“ Ce point vient s’y poser comme un sinistre augure. Il trouble chaque jour ma joie & mon sommeil... — C’est qu’il faut être l’aigle à l’immense envergure Pour sonder sans péril la gloire & le soleil !... ”
Envergure
Définition et enjeux
L'envergure désigne la distance entre les extrémités de membres symétriques, tels que les ailes ou les bras, et s'applique à des êtres vivants ainsi qu'à des engins aériens. Chez les oiseaux, les chiroptères ou les avions, elle influence la manœuvrabilité et l'efficacité du vol. En littérature, des auteurs comme Zénon Fière ou Émilie Arnal l'utilisent métaphoriquement pour évoquer l'aspiration ou la grandeur spirituelle.
Les textes analysés révèlent une variété d'approches, allant de l'admiration pour l'aigle à l'exploration de l'âme humaine. Les données mettent en évidence la diversité des envergures, des quelques centimètres des chauves-souris aux 117 mètres du Stratolaunch, illustrant une gamme infinie de formes et de fonctions.
Citations sur l'envergure
Émilie Arnal,
La Maison de granit
“ Des embûches de l’ombre et nous rend la raison. Voici le lumineux cortège d’espérance, De tranquille sagesse et de ferme vouloir ; Voici, pour un moment, l’oubli de la souffrance Devant la grande joie austère du devoir. Quand s’élève le vol des fécondes pensées, Que la beauté vivante enfin naît du travail, Les lointaines douleurs paraissent effacées, L’âme victorieuse a pris le gouvernail. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
(1837)
“ À quoi cela sert-il ? pourquoi se creuser et s’user le cerveau à des conjectures ? cela donne-t-il du pain et des souliers aux hommes ? — tu me répondrais : Cela donne des émotions saintes et un mystique enthousiasme à ceux qui travaillent à la sueur de leur front pour les hommes ; cela leur apprend à espérer, à rêver à la Divinité, à prendre courage et à s’élever au-dessus des dégoûts et des misères de la condition humaine par la pensée d’un avenir, chimérique peut-être, mais fortifiant et sublime. Qui t’a fait ce que tu es, Éverard ? c’est cette fantaisie de rêver le soir. ”
Arthur Buies,
Petites chroniques pour 1877
“ Dites-moi, quel plaisir, quelle joie valent cette ivresse des sens, ivresse tranquille et fortifiante qui entre par tous les pores, qui court par toutes les fibres et qui remplit en même temps l’âme tout entière ! ”
L. Silvant, Éphémère, poésies de L. Silvant (1855)
“ Votre esprit se détache avec enivrement Des terrestres grandeurs, devant le Tout-Puissant; Vous ressentez alors, la rougeur sur la joue, Que vous êtes d'argile, et que, pétris de boue, La triste vanité ne vaut pas la vertu, Ni le contentement à votre âme rendu. ”
“ Par le séjour de la gloire, je vois le bonheur et le contentement qu’éprouve le juste sur la terre, par les pleurs et les grincements de dents, le désespoir et les tourments qui ne cessent de tourmenter le pécheur toute sa vie. ”
“ Tes qualités adorables, ta beauté, ton esprit, excitent l'envie, et l'envie te crée des ennemis; tu prends peu de soin de ces convenances de société, qui en imposent aux esprits communs; ta grâce est dans l'abandon et le naturel; tu parles du premier mouvement, et ce premier mouvement est le vrai génie qui t'inspire; mais ce qui fait ton charme pour qui sait te connoître, est ton danger dans la conduite de la vie. ”
Amédée Thierry,
Revue des Deux Mondes
“ Que suis-je, moi, à côté de tels. hommes, dont la gloire devait écraser l’envie, et que l’envie a tourmentés dans leur gloire ? Je dois me consoler, obscur et petit comme je suis, d’entendre grogner autour de moi l’immonde troupeau des jaloux qui veulent fouler aux pieds les perles afin que personne ne les ramasse, où plutôt je prends mon parti, je travaille, j’interprète les Écritures, et me soucie peu des fantômes et des larves, dont la nature est, dit-on, de murmurer la nuit dans les coins, pour faire peur aux petits enfans. ”
J. Raffault, Éléments de sociologie. Textes choisis et ordonnés… (1930)
“ Qui dira d'où viennent subitement au coeur à certaines heures l'abondance et la vie, l'allégresse et le courage ? Peut-être d'un rayon qui à glissé en nous et qui, doucement au fond de notre âme, a préparé une éclosion de joie. ”
