“ On permit d’abord à un coq de becqueter l’autre, pour les animer au combat ; les coups étant rendus avec fureur, on les lança dans l’arène, où la lutte à mort devait commencer. Ils furent bientôt tous deux couverts de sang, et il y en eut beaucoup de répandu sur l’arène : l’un des coqs avait la poitrine percée par l’éperon de son adversaire, la blessure me paraissait devoir être mortelle ; mais il fallait qu’il expirât sur place. On suspendit un moment l’affaire pour ranimer les combattans, en frottant leurs plaies avec de l’eau-de-vie et en leur en faisant avaler ”
Citations sur “cockfight”
Joseph Conrad,
Gaspar Ruiz et autres récits
“ N’importe ; on prendra des pistolets, voilà tout. Un peu de lumbago. Des pistolets, oui. Cela fera du beau gibier pour ma carnassière. J’ai l’œil aussi vif que jamais. J’aurais voulu que vous me vissiez, en Russie, décrocher au vol des Cosaques avec un vieux fusil d’infanterie. J’ai des dons naturels de tireur. Le général pérorait, redressant sa tête aux yeux de chouette et au nez d’oiseau de proie. Simple combattant toute sa vie, cavalier, sabreur, il concevait la guerre avec la plus grande simplicité, comme une foule de combats singuliers, une sorte de duel collectif. ”
Julien Combe, Mémoires du colonel Combe sur les campagnes de Russie… (1896)
“ Leurs cris féroces, leur figure hideuse, leur costume même pouvaient intimider des jeunes gens qui, nouvellement arrivés à l'armée, sans instruction militaire, et par conséquent sans beaucoup de confiance dans leurs armes et dans leurs chevaux, ne se sentaient pas de force à lutter corps à corps avec de tels adversaires; en un mot, la déroute fut complète. La plaine, inondée de fuyards, devint le théâtre du massacre que faisaient les Cosaques, n'ayant qu'à percer de leur lance des hommes qui ne cherchaient même plus à se défendre et se laissaient tuer le sabre à l'épaule. ”
Eugène Gayot, Poules et oeufs (1864)
“ S'il se présente un autre coq, sans lui donner le temps de rien entreprendre, il accourt, l'œil en feu, les plumes hérissées, se jette sur son rival, et lui livre un combat opiniâtre jusqu'à ce que l'autre succombe ou que le nouveau venu lui cède le champ de bataille. Le désir de jouir, toujours trop violent, le porte non-seulement à écarter - tout rival, mais même tout obstacle innocent, il bat et tue quelquefois les poussins pour jouir tout à son aise de la mère. ”
Anonyme, Décrets des sens sanctionnés par la volupté (1793)
“ L’arme en main, vit en l’air, l’attaque commence : les couilles de l’assaillant sont les bombes enflammées, qui doivent lancer le feu de la paillardise. Les coups de cul de la lubrique femelle annoncent sa courageuse résistance ; mais de même qu’on voit sur les crénaux le défenseur expirant, de même la femme foutue se pâme de plaisir, et dit en déchargeant : Je suis vaincue, et je me soumets à la discrétion du vainqueur. Si la donzelle est mariée, c’est alors que l’image de la guerre est encore plus réelle : le front du cocu se fertilise, et l’on voit aussi-tôt un ouvrage à corne ”
Jules Itier,
Journal d'un voyage en Chine en 1843…
(1848-1853)
“ Enfin, trompés par la même feinte, ils se rencontrent de front et retombent ; mais le coq gris est atteint à l'aîne d'une épouvantable blessure, son sang noir coule abondamment et ses forces s'échappent avec lui; il détourne tristement la tête, fait quelques pas de côté et abandonne la place au vainqueur, que son maitre vient presser triomphalement dans ses bras. ”
Girin, Qu'en pensez-vous ? par Hix (1867)
“ Le duel exceptionnel au pistolet, à marche interrompue et à ligne parallèle, etc., etc. Vous pouvez vous battre également à pied et à cheval, en voiture, en char armé de faux. — Dans ces deux derniers cas, vous vous faites conduire par un cocher habile, dévoué, capable. Enfin, pour compléter la nomenclature des moyens homicides qui sont à votre disposition, je puis vous indiquer le duel américain, dit jeu de cache-cache; il consiste à se chercher et à se traquer mutuellement, soi et son adversaire, dans un bois ou un champ; cela flattera peut-être vos goûts de chasseur. ”
James Fenimore Cooper,
Le Dernier des Mohicans
