“ Le soleil dévoile tous les secrets, excepté les siens. Ces obscurs foyers vivants de rayons, les Maories, sous des dehors de franchise, d'évidence, gardent peut-être aussi, dans leurs âmes, des secrets. Déjà, entre la majesté architecturale de leur beauté et la grâce puérile de leurs gestes, de leurs allures, un écart avertit.Vois plus loin.I. En effet, la Maorie a tôt oublié les terreurs de la nuit pour la volupté d'être, dans la fraîcheur brillante du matin, et d'aller, et de s'ébattre, insoucieuse, libre dans la caresse de l'air, de l'herbe, du bain. ”
Citations sur “Maories”
“ Les Maories écoutent, subissent les nouveaux maîtres, et semblent leur obéir. Mais dans ces yeux résignés persiste, invincible, le rêve vers Matamua, et chaque jour, par nombreuses théories nostalgiques, les Maories s’en vont là bas où sont les aïeux, dans la main de ténèbres des Dieux reniés, des Dieux qui se contentaient, jadis, de quelques gouttes de sang, et qui prendront tous, maintenant qu’on leur refuse tout. Car la race entière périra pour avoir transgressé le serment des Mères. Non, les missionnaires n’ont pas conquis au Christ l’âme maorie. ”
Les Français à Alger. Y resteront-ils… (1840)
“ On verra, par l'histoire de ce peuple , qu'il est un mélange !de Maures, de Mauresques venus d'Espagne, d'Arabes, de Levantins, de Turcs, de Juifs et d'esclaves chrétiens de toutes les nations; mais les plus nombreux sont les Maures et les Arabes. Les Maures sont divisés en deux ordres, savoir : ceux qui vivent dans les villes et se livrent à la piraterie où à d'autres industries sur terre et sur mer, et ceux qui sont nomades et ne possèdent ni maisons, ni terres, ni richesses. Les premiers sont les véritables: citoyens du royaume ; les autres ne sont qu'un fardeau pour les habitans. ”
Th. Jouffroy, Revue des Deux Mondes
“ Ces deux peuples communiquent entre eux : les Arabes, les Kabaïles, viennent dans les villes vendre leurs produits, louer leurs bras ; les Maures vont, pour leur commerce, visiter les tentes des Arabes, les villages des Kabaïles. Mais, le but atteint, chacun retourne à sa civilisation, et il n’y a point de conversion de l’une à l’autre. Les villes et les jardins qui les entourent sont donc comme des oasis au milieu de l’Algérie : là vit une race, là existe une civilisation, la race, la civilisation des Maures. ”
Gustave d’Alaux, Revue des Deux Mondes
“ Les sept siècles de guerre continue que coûta l’expulsion des Maures, la coutume qui admettait l’anoblissement par les femmes, la faculté laissée à l’hidalgo que sa pauvreté obligeait à déroger de se réhabiliter plus tard au moyen d’une formalité insignifiante, ont multiplié à l’infini cette noblesse secondaire, en même temps que les progrès successifs du régime municipal et du pouvoir royal achevaient de miner les prérogatives seigneuriales des grands vassaux. ”
Salvatore Furnari, Voyage médical dans l'Afrique septentrionale… (1845)
“ Quoiqu'il en soit, impuissants et méprisés, manquant du courage et de l'activité nécessaires pour habiter la plaine, sans avoir le degré de civilisation et d'industrie voulu pour former une classe distincte dans les villes, se dégradant chaque jour de plus en plus par leur oisiveté et leurs mœurs efféminées, les Maures en sont arrivés au point que leur régénération doit nous parattre à tout jamais impossible. ”
Jean Hess,
La question du Maroc : ce qu'on dit…
(1903)
“ Les Maures seuls unissent en eux la barbarie, la dépravation et l'orgueil, et sont la portion la plus puissante de la population de l'empire, celle qui fournit les négociants, les oulémas, les tholbas, les caïds, les pachas, qui possède les riches palais, les grands harems, les belles femmes, les trésors cachés, et reconnaissables à l'embonpoint, à la carnation claire, à l'oeil rusé, aux gros turbans, à la démarche majestueuse, à la mollesse, aux parfums, à l'insolente ostentation. ”
François-Basile Peyronny, Considérations politiques sur la colonie d'Alger… (1836)
“ En continuant à parler de cette partie de la population, je ne cesserai de répéter que, si l'on compte sur son bon vouloir à nous seconder, on la méconnaît. Ce serait, d'un autre côté, lui donner plus d'importance qu'elle n'en a en réalité , si l'on s'avisait de redouter ses intrigues ou ses moyens de nous nuire. Sans influence sur les tribus de la plaine, les Maures, d'intrigants qu'ils sont, ne trouveront jamais en eux-mêmes l'énergie nécessaire pour se faire acteurs les armes à la main. Ils sont dans les villes que nous habitons; qu'ils s'en aillent ou qu'ils restent, peu importe. ”
