“ Et, s'élançant dans la cour avec la vigueur d'un jeune homme: «Pierre! François, Nicholas, crie-t-il de cette voix qui avait autrefois dominé le bruit du canon, réveillez-vous, paresseux, arrivez, arrivez, apportez-moi un balai, le premier venu, cela m'est égal.»Les trois domestiques accourent à moitié nus; ils pensent que le feu est au château et se pressent effarés les uns contre les autres...«Eh bien!... ce balai? dit le général.--Un balai! articula le pauvre Pierre tout ébahi.--Oui, misérable, un balai; je te demande un balai depuis un quart d'heure.» ”
Citations sur “Baale”
Jules Gabriel Janin,
Contes, Nouvelles et Recits
“ Ceci dit, le dominicain entre en matière, et, parmi ces historiettes, nous choisissons la présente histoire du diable et du bailli.Ce bailli était le fléau d'une douzaine de malheureux villages du Jura, groupés autour d'un misérable château fort, où la dévastation, l'incendie et la guerre avaient laissé leur formidable empreinte. On respirait la tristesse en ces lieux désolés de longue date; si l'on eût cherché un domicile à l'anéantissement... le plus habile homme n'eût rien trouvé de plus propice que cet amas de souffrances et d'ennuis. ”
Aristide Frémine,
Aristide et Charles Frémine. Armand Le Bailly…
(1877)
“ Et puis Paris attire à cet âge. On y rêve je ne sais quelle fraternité, quel concert de tous ceux qui vivent par l'esprit; ce sont des chemins faciles, des renommées subites, des noms qui descendent sur la bouche et dans le cœur des foules, comme ces chants populaires que les musiciens ambulants répètent et jouent le long des rues. Chimères fleuries et charmantes; déceptions dont l'amertume n'est pas sans douceur ! Le Bailly avait quitté, depuis fort peu de jours, la pension de La Baleine, lorsqu'il annonça à ses parents qu'il partait pour Paris. ”
Louis-Nicolas Bescherelle, La mythologie de tous les temps… (1854)
“ Baal, qui signifie seigneur, maître, roi, comme Adonaï et Melech ou Moloch, est le plus grand nom théogonique de l'Asie occidentale. Ce maitre, ce roi, nous le devinons sans peine, c'est le soleil, le recteur des mondes, le dominateur des étoiles et des planètes, le grand fécondateur qui inonde la terre de lumière et de germes, et dont on fit plus tard le génie même du Soleil, et par suite le dieu créateur et incréé. ”
Baron d’Eckstein, Revue des Deux Mondes
“ Toutes les créatures sont protégées par une égale tendresse. Le fils de Baal, au contraire, réclame la suprématie dans le monde terrestre et le monde céleste, au moyen des macérations qu’il s’impose. De l’excès de la pénitence, inspirée par le mépris le plus fanatique de la chair, il passe à la débauche la plus insensée, où cette même chair est idolâtrée. ”
“ Que voulez-vous, Balle-Franche, fit le comte en riant, les savants de tous les pays sont les mêmes ; comme ils sont fort paresseux de leur nature, ils s’en rapportent les uns aux autres, et de là le nombre infini d’absurdités qu’ils mettent en circulation avec un aplomb superbe. ”
Aristide Frémine,
Aristide et Charles Frémine. Armand Le Bailly…
(1877)
“ Le Bailly s'installa de son mieux dans cet asile inattendu, et, réconforté moralement et physiquement, se mit au travail avec une fièvre nouvelle. Il était tout étonné d'avoir un chez-soi. Il écrivait sur une table de chêne du temps de Louis XII et dormait sur un canapé. roulé dans des tapisseries anciennes qui jadis avaient décoré des salles princières. Entouré d'objets d'art, de statues et d'ébauches, la poésie souriait de nouveau à sa jeunesse qui se redressait toute meurtrie, comme une plante après l'orage. ”
baron Robert Emmanuel Léon Du Casse, L'amiral Du Casse, Chevalier de la Toison d'Or…
“ De la rivière de Gambie où il se trouvait 39 encore, il revient à Gorée, réunit les troupes françaises en garnison dans la colonie, et à leur tête entre dans le royaume de Baol. Il prend et brûle plusieurs villages sur la côte, bat partout les indigènes et terrifie la population. Maître en peu de jours de tout le littoral, il s’apprête à envahir l’intérieur du pays. Le roi de Baol, épouvanté des rapides progrès du corps expéditionnaire, envoie à du Casse deux grands seigneurs chargés d’implorer de lui la paix, s’en remettant presque à sa discrétion pour en déterminer les conditions. ”
François Arago,
Œuvres complètes de François Arago…
