Traité de Lunéville

Définition et enjeux

Portrait de Albert Sorel Albert Sorel Revue des Deux Mondes

Attribuaient-ils au traité de Lunéville un caractère unique d’imprescriptibilité, alors que tant d’autres traités, conclus avant et après celui-là, déclarés également éternels, tombaient répudiés, déchirés, abrogés par eux ? Aux Français de s’en flatter, s’ils le voulaient, et selon la vanité de leurs illusions. Le point était de les persuader que la guerre implacable n’était que la guerre à Napoléon ; que le Grand Empire et sa suprématie étaient seuls en jeu ; et que la France, pourvu qu’elle laissât les alliés renverser l’édifice impérial, se retrouverait chez elle, heureuse et pacifiée.
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Louis-Auguste-Félix de Beaujour Du traité de Lunéville . Par Félix-Beaujour (1801)

La France peut aspirer sans doute à un degré de force qui lui garantisse le haut rang qu'elle a pris parmi les nations civilisées, et sa vieille et nouvelle gloire : mais elle doit redouter, comme l'infamie, la domination suprême. Le dernier terme de la grandeur est le commencement de la décadence.
Et pour appliquer ces maximes au Traité de Lunéville, je trouve tout simple que le Gouvernement qui a dicté la paix, l'ait faite bonne et glorieuse pour sa nation : mais il
ne devait pas la faire inquiétante pour l'Europe, ni humiliante pour son ennemi
Source : Gallica

Mathieu Orsini Histoire de Napoléon Ier, empereur des Français… (1853)

Par le traité de Lunéville, la coalition se trouvait restreinte à l'Angleterre, au Portugal et à la Porte-Ottomane. Tout, au delà de l'Elbe, observait la neutralité. Les cours du Nord, la France, l'Espagne et l'Italie, fermaient leurs ports à l'Angleterre, et la république enfin était parvenue à un si haut degré de gloire et de prospérité, qu'il était facile de prévoir que le moment, tant désiré par les nations, d'une paix générale, était enfin arrivé. L'Angleterre était la seule puissance qui pût mettre obstacle à cette paix.
Source : Gallica

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