Émile Livet, Les agonisants : 1917-1922 (1924)
“ Où j'étais proscrit : — Mal et maladie, Doute, anxiété, Morne tragédie, — Je l'ai donc été, Cette âme affadie, Ce cœur hébété ? V Hélas ! même encore Aujourd'hui le mal Décevant, fatal, Qui brûle et dévore Mon sang et ma chair, — Ce mal est d'enfer ! Et ma vie étique Toujours ci-inclus Est de plus en plus Molle et frénétique : Mon corps n'en peut plus ! VI Mais si l'âme libre, Qu'importe, ô mon Dieu ? Faites, ô mon Dieu, Que cet équilibre Que j'ai, peu à peu, Avec maladresse, Mais avec tendresse, Humblement conquis, Me demeure acquis!... ”