“ Un misérable s’aperçut qu’il frissonnait, et lui cria : Tu trembles, Bailly. — Mon ami, j’ai froid, répondit avec douceur la victime. Ce furent ses dernières paroles. Bailly descendit dans le fossé, où le bourreau brûla devant lui le drapeau rouge du 17 juillet ; il monta ensuite d’un pas ferme sur l’échafaud. Ayons le courage de le dire, lorsque la tête de notre vénérable confrère tomba, les témoins soldés que cette affreuse exécution avait réunis au Champ-de-Mars, poussèrent d’infâmes acclamations. J’avais annoncé une relation fidèle du martyre de Bailly ; je viens de tenir parole. ”
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann,
E.T.A. Hoffmann - Contes fantastiques
“ Le bailli est bas, avare, rusé et lâche ; il n’échappe à notre dégoût ou à notre mépris que par le côté plaisant de son caractère ; on lui pardonne une partie de ses vices en faveur de cet attachement pour son maître et sa famille, qui est chez lui une sorte d’instinct et qui semble l’emporter même sur son égoïsme naturel. ”
Christoph von Schmid,
Contes de Schmid. Traduction de l'abbé Macker…
(1875-1883)
“ Notre bailli se rendit aussi dans le jardin; il avait appris ce qui venait de se passerpar le greffier, qui était présent lors de la découverte de la bague; tu ne saurais croire, chère Marie, à quel point cette nouvelle affecta le bon bailli. Malgré son extrême rigueur vis-à-vis de toi, il n'en est pas moins un homme plein de loyauté, qui, pendant toute sa vie, a suivi, avec une fidélité inébranlable, les principes du droit et de la justice. ”
Grand dictionnaire national illustré d'histoire et de géographie… (1879)
“ Les Hébreux l'ont aussi adoré. Quelques savants ont pris Baal pour Saturne ou pour Jupiter; d'autres pour Bélus. premier roi d'Assyrie; d'autres, pour l'Hercule phénicien ou tyrien; les Grecs ont cru reconnaître dans Baal leur dieu Mars; mais l'opinion la mieux fondée est que Baal est un terme générique appliqué par excellence au souverain des dieux, et en particulier au soleil, cet astre-roi, l'objet principal du culte des Orientaux ; dans la cosmogonie des Phéniciens, c'est Baal-Khousor, qui brise l'œuf du monde en deux parties, dont une devient le ciel, Uranus, et l'autre la terre, Ghé ”
Louis-Nicolas Bescherelle, La mythologie de tous les temps… (1854)
“ Bel ou Baal, à ce dernier degré d'élévation, était le dieu adoré dans le fameux temple de Babylone, où l'on conservait, au dire de Berose (voy. OMORKA) , les images et peut-être les ossements des animaux antédiluviens, et c'est avec raison qu'il était assimilé à Jupiter par les Grecs, à Jupiter le père de la vie, qui lui-même avait pour père, comme Bel, le Temps sans bornes, pour œil le Soleil et pour fille la Sagesse. Baal était un; tout s'absorbait en lui; tout découlait desa divine essence : le soleil et la lune, les étoiles et les planètes ”
M. Prozor, Revue des Deux Mondes
“ « Désormais, s’écrie-t-il, tous les liens sont rompus, et je lève mon propre étendard, même si personne ne me suit ! » En vain le bailli l’appelle : « Venez, mon cher pasteur, le peuple vous réclame, s’impatiente et frémit. Venez, donnez le signal de la fête ! » Brand se croise les bras. Il ne fera pas un seul pas vers la foule. Alors, le peuple exaspéré se précipite vers lui, brisant toutes les barrières, poussant prêtres et fonctionnaires jusqu’au bord du fossé, écrasant à demi le doyen, sourd à la voix du bailli. « L’église, l’église ! qu’on leur ouvre l’église ! » ”
Robert André-Michel,
L'administration royale dans la sénéchaussée de Beaucaire au temps de saint Louis
(1910)
“ Mais le mot ballivus ou son dérivé baialus a un sens plus déterminé encore ; il désigne le plus souvent dans le midi une catégorie spéciale d'agents administratifs que nous appellerons « bailes » et dont nous aurons à préciser ou à décrire les attributions. On le voit, il faut prendre garde de distinguer le baile, non seulement, ce qui est facile, du bailli ou sénéchal, mais aussi du viguier, qui est, comme le baile, subordonné au sénéchal et semble comme lui faire partie des ballivi minores 5 ; et c'est ici que commence la véritable difficulté. ”
Henri Wallon, La Terreur : étude critique sur l'histoire de la Révolution française (1870)
