Michel de Bourges

Définition et enjeux

Portrait de Émile Faguet Émile Faguet Revue des Deux Mondes

D’autres fois, et particulièrement en cour d’assises, Michel de Bourges ne se refuse pas une sorte de pathétique idyllique que je ne crois pas, à quelque époque qu’il ait été employé, qui ait jamais pu vraiment émouvoir. Michel n’a, du romantisme, que le manque de la crainte du ridicule ; mais il me semble qu’il l’a bien. Il l’a à ce point qu’on se demande parfois s’il n’y a pas chez lui gageure d’avocat se faisant fort de « leur faire avaler cela, » y réussissant et se promettant de se réjouir de ce succès, après l’audience, entre confrères.
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L’éloquence de Michel de Bourges est bien mêlée. Le plus souvent elle est déclamatoire et un peu creuse et très médiocrement logique ; quelquefois elle est presque serrée, vive au moins et pressante, mais toujours gâtée par quelque exagération aussi malencontreuse que facile ; quelquefois enfin elle est belle, élevée, pleine, et nous enlève assez haut sans nous faire retomber brusquement, et alors, ce qu’elle mérite, c’est quelque chose qui n’est pas éloigné de l’admiration.
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Les idées de Michel de Bourges ne sont pas extrêmement compliquées. Chose qui surprendra un peu ceux qui ne voient Michel que comme chef de la Montagne de 1849, « ce Sinaï de la démence, » elles sont (relativement) assez modérées. Ce sont celles d’un radical-socialiste d’aujourd’hui et d’un radical-socialiste très circonspect. Un radical-socialiste est un homme qui n’est pas socialiste radical. Michel est, non seulement un socialiste modéré, mais un radical-socialiste plein de tempéramens. Il s’arrête au seuil du socialisme en y posant la moitié du pied.
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