“ Delaherche résolut de retourner encore à la Sous-Préfecture, sentant bien que tout repos lui serait impossible, tant qu’il ne saurait pas. Mais, en bas, devant la rue encombrée, il fut pris d’un désespoir : jamais il n’aurait la force d’aller et de revenir, au milieu des obstacles dont le souvenir seul lui cassait les membres. Et il hésitait, lorsqu’il vit arriver le major Bouroche, soufflant, jurant. ”
Delaherche
Définition et enjeux
Citations sur “Delaherche”
Georges Vogt, Exposition universelle internationale de 1900 à Paris… (1901)
“ Heureusement qu'en avant de ces retardataires, qui ne vivent que du passé, marche toute une phalange d'artistes qui, par leur talent, leur conviction et leur persévérance, conduisent la céramique dans la voie du progrès et du beau. Ce sont : Krog, Deck, Pietro Krohn, Delaherche, Dammouse, Lœbnitz, Muller et tant d'autres dont les belles œuvres bien modernes furent si franchement appréciées du public connaisseur. ”
Georges Vogt, Exposition universelle internationale de 1900 à Paris… (1901)
“ Parmi les différentes pièces exposées, on remarquait de grands vases rouges de cuivre, des vases à couverte jaune mate claire, rehaussée de coulures bleues claires; d'autres avec une couverte d'un beau noir brun, parsemé de petits cristaux moirés d'un très bel effet; un autre, d'allure galloromaine, revêtu d'un très joli ton bleu; une jolie frise décorée d'iris et, enfin, de superbes carreaux de revêtement rouge de cuivre, flambés de bleu. Dans toutes ces productions de M. Delaherche, on sent tout à la fois la volonté de l'artiste et l'habileté du céramiste, bien maître de son métier. ”
11e régiment du génie, historique de la compagnie 21 (1923)
“ Le 26 Septembre, à 5 h. 25, les vagues d'assaut partent et ne trouvent guère de résistance jusqu'à la route de Souain à Tahure. Un brouillard intense couvre tout le terrain, provoqué en partie par des obus fumigènes, et empêche d'apercevoir la progression. Cependant une mitrailleuse arrête l'avance vers le Mont Muret. Les chars surviennent et la réduisent enfin. Le long du boyau Regnault, la piste créée par la Compagnie s'avance. Les Lieutenants DELAHERCHE et VÉRIN sont toujours en tête et y resteront jusqu'à la relève. ”
Germain Bapst, Inventaire de Marie-Josèphe de Saxe… (1883)
“ D'abord, un de Nattier, catalogué à Versailles, n° 3796, où elle porte une robe bleue garnie de fourrure. Un autre, sans nom d'auteur, catalogué dans le même musée sous le n° 4453, où elle est couverte d'une robe rose garnie de fourrure. Puis un petit portrait sans origine, actuellement de la collection de M. Delaherche, de Beauvais. Mme la vicomtesse de Janzé possède aussi une peinture sur toile exécutée en Saxe et représentant Marie-Josèphe à l'âge de douze ans : elle est de face, en costume de cour; on voit déjà dans les traits la physionomie que les portraits ci-dessus lui ont donnée. ”
Exposition internationale, Exposition universelle de 1878 à Paris… (1879)
“ En buste, la tête tournée vers l'épaule droite ; bonnet et manteau brodés de perles ; pourpoint ouvert sur lequel sont brodés des G. Dans la partie supérieure est écrit ; CLAVDE DE LORRAINE DVC DE GVISE. Photographié au charbon, par M. Braun. A M. ALEXANDRE DELAHERCHE, à Beauvais. 59. – Henri Ier de Lorraine (1550-1578) , troisième duc de Guise, dit le Balafré. – Bois ; haut. 0m, 23, larg. 0m, 17. – Auteur inconnu (XVIe siècle) . En buste, de trois quarts, tête nue, tournée vers l'épaule gauche ; grande collerette plissée ; indication de vêtement noir, bordé de jaune. ”
Ferdinand de Lasteyrie,
Causeries artistiques
(1862)
“ A côté de lui, Delaroche, froid, mais spirituel et correct, arrive, par des qualités presque analogues, à l'apogée de la célébrité bourgeoise. Quant à M. Delacroix, le plus vraiment original, mais aussi le plus excentrique des peintres de cette pléiade, doué de qualités supérieures, mais inégal et souvent incorrect, à lui seul il forme une école et provoque tout à la fois l'enthousiasme le plus ardent ou la plus rude controverse, en heurtant sans cesse volontairement ce que les uns tiennent pour des règles, les autres pour des préjugés. ”
Henri Delaborde,
Revue des Deux Mondes