Pierre Labarthe, Mémoire pour servir de réponse à celui du colonel Laserre… (1805)
“ L'on sait que les Maures, en possession exclusive de cette intéressante production , forment plusieurs tribus distinctes qui se répandent dans les diverses escales pour l'échanger contre nos marchandises; La crainte d'une intelligence entre ces tribus, pour tenir la gomme à un prix exorbitant, lorsque l'affluence desvaisseaux est considérable, n'a aucune réalité; chaque Maure a son intérêt isolé de l'autre; et lors même qu'on voudrait supposer ce concert entre ceux qui fréquentent l'escale du désert, croira-t-on qu'il se communiquera à celle de Podor et à celle d' Armancourt ”
H Flassayer, Cours d'histoire et de géographie coloniales de la France… (1887)
“ Les Maures, les Coulourlis et les nègres de l'Algérie. — Les Maures sont les indigènes qui habitent les villes. Grands et bien faits, quand l'embonpoint ne les alourdit pas, ils ne reproduisent ni le type berbère ni le type arabe ; ils resssembleraient plutôt aux populations du Midi de l'Europe : donnez à un Napolitain le turban, la veste collante, le pantalon bouffant, avec la lenteur des allures, rien ne le distingue d'un Maure. Les Maures sont le résidu de toutes les races ”
Guy de Maupassant,
Œuvres complètes de Guy de Maupassant - volume 24
(1908)
“ Quant aux Maures, ses préférés, tranquilles marchands accroupis dans les souks, jeunes gens alertes ou gros bourgeois allant à pas lents par les petites rues, il s’amusa à les vêtir avec une telle variété de coloris, que l’œil, à les voir, se grise comme une grive avec des raisins. Oh! pour ceux-là, pour ses bons Orientaux, ses Levantins métis de Turcs et d’Arabes, il a fait une collection de nuances si fines, si douces, si calmées, si tendres, si pâlies, si agonisantes et si harmonieuses, 150 qu’une promenade au milieu d’elles est une longue caresse pour le regard. ”
Léonce de Lavergne,
Dictionnaire encyclopédique usuel…
(1858)
“ Il y a aussi des Maures en Asie, mais ils sont adonnés au commerce et ont les moeurs plus douces. On a aussi donné le nom de Maures aux Sarrasins ou Arabes, qui, sortis de l'Arabie, s'établirent dans le nord de l'Afrique, où ils formèrent plusieurs dynasties, et de là passèrent en Espagne, où ils établirent leur domination. Ils formèrent un grand nombre de petits royaumes soumis à la suzeraineté du miramolin ou wali, d'abord lieutenant des califes de Bagdad, puis du calife de Grenade. Les rois de Léon, de Castille et d'Aragon, les battirent et les chassèrent peu à peu de l'Espagne. ”
J. Duval, La Question du Maroc et les Intérêts européens en Afrique
“ Parmi eux dominent les Maures, avec lesquels on les identifie souvent. Dans l’antiquité, les Maures étaient les habitans indigènes, dont Pline et Strabon constatent la présence aux lieux mêmes où se trouvent encore les Maures du Rif, qui ont très justement gardé leur nom primitif ; mais à la longue le sens de ce nom s’est altéré comme la race elle-même, et aujourd’hui la population mauresque se compose d’individus aux origines confuses et multiples, à l’esprit intelligent et délié, au caractère indolent, toujours enclins au mensonge, parce qu’ils sont toujours en danger d’être exploités. ”
Napoléon Roussel,
Mon voyage en Algérie raconté à mes enfants
(1856)
“ JULES. Jolies, papa? LE PÈRE. Oui, très jolies. ■JULES. Mais, je croyais que les Maures étaient noirs, comme les nègres, ou du moins, jaunes, comme les Arabes. LE PÈRE. Pas le moins du monde. Les Maures d'Alger, sont aussi blancs et même plus blancs que nous. Les enfants ont quelquefois des figures si fraîches, si blanches, si roses, si potelées, qu'on croirait voir ces jolies figures d'anges modelées en cire. ”
Jules Leclercq, De Mogador à Biskra : Maroc & Algérie (1881)
“ L'Europe était encore plongée dans l'ignorance et la barbarie, que les Maures excellaient dans les arts et les sciences : et aujourd'hui ce peuple agonisant n'a plus même souvenir de son glorieux passé. ”
Auguste Michelot, Nouvelle géographie méthodique… (1841)
