Alfred de Vigny,
Poésies complètes d'Alfred de Vigny
(1928)
“ De leurs dômes en fleurs étalaient la beauté, Revêtus d'un manteau bleuâtre et velouté. Mais aucun n'égalait, dans sa magnificence, Le Mont Serrat, paré de toute sa puissance : Quand des nuages blancs sur son dos arrondi Roulaient leurs flots chassés par le vent du midi, Les brisant de son front, comme un nageur habile. Le géant semblait fuir sous ce rideau mobile ; Tantôt un piton noir, seul dans le firmament, Tel qu'un fantôme énorme, arrivait lentement ; Tantôt un bois riant, sur une roche agreste, S'éclairait, suspendu comme une île céleste. ”