“ Ceux qui savent tenir compte seulement des idées ou des faits que traduit la peinture marchanderont encore moins leurs suffrages à un peintre si bien en mesure d’intéresser directement l’esprit. On a dit quelquefois que M. Delaroche, avec son organisation et les qualités générales de son intelligence, se serait aussi sûrement distingué dans une autre carrière que dans celle qu’il avait choisie. ”
Henri Delaborde,
Revue des Deux Mondes
“ Le seul trait de ressemblance qu’offrent la plupart d’entre eux, c’est une expression de goût ingénieux et de tendances presque littéraires. En dehors de ces inclinations, où survit quelque chose de son propre sentiment, M. Delaroche ne leur a pas transmis sa manière, parce que cette manière était au fond toute personnelle. Elle participait des progrès successifs de l’intelligence, des conquêtes journalières, autant pour le moins que d’un système d’exécution une fois adopté. Le moyen de prescrire avec une entière certitude ce que l’on est soi-même en train de découvrir ou d’expérimenter ? ”
Henri Delaborde,
Revue des Deux Mondes
“ Est-ce à dire que M. Delaroche se soit tenu si fort à part de ce qui se passait autour de lui, qu’il semble comme dépaysé dans notre école et dans notre siècle ? Rien ne serait moins conforme à la vérité. Aucun peintre au contraire, — il faut le répéter, — n’exprime avec plus de fidélité les tendances générales et les aspirations au milieu desquelles il a vécu. Ses œuvres résument clairement le mouvement d’idées qui s’est accompli en France depuis trente ans, et les coutumes d’esprit, les goûts de la majorité. ”
Henri Delaborde,
Revue des Deux Mondes
“ Heureuse fin et bien digne d’une telle vie que cette mort au sein de l’art, des efforts généreux et des hautes pensées ! Que l’on cesse donc d’accuser l’isolement systématique où M. Delaroche vivait depuis quelques années, puisqu’en s’éloignant de l’arène publique il a pris d’autant mieux possession de lui-même et d’autant mieux usé de son talent. Sans préoccupation de rivalité, sans ambition du succès actuel, il a voulu scruter à fond sa conscience d’artiste. ”
Jean-Auguste-Dominique Ingres,
Ingres d’après une correspondance inédite
“ Un corps long et nerveux, comme ses ambitions illimitées et soutenues, qui s’entretenait à l’ouvrage, du matin jusqu’au soir, avec deux sous de café dans le ventre et qui ne pouvait peindre qu’avec un diable-au-corps le repoussant à trois mètres loin de sa toile après chaque coup de pinceau jeté là, comme en passant, comme en courant, en vent d’orage. Un tranquille et un satisfait, Delacroix ? Jamais de la vie, par exemple ! ”
George Sand,
Histoire de ma vie
“ Reste à savoir s’ils l’entendent bien, et si, dans cette région de la fantaisie, ils sont compétens à discerner le faux du vrai, le naïf du maniéré. J’en doute. Ceux qui comprennent réellement le Corrége, Raphaël, Watteau, Prud’hon, comprennent tout aussi bien Delacroix. La grâce a son siége et la puissance a le sien. D’ailleurs les grâces sont des divinités à mille faces. Elles sont lascives ou chastes, selon l’œil qui les voit, selon l’âme qui les formule. Le génie de Delacroix est sévère, et quiconque n’a pas un sentiment capable d’élévation ne le goûtera jamais entièrement. ”
Henri Delaborde,
Revue des Deux Mondes
“ La composition de M. Delaroche a donc une physionomie complexe. Toute la partie centrale est traitée dans un style héroïque : elle n’implique que des idées de majesté absolue et n’exprime qu’une immobilité solennelle au-dessus du fait humain et de la vie. Partout ailleurs la vie circule, les figures se meuvent. ”
Henri Delaborde,
Revue des Deux Mondes
“ Non, les arrière-pensées de M. Delaroche à cette époque de sa vie et à d’autres époques, les intentions secrètes dont on s’est plu à compliquer son talent, tout cela n’est qu’erreur ou invention. Nous ne prétendons pas dire, tant s’en faut, que M. Delaroche fût indifférent à toutes les causes, qu’il se tînt en dehors des événemens où des idées qui venaient à se succéder dans son pays. Il avait, comme homme, des préférences auxquelles il est resté fidèle ; mais, comme peintre, il n’entendait faire ni de l’art un moyen d’action éphémère, ni de son pinceau un instrument de polémique ”