“ L'intérieur de cette contrée n'a jamais été bien connu. Elle est occupée par les tribus de Maures que les voyageurs accusent de n'avoir aucun sentiment d'humanité. Ils vivent sous des tentes, dans les oasis; les hommes et les animaux domestiques restent pêle-mêle sous le même abri ; les Maures sont d'une extrême sobriété. Ces peuples barbares ne manquent pas d'industrie : ils ont des orfèvres, des bijoutiers ambulants, des tisserands qui travaillent avec beaucoup d'adresse. Leur religion est le mahométisme. ”
Élie Roy, Les colonies françaises en 1858 (1858)
“ Les Maures forment trois grandes tribus : les Trarzas, les Braknas et les Dowïchs, et qui se subdivisent elles- mêmes en une foule de tribus. Toutes professent là religion musulmane, parlent l'arabe, et mènent la vie nomade du désert. Elles ont de nombreux troupeaux. Là race nègre est la souche d'un grand nombre de peuplades qui habitent la rive gauche, et dont les principaux sont : Les Djolofs, nègres du Oualo et du Cayor, forts, robustes, bien faits, mais paresseux ; laissant cultiver leurs terres par les esclaves. Les Peulhs ou Foules ont le teint cuivré ”
A.-N. Veyland, Prophéties authentiques sur S.S. le pape Pie IX et la révolution de Rome… (1856)
“ La loy moricque ou, selon l'orthographe actuelle, la loi maurique ou mauresque, c'est-à-dire la loi des Maures, la loi religieuse des Maures, est une expression qui signifie la religion des Maures ou des Mahométans, auxquels les peuples du midi de la France, où écrivait notre prophète, appliquaient autrefois d'une manière générique le nom particulier des Maures d'Espagne et du nord de l'Afrique, les seuls qu'ils eussent plus spécialement connus. ”
Afrique occidentale française, Exposition nationale coloniale de Marseille 1922… (1922)
“ A l’exception des habitants des Ksours du Tagant et de l’Adrar, retenus dans les palmeraies par les soins qu’exigent les cultures et les récoltes, les Maures sont nomades et vivent sous la tente. Réunis en fraction de tribus, ils transportent leurs campements de point d’eau en point d’eau, abandonnant les pâturages épuisés. Ces déplacements s’effectuent d’ailleurs sur des espaces restreints et suivant un rythme qui se reproduit chaque année; seules quelques tribus du nord accomplissent des parcours de grande envergure imposés par la rareté des points d’eau et la pauvreté des pâturages. ”
Conrad Malte-Brun,
Précis de la géographie universelle…
(1862)
“ Beaucoup de Maures se sont établis dans cette ville, ils s'y adonnent au commerce; je les compare aux Européens qui vont dans les colonies dans l'espoir d'y faire fortune. Ces Maures retournent ensuite dans leur pays pour y vivre tranquilles. Ils ont beaucoup d'influence sur les indigènes. Cependant le roi ou gouverneur est nègre. Il est bien respecté de ses sujets et très-simple dans ses habitudes ; rien ne le distingue des autres; son costume est semblable à celui des Maures de Maroc ; il n'y a pas plus de luxe dans son logement que dans celui des Maures commerçants. ”
François-Basile Peyronny, Considérations politiques sur la colonie d'Alger… (1836)
“ Maures, ils ne vivaient que comme des instruments jetés au milieu d'eux, pour leurs besoins de commerce. Répudiés de tous, soumis aux conditions les plus humiliantes, tracassés de toutes les manières, ne pouvant se vêtir même à leur volonté, avilis, en un mot, jusqu'au dernier degré, c'est à cet état d'abjection, que nous les trouvâmes; trafiquant sur tout, généralement pauvres, entassés dans les coins sales des villes , ne comptant pour rien dans la Régence, ce n'est qu'en passant par l'astuce, la cupidité, une avarice sordide, qu'ils parvenaient à traîner cette honteuse existence. ”
Jules Leclercq, De Mogador à Biskra : Maroc & Algérie (1881)
“ Il semble que le Maure et l'Européen soit deux contraires. Si l'Européen se lève et se découvre devant une personne qu'il honore, le Maure au contraire reste assis et la tête couverte, et il va même jusqu'à se déchausser pour entrer dans une maison ou dans une mosquée, ce qui chez nous passerait pour fort inconvenant. Nous cédons la droite à nos supérieurs ou à nos aînés, tandis que les Maures cèdent la gauche. Nous nous faisons précéder des visiteurs que nous introduisons chez nous, au contraire des Maures qui ne manquent jamais d'entrer les premiers chez eux. ”
Achille Fillias, L'Espagne et le Maroc en 1860 (1860)
