“ L’individu gagna à la nage le caboteur, ancré à quelque cinq cents mètres de là, emportant le bout d’un câble fait de tous les vêtements disponibles, déchirés et raboutés pour la circonstance. La mer était unie, et la baie sombre « comme une panse de vache », selon l’expression de Brown. Le nageur escalada les pavois avec l’extrémité du câble entre les dents ; l’équipage du caboteur, composé de Tagals, était à terre, et se payait une petite fête dans le village indigène. Les deux hommes de garde restés à bord s’éveillèrent tout à coup et virent le diable. ”
Caboteur
Définition et enjeux
Citations sur “caboteur”
Jules Lecomte,
Dictionnaire pittoresque de marine
(1835)
“ De sorte qu'ils sont plus rares sur les points où les passagers ne se présentent pas en assez grand nombre pour les défrayer de leurs dépenses énormes. — On dit caboteur, d'un bateau qui fait le cabotage; caboter, faire le cabotage. — Les patrons des caboteurs sont soumis à un examen; qui est le premier de ceux qu'on exige pour être admis à commander un bâtiment. ”
F Bertauld, La Navigation intérieure et la concurrence étrangère… (1888)
“ Aujourd'hui, le caboteur espagnol, italien ou anglais, voire même allemand, les apporte presque jusqu'aux portes de Paris, à 150 ou 200 kilomètres seulement, et alors que le fret, pour la batellerie en Seine jusqu'à Paris, ou sur le Rhône jusqu'à Lyon, est de 3 ou 4 fr. la tonne, le caboteur étranger garde 35 ou 40 fr. ”
France. Service historique de la marine, Revue maritime
“ Tout navire transatlantique en acier et tout navire caboteur transportant cent passagers, ou au-dessus, sera pourvu de cloisons placées de telle sorte que si deux quelconques des compartiments adjacents du navire sont envahis par l’eau, la flottabilité et la stabilité du navire n’en seront pas compromises ”
Félix Santallier,
Sur la jetée : pilote de l'étranger dans le Havre et ses environs…
(1859)
“ M.Autran, dans les Bancs de marbre, a donc altéré le sens de la locution, en écrivant : Jamais ce marocain n'osa de longs voyages : Timide caboteur, il navigue auplusprês. Evidemment le poëte veut dire par ce dernier mot que le caboteur en question ne s'éloigne pas de terre, et navigue toujours en vue des côtes. Cette idée demandait une autre expression, puisque, sans être caboteur, sans être timide, et en osant les plus longs voyages, en pleine mer comme en vue des côtes, tout bâtiment est obligé de naviguer au plus près et de courir des bordées lorsqu'il a vent debout. ”
Ports maritimes de la France : Tome quatrième… (1879)
“ Les navires doivent suivre cet alignement jusqu’à toucher le pied du phare inférieur, puis appuyer sur la gauche pour se mettre à quai ou pour pénétrer plus avant dans l’anse. Les caboteurs qui attendent l’heure de la marée, ou que des vents contraires retiennent dans le port, peuvent jeter l’ancre au Nord de la Grande-Vache, dans un sillon où il reste 3ro,5o d’eau; on mouille aussi en dehors de la balise, dans l’alignement des feux. ”
Auguste Pawlowski, La marine marchande et l'inscription maritime (1910)
“ Les armateurs, de par la loi de 1907, sont tenus, pour les bâtiments naviguant au long-cours, et ayant une jauge brute de plus de 700 tonneaux, d'entretenir au moins un capitaine pour le pont, un second et un lieutenant diplômés ; les caboteurs de plus de 1.000 tonneaux, s'éloignant de plus de 400 milles de tout port métropolitain, sont astreints aux mêmes exigences. Les navires de 200 à 700 tonneaux de la première catégorie, ceux de 200 à 1.000 de la seconde doivent avoir à bord deux officiers. A la mer et dans les rades ouvertes, le personnel, pont et machines, marche par quarts ”
Edmond Pâris, L'Art naval à l'exposition universelle de Londres de 1862… (1863)
“ Le capitaine Snow Harris a rendu compte des bateaux de pêche de l'Angleterre, qui sont de petits caboteurs de 21m de long. L'importance du cabotage et de la pêche, surtout dans les mers poissonneuses du Nord, a produit une grande variété de bateaux, chaque localité ayant le sien. Il est étonnant qu'on n'en ait jamais fait une collection générale, qui certes aurait fourni des comparaisons curieuses et préservé de l'oubli des constructions que la vapeur fera disparaître en partie. ”
René La Bruyère, Revue des Deux Mondes
