“ Il est clair que l'inepte symbole de Nicée attente à la majesté du Dieu unique, en l'obligeant à partager ses indivisibles attributs avec sa propre émanation, le médiateur par qui toutes choses furent faites. Renonce à railler le Dieu vrai des chrétiens, Nicias; sache, que, pas plus que les lis des champs, il ne travaille ni ne file. L'ouvrier, ce n'est pas lui, c'est son fils unique, c'est Jésus qui, ayant créé le monde, vint ensuite réparer son ouvrage. Car la création ne pouvait être parfaite et le mal s'y était mêlé nécessairement au bien. ”
Symbole de Nicée
Définition et enjeux
Citations sur “Symbole de Nicée”
Amédée Thierry,
Récits de l’histoire romaine au Ve siècle
“ Le symbole de Nicée, y était-il dit, suffit pour ruiner toutes les machines des hérétiques, car, en professant que le Dieu tout-puissant et éternel est père, on professe en même temps que son fils lui est co-éternel, consubstantiel et entièrement semblable. Or c’est le même Fils éternel du Père éternel qui est né du Saint-Esprit et de la vierge Marie. Cette génération temporelle n’a rien ôté ni ajouté à la génération éternelle ; mais elle a été employée tout entière à la réparation de l’homme pour vaincre la mort et le démon. ”
Charles LeBeau, Histoire du Bas-Empire, par LeBeau… (1836)
“ Entre les trésors de la tradition ecclésiastique, c'est la source la plus pure, où l'église puise encore ses règles de discipline. La célèbre profession de foi, qui fut depuis ce temps la terreur et l'écueil de l'arianisme, est ce qu'on appelle aujourd'hui le symbole de Nicée. ”
Alfred Vacant, Eugène Mangenot, Émile Amann0, Dictionnaire de théologie catholique
“ Les controversistes latins ont maintes fois reproché aux grecs leur acharnement contre l’insertion du Filioque dans le symbole de Nicée, tandis qu’ils ne se faisaient pas scrupule, pour les besoins de leur cause, d’altérer le texte de saint Jean. ”
Étienne Vacherot,
La religion
(1869)
“ Mais, dans cette mystérieuse synthèse de notions plus ou moins contradictoires, c'est le sentiment psychologique qui domine et finit par prévaloir sur l'idée métaphysique, non-seulement clans la théologie mystique de certains docteurs de l'Église, mais même dans la théologie spéculative des Pères Alexandrins, dont le symbole de Nicée est la formule orthodoxe et définitive. ”
Constant Martha,
L’Empereur Julien et l’Histoire de l’Église au IVe siècle
“ Le concile de Nicée, pour mettre fin à toutes les incertitudes et aux inévitables oscillations de la raison flottant entre tant de cultes et de sectes, arrête avec une rare précision un symbole qui s’imposera sans conteste à tout l’Occident pendant des siècles. ”
Dictionnaire de théologie catholique
“ ILaTeûop.6v etç iva ©eôv narépa 7ta7roxpaTopa, tcoiv, Nous croyons (IV) en un seul Dieu (vi) Père (vu) , tout 2. Rapports de ce symbole à ceux de Nicée et de Constantinople. — Diverses sont les opinions émises sur ce problème obscur. Les uns ont vu dans le symbole cyrillien une revision du symbole de Nicée, avec des additions portant sur l’article relatif au Saint-Esprit et sur les quatre suivants. C’est même de là qu’est venu le doute de Gérard Vossius sur l’intégrité substantielle des Catéchèses, considérées comme œuvre antérieure au concile de Constantinople. ”
Dictionnaire apologétique de la foi catholique
“ Diius cette pensée, les bienheureux Pères ont appelé la Sainte Vierge mère de Dieu, croyant qu’elle a engendre le Fils fuii cliair, fait homme, par qui le Père a fait toutes choses. Contre cette doctrine, Nestorius, inventeur de nouveaux blasphèmes, s’élève en dénaturant et réprouvant le nom de mère de Dieu... Encore que le mot ©îoto’xo ; ne fût pas inscrit dans le symbole de Nicée, il était appelé par la doctrine que ce symbole consacrait ; les Pères de Nicée, saint Athanase en tête, l’entendirent ainsi et s’exprimèrent en conséquence ”
Auguste Baron, Les merveilles de l'ancien monde et du nouveau… (1880)
“ Dans l'étendue de Nicée, il y a bien d'autres restes d'édifices romains, grecs, musulmans, etc., et on est frappé des contrastes qui se produisent alors. L'œil se promène avec délices sur les frontons tombés, les balustrades rompues, et les ogives des arceaux qui s'écroulent. Mais on ne peut s'arrêter ici à peindre ces effets de l'art qui tend à se plonger dans les massifs de verdure. ”