“ « Tiens, voilà Bailly ! à toi Bailly ! reprends donc Bailly 1 » et ils riaient aux éclats du ton grave que conservait l'infortuné au milieu de cette danse de cannibales. Qui, j'ai vu Bailly, chargé de gloire et de vertu, et respectable ne fût-ce que par ses années, Bailly, dont le nom s'associe aux actes les plus glorieux de la Révolution, souillé par les mains des guichetiers dont on avait marchandé la barbarie, chancelant sous l'atteinte des uns, relevé par la brutalité des autres, et devenu leur jouet, tel qu'un homme ivre en sert quelquefois à la populace qu'il a rassemblée (p. 185, 186) . ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
“ L’interrogant bailli fit ce jour-là plus de questions qu’il n’en avait faites dans toute la semaine ; le mari resta plus sot qu’il ne l’avait jamais été. L’abbé de Saint-Yves, en colère, prit le parti de courir après sa sœur. Le bailli et son fils voulurent l’accompagner. Ainsi la destinée conduisait à Paris presque tout ce canton de la Basse-Bretagne. ”
Prosper Baur, Légendes et souvenirs de l'Alsace… (1881)
“ Le bailli était désarmé . En un instant le marché fut conclu . Le pauvre diable était libre d' aller se faire pendre ailleurs en échange de sa poudre et de son parchemin . – Je vous ferai observer , dit -il en s' en allant , que notre grand-chef , de qui je tiens ce talisman , m' a souvent répété qu' il ne fallait pas oublier de reprononcer le mot magique quand on désirait faire cesser le charme et qu' on devait surtout se garder de rire pendant la transformation , sinon on risquait fort de rester toujours ce qu' on avait désiré n' être qu' un instant . ”
M. Prozor, Revue des Deux Mondes
“ LE BAILLI. — Si vous nous déclarez la guerre, vous en serez la première victime ! BRAND. — Un jour, quand les yeux s’ouvriront, on verra dans la défaite la plus grande des victoires. Le bailli s’en va en haussant les épaules. A Brand qui lui dit : « J’ai l’élite avec moi, » il répond : « J’ai la majorité, » et lui tourne le dos. L’apôtre demeure inébranlable dans sa volonté, mais l’homme souffre cruellement. Son âme a besoin de détente. Il pense à son enfant. ”
Walter Berteval, Le théâtre d'Ibsen (1912)
“ Il doit y avoir une heure pour le travail et une heure pour l'idéal. Brand, lui, veut introduire l'idéal dans tous les moments de la vie. Il a tort. Et le bailli oppose à la conduite du prêtre anarchiste son propre exemple. Il travaille aux heures de travail. Mais, dans les jours de fête, il sait faire la part de la poésie, et célèbre en périodes enguirlandées les exploits du roi Bele, l'ancêtre glorieux de ses administrés. Il sait faire frémir d'une ardeur belliqueuse tout son petit peuple paisible et bien ratissé. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ BAILLIE. s. f. Terme de Coutume. C’est un vieux mot, qui signifioit autrefois, tutèle, garde & administration ; régence, gouvernement, autorité ; avec cette différence, qu’on disoit bail ou baillie, pour tutèle en ligne collatérale, & garde-noble, ou bourgeoise, en ligne directe. Tutela pupillorum. On disoit autrefois, que les Rois mineurs étoient en baillie, quand leur éducation & l’administration de leur Etat, étoient commises à la Reine, ou aux Grands du Royaume. Baillie, signifioit aussi ce qu’on appelle aujourd’hui bailliage ”
Charles Sorel,
La Vraie Histoire comique de Francion
(1623)
“ La femme du bailli, qui entendoit bien à quel sujet il lui donnoit tant d’argent de son tableau, recommanda donc si bien son affaire à son mari, qu’elle lui fit gagner son procès. Il n’y a chose si cachée au monde, qu’elle ne vienne un jour en évidence. Celle-ci fut publiée par une servante que le bailli avoit chassée après l’avoir bien battue. ”
Collin de Plancy,
Dictionnaire infernal
“ Baëltêtes, dont l’une a la figure d’un crapaud, l’autre celle d’un homme, la troisième celle d’un chat. Sa voix est rauque ; mais il se bat très-bien. Il rend ceux qui l’invoquent fins et rusés, et leur apprend le moyen d’être invisibles au besoin. Soixante-six légions lui obéissent. — Est-ce le même que Baal ? Bætiles, pierres que les anciens consultaient comme des oracles et qu’ils croyaient animées. C’étaient quelquefois des espèces de talismans. Saturne, pensant avaler Jupiter, dévora une de ces pierres emmaillottée. ”
Le Cte Jean LVII de Pathmos à la recherche de son roi (1870)