“ Ils naviguent au long cours pendant leur jeunesse et retournent plus tard dans leurs foyers. Les caboteurs peuplent les navires des lignes subventionnées qui sillonnent la Méditerranée et font la traversée entre l’Océan et l’Algérie. Sur 8 800 inscrits qui comptent à Marseille, la majorité sont des caboteurs. Presque tous les inscrits de Corse, au nombre de 8 000 environ, participent à cette navigation qui est parfois très dure pendant l’hiver. Les borneurs composent les équipages des remorqueurs et des navires affectés à des voyages rapprochés sur les côtes de France ou dans les fleuves. ”
Jurien de La Gravière, Souvenirs d’un Amiral, première partie…
“ Nous escortions une assez grande quantité de navires caboteurs. Notre faible tirant d’eau nous permit de naviguer entre la terre et des bancs qui suffisaient pour nous préserver des attaques de l’ennemi. Nous n’eûmes qu’à nous louer des égards que l’on eut pour nous pendant notre séjour à bord de la Carpe. Toutefois nous n’étions pas, comme on nous l’objecta très judicieusement, à la hauteur des circonstances. Nous n’avions pas l’habitude de ce langage familier qui semblait placer sur le même rang les matelots et les officiers. On voulut bien se montrer indulgent pour notre ignorance ”
Edmond Jurien de La Gravière,
Voyage en Chine et dans les mers et archipels de cet empire pendant les années 1847-1848-1849-1850…
(1864)
“ Ne perdant jamais la terre de vue, suivant tous les détours de la côte, s'enfonçant dans tous les golfes, ces caboteurs sont habitués à jeter l'ancre chaque soir. Leurskoangs ou étapes ont été fixés à l'avance ; ils ne les quit- tent qu'après avoir décidé l'appareillage d'un commun accord. Les jonques qui opinent pour le départ hissent une de leurs voiles, celles qui sont d'avis de rester au mouillage laissent toutes leurs voiles ferlées. ”
Jules Lecomte,
Dictionnaire pittoresque de marine
(1835)
“ Rouleau en bois dur, quelquefois en fonte, qu'on place à demeure sur certains points du navire, où doivent fréquemment passer des cordages qui s'altéreraient par le frottement, ou perdraient une partie de leur action, sans leur contact avec le tourniquet. — Les petits bâtimens caboteurs ont quelquefois un cylindre garni d'une manivelle, à l'aide de laquelle on le met en mouvement, et qui fait en petit ce qu'opère en grand le guindeau, en l'enveloppant de cordages sur lesquels il y a une tension à exercer. ”
Victor Amand Toussaint, Code-manuel des armateurs et des capitaines de la marine marchande… (1861)
“ D'un autre côté, l'article 225 du Code de commerce impose d'une manière générale au capitaine l'obligation de faire visiter son navire, mais en se conformant aux règlements. De là est née la question de savoir si les navires faisant le cabotage sont encore soumis à la visite annuelle qui leur était imposée par la déclaration du 17 août 1779 (art. 3) , question vivement controversée. Le ministre de la marine (cire. du 30 novembre 1826) pense qu'il y a lieu d'exiger cette visite annuelle des navires caboteurs, sauf l'existence notoire d'avaries majeures survenues avant l'expiration de ce terme. ”
Ports maritimes de la France : Tome quatrième… (1879)
“ Les caboteurs mouillent quelquefois dans le sillon qui forme le chenal d’entrée, près du hameau de Port-Manech, habité par des pêcheurs. La tenue y est assez bonne sur des fonds de sable de 2m, 3o, mais la mer y est grosse par les vents d’Est et de S. E. Aussi les navires qui peuvent franchir la barre préfèrent-ils généralement remonter la rivière, dont la navigation n’offre aucune difficulté dans cette partie de son cours, et jeter l’ancre, soit à l’entrée de l’anse de Poulguen, soit devant le petit port de Rosbras, dans une fosse où il reste im, 5o d’eau à basse mer. ”
Henri Frère, Les richesses maritimes de la France (1872)
“ Le cabotage signifie rigoureusement la navigation qui se fait de cap à cap, c'est-à-dire le long des côtes, pour le transport des marchandises d'un port à un autre. On distingue, d'après l'ordonnance du 18 oc- tobre 1749, qui est encore en vigueur, le petit cabotage, qui se fait d'un port à l'autre de la France dans la Manche, l'Océan et la Méditerranée, et le grand cabotage, qui se fait dans la Manche avec la Belgique, la Hollande et les îles Britanniques, dans l'Océan avec l'Espagne et le Portugal, dans la Méditerranée avec l'Espagne et l'Italie. ”