Son Exc. le général aide de camp Hassan Ali Khan… (1861)
“ « Reçois la couronne de ton triomphe, et entre dans la gloire de ton Dieu. » A ce spectacle, Nicée se mit à prier en ces termes : — « Seigneur, Dieu de saint Christophe, ne me séparez pas de ma soeur ; mais daignez me couronner aussi avec elle. » Cependant le roi fit encore venir Nicée devant lui et lui dit : — « Estu toujours disposée à persévérer dans ta folie ? Tiens, écoute-moi. Sacrifie à mes dieux. Alors, je ne te tourmenterai plus ; et tu ne souffriras pas tout ce qu'a souffert ta soeur..» ”
M. le comte A. de Moustier, Le Tour du monde
“ Nicée. — Le concile. — Les croisés. — Situation présente. — De Nicée à Yéni-Schéher. Construite par Antigone, peu d’années après la mort d’Alexandre le Grand, Nicée devrait offrir à l’observateur quelques spécimens de l’art grec classique, si le temps, les tremblements de terre, l’invasion des Scythes et d’autres barbares, les ravages occasionnés par des siéges nombreux n’avaient pas entièrement détruit ses monuments primitifs. Il faut en rechercher les fragments incrustés dans les édifices plus modernes, spécialement dans les murs d’enceinte pour lesquels ils ont fourni de nombreux matériaux. ”
Gustave Flaubert,
La Tentation de saint Antoine – Éd…
“ Les Pères de Nicée, en robes de pourpre, se tenaient comme des mages, sur des trônes, le long du mur ; et on les a régalés dans un banquet, en les comblant d’honneurs, surtout Paphnuce, parce qu’il est borgne et boiteux depuis la persécution de Dioclétien ! L’Empereur lui a baisé plusieurs fois son œil crevé ; quelle sottise ! Du reste, le Concile avait des membres si infâmes ! Un évêque de Scythie, Théophile ; un autre de Perse, Jean ; un gardeur de bestiaux, Spiridion ! Alexandre était trop vieux. ”
Société française d'études mariales. Session, Étude pluridisciplinaire sur la "via pulchritudinis" (1977)
“ L'essentiel de la discussion, on l'a dit, porte sur la possibilité et sur la vérité théologique de l'image du Christ. Si Nicée II ne débat pas très longtemps des images de Marie, c'est parce que le problème théologique de la maternité divine est depuis longtemps résolu. Il suffit à Nicée II de rester fidèle à l'enseignement des grands conciles, notamment Éphèse et, en parlant des images, de reprendre les formulations dogmatiques de ce concile. Nicée pense que la matière ets une aide pour faire passer du visible à l'invisible. ”
Charles LeBeau, Histoire du Bas-Empire, par LeBeau… (1836)
“ L'exil et la déposition des défenseurs de la foi de Nicée, balancent au moins la gloire d'avoir convoqué ce fameux concile. Incapable lui-même de dissimulation, il fut trop aisément la dupe des hérétiques et des courtisans. Imitateur de Titus, d'Antonin et de Marc-Aurèle, il aimait ses peuples et voulait en être aimé; mais ce fonds même de bonté, qui les lui faisait chérir, les rendit malheureux; il ménagea jusqu'à ceux qui les pillaient: prompt et ardent à défendre les abus, lent et froid à les punir; avide de gloire, et peut-être un peu trop dans les petites choses. ”
Edward Gibbon,
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain
(1819)
“ L’interprétation des sabelliens, qui avait obligé, cinquante ans auparavant, le concile d’Antioche [61] à proscrire l’usage de cette expression fameuse, la rendait précieuse à ceux d’entre les théologiens qui inclinaient secrètement pour une trinité purement de nom ; mais les saints les plus célèbres du temps d’Arius, l’intrépide Athanase, le savant Grégoire de Nazianze, et les autres piliers de l’Église qui défendaient avec talent et avec succès la doctrine de Nicée, semblaient regarder le nom de substance comme le synonyme de nature ”
Edward Gibbon,
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain
(1819)
“ Une recherche trop curieuse sur des textes douteux, et des argumens métaphysiques, auraient élevé une controverse interminable ; le monarque ne présenta que deux motifs à son ignorant auditoire, et tous deux d’une nature sensible et positive, la protection visible du ciel et la conviction de la terre. Le monde entier s’était soumis à la foi de Nicée ; les Romains, les Barbares et les habitans de l’Espagne [132] la professaient unanimement ; et les Visigoths résistaient seuls au vœu du monde chrétien. ”
M. le comte A. de Moustier, Le Tour du monde
