“ Roscius a trompé son associé ? un tel homme peut-il être soupçonné d’un tel crime ? Un homme qui, je le dis avec confiance, réunit dans sa personne encore plus de vertus que de talents, plus de vérité que de savoir, lui en qui le peuple romain admire l’homme plus que l’acteur ; qui honore le théâtre par son talent, autant qu’il honorerait le sénat par ses mœurs irréprochables. Mais qu’ai-je besoin de parler ainsi de Roscius devant Pison ? Il semble que je fasse l’éloge d’un inconnu. Est-il un homme au monde pour qui vous ayez plus d’estime ? ”
Roscius
Définition et enjeux
Citations sur “Roscius”
“ Vous n’y gagnerez rien que d’avoir fait connaître à l’univers entier votre audace et votre effronterie. Roscius a été tué : qui porte dans Amérie la nouvelle de sa mort ? Mallius Glaucia, votre client et votre ami. Pourquoi lui plutôt que tout autre ? Si vous n’aviez formé d’avance aucun projet contre la vie et les biens de Roscius, si vous n’étiez associé avec personne pour le crime, et pour le prix du crime, cet événement ne vous intéressait en aucune manière. ”
“ Et en effet, il avait des raisons pour craindre ; car voici quels hommes sont les Roscius. L’un, qu’on a surnommé Capiton, est un vieux gladiateur, fameux par des exploits sans nombre. Celui que vous voyez devant vous, et qu’on appelle le Grand, a reçu, dans ces derniers temps, des leçons de ce terrible spadassin. Avant ce combat, ce n’était encore qu’un écolier ; bientôt le disciple a surpassé le maître en scélératesse et en audace. VII. Sextus Roscius, revenant de dîner, fut tué près des bains du mont Palatin. Ce jour-là son fils était dans Amérie ; Titus Roscius était à Rome. ”
“ Ici Saturius, d’un ton solennel entame le récit de la société formée au sujet du fameux histrion. Fannius, dit-il, avait un esclave nommé Panurge. Il le mit en communauté avec Roscius. Déjà Saturius se plaint bien fort que Roscius partage gratuitement la possession d’un esclave que Fannius seul avait payé de ses deniers. En effet, cet homme libéral, qui ne sait pas compter, cet homme d’une bonté prodigue, a fait présent de son esclave à Roscius. Je le crois. ”
“ Ensuite, si Roscius avait une fois persuadé Cluvius de mentir, pourquoi ne lui a-t-il pas fait dire que Fannius avait reçu de Flavius trois cent mille sesterces plutôt que cent mille, puisqu’il devait en revenir la moitié à Roscius, en vertu du nouveau contrat ? Vous comprenez maintenant, Pison, que Roscius a demandé pour lui seul et non pour la société. Saturius, qui voit que rien n’est plus évident, n’ose pas insister et lutter de front contre la vérité ; mais il trouve à l’instant un nouveau biais et imagine un nouveau piège à nous tendre. ”
“ Il craignait plus que la mort, que Sylla ne fût instruit. Ces hommes qui avaient la simplicité des anciens temps jugeaient des autres par eux-mêmes ; Chrysogonus assurait qu’il effacerait le nom de Roscius, qu’il remettrait au fils la totalité de ses biens ; Roscius Capiton, qui était l’un des députés, se rendait garant de cette promesse : ils crurent, et retournèrent à Amérie, sans avoir rien demandé. Les associés ne se pressèrent pas d’agir. D’abord ils diffèrent et renvoient au lendemain. Chaque jour ils affectent plus de lenteur. Rien ne s’exécute. Ils se jouent des députés. ”
Cicéron,
Rhétorique (''Œuvres complètes''…
“ Sylla, convaincu d’injustice, se prit de fureur contre Roscius, et le fit accuser, par ce Chrysogonus, d’être lui-même le meurtrier de son père. Ainsi menacé dans sa fortune, son honneur et sa vie, Roscius ne pouvait trouver d’avocat ; nul ne voulait s’exposer au ressentiment du dictateur. Seul, Cicéron osa le défendre, et le sauva. Son éloquente plaidoirie, mélange heureux d’énergie et d’adresse, enleva tous les applaudissements, ceux même des juges ”
“ Qui faut-il refuser de croire, Luscius et Manilius, ou Cluvius ? Parlons plus clairement. Prétendez-vous que Cluvius n’a rien dit des cent mille sesterces à Luscius et à Manilius, ou bien qu’il leur a fait un mensonge ? Ici je me sens parfaitement à l’aise et en toute tranquillité ; je m’inquiète peu de votre réponse. La cause de Roscius a pour appui le témoignage irréfragable et sacré des hommes les plus vertueux. Si déjà vous avez décidé quels sont ceux dont vous refusez de croire le serment, répondez. Est-ce Manilius et Luscius qu’il ne faut pas croire ? ”