Jurien de La Gravière, Les Marins du xvie siècle. — I.…
“ La seule navigation que connaisse le moyen âge, c’est la navigation qui va de cap en cap, en d’autres termes, la navigation de cabotage. Le pilote côtier tient lieu de boussole, d’astrolabe et de carte marine. Sur les deux rives de la mer d’Allemagne stationnaient constamment de nombreux lamaneurs, relais échelonnés qui devaient, à l’instar de nos maîtres de poste, se passer, avec une fidélité scrupuleuse, les flottilles marchandes de main en main. Tel pilote prenait les vaisseaux sur la côte de Flandre et les conduisait à l’entrée du détroit de Douvres ”
IXe Congrès international de navigation… (1902)
“ De même la possession de quelques remorqueurs rend ses compagnies indépendantes et libres d’un grand nombre d’aléas qui entravent la navigation à voiles. Malgré cela, si l’on se rapporte aux renseignements de statistique contenus dans le rapport de M. de Thierry, les navires au cabotage dans leur forme variée, Barques du Weser, Ewers, Koff’s, Tjalks, Bricks, Schooners, Brigantines, Galéasses, Yachts, etc. semblent pouvoir soutenir la concurrence avec les allèges maritimes qui font le cabotage, car leur nombre va toujours en augmentant. ”
IXe Congrès international de navigation… (1902)
“ Les allèges maritimes qui ne visitent que des ports où les navires d’un fort tonnage ne peuvent arriver, ne sont essentiellement qu’un moyen de remplacer les navires de cabotage. Leur avantage vis-à-vis des navires de cabotage consiste en ce qu’ils sont dans les mains de puissantes compagnies qui, par suite de leur rélations étendues, peuvent ouvrir des communications de tous côtés et sont ainsi à même de produire une certaine régularité des communications et de maintenir celles-ci d’une manière durable. ”
Ports maritimes de la France : Tome premier… (1874)
“ Le mouvement du cabotage peut être considéré, dans une certaine mesure, et surtout dans les circonstances particulières que nous venons de traverser, comme solidaire du mouvement extérieur. Les observations auxquelles a donné lieu la navigation de concurrence sont donc, en grande partie, applicables à la navigation réservée. Celle-ci présente un accroissement de 60 navires et de 86,609 tonneaux de jauge. Une grande quantité de marchandises que l’on aurait expédiées dans un temps normal, par les chemins de fer, ont été dirigées par mer sur les ports les plus rapprochés de leur destination. ”
Ports maritimes de la France : Tome troisième… (1878)
“ Les autres navires appartenant au port, dont le nombre, en dehors de ceux qui font la pèche, est moyennement de 12, sont armés pour le grand ou le petit cabotage. Mais on doit espérer que l’ouverture prochaine de son bassin à flot amènera la reprise des grands armements. Comme tous les ports de cabotage, le Légué a souffert de la construction des chemins de fer; les vins notamment, qui arrivaient tous par mer, empruntent maintenant la voie ferrée. Néanmoins le mouvement maritime se maintient et tend plutôt à augmenter qu’à décroître. ”
Charles Châtelain, Cours d'administration. Notions élémentaires de droit public et maritime… (1874)
“ Quant à la protection maritime des côtes et du cabotage, dont parle l'article 11 de l'ordonnance, c'est une attribution spécialement dévolue à la Marine, et il est juste que le Préfet maritime l'exerce au mieux des intérêts confiés à sa vigilance et au zèle de ses subordonnés. Vous savez qu'en France le cabotage de port à port est un genre de navigation réservé au pavillon national et que, pour les transports de ce genre, les étrangers ne peuvent faire aucune concurrence à nos marins et à nos armateurs. ”
Sociétés françaises de géographie. Congrès, Congrès national des Sociétés françaises de géographie… (1889)
“ Sur tous les navires armés soit pour le long cours, soit pour la grande pêche, soit pour le cabotage, pourvu que le capitaine soit breveté du long cours ou du cabotage, c'est tout ce que la loi exige. ”
Isidore Sachs, L'Italie : ses finances et son développement économique depuis l'unification du royaume… (1885)