“ Les coquins n’ont pas encore jeté les yeux de notre côté, sans quoi nous entendrions leur maudit cri de guerre. — Allons, force de rames, mes amis, nous sommes déjà loin d’eux, et presque hors de portée d’une balle. Un coup de fusil l’interrompit, et la balle tomba dans l’eau à quelques pieds du canot. D’affreux hurlements qui partirent en même temps de l’île leur annoncèrent qu’ils étaient découverts, et presque au même instant une troupe de sauvages, se précipitant vers leurs canots, y montèrent à la hâte, et se mirent à leur poursuite. ”
James Fenimore Cooper,
Les Pionniers
“ Ce fut plutôt par suite d’un instinct naturel que pour obéir à cet avis que la fille du juge baissa la tête sur sa poitrine, et au même instant le bruit d’un coup de fusil et le sifflement d’une balle se firent entendre à ses oreilles. Elle leva les yeux sur la panthère, et vit l’animal furieux se rouler sur la terre en bondissant encore, en se mordant la chair à l’endroit où la balle l’avait percé, et en poussant des cris de rage. ”
Various, L'Illustration, No. 0037, 11 Novembre 1843
“ Armé d'un fusil double, suivi de ses valets portant d'autres fusils chargés, il donna le signal, et la chasse commença. Je ne vous en ferai pas la description: ce serait aussi difficile que de raconter tous les coups de sabre donnés, ou reçus à la bataille de Wagram. Vous saurez seulement que ce brave Anglais fit à lui seul un carnage horrible; il tirait sur un fleuve du gibier qui coulait toujours; s'il manquait un chevreuil, il tuait six lapins; tout y passa; le sanglier ne fit point le méchant, car une bouteille de cirage n'a jamais aigri le caractère du cochon. ”
James Fenimore Cooper,
Le Dernier des Mohicans
“ Qu’ils brûlent leur poudre, dit le chasseur avec le plus grand sang-froid, tandis que les balles sifflaient sur sa tête et sur celle de ses compagnons ; quand ils auront fini, nous aurons du plomb à ramasser, et je crois que les bandits se lasseront du jeu avant que ces vieilles pierres leur demandent quartier. Uncas, je vous répète que vous mettez une charge de poudre trop forte ; jamais fusil qui repousse ne lance une balle au but. ”
James Fenimore Cooper,
Le Dernier des Mohicans
“ Une gibecière et une poudrière complétaient son accoutrement ; et un fusil à long canon [18] , arme que les industrieux Européens avaient appris aux sauvages à regarder comme la plus meurtrière, était appuyé contre un tronc d’arbre voisin. L’œil de ce chasseur, ou de ce batteur d’estrade, ou quel qu’il fût, était petit, vif, ardent et toujours en mouvement, roulant sans cesse de côté et d’autre pendant qu’il parlait, comme s’il eût guetté quelque gibier ou craint l’approche de quelque ennemi. Malgré ces symptômes de méfiance, sa physionomie n’était pas celle d’un homme habitué au crime ”
Thomas Mayne Reid,
Autour du bivouac
“ Le jour venu, le propriétaire, suivi de sa meute et accompagné de chasseurs bien montés et armés de rifles, pénétrait dans l'immense forêt, où des halliers inextricables de cannes à sucres et de ronces donnaient asile aux cochons. Mais où le cochon passe, le chien peut se glisser ; la meute délogeait le gibier et la poussait dans les clairières, où les chasseurs à cheval l'accueillaient d'une volée de balles. Un grand chariot avec des serviteurs suivait la chasse, pour emporter les morts à la fin de la journée. ”
“ Pendant que vous êtes cramponné au plat bord, un panneau se démasque tout à coup, et vous vous trouvez nez à nez avec une douzaine de tremblons évasés, chargés jusqu’à la gueule de balles, clous et lingots, qui, vous pensez bien, font un feu d’enfer et tuent les trois quarts de vos hommes au moins. — Alors, ceux qui restent — s’il en reste — grimpent lestement à l’abordage comme des chats sauvages, le poignard entre les dents et le pistolet au poing ; on se bat corps à corps, on tue, on est tué ;... ”
Maurice Level,
Les Portes de l'Enfer
“ Au feu, les soldats voient tomber leurs camarades autour d'eux, et n'en demeurent pas moins à leur poste, l'arme à la main. Mais ils savent d'où vient le coup qui les frappe. Ils regardent les corps effondrés. Ils redoutent la balle, et l'attendent pourtant. ”
Adrien Bourgogne,
Mémoires du sergent Bourgogne