Anna de Noailles,
Poème de l’amour
“ J’absorbais avec gravité Ton âme innocente et physique, Plus ample pour moi que le ciel ; — Senteur suave, âpre, vermeille, Tiède aveu confidentiel D’un corps qui songe ou qui sommeille, C’est toi la grâce nonpareille ! ”
Charles de Saint-Évremond,
Œuvres mêlées de Saint-Évremond
“ Le ciel les a déjà séparés, par la contrariété des humeurs, par l’opposition des esprits, par les bonnes et les mauvaises inclinations, par la noblesse des sentiments de l’une et l’indignité de ceux de l’autre : la nature les a séparés, comme le ciel, par une beauté qui charme les yeux, par un visage moins délicieux à la vue. ”
Antoine Andraud, Théâtre scientifique. Électricité… (1854)
“ RAFAËL. Et moi, je ne suis qu'un pauvre écolier, sans nom et sans fortune. ÉLÉNA. La science a déjà fait célèbre le nom que tu portes, et nous sommes dans une époque où le courage est une fortune. Oh! mon ami, préparons-nous à une lutte opiniâtre;, je connais le podestat : l'orgueil l'aveugle et domine dansson cœur tout autre sentiment. ”
Marie Lenéru,
Journal de Marie Lenéru
“ Je vois une situation, quelques scènes qui mettent mes personnages dans un beau corps-à-corps, et si, peu à peu, cette situation devient problème, c’est qu’elle s’organise en moi et se développe avec ce souci de l’équilibre qui est, en littérature, la loi même de la vie. ”
François de Malherbe,
Poésies de François Malherbe
“ Ils s’en vont ces rois de ma vie, Ces yeux, ces beaux yeux, Dont l’éclat fait pâlir d’envie Ceux même des cieux. Dieux, amis de l’innocence, Qu’ai-je fait pour mériter Les ennuis où cette absence Me va précipiter ? ”
Émile Verhaeren,
Les Forces tumultueuses
“ Et confondre ce qui s’échange, avec la joie ! Oh ! vivre ainsi, fervents et éperdus, Trempés de tout notre être, en les forces profondes Afin qu’un jour nos deux esprits fondus Sentent chanter en eux toutes les lois du monde. ”
Laurent de Jussieu, Antoine et Maurice, par L.-P. de Jussieu (1821)
“ Lorsque je me vis sous de solides verroux, mon courage m'abandonna, et je me livrai aux plus amères réflexions. Tous les actes de ma vie se représentèrent à mon esprit. Je ne doutais pas que tous ne fussent découverts , et je voyais pour le moins les galères en perspective. ”
Émile Verhaeren,
Les Flammes hautes
“ En tes rêves, en tes pensées, En ta main souple, en ton bras fort, En chaque élan tenace où s’exerce ton corps, La chance active est ramassée. Dis, la sens-tu, prête à bondir Jusques au bout de ton désir ? La sens-tu qui t’attend, et te guette, et s’entête À éprouver quand même, et toujours, et encor, Pour ton courage et pour ton réconfort, Le sort ? Ceux qui confient aux flots et leurs biens et leurs vies N’ignorent pas qu’elle dévie De tout chemin trop régulier ; Ils se gardent de la lier Avec des liens trop durs au mât de leur fortune ; Ils savent tous que, pareille à la lune, ”
André de Guerne, Les Siècles morts
“ La volonté des Dieux et l’ordre d’Évergète ! Frêle, inquiet, borné, l’esprit humain végète Dans une ombre mobile où les sensations Ne sont que lueur fausse et fugaces rayons. Quel mortel, tour à tour déçu par l’apparence, À du Bien ou du Mal prouvé la différence ? Quel marcheur indécis n’arrête enfin ses pas Devant un gouffre noir qu’il ne franchira pas ? ”
“ Peut-être regretteras-tu ton monde à toi, ton monde idéal que tu créais pour toi, que tu peuplais pour toi ; ton monde où tu étais souveraine, où, évoquant vingt avenirs, tu pouvais, insouciante et capricieuse, les effacer d’un souffle. ”
Jules Laforgue,
Poésies complètes de Jules Laforgue
“ Que n’aimons-nous pour nous dans notre petit coin ? Infini, d’où sors-tu ? Pourquoi nos sens superbes Sont-ils fous d’au-delà les claviers octroyés, Croient-ils à des miroirs plus heureux que le Verbe, Et se tuent ? Infini, montre un peu tes papiers ! ”
“ Au-dessus, prenons garde au vertige, car l’échelle s’amincit et déjà nous sommes si loin du pavé ! Au-dessus le vrai grand monde s’agite, rit, regarde danser, écoute chanter, courtise, conspire, protège, démolit, joue, veille, dénigre, caresse et mord, l’œil en l’air, toujours ! ”
Sébastien-Charles Leconte,
La Tentation de l’homme