Voltaire,
Correspondance, XII (1765-1766…
“ Mais de ce que les peuples conquis exerçaient leurs talents à Rome, on ne doit pas conclure que les citoyens romains ne pussent signaler les leurs. Je ne puis comprendre comment M. Huerne a pu dire que « Roscius n’était pas citoyen romain ; que Cicéron, son orateur adverse, employa contre lui les lois de la république, sa naissance, et la vénalité des spectacles, et que Roscius n’eut rien de solide à lui opposer [3] ». ”
Cicéron,
Dialogues sur l'éloquence : De oratore…
(1866)
“ Voyez, cependant, reprit Crassus, combien on apporte plus de soin et d'étude à un art léger et futile qu'à celui de l'éloquence, que vous prétendez être le plus difficile de tous. En effet, j'entends dire souvent à Roscius qu'il n'a jamais trouvé un seul élève dont il fût content, non que dans le nombre il n'en ait rencontré qui eussent du talent, mais parce qu'il ne peut souffrir en eux le moindre défaut, car ce qui blesse est ce qui frappe le plus vite, et qu'on a le plus de peine à oublier. ”
“ Ces deux acteurs jouirent à Rome de la plus grande réputation : Ésope dans la tragédie, et Roscius dans la comédie. Cicéron donne surtout à ce dernier les plus grands éloges ; tout le monde connaît le témoignage qu’il rend et à son talent et à sa conduite. ”
Louis François Lestrade, De la Liberté religieuse en France… (1827)
“ On aurait cru faire insulte à la majesté du pouvoir, blesser l'urbanité romaine , que de promener sans autorisation du magistrat, dans une cérémonie particulière , les insignes consacrés par l'état à des fonctions publiques. Les arts pleurèrent Roscius ; mais Rome , toujours grave dans ses moeurs, sage dans ses coutumes, admirable surtout dans son tact pour les convenances sociales, ne permit point qu'on décernât à un comédien les honneurs extraordinaires réservés à ses héros. Rome savait distinguer le grand homme du grand comédien. ”
Auguste Baron, Lettres et entretiens sur la danse ancienne… (1824)
“ Puis, il rapporte un rêve. Pilade et Bathylle lui apparaissent ; il les interroge , et Roscius finit par lui apprendre que la gesticulation de ces grands hommes, qui arrachaient des larmes aux vainqueurs du monde, ressemblait à peu près à un exercice de sourds-muets. C'est vraiment une dérision. Sans doute , il y avait a Rome des écoles où s'apprenaient des principes généraux de déclamation , et les élémens de la science d'un geste conventionnel. ”
“ XI. Quum essem in Asia. Cicéron, après avoir gagné à vingt-sept ans la cause de Roscius d’Amérie, accusé de parricide, alla passer quelque temps en Grèce et en Asie ; soit, comme il le dit dans son Brutus, pour fortifier sa santé et se perfectionner dans l’éloquence ; soit, comme le dit Plutarque, parce qu’il redoutait la vengeance de Sylla, dont il avait violemment attaqué dans son plaidoyer l’affranchi Chrysogonus. ”
“ Vous dites, Saturius, que Panurge était la propriété de Fannius. Eh bien ! moi, je prétends qu’il était la propriété de Roscius seul. Qu’est-ce qui appartenait à Fannius ? son corps. À Roscius ? son talent. Sa figure n’était rien, le talent seul avait son prix. Ce qui appartenait de lui à Fannius ne valait pas cinquante mille sesterces, ce qui appartenait à Roscius en valait plus de cent mille. Car ce n’était pas son extérieur que l’on considérait ; on ne l’appréciait que par son mérite d’acteur. L’homme ne pouvait par lui-même gagner plus de douze as ”
Charles Dickens,
Les Grandes Espérances
(1861)
“ Comme nous étions à contempler le feu, et que je pensais combien le capital était quelquefois un rêve difficile à réaliser, je mis mes mains dans mes poches. Un morceau de papier plié, qui se trouvait dans l’une d’elles, attira mon attention. Je l’ouvris, et je vis que c’était le programme de théâtre que j’avais reçu de Joe, et qui annonçait le célèbre amateur de province, le Roscius en renom. ”
Gaston Boissier,
Le poète Attius : étude sur la tragédie latine pendant la République…
(1857)