“ Leurs escales furent considérées comme mouvement de cabotage. De cette modification commencée en 1876, il résulte, comparativement aux chiffres de 1875, une diminution de 700,000 tonneaux qui allèrent augmenter le mouvement-du cabotage. Celui-ci, de son côté, subit d'autres modifications qui consistaient dans une classification plus, exacte des navires de relâche; c'est pourquoi la. navigation du cabotage ne s'est pas augmentée de la diminution de la navigation internationale, et que, dans la première, nous ne trouvons qu'une augmentation de 10,000 tonneaux. ”
“ Un autre navigateur, soit capitaine au long-cours s'il s'agit de navigation au long-cours, soit maître au cabotage s'il s'agit de petit cabotage ou de pêche, ayant accompli quatre années au moins de navigation en l'une de ces qualités ; les maîtres au cabotage devant être munis du brevet supérieur lorsqu'il s'agit de navires à vapeur ou à propulsion mécanique ”
Émile Bréart, Manuel du gréement et de la manoeuvre des bâtiments à voiles et à vapeur… (1885)
“ Par mauvais temps, l'embarcation qui a une longue route à faire grand largue ou vent arrière peut avantageusement remplacer la misaine par le tape-cul hissé en son lieu et place. Si elle est surprise au large sans pouvoir trouver un refuge à proximité, elle peut se maintenir debout à la lame et s'abriter en quelque sorte de la grosse mer par une drome faite avec sa mâture et ses avirons sur laquelle elle s'amarre avec son càblot et se maintient ainsi debout à la lame. ”
Louis Schauer de Marckolsheim, Encore le droit de visite. Revue administrative de la marine française… (1842)
“ Le cabotage réuni à la pêche, voilà la base de notre navigation ; il est plus encore : c'est l'école toujours active de nos marins. Et quand ces hommes ont vieilli et atteint l'âge de la retraite, on préfère à cette activité effective de vingt-cinq années de navigation, l'inactivité très souvent répétée de vingtcinq années de services dans les ports ou sur les rades, des marins de l'État !!!... Mais, mon Dieu ! l'établissement d'activité de services sans services réels est sans contredit une très curieuse absurdité. ”
Émile Bréart, Manuel du gréement et de la manoeuvre des bâtiments à voiles et à vapeur… (1885)
“ Lorsque la mer est grosse, il faut, après avoir mouillé le grappin, conserver le câblot sur l'avant pour éviter l'arrière à terre: en accostant autrement, les lames viendraient frapper le tableau de l'embarcation qui serait bientôt remplie ; culer en se servant d'avirons et filant le câblot, puis, lorsqu'on est suffisamment proche de terre, maintenir le canot sur le fond au moyen d'avirons et faire sauter des hommes à l'eau qui agiront comme nous l'avons dit. Lorsqu'il y a jusant, on doit être attentif à ne pas laisser s'échouer l'embarcation et la haler sur le grappin en conséquence. ”
Louis Schauer de Marckolsheim, Encore le droit de visite. Revue administrative de la marine française… (1842)
“ En 1831, l'amiral de Rigny, voulant imprimera la marine du commerce un élan d'encouragement, avait bienveillamment élargi les limites du cabotage, qui n'étaient auparavant que de Bayonne à Dunkerque, de la Méditerranée jusque dans le fond du Nord. Dès lors, les capitaines au cabotage se sont naturellement séparés en trois classes : 1° la première, s'appuyant sur ses connaissances et sa familiarité avec la mer, entreprit la navigation hauturière ”
Jean-Louis Le Hir,
Des paquebots transatlantiques
(1857)
“ Mais, celles-ci seront chargées sur les navires à vapeur de cabotage, lorsqu’elles seront à destination d’un port, où le paquebot ne pourrait se rendre, faute d’eau. Lorsqu’elles seront à destination de l’intérieur, il sera, dans la plupart des cas, plus avantageux de les transporter par les chemins de fer; car, il faut qu’on le sache bien, même pour ces marchandises le transport par bateau à vapeur de l’entrée de la Manche au Havre, et du Havre à Paris, ou réciproquement, y compris les assurances, coûtera tout autant que le transport direct de Brest à Paris par le chemin de fer [4] . ”
Angus Hamilton, Hamilton - En Corée
“ À mer basse, les navires qui sont mouillés à moins d’une vingtaine de mètres du quai, reposent sur la boue avec un peu plus d’une brasse d’eau et, d’autre part, l’espace est si petit qu’il est impossible à une douzaine de vaisseaux de tenir à l’aise dans ce port. Les vapeurs de plus grande dimension que les petits bateaux de cabotage qui s’arrêtent à Port-Arthur, venant de Chine ou du Japon, doivent mouiller devant le port et opérer le déchargement et le rechargement au moyen de jonques ou d’allèges. ”