“ LE COMTE JEAN LVII 257 yeux qui devenaient humides. Et quand il vit Bailly mettre un genou en terre devant le chevalier de Regibus, entraîné, emporté par le mouvement impétueux que le voisinage du principe ne peut manquer de produire, il se plaça dans la même posture à côté de Bailly et dit : Les dieux déguisés en simples mortels peuvent abuser les incrédules ; mais quelque soin qu'ils prennent de la cacher, leur divinité éclate aux yeux des fidèles qui ont la foi. Mon vieil ami Bailly, car c'est un ami, Sire , à qui je n'avais rien révélé... ”
Plaute,
Comédies de Plaute, traduction de E. Sommer
“ BALLION. Oui, mais un honnête garçon. Au lieu que vous, l’homme de bien, à chaque instant on vous chante pouille au tribunal, car vous n’avez pas une obole, si le prostitueur ne vous vient en aide. HARPAX, à Ballion. Ne pouvez-vous me parler ? BALLION. Je vous parle. Que voulez-vous ? HARPAX. Vous faire toucher de l’argent. BALLION. Si vous en avez à donner, voilà une heure que je tends la main. HARPAX. Tenez. Il y a là cinq mines d’excellent argent, bien comptées. Mon maître Polymachœroplacidès m’a chargé de vous payer cette dette et de recevoir Phénicie de vos mains. ”
“ Le curé, dont la sollicitude était éveillée, alla trouver ses paroissiens et les pria de vouloir bien balayer cette boue qui faisait son désespoir.Tous les paysans se mirent à l'oeuvre, à la voix de leur pasteur, et le passage devint bientôt praticable, à l'exception toutefois de l'espace de terrain compris dans le périmètre de la demeure du général, que pas un balai n'eut le courage de toucher, tant était redoutée la mauvaise humeur du vieux grognard. ”
Émile Souvestre,
Revue des Deux Mondes
“ Outre les peintures dont nous venons de parler, la ville de Bâle possède un grand nombre d’ouvrages moins célèbres, qui ne sont point cependant sans mérite. Nous avons surtout été frappé par un petit tableau de Grienwald, qui rappelle les danses macabres par sa composition. Une femme nue et la tête rejetée en arrière reçoit, sur la bouche, un baiser de la mort, qui la tient renversée dans ses bras livides. ”
Michel-Guillaume Aubry, Ballon, Saint-Mards et Saint-Ouen… (1853)
“ Noble homme maistre Jehan DE BAILLEUL, prestre, curé de la cure et esglise parochiale de Sainct-Mards, maître et administrateur de la maison-dieu et aulmosnerie de Ballon. Ce curé de Saint-Mards était, je crois, fils de Alain II de Bailleul qui épousa en 1402 Jehanne de Bénéhart, de la maison de Maillé (1) . La famille de Bailleul, connue dans le Maine dès le XIVe siècle, possédait avec la terre de Bailleul en Hercé, celles de Couesmes, de Lucé (doyenné de Passais) , de la baronnie de Gorron. Ses armes sont : d'argent a trois têtes de loup, de sables, arrachées et lampassées de gueules. ”
Louis Gallet,
Le capitaine Satan
(1876)
“ Le bailli représentait au physique un gros bonhomme à la mine fleurie, à la bedaine proéminente; un œil bleu-faience sans rayonnement, voilé de longs cils blondasses, donnait à sa physionomie un caractère d'indécision et de timidité qui devait nuire gravement à l'autorité de ses actes. Au moral, c'était un esprit naïf, crédule, ignorant ”
La guerre constitutionelle poëme héroï-tragi-lyri-patrioti-burlesqui-comique (1792)
“ C'est bien mal à toi, La Fayette, De m'envoyer là ! -M: Air : La plus belle promenade. A peine Bailly s'arrête ; Il apperçoit un Houland ; Vite il saisit sa lunette , Notre homme voit un géant ; Et dans ce moment critique, Sourd à la voix de l'honneur , Le héros démagogique Fuit à demi mort de peur. Air : La fête des bonnes-gens. Bailly tout d'une haleine , Bientôt regagne le camp : Mes amis, quelle peine ! Leur dit-il, en arrivant, On nous prépare une fête : Chez Messieurs les Emigrans , Qui fera tourner la tête , La tête de bien des gens. Il se présente à la Fayette et lui dit ? ”
Jeanne Louise Henriette Campan,
Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette
(1822)
“ Bailly les y reçut ; on les fit monter sur un trône, lorsqu’on venait de briser celui de leurs aïeux. Le roi parla avec assurance et bonté ; il dit qu’il venait toujours avec plaisir et confiance au milieu des habitans de sa bonne ville de Paris. M. Bailly répéta cette phrase aux représentans de la commune, qui venaient haranguer le roi ; mais il oublia les mots avec confiance. La reine les lui rappela sur-le-champ et à haute voix. Le roi et la reine, leurs enfans et madame Élisabeth, se rendirent aux Tuileries. ”