“ En même temps, Pomponius et Novius renouvellent l'Atellane ; Afranius réussit dans les fabuloe togatoe; Attius enfin fait applaudir ses tragédies librement imitées du grec ou tirées de l'histoire romaine. C'est aussi l'époque où paraissent sur la scène de grands artistes, les plus célèbres que Rome ait produits : Roscius, observateur savant et profond, réussit surtout dans la comédie ; Esopus, plus grave, plus passionné, excelle à rendre les grands ouvrages tragiques. Leur talent étend le succès de ce théâtre et le fait comprendre du peuple autant qu'il était admiré des littérateurs. ”
Henri de Régnier,
L’Illusion héroïque de Tito Bassi
“ On y était venu de Vérone, de Padoue et même de Venise, et c’était devant cette noble assemblée que j’allais faire mes débuts sur le tréteau tragique. Ils excitaient, comme bien l’on pense, une très vive curiosité. La nouveauté de l’œuvre, la personne de l’auteur, ce que l’on racontait de la façon dont il avait découvert un nouveau Roscius sous le latin cicéronien du bon abbé Clercati, tout cela était d’un grand attrait. On s’attendait à quelque chose d’extraordinaire. Je m’en aperçus à la peine de notre carrosse pour se frayer un passage. ”
Théodore-Henri Barrau, Exercices de composition et de style… (1853)
“ Après la guerre civile dont Sylla et Marius avaient été les principaux chefs, et qui avait fini par la destruction complète du parti de Marius, Sylla, nommé dictateur, exerçait dans Rome une autorité absolue; tous ceux qu'il proscrivait étaient mis à mort, et leurs biens étaient vendus. Le 1er juin de l'an 82 avant J.-C. avait été fixé comme le terme des proscriptions et des confiscations. Vers le milieu de septembre suivant, Roscius, citoyen d'Amérie (petite ville à 16 lieues de Rome) , qui se trouvait à Rome, fut tué la nuit, probablement par des brigands. Roscius était fort riche. ”
Jules Janin,
Revue des Deux Mondes
“ Il fut le premier protecteur d’Horace, le sauveur de Virgile, l’ami de Roscius le poète tragique. Voici tantôt dix-huit cents ans que l’on répète : — Honneur à Mécène ! Mécène a sauvé les poètes de son temps ; il a été leur ami, leur soutien, leur providence ! — Et dans ces louanges unanimes on oublie celui qui le premier a tendu aux beaux esprits de son temps une main secourable et bienveillante, Asinius Pollion. La seconde satire [2] est déjà moins acerbe que la première. L’auteur se sent plus fort, plus inspiré, mieux écouté, il sera donc moins cruel. ”
Pierre-René Auguis,
Les conseils du trone, donnés par Frédéric II, dit le Grand…
(1823)
“ Il n'épargna ni les prévenances, ni même les cajoleries au célèbre acteur, il le nommait alternativement le restaurateur de la scène française , le Roscius moderne. Il lui témoigna le désir d'entendre des passages du rôle d'Auguste, dans la pièce de Cinna. Ses louanges eurent le caractère du goût, de la délicatesse et de l'intérêt, Aufrèsne, hors de lui , énivré de joie, d'orgueil et de reconnaissance , s'épuisa par trois grandes heures de déclamation des passages les plus remarquables de nos chefs-d'oeuvre. ”
Émile-Victor-Charles de Boyer de Sainte-Suzanne, Notes d'un curieux (1878)
“ Parmi les acteurs qui furent le plus en vogue, nous citerons Livius Andronicus, Roscius et OEsopus. Livius Andronicus, né en Grèce, précepteur des enfants de Livius Salinator, écrivit la première tragédie latine. C'était en l'an 512 de Rome, 50 ans avant la naissance de Menandre, 160 ans après la mort de Sophocle et d'Euripide. Ce poète, de même que ses devanciers, les poètes grecs, jouait lui-même ses pièces qui étaient fort médiocres, au dire d'Horace et de Cicéron. Roscius (Quintus) , né à Lanuvium, jouait la comédie. — Cicéron disait, en parlant de lui ”
Louis Grégoire, Dictionnaire encyclopédique d'histoire… (1871)
“ La plèbe, à cette occasion, siffla le tribun Roscius, qui avait donné aux chevaliers des places séparées au théâtre. C'était une manifestation hostile à Cicéron, l'un des chefs de l'ordre des chevaliers. Le consul entraîna le peuple au temple de Bellone, lui fit honte de sa jalousie, glorifia l'ordre équestre et « ramena au théâtre la foule repentante. » ”
Théodore Grellet-Dumazeau, Le barreau romain : recherches et études sur le barreau de Rome… (1851)
