Eugène Picanon

Résumé

Eugène Picanon Le Laos français (1901)

Il n'est nullement étonnant qu'au Laos, la religion ait perdu beaucoup du prestige qu'on trouve en général chez les servants de Bouddha ; la religion a dû tomber dans la fange en même temps que ses représentants. On pourrait presque dire qu'il n'y a plus de religion au Laos, mais des croyances; on n'adore plus le bouddha du beau, on insulte le diable du laid; on ne prie plus aux pieds du dieu du bien, on insulte le diable du mal; les diables, les esprits malfaisants ont remplacé le polythéisme du bouddhisme de Ceylan.
Source : Gallica

Eugène Picanon Le Laos français (1901)

Lorsqu'on traverse le Laos, on est frappé de la prodigieuse puissance de sa végétation. Le riz, le coton, le tabac poussent vigoureusement sur les bords du fleuve ; le pavot et le thé donnent d'excellents résultats sur les sommets où on les cultive ; le cardamome et les essences précieuses se trouvent en grande quantité dans les forêts. Le sous-sol même semble avoir été choisi par la nature pour y élaborer comme dans un creuset ses productions minérales; ce ne sont que veines et filons, depuis les mines d'or jusqu'aux mines de cuivre, d'étain, de fer et d'antimoine
Source : Gallica

Eugène Picanon Le Laos français (1901)

Au jour fixé, ils vont en foule sur la montagne, les hommes généralement à cheval; les femmes parées de leur plus beau vêtement national. Les jeunes gens mettent le feu aux pétards et les musiciens font retentir les échos d'une assourdissante musique qu'ils se figurent être mélodieuse. Tout étant prêt, on traîne le cheval à l'endroit où il doit être immolé. Le sorcier fait quelques simagrées; les femmes pleurnichent, sanglotent même, donnent du riz à manger au pauvre solipède, se prosternant devant lui, enfin un parent de la femme du mort s'approche et tranche la tête au coursier.
Source : Gallica

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