“ Rome, et plus tard Byzance, ont, presque partout, recouvert d’une nouvelle couche de monuments, le sol conquis de l’Asie Mineure. Le théâtre de Nicée est contemporain de Pline le Jeune qui, dans ses lettres, donne à Trajan des détails sur la construction de cet édifice ; c’est aujourd’hui une masse confuse de voûtes, de gradins de grosses pierres taillées, à travers lesquels se fait jour une végétation puissante ; il est sur un point culminant d’où l’on domine le lac et une partie des ruines. ”
Société française d'études mariales. Session, Étude pluridisciplinaire sur la "via pulchritudinis" (1977)
“ Le P. Dumeige a bien voulu venir nous apporter le fruit de sa recherche sur le concile de Nicée II dont la définition plus pastorale que dogmatique sanctionnait l'usage des icônes. Il nous a montré que « c'est dans un contexte de dévotion et de culte qu'il faut replacer cette vénération des images », et que c'est bien cette attitude des chrétiens qu'a confirmée le concile de Nicée II: « Plus on regardera fréquemment les représentations imagées, plus ceux qui les contempleront seront amenés à se souvenir des modèles originaux (...) ' à leur témoigner une vénération respectueuse ». ”
Michel André, Dictionnaire de droit canonique et des sciences en connexion avec le droit canon… (1894-1901)
“ Jusqu'à ce temps l'Eglise Romaine n'avait connu d'autres canons que ceux de Nicée, comme le prouvent ces paroles du pape Innocent I, dans une de ses lettres adressées au clergé de Constantinople : « Nos quantum ad canonum observationem attinet, illis obsequendum esse scribimus, qui Niceae determinati sunt, quibus solis obtemperare, et suum suffragium addere Ecclesia catholica débet. » Sozomène rapporte ce témoignage en son Histoire ecclésiastique 1. ”
Fustel de Coulanges,
La Cité Antique
“ Nicias appartient à une grande et riche famille. Tout jeune, il conduit au sanctuaire de Délos une théorie, c’est-à-dire des victimes et un chœur pour chanter les louanges du dieu pendant le sacrifice. ”
Amédée Thierry,
Récits de l’histoire romaine au Ve siècle
“ « Vous avez entendu le décret, reprit Dioscore après avoir achevé son commentaire, notre devoir y est tracé, et celui de nous qui aurait altéré d’une manière quelconque la formule de Nicée a encouru volontairement la déposition. Le concile ne le pense-t-il pas comme moi ? Que chacun de vous opine, afin que son avis soit inséré aux actes. » Ignorant sur qui le coup devait frapper, Thalassius éluda la difficulté en disant qu’il suivait les conciles de Nicée et d’Éphèse, et qu’il détestait quiconque enseignait quelque chose de contraire à leurs prescriptions. ”
Théophile de Bionneau, Mémoires pour mes fils (1875)
“ Nicée, l'antique Nicée, autrefois si importante, si riche, si populeuse qu'on y a compté jusqu'à cent mille habitants, ne contient plus aujourd'hui que cent cinquante maisons, groupées à une des extrémités de sa vaste enceinte. Le reste de la ville n'est qu'un amas de ruines datant de toutes les époques : églises transformées en mosquées et mosquées tombées en ruines à leur tour. Une seule est en bon état, mélange assez curieux de l'architecture du Bas-Empire et de l'architecture arabe de la bonne époque. ”
Anatole France,
Thaïs
(1890)
“ Nicias sortait du bain. De belles esclaves promenaient les strigiles sur son corps. C’était un homme gracieux et souriant. Une expression de douce ironie était répandue sur son visage. À la vue du moine, il se leva et s’avança les bras ouverts : — C’est toi, s’écria-t-il, Paphnuce mon condisciple, mon ami, mon frère ! Oh ! je te reconnais, bien qu’à vrai dire tu te sois rendu plus semblable à une bête qu’à un homme. Embrasse-moi. ”
Ch. de Mazade, Revue des Deux Mondes
“ C’est cet amour qui éclaire l’esprit de l’auteur de Polyxène, et détermine sa foi aux idées progressives, parce que sans elles l’Italie resterait en arrière des peuples. Niccolini n’est point, il est vrai, un de ces audacieux novateurs qui ouvrent des routes inconnues jusqu’à eux, et s’y précipitent avec une ardeur spontanée et irréfléchie ; mais chaque pas qu’il fait est assuré : son génie peu hasardeux, grave, méditatif, le rend d’autant plus propre à féconder des principes qu’il n’a admis qu’avec maturité. ”
Gratien-Michel Ollivier-Beauregard, Les Divinités égyptiennes, leur origine… (1866)
