“ Callirhoë, au fond d’une caverne, produisit un autre enfant monstrueux, invincible et nullement semblable aux hommes ou aux dieux, la divine Echidna au cœur intrépide, moitié nymphe aux yeux noirs et aux belles joues, moitié serpent énorme et terrible, marqué de taches diverses et nourri de chairs sanglantes dans les entrailles de la terre sacrée. Ce monstre habite un antre profond dans le creux d’un rocher, loin des hommes et des immortels : c’est là que les dieux lui assignèrent une glorieuse demeure. ”
Echidna
Définition et enjeux
Citations sur “Echidna”
Stéphane Mallarmé,
Les Dieux antiques
“ Histoire n’ayant pas de trait qui lui soit particulier : Héraclès vient à la demeure d’Échidna, cherchant son bétail qui lui a été volé, juste comme Phoïbos cherche les vaches dérobées par Hermès, ou comme Indra se met en quête des vaches ravies par le Panis. La terre obscure qu’habite Échidna est simplement le pays lugubre des Grées, où va Persée quand il recherche Méduse. La détention d’Héraclès dans la caverne dénote simplement le temps qui se passe entre le coucher et le lever du soleil. ”
Émile Dujon, Problèmes de mythologie & d'histoire (1887)
“ Or, suivant la généalogie du serpent, telle que nous l'ont transmise les mythographes, Echidna était l'épouse du Typhon, le prince des Titans, et tous deux engendrèrent le serpent terrestre, chthoriios ophis, gardien du jardin des Hespérides, frère, selon Hésiode, de l'hydre de Lerne et du dragon qui gardait les troupeaux du roi Géryon ”
Alfred Barbou, Le chien : son histoire, ses exploits… (1938)
“ Quel était ce gardien effroyable ? Quintus de Smyrne a en ces termes raconté sa naissance : « Le géant Typhon ayant trouvé Echidna dans un antre, aux portes de l'enfer, près du séjour de la nuit, lui fit violence : le fruit de ces amours fut Cerbère, qui resta toujours attaché aux sombres bords, à la garde de l'empire plutonien. » ”
Histoire du musée de Bordeaux… (1899)
“ C'est en Scythie que le héros aurait eu trois fils, Agathyrsos, Gélonos et Scythès, de la monstrueuse Échidna « femme depuis la tête jusqu'au-dessous de la ceinture, serpent par le reste du corps ». A son départ, il aurait ordonné à Échidna d'abandonner la royauté à celui des trois enfants, arrivés à l'âge d'homme, qui serait capable de tendre l'arc laissé par son père. ”
“ En Grèce, la plupart des monstres naissent de l’accouplement d’Echidna, mi-femme, mi-serpent, avec le géant Typhon, au corps sillonné de vipères embusquées dans des taillis de plumes, à la bouche crachant des dards et mâchant des flammes. Ils enfantent la lignée célèbre : Orthros le chien bicéphale, le Dragon aux cent têtes des Hespérides, le Python aux cent bouches, l’Hydre de Lerne, la Chimère et la Gorgone, le Sphynx, dont la structure bestiale et humaine est la plus compliquée de toutes. ”
“ Echidna, s’accouplant avec Orthros, engendra le Sphinx, si fatal aux enfans de Cadmus, et le lion de Némée, que Junon, auguste épouse de Jupiter, nourrit et plaça sur les hauteurs de Némée pour la perte des humains. Ce lion, qui régnait sur le Trétos, sur Némée et sur l’Apésas, ravageait les tribus des hommes ; mais il périt, dompté par le puissant Hercule. Céto, unie d’amour avec Phorcys, eut pour dernier enfant un serpent terrible qui, dans les flancs ténébreux de la terre, garde les pommes d’or aux extrémités du monde. ”
Oscar Hertwig,
Précis d'embryologie de l'homme & des vertébrés
(1906)
“ Ils s'en distinguent par un contenu vitellin plus considérable. Ils forment à cet égard une transition avec ceux des Reptiles et des Oiseaux. En second lieu, il a été observé que les Monotrèmes (Echidna et Ornithorhynchus) ,la classe la plus inférieure des Mammifères, pondent des œufs comme les Reptiles et les Oiseaux. Troisièmement, chez les Marsupiaux, qui, tout proches des Monotrèmes, sont à considérer comme des Mammifères très inférieurs, bien que le développement ait lieu dans l'utérus, les enveloppes fœtales persistent dans un état assez voisin de celui des Oiseaux et des Reptiles. ”
Alfred Maury,
Histoire des religions de la Grèce antique…
(1857-1859)
