“ Sois tranquille, la loi est plus puissante que toutes les supérieures de couvent du monde. — Et le comte de Montbron, à qui mademoiselle de Cardoville vous prie de vous adresser, dit la Mayeux, n’est-il pas un homme puissant ? Vous lui direz pour quelles raisons il est important que ces demoiselles soient en liberté ce soir, ainsi que mademoiselle de Cardoville... qui, vous le voyez, a aussi un grand intérêt à être libre demain... alors, certainement, le comte de Montbron hâtera les démarches de la justice, et, ce soir... vos enfants vous seront rendues. ”
Montbron
Définition et enjeux
Citations sur “Montbron”
Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon,
Mémoires
“ Montbron portoit en plein le nom et les armes de cette grande et ancienne maison fort tombée depuis longtemps, et qui le laissa faire, parce qu’on fait là-dessus tout ce qu’on veut en France. Il venoit de père en fils d’un chevalier de Montberon, général des finances en 1539, qui étoit son trisaïeul, et qui portoit de Montberon brisé d’un filet en barre. Cette marque, qui est d’un bâtard, et son emploi, sont parlants dans un homme de ce nom. ”
“ Puis, elle alla, pour ainsi dire, se blottir au fond de la causeuse, et là, dans une attitude profondément attentive, recueillie, le corps penché en avant, ses mains croisées sur le coussin, son menton appuyé sur ses mains, ses grands yeux attachés, avec une sorte d’adoration, sur le Bacchus indien qui lui faisait face, elle sembla, dans cette contemplation passionnée, se préparer à entendre la lecture de M. de Montbron. ”
Noël Sabord, Fontbrune : roman (1943)
“ Mais à notre droite, en un contraste étrange, inattendu, l'oasis de Montbron s'étalait avec complaisance sur sa planèse d'alluvions où ruissellent toujours, en fontaines gla- cées, le souvenir profond des eaux anciennes. Notre village de Marsac en occupait le bord, pauvre devant cette richesse où il n'avait que peu de part. Une terre brune, propre et soignée comme un verger, où les noyers, ces oliviers de l'Angoumois, arrondissaient sur les éteules, entre les carrés de vignes, leurs têtes épaissement feuillues. ”
“ Mon cher comte, dit Adrienne en souriant et en s’adressant à M. de Montbron, vous n’en êtes malheureusement pas à votre premier enlèvement... penchez-vous en dehors de la portière, tendez vos deux mains à cette enfant ; enlevez-la prestement ;... nous la cacherons vite entre madame de Morinval et moi... et nous quitterons la promenade sans que personne ne se soit aperçu de ce rapt audacieux. ”
V. Bussière, Discours prononcé le 5 janvier 1868 aux funérailles de Mme la Comtesse de Montbron (1868)
“ C'est dans cette retraite, que Mme de Montbron ne quitta plus, que coula sa paisible vie, au milieu des œuvres variées de sa bienfaisance, de ses soins domestiques et du culte de ses amis, dont son château était le centre attractif. Attentive à l'éducation de ses enfants, elle les enrichissait des principes dont elle s'était elle-même nourrie dans son enfance. Elle joignait à la sollicitude que lui causait sa propre famille, celle qu'elle accordait à tous les malheureux. ”
“ Puis elle ajouta : — Comprenez... si vous pouvez. — Prétendez-vous par là que vous êtes fière de l’altération de vos traits, parce que vous êtes fière des souffrances de votre cœur ? dit M. de Montbron en examinant Adrienne avec attention. Soit ; j’avais donc raison ; vous avez un chagrin... J’insiste..., ajouta le comte d’un ton vraiment pénétré, parce que cela m’est pénible... — Rassurez-vous ; je suis on ne peut plus heureuse, car à chaque instant je me complais dans cette pensée : qu’à mon âge je suis libre... absolument libre. ”
“ La pâleur et l’altération des traits de la jeune femme disaient assez son épouvante ; M. de Montbron, malgré sa fermeté d’esprit, semblait fort inquiet et aspirait de temps à autre, ainsi que sa nièce, un flacon rempli de camphre. ”
Alcide Gauguié, La Charente communale illustrée… (1868)
“ Suivant lui, les barons de Montbron figuraient parmi les chevaliers les plus renommés d'Artus de Bretagne, et maints héros de la cour du célèbre monarque briguaient la main de Frédégonde de Montbron, « aussi célèbre par sa vertu que par sa beauté. La baronnie de Montbron tenait le premier rang parmi les grands fiefs. Si (tellement) que de ceste maison est sortie une fille royne de Sicile. Car les seigneurs de Montbron ont esté comtes de Périgord, vicomtes d'Aulnay, seigneurs de Matha, Royan, Chef-Boutonne, Maulevrier, SaintMégrin, Mortagne, Archiac et aultres. » ”