“ Enfin,le second concile de Nicée,—septième oecuménique,—787, les condamna sans retour. Depuis, malgré quelques nouvelles tentatives des iconoclastes, sous les empereurs grecs Léon l'Arménien, Michel le Règue et Théophile, le culte des images a marché tète haute dans l'Église catholique. ”
Auguste Baron, Les merveilles de l'ancien monde et du nouveau… (1880)
“ En effet, sous une inextricable clairière d'arbres séculaires, de la coupole de verdure desquels émergent à peine quelques flèches et des crêtes de monuments, dort l'antique et célèbre cité de Nicée, dans la plaine inférieure, voisine du lac. j Jadis Nicée porta le nom d'Antigonie, d'Antigone, son fondateur, puis, ayant été agrandie par Lysimaque, ce prince, du nom de sa x femme l'appela Nicée. On arrive au pied des murailles de cette ville grecque sans s'en douter. Aucun murmure, nul mouvement n'en signale l'approche. ”
Charles de Mazade,
Les Précurseurs italiens. — Niccolini et la vie toscane
“ Les unes et les autres sont l’expression d’une idée fondamentale, unique, l’idée de la patrie italienne à délivrer, à reconquérir, — à délivrer de ses préjugés, de ses passions de discorde aussi bien que de l’étranger, et c’est ce qui fait la sérieuse originalité de la poésie de Niccolini, c’est ce qui lui donne un rôle dans le mouvement des choses contemporaines, c’est, à proprement parler, sous la forme d’un art savant et perfectionné, la poésie nationale et libérale de l’Italie. ”
Maxime Collignon,
Revue des Deux Mondes
“ Pline a recueilli un propos attribué à Praxitèle, et évidemment emprunté à des sources grecques. Comme on demandait au grand artiste quelles étaient celles de ses statues de marbre qu’il estimait le plus ; « Celles, répondit-il, auxquelles le peintre Niciasamis la main. » Et Pline ajoute : « Tant il attribuait d’importance à la patine (circumlitio) donnée par Nicias. » Cette collaboration du peintre et du sculpteur ne doit pas nous étonner : on en trouve l’équivalent au temps de la Renaissance italienne. ”
“ C'est pour cela qu'on doit l'honorer. Vois, Paphnuce, comme ce petit Éros est joli! Comme il se cache avec grâce dans la barbe de ce jardinier! Un jour, Nicias, qui m'aimait alors, me l'apporta en me disant: «Il te parlera de moi.» Mais l'espiègle me parla d'un jeune homme que j'avais connu à Antioche et ne me parla pas de Nicias. Assez de richesses ont péri sur ce bûcher, mon père! Conserve cet Éros et place-le dans quelque monastère. Ceux qui le verront tourneront leur coeur vers Dieu, car l'Amour sait naturellement s'élever aux célestes pensées. ”
Anatole France,
Thaïs
(1890)
“ Il suffit que Nicias l’ait touché pour qu’il répande tous les poisons. Puis, saisissant lui-même à pleines mains les robes étincelantes, les manteaux de pourpre, les sandales d’or, les peignes, les strigiles, les miroirs, les lampes, les théorbes et les lyres, il les jetait dans ce brasier plus somptueux que le bûcher de Sardanapale, pendant que, ivres de la joie de détruire, les esclaves dansaient en poussant des hurlements sous une pluie de cendres et d’étincelles. ”
L. Delestrée, Recueil de compositions françaises pour préparer au discours latin les candidats au baccalauréat ès-lettres… (1872)
“ Oui, je déplore de toute mon âme la position de Nicias; lui, un des hommes les plus remarquables de la Grèce, lui si renommé par son intégrité, lui réputé heureux dans sa patrie, aujourd'hui, les mains liées derrière le dos, il essuie toutes les humiliations, toutes les rigueurs qui se rattachent à la captivité, comme si la Fortune l'avait choisi pour montrer quelle est sa puissance. Sachons, Syracusains, sachons jouir de ses faveurs, comme il convient à des hommes, et ne nous livrons pas à des actes de cruauté contre un peuple issu de la même race que nous. ”
Diodore de Sicile,
Bibliothèque historique
“ En effet, après la mort de Theramene, les Trente prenant les riches les uns après les autres, portoient contre eux de fausses accusations, sur lesquelles ils les faisoient punir de mort, et confisquoient leurs biens. De ce nombre fut Niceratus fils de Nicias [6] ce fameux Général Athénien qu’on avoit envoyé à Syracuse. Niceratus étoit l’homme du monde le plus équitable et le plus humain, et d’ailleurs le citoyen d’Athénes le plus illustre et le plus riche. Ainsi sa mort mit en deuil toutes les maisons de la Ville et le souvenir de ses vertus devint une source de larmes. ”