“ Æschyl., Prom., v. 350 et sq.) 4 Hésiode (Theog., v. 302) place Echidna, ce monstre moitié femme et moitié serpent, ei qui se rattachait à Typhoée, dans la terre des Arimes ~ (sv _Ã.p (P.Olût) . Les torrents de feu qu'Homère fait vomir à la Chimère, fille, suivant Hésiode, d'Echidna et de Typhon, annoncent également un phénomène volcanique. la légende de Typhoée telle qu'elle nous est racontée par Hésiode Dernier fils du Tartare et de Gæa (la terre) , ce monstre aux cent têtes de dragon2 tente encore une fois de détrôner la puissance des dieux. ”
François Doumergue, Essai sur la faune erpétologique de l'Oranie… (1901)
“ COLORATION. — Fond gris ou rouge de sable avec des lignes de taches de grandeur moyenne plus foncées. Parfois les taches se réunissent pour former des bandes transversales irrégulières et incomplètes. Lignes d'écaillés parallèles de la base des flancs et ventre d'un blanc sale. Bout de la queue souvent noir. (Echidna atricauda D. et B.) SEXES. — Mâle. — Queue large. Femelle. — Queue line bien plus étroite que le corps. ”
Cinquantenaire de la Société de biologie… (1899)
“ Le professeur Ziehen est le seul qui jusqu'à présent a émis une opinion sur cette question. Dans le volume XIII de Y Anatomischer Anzeiger, 1897, il dit, p. 172, que chez YEchidna l'entrecroisement des pyramides n'a pas lieu en masse comme ordinairement, mais qu'il se fait par des faisceaux de fibrilles, qui en provenant du cordon latéral traversent la corne et le cordon antérieur et se contournent du côté ventral dans le raphé en se croisant sous un angle très aigu. ”
Charles John Cornish,
Les animaux vivants du monde : histoire naturelle illustrée d'après la photographie directe…
(1930-1931)
“ Le nord-ouest de la Nouvelle-Guinée possède l'animal le plus grand et le plus étrange, I'ECHIDXA ACULEATA PROECHIDNA BRUIJNII. Normalement, il n'a que trois orteils au lieu de cinq à chaque pied; les épines sont très longues et épaisses; le corps est plus développé et plus allongé, l'animal est plus haut sur pattes. On le trouve à des altitudes assez considérables. Les trois échidnés, d'ailleurs, aiment les pays montagneux et les terrains rocheux. Ce sont des animaux nocturnes et fouisseurs. A plusieurs reprises j'ai gardé chez moi, en Tasmanie, des échidnés. ”
Joseph Vianey, Les Poèmes barbares de Leconte de Lisle
“ L’Ékhidna d’Hésiode vaut en barbarie tous les monstres de l’Edda, Ékhidna, monstre horrible et beau, Ékhidna, moitié nymphe aux yeux illuminés, Moitié reptile énorme écaillé sous le ventre. Le fils est digne de la mère. C’est Kerbéros aux cinquante mâchoires, Qui, toujours plein de faim, le long des ondes noires, Hurle contre les morts qui n’ont point de tombeau. ”
Joseph Vianey, Les Poèmes barbares de Leconte de Lisle
“ Heureux qui j’aimerai ; plus heureux qui m’aime. Il sera un Dieu, que j’inonderai de voluptés. Elle chantait ainsi, cachant le seuil étroit de son antre ensanglanté. Les hommes lui criaient : — Je t’aime ! Je veux être un Dieu ! — Mais nul ne dira leur nombre. Le monstre aux yeux charmants dévorait leur chair crue, Et le temps polissait leurs os dans l’antre creux. Qui est ce monstre ? Le poète en 1862 expliquait qu’Ékhidna vit encore, et que l’amour lui mène toujours sa proie [2] : Les siècles n’ont changé ni la folie humaine, Ni l’antique Ékhidna, ce reptile à l’œil noir ”
Edmond Perrier,
Éléments d'histoire naturelle des animaux…
(1881)
“ Leurs mamelles sont si singulièrement conformées, si bien cachées, qu'on a cru pendant quelque temps que ces animaux pondaient des oeufs, bien qu'ils soient couverts de poils, parmi lesquels se trouvent même des piquants chez l'échidné. L'ornithorhynque est aquatique, et ses pieds sont palmés comme ceux d'une loutre ; il se nourrit de vers et de mollusques qu'il cherche clans la vase. L'échidné est terrestre et se nourrit d'insectes et, notamment, de fourmis, qu'il prend avec sa langue, couverte d'une humeur visqueuse. ”
Charles Louandre, Revue des Deux Mondes
“ Il en est d’autres au contraire qui, composées également de lambeaux humains unis aux formes de la bête, ne sont représentées que par un seul individu qui meurt sans se reproduire, ou qui donne le jour à des monstres d’une nature toute différente. Telle est la Chimère, fille d’Erchidna, belle nymphe de la moitié du corps, et de l’autre horrible serpent ”
Joseph Vianey, Les Sources de Leconte de Lisle…