“ Nous lisons dans Plutarque (1) qu'après la défense de S Roscius , dans l'intérêt de qui il avait violemment attaqué un favori de Sylla, Cicéron fit un voyage en Grèce pour se soustraire à la colère du dictateur. ”
“ Si C. Fannius produit un registre de recette et de dépense tenu par lui, pour lui et à son gré, je consens à ce qu’il ait gain de cause. Quel est le frère ou le père dont la déférence pour son frère ou son fils irait jusqu’à reconnaître tout ce qu’il aurait porté sur son registre ? Eh bien ! Roscius le reconnaîtra ; produisez vos livres. Ce que vous croyez, il le croira lui-même ; ce qui vous semblera prouvé, il le regardera comme tel. Tout à l’heure, nous demandions à M. Perpenua les registres de P. Saturius ”
Théophraste,
Oeuvres complètes de J. de La Bruyère…
(1876)
“ Cette femme, selon les clefs, serait une certaine Mlle de La Ferrière, femme d'un maître des requêtes; et Dorinne serait une Mlle Foucaut, fille d'un conseiller. 2. Roscius paraît bien être le célèbre Baron (1653-1729) , acteur et auteur comique. Ce n'est qu'assez tard (XVIIIe siècle) que l'on a essayé de mettre des noms réels sous ceux de Lélie et de Césonie, de Claudie et de Messaline, qui sont probablement des noms de fantaisie. Les seules femmes de quelque renom qu'on a crues désignées ainsi sont la duchesse de Bouillon (Claudie) et la maréchale de la Ferté ou Mme d'Olonne (Messaline) . ”
“ CHAPITRE CIII. 1 Continuo radat utriusque non solum capita, sed etiam supercilia. — On rasait les cheveux aux esclaves ; mais on ne rasait les sourcils qu’aux scélérats, aux séditieux et aux déserteurs. Cicéron fait une ingénieuse allusion à cet usage, dans son oraison pour Roscius, lorsqu’il dit, en parlant d’un certain Fannius Chéréa : Nonne ipsum caput, et supercilia illa penitus abrasa, olere malitiam et clami-tare calliditatem videntur ? ”
Denis Diderot,
Correspondance littéraire, philosophique et critique…
(1812)
“ J'en juge par une consulta- tion qu'il demande à M. Tronchin dans une de ses dernières maladies, consultation aussi tragique, aussi pleine de philosophie et de chaleur qu'aucun de ses rôles. Notre Roscius, uniquement occupé de la perfection de son art ? n'avait jamais cherché d'autres distractions que celles où il avait été entraîné par la violence de ses sentimens. Mais il n'avait rien négligé pour acquérir toutes les connaissances relatives à son objet ”
Charles Sorel,
De la connoissance des bons livres…
(1671)
“ Il est certain que Ciceron & d'autres Autheurs appellent Roscius, Histrion aussi bien que Comedien. Cela fait voir qu'il n'y avoit gueres de distinction entre ces deux Professions. Il semble que c'est une chose assez inutile de disputer davantage là dessus, & qu'on peut tout d'un coup retrancher la Question en remonstrant, Qu'en ce qui est des Histrions & des Comediens Romains, Tragiques ou Comiques, les uns ne valoient pas mieux que les autres, & que leurs pieces les plus modestes avoient des emportemens que nous ne sçaurions approuver ”
Pierre-François Godard de Beauchamps, Recherches sur les theatres de France… (1735)
“ Les proscriptions de Marius & de Sylla les interrompirent : les guerres de Cesar & de Pompée, qui les suivirent de près, ne ramenerent point la barbarie ; mais dans un tems de troubles & d'horreurs les muses sont muettes, il leur faut du calme. L'empire, devenu tranquile sous Auguste, produisit des chefs-d'oeuvre, mais d'un genre où le théatre n'eut point de part. On est étonné que parmi tant de beaux esprits, qui composoient la cour de ce prince, aucun n'ait travaille pour la scene. Roscius, dont Ciceron fait un si grand éloge, trouvoit ses rôles dans Plaute & dans Terence ”
Théodore Grellet-Dumazeau, Le barreau romain : recherches et études sur le barreau de Rome… (1851)
“ S. Rose. , 1. commandées par son propre intérêt ou par l'intérêt de son client. Chrysogonus, cet homme au nom doré, ce favori de Sylla, est attaqué avec vigueur et accablé sous les qualifications les plus humiliantes (1) ; mais Sylla est un homme « très-puissant et très-illustre , dont le nom ne doit être prononcé qu'avec respect (2) . » Si Roscius le père a été porté sur les tables de proscription , alors que les proscriptions avaient cessé ”