Gérôme : huit reproductions fac-simile en couleurs (1910)
“ Delaroche, qu'on a pu appeler le Casimir Delavigne de la peinture, sans être un révolutionnaire, un romantique, se séparait des froids traditionnalistes de l'école par son souci profond de l'exactitude, du geste, intéressant et vrai. Gérôme s'inspirera de principes analogues. Tout en s'intéressant profondément au costume, au milieu, à la couleur locale, il évitera l'excès et gardera une mesure en quelque sorte classique jusque dans la fantaisie la plus moderne. ”
Henri Raison Du Cleuziou, L'Oeuvre de Delacroix par Henri Du Cleuziou (1885)
“ Horace Vernet a de la fougue, de l'entrain, de l'animation, du brio. Il a dû travailler au son du tambour, au bruit des épées qui se croisent, travailler en culotte rouge et en tunique bleue. Delaroche est plus officiel. Il étudiait en collet brodé, en membre de l'Institut. Flandrin peignait en robe de lin; Scheffer, en philosophe spiritualiste. Delacroix a peint en homme. C'est véritablement dans l'art l'expression la plus complète des tendances, des idées, des convictions de l'époque où nous vivons. ”
“ Je fais une longue promenade de quatre à six heures : Paris me paraît charmant. De la place Louis XV je traverse les Tuileries pour rentrer par la rue de la Paix ; ce beau jardin est tout à fait abandonné : que de souvenirs il me rappelle de ma jeunesse ! Le soir, chez Thiers, il n’y avait que Roger [2] . Je vois le portrait de Delaroche, faible ouvrage, sans caractère et sans exécution. On peut dire des choses fermes, raisonnables, intéressantes même, et l’on n’a pas fait cependant de la littérature ;... en peinture de même. ”
Charles Clément, Artistes anciens et modernes, par Charles Clément (1876)
“ La tête, qu'on ne voit qu'en profil perdu, est d'un type adorable. On ne peut rien imaginer de plus chaste, de plus fin, de plus souple, de plus pur que le galbe de la jeune nymphe. C'est à la fois la beauté féminine dans son éclat et la jeunesse dans sa première fleur. La planche de M. Braun, exécutée d'après un admirable dessin à la pierre noire rehaussée de sanguine, est l'une des plus belles de la collection. Vers cette époque. Delaroche, partant pour l'Ita- lie, pria Gleyre de se charger de son atelier d'élèves. L'école de Delaroche était très-suivie et par conséquent très-lucrative. ”
Hippolyte Mettais, Les amours d'un tribun (1876)
“ M. Delahartétait hors de lui-même ; il criait comme un enfant qui s'exalte d'autant qu'il est plus loin du maître qui porte la férule. C'était réellement pitié de voir un homme qui avait toutes les apparences, de la virilité montrer tant de faiblesse. — Et cette femme, mon cher ami, ajouta suspirieusement M. Delahart après un instant de silence, cette femme qu'on appelle Mme Delahart. elle n'est pas Mme Delahart. — Je le sais, dit tranquillement le comte de Béelzébuth. — Vous le savez! s'écria M. Delahart avec terreur, car il croyait que tout le monde ignorait ce mystère. ”
Description exacte du tableau de M. P. Delaroche exposé au Palais des Beaux-Arts (1841)
“ Au-dessus de la composition qui présente l'aspect d'une immense frise circulaire, s'élève la gracieuse demi-coupole, dont la couleur de la pierre, parsemée de légers ornemens d'or, trace doucement la limite supérieure de la composition. Honneur donc au peintre et à l'architecte, MM. Delaroche et Duban, qui ont si heureusement marié leurs pensées et leurs efforts pour réunir, par les liens d'une gracieuse amitié, l'architecture et la peinture, ces deux nobles sœurs que tant d'artistes semblent prendre à tâche de brouiller! ”
“ Elle serait à elle seule le sujet d’un long chapitre, tant elle embrasse de genres, et tant de nos jours elle prend de développement ; mais nous ne la suivrons pas dans toutes les voies qu’elle parcourt, et nous nous contenterons de dire qu’elle a fourni cette année à l’exposition trois belles planches au burin. L’une est de M. Prudhomme, d’après les Enfans d’Édouard, de M. Delaroche, l’autre de M. Richomme, d’après la Vierge au livre de Raphaël, et la troisième enfin de M. Calamatta, d’après le Vœu de Louis XIII de M. Ingres. Le tableau de M. Delaroche nous semble gagner beaucoup à être gravé ”