“ Elle devint enceinte, et elle enfanta le monstrueux et ineffable Kérbéros, chien d’Aidés, mangeur de chair crue, à la voix d’airain, aux cinquante têtes, impudent et vigoureux [249] . Hésiode dit ensuite comment Ekhidna enfanta l’odieuse Hydre de Lerne, tuée plus tard par Hèraklès ; puis, comment elle enfanta la Chimère aux trois têtes, que tuèrent Pégase et Bellérophon ; puis, comment elle enfanta la Sphinx, qui fut le fléau des Thébains ; puis, comment elle enfanta le lion de Némée, que tua Hercule. ”
Auguste Daguillon, Notions de géologie : à l'usage de l'enseignement secondaire classique et de l'enseignement secondaire moderne… (1889)
“ La ressemblance serait plus frappante encore si, comme l'affirment des témoins dignes de foi, l'Ornithorhynque et l'Echidné pondent des oeufs. Ce ne seraient plus alors deux, mais trois naissances successives qu'il faudrait distinguer dans la vie de ces animaux ; mis au monde sous forme d'oeuf, le jeune commencerait par se développer dans cette cavité protectrice ; puis, après l'éclosion, qui marquerait le début d'une seconde étape dans son histoire, il achèverait de se former à l'abri de la poche marsupiale, pour en sortir enfin, comme faisait le jeune didelphe. ”
Georges-Louis Leclerc de Buffon,
Œuvres complètes de Buffon, éd…
“ M. de Mairan en a trouvé quelques-unes fort grandes et qui ont trois pouces de diamètre à la base de leur conoïde, ce qui n’est pas ordinaire ; quoiqu’on soit sûr qu’elles appartiennent toutes à des echinus, il n’est pas toujours aisé de déterminer à quelle espèce particulière d’echinus chacune appartient ; il peut y avoir tel echinus marin, et il y a certainement un très grand nombre d’animaux, et surtout de poissons qui ne se trouvent point dans les naturalistes les plus exacts. ”
Gustave Cotteau, Échinides fossiles des Pyrénées (1863)
“ De tous les Echinides le genre Cidaris est celui qui a persisté le plus longtemps. Il commence à se développer dans les couches pénéennes. Depuis cette époque il multiplie ses espèces dans tous les étages des terrains jurassique, crétacé et tertiaire, et aujourd'hui encore il compte des représentants dans la plupart de nos mers. Six espèces représentées par le test ou seulement par les radioles ont été rencontrées dans le terrain crétacé des Pyrénées, et dix dans le terrain tertiaire. ”
Henri de La Blanchère, Les aventures d'une fourmi rouge et les mémoires d'un pierrot
“ On rencontre encore dans ce pays l’Éciton ravisseur (Eciton rapace) qui, lui, marche en guerre, non plus contre les fourmis mineuses, mais bien contre les mêmes grosses guêpes que le Drépanophore et pour les magasins desquelles il a le même goût et la même convoitise. Seulement il est beaucoup plus dangereux que les premiers, parce que sa taille est beaucoup plus considérable. C’est le plus grand des Écitons, et, vraiment, lorsqu’on en rencontre une colonne assiégeante, il vous fait fuir instinctivement, tout comme vous fuyez devant le lion. ”
Jules Pizzetta, Dictionnaire populaire illustré d'histoire naturelle… (1905)
“ Ni Linné ni Buffon n'ont connu ces deux animaux, qui comptent à juste raison parmi les productions les plus extraordinaires de la NouvelleHollande, et c'est au docteur Shaw, naturaliste anglais, qu'on en doit la première description. Les Échidnés (Echidnea, Cuv.) sont assez semblables aux hérissons par leur aspect extérieur, parce qu'ils sont couverts en dessus de piquants nombreux; en dessous ils n'ont que des poils ; le corps est gros et court, le cou à peine sensible, la queue n'est qu'une sorte de tubercule revêtu de piquants ”
Henri de La Blanchère, Les aventures d'une fourmi rouge et les mémoires d'un pierrot
“ Des millions d’Écitons se précipitent, se heurtent, se pressent et arrivent, comme un mur vivant, contre les assaillis qui défendent leur demeure. Aucune manière de combattre ne peut être plus simple que celle des terribles Écitons. Ils s’approchent des fourmis mineuses, ouvrent leurs pinces en faux... ”
“ Mais maintenant il n’en est pas ainsi : oubliés dans leurs temples, les dieux ont toujours les pieds enveloppés de laine comme des souris ; aussi, pour prix de notre impiété, nos champs restent stériles. CHAPITRE XLV. Parle mieux, je te prie, dit Échion, homme de pauvre apparence [1] : tout n’est qu’heur et malheur, comme disait ce paysan qui avait perdu un cochon bigarré : ce qui n’arrive pas aujourd’hui arrivera demain ; ainsi va le monde. Certes, il n’y aurait pas de meilleur pays que le nôtre, s’il était habité par d’honnêtes gens ; il souffre en ce moment, mais il n’est pas le seul. ”