“ Les Maures n'ont rien de grand, dit M. Didier : lâches, pusillanimes, humbles avec les forts, insolents avec les faibles, ils ne connaissent ni le désintéressement, ni la générosité; ils ignorent les plaisirs de l'intelligence, et vivent plongés dans les fanges d'une volupté brutale. ”
Henry Charles Carey,
Principes de la science sociale
“ Les Maures, cette population éclairée et industrieuse, furent chassés du royaume, et la centralisation du pouvoir de diriger la pensée et l’action s’établit complètement, au moment où les découvertes à l’est et à l’ouest donnèrent à la couronne le pouvoir de diriger les forces de la nation vers des guerres de conquête ”
Guillaume-Thomas Raynal,
Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans l'Afrique…
(1826)
“ Les peuples asservis osent à peine lever les yeux sur ces odieux tyrans. Les Maures, placés à une grande distance les uns des autres, dispersés dans quelques bourgades, réduits à un petit nombre, obligés de cacher le peu qu'ils possèdent, sacrifiés au moindre soupçon, généralement privés d'armes défensives et offensives, les Maures coulent des jours malheureux dans de mortelles inquiétudes. Les Arabes errans, plus multipliés , moins avilis, plus courageux, moins exposés aux outrages que les habitans des villes , auraient des moyens suffisans pour secouer un joug détesté. ”
Jules Duval,
Politique coloniale de la France…
“ Les Maures eux-mêmes, quoique avec eux la paix soit difficile à maintenir, subiront l’ascendant de notre force. Tant qu’ils craindront d’être privés de toute communication avec la rive gauche, de manquer du i mil qui leur sert de nourriture, ils solliciteront notre protection pour la continuation de leurs échanges, et subiront notre loi, dont ils ont déjà souscrit les conditions. Tôt ou tard ils s’offriront eux-mêmes aux arbitres de leur sort. Il suffit pour le moment de bien surveiller le cours du fleuve depuis Saint-Louis jusqu’à Richard-Toll, sur une étendue de trente lieues à peine. ”
Paul Leroy-Beaulieu,
De la colonisation chez les peuples modernes…
(1886)
“ Pour faire éclore cette prospérité que la nature a préparée, il suffit d'un bon régime d'administration. Ce qui empêchait le développement de la culture, c'étaient les incursions et les pillages périodiques des Maures, habitant la rive septentrionale du fleuve, c'était l'esclavage, c'était la tyrannie des petits princes indigènes : ces trois obstacles, sans avoir complètement disparu, se sont atténués ; les Maures sont contenus dans leurs limites, l'esclavage et les razzias d'habitants auxquels ils donnaient lieu sont abolis ”
Paul Eudel,
L'orfèvrerie algérienne et tunisienne…
(1902)
“ Nous arrivons au moment où les Maures, chassés d'Espagne, viennent s'établir à Bougie, à Cherchell et sur les différents points de la côte africaine. Ils renoncent alors à l'esprit de conquête qui avait fait leur grandeur et leur perte. Plus de guerres aventureuses, plus d'expéditions lointaines. Ils s'attachent à leur sol et développent leur industrie. Les uns se font. commerçants et artisans dans les villes ; les autres deviennent pasteurs et se mêlent à la population autochtone, aux Berbères, - dont beaucoup d'entre eux étaient issus. ”
Gaston Donnet, En Sahara, à travers le pays des Maures nomades… (1898)
“ Sa demeure : celle de tous les Maures de qualité. Une grande tente en poil de chameau frangée d'étoffes bariolées, masquant le soleil. Par terre une natte, sur laquelle on s'accroupit; deux coussins de cuir... un large coffre en bois cachant le « capital espèces » de la famille : ambre, corail, pièces de gumée... Puis, pêle-mêle, entassés, les vivres pour de longs mois : sacs de riz, sacs de mil, pains de sucre, grandes poches en peau de mouton contenant de petits bâtonnets gris, durs comme de l'os, qui ne sont autre chose que de la viande de chameau séchée à l'air... ”
Marius Bernard, Autour de la Méditerranée.... d'Alger à Tanger (1894-1902)
“ Et ils sont courtiers, marchands, petits industriels, orfèvres, brodeurs, usuriers et souvent pis. Ils louent aux Mauresques les bijoux de leurs femmes ; ils prêtent à la grosse semaine, aux Maures dont ils prennent les biens en garantie et qui, peu à peu, poussés par eux, descendent tous les échelons de la misère ; s'ils ne vont pas enfin, comme les Arabes qui risquent leur vie pour un mouton, voler sur les grandes routes, la plupart d'entre eux se rattrapent dans les affaires. ”