René Delorme, J'ai tué ma femme (1880)
“ J'aime Mlle Lucie; je lui ai demandé si elle voulait de moi; elle m'a refusé, et je suis triste, dame ! — Voyons, mon enfant, dit le comte, as-tu bien réfléchi? Le Bilec est un brave homme, un vaillant marin. Sa demande est honorable. Il ne faut pas prendre une résolution à la légère. Il t'aime. — Oh ! oui, dame, fit le pilote. — L'amour d'un homme de cœur est une chose précieuse et qu'il ne faut pas dédaigner. Lucie regarda le comte tristement. — J'estime infiniment Le Bilec, répondit-elle. Je sais que toutes les filles de ce pays seraient fières de l'avoir pour mari. ”
Ernest Legouvé,
Soixante ans de souvenirs
“ M. Delaroche m’a raconté que l’année où sa Jane Grey fut exposée, le jour même de l’ouverture du Salon, il se mêla au public pour recueillir les impressions de la foule. Il était là, tout entier au plaisir d’entendre les exclamations d’enthousiasme que soulevait son tableau, quand il se sentit frapper doucement sur l’épaule ; il se retourne et se trouve en face d’un vieillard qui lui dit : « Jouissez bien de ce jour, monsieur Delaroche, vous n’en aurez plus de pareil... » Eh bien, M. Lemercier ne retrouva pas de jour pareil à la première représentation d’Agamemnon. Pourquoi ? ”
Amédée Gouet, La dette de famille : grandeurs et misères du foyer (1862)
“ La famille Delaroche était une des plus riches et des plus importantes familles du département. M. Delaroche tenait à Rozay une maison considérable. Il passait la saison d'été dans sa propriété de Darcis, située au milieu des montagnes, sur le bord d'un torrent. Les eaux de ce torrent, après maints circuits à travers les vallées, venaient alimenter le village de Rize ; elles coulaient à peu de distance de la ferme Bruno, sous la forme d'une charmante rivière bordée de saules et de peupliers. ”
Taxile Delord,
Les célébrités du jour : 1860-61
(1860)
“ L'artiste est resté impassible. Les membres de l'Institut, Les feuilletonistes graves, Les Ingristes, Les bourgeois, ont formé une vaste coalition contre l'auteur du Massacre de Sciv. La coalition a poussé M. Ingres, cela va sans dire ; elle a exalté Delaroche, elle a porté aux nues toutes les médiocrités imaginables, et n'a pas prononcé une seule fois le nom de Delacroix sans le faire suivre de toutes sortes de railleries et d'imprécations, rien n'y a fait ! La réputation du proscrit est sortie victorieuse de ces épreuves. ”
Alexandre Thomas, Revue des Deux Mondes
“ Nous sommes disposé à croire que ce sujet a long-temps préoccupé l’artiste. Il appartenait de droit au peintre le plus dramatique de notre époque de retracer cette scène, la plus émouvante peut-être, de cette grande tragédie de la révolution française. Nous savons que M. Paul Delaroche est doué d’un esprit très souple et très étendu. Souvent facile et correct, très rarement vulgaire, quelquefois châtié et presque archaïque, il est toujours intéressant. ”
Zacharie Astruc,
Le salon intime : exposition au boulevard des Italiens
(1860)
“ « Mais tout ceci n'est que folie et misère. La mort aura sa gerbe. Dieu soit loué! — si le cavalier blanc, le Giaour, peut vaincre — car je m'intéresse à lui pour la belle couleur de neige de sa robe, et pour l'élan invincible de son courage. » Magnifique sujet. La peinture a quelques vieilles allures dans l'accent du pinceau. Le premier sentiment romantique d'où découlent Bonington, Devéria, Géricault, — s'y affirme visiblement. A divers endroits notre puissant Delacroix laisse bien des traces de sa griffe future. ”
Amédée Durande, Joseph, Carle et Horace Vernet… (1864)
“ Je lui ai recommandé de se faire lire Habacuc, Baruch et l'Ecclésiaste. « Demain, nous entrons en campagne pour suivre des manœuvres qui dureront quatre jours. « L'empereur m'a beaucoup parlé de Delaroche. Il a toutes ses gravures. « Je me porte toujours comme à l'ordinaire, c'est-àdire scandaleusement bien. J'aurais le cœur tout à fait content, si je pouvais vous croire tout près de moi. Ce qui console d'une telle séparation, c'est le bien qui doit en résulter. « Adieu, chère et bonne Louise. Je vous embrasse tous du meilleur de mon cœur.» ”