Jean-Baptiste de Monet de Lamarck, Histoire naturelle des animaux sans vertèbres… (1815-1822)
“ Ces derniers sont comme autant de petits pieds qui l'aident dans ses mouvemens. Cependant je me suis convaincu par l'observation que les mouvemens des épines, dans certaines espèces, contribuent à la locomotion de ces animaux. Linné réunissait toutes les échinides en un seul genre sous le nom d'echinus. Cette réunion n'eut d'autre utilité que de faire remarquer les rapports naturels qui lient entr'elles toutes les échinides. ”
Louis-Joseph Delaporte,
Catalogue des cylindres, cachets et pierres gravées de style oriental…
(1920-1923)
“ C. Enkidou, les pattes de profil à droite, le buste de face, saisit par la queue et par la crinière un lion dressé qui le croise en passant par derrière lui et retourne la tête pour le mordre à l'épaule. Au-dessous du cartouche de la légende un être fantastique, formé d'un buste humain et d'un arrière-train de quadrupède, tient des deux mains le vase aux eaux jaillissantes. ”
Alcide d' Orbigny, Cours élémentaire de paléontologie et de géologie stratigraphiques… (1849-1852)
“ Si en effet, avec tous les zoologistes, nous prenons pour les moins parfaits les genres qui offrent leurs parties rayonnées les plus régulières, nous verrons que les Cidaritidœ et les Echinidœ les plus réguliers sous ce rapport sont aussi les plus anciens sur le globe, ce qui serait parfaitement en rapport avec le perfectionnement progressif. En prenant, au contraire, pour les plus parfaits ceux qui se rapprochent le plus des formes paires, nous verrons que les Ananchytidœ, les Nucleolitidœ et les Galeritidœ se sont montrées 7 étages plus tard que les Cidaritidoe ”
“ Aigisthos, s’il est ici, ne l’a-t-il point appris ? — Mais, si, ayant passé le seuil des portes intérieures, je trouve Aigisthos assis sur le thrône de mon père, ou si, pour me parler, il vient à moi et me regarde, certes, sache-le, avant qu’il ait dit : — Étranger, d’où es-tu ? — je le tuerai brusquement, en le clouant de l’airain. L’Érinnys du meurtre, déjà gorgée de sang, en boira une troisième fois. Maintenant, toi, Èlektra, observe bien ce qui se passe dans la demeure, afin que tout concoure avec notre dessein. Vous, retenez votre langue ; taisez-vous ou parlez quand il le faudra. ”
Oswald Heer, Le Monde primitif de la Suisse… (1872)
“ Testudo, Emys, Chelydra, Cistudo, Trachyaspis et Trionyx. Dans ce nombre le genre Chelydra est aujourd'hui exclusivement américain, tandis que les autres vivent dans l'ancien et le nouveau monde ; mais ils ne se rencontrent dans ce dernier que sous la zone chaude et la zone torride. Le genre Cistudo seul fournit une petite espèce, la C. europsea L., qui pénètre de ce côté-ci des Alpes ; la mollasse de Lausanne en renferme deux espèces: C. Razoumowskyi Pict. et C. Morloti Pict. qui lui sont parentes, mais dont les formes analogues se rencontrent aussi dans la Caroline et le Tennessee. ”
Alcide d' Orbigny, Cours élémentaire de paléontologie et de géologie stratigraphiques… (1849-1852)
“ Fig. 280. Cidaris glandiferus (Baguette) . Résumé paléontologique sur les Échinodermes échinides. § 1053. Comparaison générale. Au premier aperçu on voit dans notre tableau n° 11 (les genres sans astérisques) de la répartition des Échinides dans les couches terrestres, qu'inconnus dans les trois premiers étages paléozoïques, leurs genres montrent ensuite une progression croissante, il est vrai plus apparente que réelle ; car c'est plutôt un rem- placement successif et régulier de formes, depuis leur première apparition jusqu'à l'époque actuelle. ”
Louis Roule,
Les formes des animaux, leur début…
(1894)
“ En effet, non seulement ils manquent aux larves correspondantes des Echinides, mais encore ils prennent, chez celles des Ophiures; un accroissement considérable; ils divergent sur le corps, et représentent deux longs balanciers, destinés à soutenir l'embryon dans l'eau. Jamais aucun des bras du Pluteus des Echinides n'acquiert une telle longueur; aussi, les larves des Ophiurides i semblent-elles être plus petites, par rapport à leur bras, que celles des Oursins. Les autres bras sont plus courts. — Dans le développement, les bras latéraux naissent les premiers ”