Édouard Ramon, Notice sur M. le baron Petit de Lafosse… (1867)
“ Le procès intenté par le procureur général devant la Cour d'assises de Limoges , à la suite de cette rencontre, se termina par un honorable acquittement pour M. le comte de Montbron, après l'éloquente plaidoirie de Me Berryer , qui avait pour adversaire Me Théodore Bac , de Limoges. Dans ce duel, outre les témoins réguliers, près de cent socialistes assistaient leur chef; et, du côté de son adversaire, on remarquait, avec admiration Mme la comtesse de Montbron et ses quatre fils. L'Antiquité n'offre rien de plus sublime. ”
“ Le comte entra, et alla baiser la main d’Adrienne avec une sorte de familiarité paternelle. — Allons ! se dit M. de Montbron, tâchons de savoir la vérité que je viens chercher, afin d’éviter peut-être un grand malheur. ”
Vicomte de La Villegourio, Cinq lettres sur la catastrophe de Quiberon… (1826)
“ Je me jetai sur mon matelas et je dormis environ deux heures, pendant lesquelles Montbron veilla constamment, les yeux collés sur la porte du jardin. Toutes les heures se renouvelaient sans que chaque factionnaire la quittât d'un seul instant, et cependant il nous fallait passer vis-à-vis pour éviter la mort. ”
Alcide Gauguié, La Charente communale illustrée… (1868)
“ Il a l'église, la mairie, et tend à prendre chaque jour plus d'accroissement. — Eymoutiers, à six kilomètres de Montbron et à trente-cinq d'Angoulême, n'a que 65 habitants. Il est situé au pied d'une colline et traversé par une route qui va de Montbron à Piégut. L'aspect en est triste ; une fontaine vénérée, où l'on se rend en pèlerinage, coule tout auprès. — L'église de la commune, nous l'avons dit, est à la Tricherie. Sa construction est récente; elle manque de caractère architectural. La voûte est un plafond de bois sans peintures ; les murs de l'abside en sont, en revanche, surchargés. ”
André de Bourdeille, Oeuvres complètes du seigneur de Brantôme… (1822-1823)
“ Dudict Eustache de Montbron et de ladicte de La Marche est venu messire Adrian de Montbron, qui espousa Marguerite d'Archiac, dame et principale héritiere dudict lieu, fille aisnée de messire Jacques d'Archiac, et de madame Marguerite de Levy, deux des grandes maisons d'antiquité et de richesses qui fussent en Guyenne. D'iceluy Adrian, et de ladicte d'Archiac, est issu François de Montbron, marié avec madame Jehanne de Montpezac, fille puisnée du vicomte de Chastillon ; M. le marquis de Villars ayant espousé l'aisnée, de laquelle est issue madame la duchesse du Mayne. ”
André Lecler, Généalogie de la maison de Lambertie… (1895)
“ Sépulture de Jean-François de Lambertie. 22 août 1771. Le vingt-deux août mil sept cent soixante-onze, a été inhumé dans l'église le corps de Jean-François de Lambertye, chevalier, seigneur de Menet et de la Fenêtre, âgé de quatrevingt sept ans, après avoir reçu les sacrements. L'enterrement fait par moi en présence des soussignés. — Signé au registre : LAMBERTYE et ESCOT, curé. — (Registres paroissiaux de Montbron.) ”
“ Tel était M. de Bonneville, le protégé du comte de Montbron. Par son âge et par ses habitudes de savoir-vivre, cet écuyer pouvait accompagner mademoiselle de Cardoville à cheval et, mieux que personne, surveiller l’écurie et la tenue des voitures. Il accepta donc cet emploi avec reconnaissance, et grâce à ses soins éclairés, les attelages de mademoiselle de Cardoville purent rivaliser avec ce qu’il y avait en ce genre de plus élégant à Paris. Mademoiselle de Cardoville avait repris ses femmes, Hébé, Georgette et Florine. ”
V. Bussière, Discours prononcé le 5 janvier 1868 aux funérailles de Mme la Comtesse de Montbron (1868)
“ Il fallait mourir ou fuir. Louise-Antoinette de Calignon alla droit à lui, le cœur plein de courage et la main pleine d'or. On pouvait gagner le gardien et s'échapper ; le gentilhomme ne le voulut pas. - L'identité qu'il fallait affirmer pouvait ne l'être pas. Le magistrat, dans son humanité, voulait être trompé; il préférait le mensonge à la vérité. Le proscrit préféra la vérité au mensonge ; la conscience fut obéie, mais la tête tomba. M. et Mme de Montbron, pouvant suivre désormais le cours régularisé de leur existence, vinrent se fixer dans la pittoresque terre de Montagrier. ”
Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon,
Mémoires
“ MONTBOISSIER (M. de) , épouse Mlle de Maillé, belle, riche et de beaucoup d’esprit, IX, 310. MONTBRON, lieutenant général, fort attaché à M. de Louvois, meurt en 1708 ; son extérieur ; son caractère ; par quoi il amuse le roi ; son extraction ; ses emplois ; il s’avise d’être médecin et chimiste ; de quoi il meurt, VI, 179 et suiv. MONTBRON, fils de M. de Montbron, gouverneur de Cambrai et lieutenant général ; aventure qui le couvre de ridicule deux fois au bal de la cour, I, 33 ; il obtient le régiment Dauphin infanterie ; son honneur et sa valeur ; sa mort, 33. ”
Jules Martin-Buchey, Géographie historique et communale de la Charente… (1914-1923)
“ Le sol de la commune est bien cultivé et se prête à tous les genres de cultures. Grâce aux excellentes prairies baignées par la Tardoire et ses affluents, l'élevage du bétail y donne de très beaux résultats; les céréales y donnent également de bons rendements et quelques beaux vignobles y ont été reconstitués. Les voies de communication sont importantes. En dehors de la petite ligne de chemin de fer d'Angoulême à Roumazières, la commune de Montbron est desservie par la route départementale N° 6 de Séreilhac à Mansle, qui traverse la commune de l'est à l'ouest. ”
Vicomte de La Villegourio, Cinq lettres sur la catastrophe de Quiberon… (1826)
“ Le président de la commission d'Auray, qui avait jugé Montbron, et qui n'avait rempli qu'à regret ce poste dégoûtante avait fait tout ce qui avait dépendu de lui pour en adoucir la rigueur; il avait autant- qu'il lui avait été possible, donné connaissance du sursis accordé, et. suggéré les moyens d'en profiter. Plusieurs émigrés s'étaient donnés pour Suisses, Allemands ou Italiens; et ce brave homme ne-leur avait pas seulement demandé s'ils connaissaient la langue de ces peuples. ”
Alcide Gauguié, La Charente communale illustrée… (1868)
“ Waïfre, duc d'Aquitaine, un héros, déploya contre Pepin un courage indomptable, et, voyant la résistance impos- sible contre les masses austrasiennes, concentra ses forces dans ce pays montagneux du Périgord et du Limousin. Une tradition veut qu'il ait été assassiné par un traître dans cette vallée de la Tardoire que commande le château de Montbron. ”
Noël Sabord, Fontbrune : roman (1943)
“ Pour lui donner ce châle qui lui faisait grande envie, mon père, plusieurs années de suite, dut aller vendre à Montbron, pour en tirer quelques sous, bien des paniers de poires, de nèfles et de coings qui se seraient perdus dans le verger. On critique aujourd'hui les jeunes filles de nos campagnes qui, pour faire les demoiselles, portent chapeau le dimanche et se croiraient ridicules sous la coiffe de leur grand'mère. C'est sur le châle que daubaient alors les vieilles gens chagrins. ”
Jules Martin-Buchey, Géographie historique et communale de la Charente… (1914-1923)
“ COMMUNE DE MONTBRON Superficie = 4335 hect, 63; Population = 2729 habitants. Dans une boucle de la Tardoire se dresse un mamelon, dominé de tous côtés par des collines plus élevées, mais qui n'en constituait pas moins une position stratégique des plus im portantes avant l'invention des armes à feu. Aussi, dès les premiers tem ps de leur conquête, les Romains avaient-ils établi sur ce mamelon un oppidum, sous la protection duquel s'était édifiée une ville, dont la charrue a souvent mis à jour des débris importants. ”
Vicomte de La Villegourio, Cinq lettres sur la catastrophe de Quiberon… (1826)
“ Tout-à-coup nous entendons crier près de nous : « Arrêtez! arrêtez! » et nous apercevons une paysanne âgée qui se jette dans nos bras et nous témoigne toute la joie qu'elle éprouve de nous voir. Elle nous conduit à vingt toises de cet endroit, et nous fait monter par une échelle dans un grenier à foin, découvert en partie, où nous passâmes la nuit, Montbron et moi, à nous féliciter de l'heureux succès de notre entreprise. Quatre fois, depuis la restauration, j'ai revu cette bonne vieille; Dieu avait béni sa bienfaisance ”
Alcide Gauguié, La Charente communale illustrée… (1868)
