Edmond de Mandat-Grancey

Edmond de Mandat-Grancey

Résumé

Portrait de Edmond de Mandat-Grancey Edmond de Mandat-Grancey Chicago

De loin en loin, nous coupons des vallées d’un aspect plus riant. Quelques taillis, où dominent les chênes et les saules, couvrent généralement les bords marécageux des cours d’eau. Partout où la terre est excellente, elle est cultivée ; mais nulle part nous ne voyons trace de cette lutte contre la nature, de cet âpre labeur grâce auquel nos paysans ont si souvent transformé l’aspect primitif des lieux : cependant voilà deux cents ans que ce pays-ci est peuplé. Mais les Américains sont un peu comme les enfants qui mangent d’abord les raisins de leur baba.
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La population diminue beaucoup. Nous côtoyons, pendant deux ou trois heures, les bords de la Juniata, que surplombent des collines élevées, couvertes d’épais taillis de chêne à travers lesquels d’innombrables cours d’eau viennent, en cascades, rejoindre la rivière. Ce pays-ci est réellement ravissant, d’une grâce fraîche et sauvage dont nous jouissons délicieusement.
Malgré l’extrême vitesse du train, on n’est vraiment pas trop secoué. La voie est excellente ; mais ce que nous ne nous lassons pas d’admirer, c’est le confort et même le luxe de nos wagons.
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Ce qui frappe tout d’abord, c’est l’aspect misérable et surchauffé tout à la fois de tous ces gens. Les romanciers américains, quand ils parlent des hommes de l’Ouest, emploient toujours une foule d’adjectifs, tels que burly, stalwart, brawny, qui vous donnent l’impression d’une collection de géants déracinant les chênes pour s’en faire des cannes. On est tout étonné de voir des gens grands, c’est vrai, mais qui ont l’air de sortir d’un hôpital de fiévreux.
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