“ Lorsque nous fîmes halte près d’un bois où un soldat de la compagnie aperçut un cheval abandonné, nous nous réunîmes à plusieurs pour le tuer et en prendre chacun un morceau, mais comme personne n’avait plus de hache ni de forces pour en couper, nous le tuâmes pour en avoir le sang, que nous recueillîmes dans une marmite enlevée à une cantinière allemande et, comme nous trouvions toujours des feux abandonnés, nous le fîmes cuire en mettant dedans de la poudre pour assaisonnement : mais, à peine était-il à moitié cuit, nous aperçûmes une légion de Cosaques. ”
James Fenimore Cooper,
Les Puritains d’Amérique
“ Deux fois Content leva son fusil pour faire feu, et deux fois il le laissa retomber, éprouvant de la répugnance à détruire même un quadrupède dont il ignorait la nature. Il est plus que probable que son compagnon, moins scrupuleux, eût décidé la question peu de temps après avoir quitté la poterne, si la balle particulière que contenait son fusil ne l’eût rendu plus délicat sur l’usage qu’il pouvait en faire. — Fais attention à tes armes, dit le premier en tirant son couteau de chasse. Nous allons nous approcher et rendre certain ce qui est encore douteux. ”
Victor Bouton, La Patrie en danger au 25 février 1848
“ Il n’y a en dehors de cela que des faits isolés, des charges de cavalerie, des coups de feu tirés à droite et à gauche, quelques hommes frappés par le hasard d’une balle, comme un garçon boulanger au coin de la rue de Rohan, atteint d’un ricochet et tombant à mes pieds. ”
Thomas-Anquetil, Aventures et chasses dans l'Extrême-Orient… (1874-1876)
“ Très-farouche quand il est à terre, les chasseurs l'atteignent difficilement, parce qu'il se sauve au moindre bruit et prend aussitôt son vol. Par contre, il se croit tellement en sûreté sur son perchoir quand il branche, qu'on a le loisir d'arriver au pied de l'arbre avant qu'il n'ait songé à déguerpir... Désiré, un de mes domestiques, revenait toujours avec quelque faisan, malgré sa maladresse, dès qu'il connaissait une remise. Je lui ai vu tuer un coq de son troisième coup de fusil. ”
A. Jourdain, 39 Jours de réclusion dans les prisons de Wilna en 1812… (1858)
“ Le canon grondait à quelques pas de nous, la fusillade était incessante ; les Cosaques au milieu desquels nous nous trouvions, bien vêtus, bien nourris, donnaient la chasse à nos malheureux soldats, désarmés, mourant de froid, de faim, de fatigues et de misères, et qui n'attendant ni grâce, ni merci de leurs féroces ennemis, s'étaient répandus dans les forêts et les montagnes qui nous entouraient, afin de chercher des vivres et un abri pour se soustraire à leurs recherches et à leurs cruautés. ”
Julien Combe, Mémoires du colonel Combe sur les campagnes de Russie… (1896)
“ En moins de deux minutes, mon cheval fut bridé, mon ceinturon de sabre accroché, et je sautai en selle. Il ne pouvait y avoir de doute, nous étions attaqués par l'ennemi. Le feu plus nourri des postes avancés se fit entendre presque aussitôt, et peu d'instants après, nos vedettes, nos postes avancés, se précipitèrent pêle-mêle avec une foule de Cosaques sur la grand'garde. ”
“ Coppie, Cox, Hanlett, Stevens, Joe, mirent pied à terre et coupèrent à travers le bois, afin d'attaquer l'ennemi sur les deux flancs.Mais cette tactique était superflue.Fatigués par la veille et gorgés de whiskey, les esclavagistes dormaient si profondément qu'un bon nombre ne s'éveillèrent qu'aux premiers coups de fusil.Une dizaine furent tués sur-le-champ; les autres s'enfuirent et se dispersèrent dans la campagne, sans avoir même riposté aux agresseurs.Les jeunes gens voulaient les poursuivre, mais le chef s'y opposa.—Ne frappez pas un ennemi vaincu! leur dit-il. ”
Ernest Duvergier de Hauranne,
Cuba et les Antilles
“ Ce sont des coqs de combat qu’on mène sans doute égorger dans quelque fête des environs. Les pauvres animaux se laissent manier par leurs maîtres comme des chiens de salon ou comme des enfans bien élevés. Ils semblent connaître ceux qui les mènent et obéir presque à leur voix. Je remarque que leurs crêtes sont coupées pour donner moins de prise à l’ennemi. Vous savez que les combats de coqs sont ici un amusement populaire et presque une passion nationale. ”
A C E Bellier de Villiers, Éducation du chien d'arrêt, études pratiques… (1881)
“ Mieux qu'eux, les différentes variétés de cockers conviendraient à nos plus chauds amateurs du fusil, car, avec ces pisteurs de tout gibier, sa recherche et sa poursuite se font aussi meurtrières qu'à l'aide de nos choupilles ”
