Dépenses militaires

Définition et enjeux

Jurien de La Gravière Revue des Deux Mondes

Les dépenses militaires sont sans doute les plus improductives, les moins justifiables de toutes : jamais siècle les vit-il portées à un excès comparable à celui sous lequel les finances de l’Europe aujourd’hui succombent ? Acceptons néanmoins résolument le fardeau : nous exposerions trop notre existence même à vouloir prématurément nous on décharger ; demandons seulement en échange une sécurité complète. Voilà, je l’avouerai, la préoccupation, — pourquoi ne dirai-je pas l’inquiétude, — qui me fait attacher un si grand intérêt à la constitution d’une flotte défensive.
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Portrait de Raphaël-Georges Lévy Raphaël-Georges Lévy Revue des Deux Mondes

La première inspection du budget nous montre combien il est difficile à manœuvrer : la dette et les dépenses militaires en forment presque les deux tiers ; un neuvième consiste en dépenses qui ne sont que la condition d’encaissement de recettes, — comme celles des postes, des régies et monopoles d’État, — lesquelles grandissent en même temps que les dépenses et dont la réduction n’est pas désirable, puisque ces services se soldent pour la plupart en bénéfice et contribuent à alimenter le budget.
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Portrait de Michel Chevalier Michel Chevalier Revue des Deux Mondes

Notre nation, qui est beaucoup moins riche que l’Angleterre, est, on l’a vu, beaucoup plus chargée par ses dépenses militaires. C’est, chez nous, un total annuel de 530 à 550, ou même 570 millions contre 410 à 430 qu’elle débourse. A nous qui sommes les plus pauvres, la guerre que nous ne faisons pas, la guerre que nous ne ferons point, à moins de la vouloir absolument, la guerre nous coûte, tous les ans, 120 à 160 millions de plus qu’à nos rivaux.
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