“ À notre vision tu te révéleras Du gouffre intérieur à l’abîme suprême, Fermant d’un cercle d’or l’orbe entier du problème, Tu te fondras en nous, égalée à toi-même, Dans l’unité parfaite où tu t’accompliras. ”
Adolphe de Lescure,
Les Confessions de l'abbesse de Chelles…
(1863)
“ Votre esprit, Seigneur, souffle où il veut, et, de préférence, sur les coeurs orgueilleux et solitaires. Votre grâce a la prédilection des rebelles, et c'est ainsi que j'ai été à la fois un exemple de la vanité humaine et de votre puissance. ”
Jean Cocteau,
Le Secret professionnel
“ Or, l'envers et l'endroit, utiles pour s'exprimer à la mode humaine, n'ayant sans doute aucun sens dans le surhumain, ce verso, vague, creuse autour de nos actes, de nos paroles, de nos moindres gestes un vide qui tourne l'âme comme certains parapets tournent le cœur. ”
“ J’ai espéré que tu ouvrirais les yeux, que tu comprendrais ce qui se passe autour de toi. Mais au lieu de t’éclairer par l’expérience, tu te lances en aveugle au milieu des abîmes. Je ne veux pas t’y laisser tomber ! ”
Émile Montégut, Mélanges critiques : Victor Hugo…
“ On se demande à quel point d’énervement, de sécheresse et d’épuisement sont arrivés les hommes de notre temps pour qu’on leur parle du plus grand sentiment de l’âme et de la plus grande institution sociale sur ce ton et de ce style. ”
Paul Verlaine,
Œuvres complètes de Paul Verlaine…
“ Quand tu me lis une histoire Empruntée aux « Faits Divers », Je me refuse à la croire — Le monde est-il si pervers ? Les gens sont-ils si sublimes ? (J’en conviens, moins fréquemment) Tu lis ou plutôt tu limes Et ce m’est un agrément ”
George Sand,
Autour de la table
“ Le calme et les ombres président au charme secret du sentiment de la vie. Ombres qui habitez les cavernes de ces montagnes, je dois à vos soins silencieux l’éducation cachée qui m’a si fortement nourri, et d’avoir, sous votre garde, goûté la vie toute pure et telle qu’elle me venait sortant du sein des dieux ! ”
Édouard Gorges, Revue de l'exposition universelle… (1855-1856)
“ L'éventail, entre les doigts d'une femme, a une langue universelle que comprennent, sans l'avoir jamais apprise, les amoureux de tous les pays. Comme l'hésitation, l'embarras du oui. se lisent bien dans ces ondulations lentes ! — le dépit, la colère, ou la jalousie, dans le frémissement saccadé qui agite l'air et soulève les boucles de la coiffure!. que de perfidies, de bonheur, de larmes, d'aveux et de repentirs éclos derrière un éventail ! ”
Eugène Sue,
Jean Bart et Louis XIV : drames maritimes du XVIIe siècle
(1851)
“ Oui, à chaque infamie qui aurait pu souiller la chasteté de ses convictions, cette belle âme, par une aspiration sublime, remontant dans une zone plus éthérée, cherchait un air plus pur pour s'y épanouir, et là, fière, radieuse, elle jouissait de la plénitude de sa vertu, en méprisant tant de misères et de lâchetés. ”
Jules Laforgue,
Poésies complètes de Jules Laforgue
“ Je suis-t-il malhûreux ! Cultes, Littératures, Yeux chauds, lointains ou gais, Infinis au rabais, Tout train-train, rien qui dure, Oh ! à jamais Des créatures ! — Ah ! ça qu’est-ce que je veux ? ”
Charles de Saint-Évremond,
Œuvres mêlées de Saint-Évremond
“ La curiosité, la délicatesse, la propreté, le soin de votre personne, les commodités, les plaisirs ne vous ont pas abandonnée ; et si votre discrétion vous a défendu des voluptés, vous avez cet avantage, que jamais faveurs n’ont été si désirées que les vôtres. Que trouverez-vous, Madame, où vous allez ? Vous trouverez une défense rigoureuse de tout ce que demande raisonnablement la nature, de tout ce qui est permis à l’humanité. Une cellule, un méchant lit, un plus détestable repas, des habits sales et puants remplaceront vos délices. ”
Maurice Leblanc,
Victor, de la Brigade mondaine
“ Vous êtes faite de soumission et d’orgueil, forte devant les épreuves et désemparée devant l’ennui, devant la routine, les habitudes quotidiennes, la tristesse, la monotonie de la vie. Ainsi, tout en vous est contradiction, votre calme et votre ardeur, votre raison qui est saine et vos instincts qui sont violents, votre froideur et votre sensualité, vos désirs d’amour et votre volonté d’indépendance. ”
Théophile Gautier,
Mademoiselle de Maupin
(1834)