Fanny Loviot,
Les pirates chinois
“ Au même instant, un coup de feu retentit, et le sifflement d’une balle vient effleurer ma chevelure ; chacun de se sauver, de fuir dans toutes les directions, je veux fuir comme tout le monde, mais au moment de franchir le seuil de la porte, un nouveau coup de feu succède au premier, il vient frapper un individu qui tombe devant moi ”
Georges d’Esparbès,
La légende de l'aigle : poème épique en vingt contes
(1893)
“ Les serre-file, sans ordre, appuyèrent sur le troisième rang pour en former un quatrième, — force et profondeur, — et tout cela entra dans les chevaux et les hommes, escorté du vieillard dont la voix dominatrice, toujours agressive, s'élançait magnifiquement au large vers l'armée alliée : L'envahisseur est un fourneau de chaux, et il sera brûlé au vif comme une épine coupée! Ennemis de la France, la fosse, le piège et la terreur sont sur vous ! Désolation! Aux houzards, aux Cosaques, aux dragons s'étaient joints les cavaliers de Korff. Tous les chemins en vomissaient. ”
Monchoisy, Revue des Deux Mondes
“ Dans leurs peignoirs amples, serrés seulement à la taille, sans corset, leur démarche a de la grâce, une grâce un peu nonchalante. Elles n’ont que le bal pour distraction ; les hommes ont le pit, le champ clos où se livrent les combats de coqs. Comme les courses de chevaux, les combats de coqs sont à la fois un sport et un jeu. ”
François-René de Chateaubriand,
Atala ; René ; Les Aventures du dernier Abencérage
(1865)
“ Soudain des guerriers se jettent à l'écart, se groupent, s'entremêlent, se déploient, se rassemblent encore ; la balle saute à petits bonds sur leurs raquettes jusqu'au moment où un bras vigoureux , la dégageant du conflit, la reporte' au centre de l'arène. Les cris d'espérance ou de crainte, les applaudissements et les risées, le bruit de la course, le sifflement de la balle, les coups des raquettes, la voix des marqueurs, les ronflements de la conque, font retentir les bois. ”
Émile Laurent, Histoire anecdotique du duel dans tous les temps et dans tous les pays
“ Ne remarquerez-vous pas que toute s.ociété s'empresse à chasser un coquin, de qualité ou non, qui est surpris trompant au jeu, ne s'agirait-il que de quelques pistoles, tandis que toute société se fait un devoir de protéger, de sauver, d'aider tous les coupables des deux crimes les plus funestes au genre humain, le duel et l'adultère? ”
Antoine Duplais, Une Affaire mystérieuse. La tragédie du Christ au XIXe siècle… (1892)
“ Je tire un premier coup, sans viser ; il fait une obscurité extraordinaire. Au milieu de l'éclair du coup de feu, je distingue un grand marin, en tricot de laine. Il continue à vouloir me saisir le cou, en disant : — Cochon, tu es armé, mais ça ne fait rien, tu vas y passer ! Je presse la détente de mon arme une seconde fois. l'homme élève ses deux bras, tournoie sur lui-même et va tomber à plusieurs mètres de là, dans le ruisseau, suivant une ligne en demi-cercle. Ma lanterne, brisée dans la lutte avec le premier individu, est éteinte et disloquée ; impossible de reconnaître ces gens. ”
Aglaé de Bouconville, Histoire naturelle racontée à la jeunesse… (1853)
“ Il arrive quelquefois qu'un coq, craignant la mort ou reconnaissant la supériorité de son adversaire, abandonne le champ de bataille après quelques efforts. Si, ramené deux fois au combat, les cris, les encouragements des parieurs ne peuvent ranimer son courage, les paris sont perdus, et le coq, déshonoré, va le plus souvent expier sa lâcheté sous le couteau d'un maître doublement irrité. ll est pas seulement aux Philippines que le peuple se plait aux combats de coqs. ”
Charles Bigot, Gloires et souvenirs militaires… (1896)
“ Quand je me relevai tout étourdi, la trombe de cavalerie avait passé et mon cheval gisait au fond d'un trou de cosaques sans faire un mouvement. Je le crus tué par un boulet. Sans perte de temps, je lui enlève la selle et la bride, que je charge sur mes épaules. Me voilà courant au hasard avec mon fardeau. Un officier d'étatmajor passant au galop m'indique du doigt une direction. Des éclaboussures d'obus le suivent sans le toucher. Je rencontre des cadavres russes. Un cheval broute l'herbe sur place, retenant son cavalier mort par l'étrier. C'était la monture d'un officier de cosaques. ”