“ Il en dépendit jusqu'en 1380, époque on Jeanne de Montbron, fille de Robert V, épousa Élie de Villebois et lui apporta pour dot des droits importants sur les fiefs de Feuillade et de Charras. Depuis cette époque, plusieurs familles ont successivement exercé des droits seigneuriaux sur cette paroisse.— Le château n'arien de remarquable qu'une tour ronde, assez ancienne ; sa situation sur le Bandiat, au pied de la vallée, en fait un délicieux séjour; il est à M. de Roffignac. — A quelques pas est l'église, vaste édifice dont il n'existe plus qu'une partie. ”
André Mailhet, La Vallée de la Drôme. Histoire de Saillans… (1892)
“ Montbrun, toujours audacieux, tomba sur son arriére-garde, pilla ses bagages et trouva dans sa garde-robe les essences, les poudres aromatiques et les parfums dont se servait habituellement ce prince lâche autant qu'efféminé, ce qui fit beaucoup rire ses rudes soldats. Comme on lui faisait remarquer le peu de délicatesse du procédé et qu'on lui remettait une lettre du roi, il répondit : « Les armes et le jeu rendent tous les hommes égaux... ; en temps de guerre, lorsqu'on a le bras armé et que l'on est en selle, tous les hommes sont compagnons ». ”
Just-Jean-Étienne Roy, Le baron des Adrets : épisode du commencement des guerres de religion du XVIe siècle… (1866)
“ Quelques-uns s'apprêtaient déjà à le maltraiter, quand Montbrun leur défendit de le toucher; et s'approchant aussitôt du pauvre homme, qui tremblait de frayeur, il lui dit de son ton le plus gracieux, qui est loin d'être rassurant, comme tu sais: « Monsieur le prévôt, vous étiez venu pour me faire votre prisonnier, et c'est vous maintenant qui êtes le mien. Je vais vous faire conduire dans le donjon de mon château, où vous resterez comme otage, jusqu'à ce que le parlement ait révoqué l'arrêt qu'il a lancé contre moi. » ”
Albert Gabriel Hubert Ledru, Montbrun, 1809 (1913)
“ Doué d'une force peu commune, portant sur sa figure brune et balafrée les traces de son intrépidité, Montbrun savait mieux que personne se jeter au galop à la tête de ses escadrons et les entraîner à sa suite dans une charge foudroyante et victorieuse. Ses prouesses, racontées dans les bivouacs et propagées par les cavaliers des armées impériales, l'ont rendu légendaire. Comme un héros de nos chansons de geste, il aurait. d'un coup de sabre, fendu en deux le corps d'un ennemi. ”
Edmond Badon, Montbrun, ou Les Huguenots en Dauphiné… (1838)
“ Montbrun se tourna alors du côté de Bouvier , et lui dit , en lui tendant la main : — Monsieur le grand-prévôt , vous êtes libre ; vous pouvez partir avec tous ces braves gens ; si vous n'emportez pas un souvenir trop amer de votre captivité, si on a eu pour vous dans ma maison tous les égards que vous méritiez , jurez-moi de ne pas traiter trop sévèrement les protestants de Valence , et de nous aider de toutes vos forces à maintenir le traité que nous venons de signer. ”
André Mailhet, La Vallée de la Drôme. Histoire de Saillans… (1892)
“ Montbrun charge Lesdiguières de porter, aux héroïques défenseurs de la cité, des vivres et des munitions. À la tête de cinquante hommes des plus braves, ce digne lieutenant du plus intrépide des capitaines, traverse le camp des catholiques. On le charge de toutes parts, mais il se défend comme un héros et entre dans la place n'ayant perdu que deux de ses soldats. Le soir, il sort avec le même péril et le même bonheur. ”
Edmond Badon, Montbrun, ou Les Huguenots en Dauphiné… (1838)
“ Il est dur de semer pour que les autres recueillent. J'avais le coeur plus satisfait lors de notre première campagne. Montbrun regarda fixement le jeune de Bonne : — Mon ami, reprit-il, on doit savoir s'immoler à la cause de la vérité et de la justice. Dieu nous demandera peut-être de plus grands sacrifices. —En vérité, monseigneur, reprit Lesdiguières en riant ; je crois entendre notre digne ministre. A propos , il parlait ce matin, en exhortant les troupes , du baptême de sang de l'église primitive ; le baron y a recours à sa guise, lui. ”
Paul Duplessis,
Les Boucaniers/Tome XI
“ Montbars fit un geste d’impatience : — Le temps presse, Louis, reprit-il, embarquons-nous. — Fleur-des-Bois ; dit de Morvan en regardant avec amour la charmante enfant, a répondu pour moi. Merci de l’intérêt que tu me portes, Montbars. J’aime mieux rester pauvre toute ma vie, plutôt que de m’enrichir de dépouilles françaises. ”