“ Courage, Rosette, courage ! Si vous êtes essoufflée, arrêtez-vous un peu et reprenez haleine, et puis continuez votre ascension : vous n’avez peut-être plus qu’une vingtaine de marches à gravir pour arriver à l’embrasure d’où vous verrez votre bonheur. ”
Émile Deschamps,
Petit prologue pour la distribution des prix
“ Les Sœurs, prêchant d’exemples ainsi que de leçons, Le bon Curé, nos doux Protecteurs, et les Dames Qui soignent à l’envi nos corps avec nos âmes, Fallait-il nous tourner la cervelle à l’envers Et, huit jours, sur nos mains compter les pieds des vers ! Un bouquet suffisait. Voilà que l’heure approche. ”
“ Cette résolution appliquée aux vulgarités de l’existence, comme aux choses importantes, donnerait à lame un ressort et un équilibre qui est l’état le plus propre à écarter l’ennui. Sentir qu’on a fait ce qu’il fallait faire vous élève à vos propres yeux. ”
Henriette Colombet, Fleurs champêtres (1892)
“ Ta bonté souveraine A su nous captiver ! Nous luttons sur la terre, Les dangers sont pressants. Refuge salutaire, Ouvre tes bras puissants! T'aimer avec ivresse Est notre seul plaisir, Répondre à ta tendresse Est notre seul désir! ”
Caroline Lucy Scott, Julie Norvich. Tome 2 (1837)
“ L'effet que vous produisez sur les autres finit par agir sur vous-même, et alors vous vous livrez à l'enchantement. Combien pourra durer un si délicieux état? telle est la seule inquiétude qui vous arrache un soupir. Et quel est donc cet enchantement, Julie ? est-ce là le bonheur ? ”
Émile Senart,
Origines bouddhiques
“ Il lui faut traverser quatre degrés de contemplation, par lesquels, de la réflexion pénétrante et sereine, il s’élève à l’indifférence absolue, supérieure à tout sentiment de peine ou de plaisir, supérieure enfin à toute conscience. ”
Émile Verhaeren,
Les Forces tumultueuses
“ Vénus, recueille en toi cette ivresse angoissée ; Que du fond de ta chair et de ton cœur L’amour afflue et règne enfin dans ta pensée, Aime l’humanité qui est l’âme meilleure En tourmente et en vertige vers le bonheur ”
Louis Dumur,
Pauline, ou la liberté de l'amour
“ Où en arrivons-nous alors? A l'indifférence, si nous ne sommes pas doués d'une trop vive impressionnabilité; à la rébellion, au crime, au martyre, si nous ne pouvons effacer en nous notre qualité d'êtres sensibles. ”
Paul Verlaine,
Œuvres complètes de Paul Verlaine…
“ N’être plus là, compter au rang des cœurs cachés, Des cœurs discrets que Dieu fait siens dans le silence, Sentir qu’on grandit bon et sage, et qu’on s’élance Du plus bas au plus haut en essors bien réglés, Humble, prudent, béni, la croissance des blés ! ”
“ La sensualité, l’ambition, le dévouement, la cruauté, la vocation du martyre, tous les états excessifs vont au même but : se rapprocher, éprouver des sensibilités avec la sienne, rencontrer son semblable, le prendre et se donner. ”
Friedrich Nietzsche,
Par delà le bien et le mal
(1886)
“ Imaginez une organisation telle que la nature, prodigue sans mesure, indifférente sans mesure, sans intentions et sans égards, sans pitié et sans justice, à la fois féconde, et aride, et incertaine, imaginez l’indifférence elle-même érigée en puissance, — comment pourriez-vous vivre conformément à cette indifférence ? ”
Georges Eekhoud,
Nouvelle kermesses (Édition définitive…
(1894)
“ Une impression de richesse, d'aisance, de santé, de quiétude, se dégage de toute cette nature. Ici on engrange, là-bas on javelle et on gerbe encore. Lieurs, faneurs, botteleurs et batteurs fatiguent courageusement. ”
“ Et pourtant, qu'est-ce que j'exige? ce que vous accordez à tous les indifférents. Est-ce le monde que vous redoutez? ce monde absorbé dans ses frivolités solennelles ne lira pas dans un coeur tel que le mien. ”
Émile Souvestre,
Un philosophe sous les toits
(1851)
“ Tous ceux qui courent déjà les rues, l'air endimanché et le sourire sur les lèvres, comprennent-ils ce qui les rend joyeux? Savent-ils seulement ce que signifie cette fête et d'où vient l'usage des étrennes ? Ici mon esprit s'arrête pour se constater à luimême sa supériorité sur l'esprit du vulgaire. J'ouvre une parenthèse, dans ma mauvaise humeur, en faveur de ma vanité, et je réunis toutes les preuves de ma science. ”
