organisme du sang vicié, remplacé par un sang nouveau non vicié. »
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature