“ Au plus fort de la mêlée, une troupe de jeunes gens d’élite, conjurés et dévoués à la mort, poursuit à outrance le chef de l’armée ennemie. Ils l’attaquent par surprise ou à découvert, de près ou de loin. ”
Armée ennemie
Définition et enjeux
Citations sur “armée ennemie”
Sun Tzu,
L'Art de la Guerre
(Vè siècle av. J.-C.)
“ Voyagez par les routes sur lesquelles il ne peut vous attendre ; mettez une partie de vos soins à empêcher que l’armée ennemie ne puisse recevoir des vivres, barrez-lui tous les chemins, ou du moins faites qu’elle n’en puisse trouver aucun sans embuscades, ou sans qu’elle soit obligée de l’emporter de vive force. ”
Antoine Jay,
Salon d'Horace Vernet . Analyse historique et pittoresque des quarante-cinq tableaux exposés chez lui en 1822…
(1822)
“ Les scènes dont il fut témoin se retracent à son imagination. C'est là que le premier élan des Français étonna et repoussa l'ennemi; que les bataillons de l'étranger furent enfoncés et rompus ; c'est là que leurs redoutes meurtrières suspendirent l'attaque ; c'est là que la trahison vint à leur secours, et qu'après des prodiges de valeur, une nouvelle armée ennemie nous arracha la victoire. Ce guerrier, dont l'expression est si touchante, ne vous dit-il pas : C'est là que j'ai combattu, là, que j'ai versé mon sang pour mon pays? 7 Oui, vous le reconnaissez ”
“ Ainsi, chaque rang de l’armée a, dans la bataille, l’ennemi en face et l’ennemi sur ses talons, nulle part des semblables, des compagnons, ou des frères d’armes. Partout la violence, la mort et l’épouvante ! C’est avec cela, dit le grand Frédéric, qu’on forme des soldats invincibles. ”
Émile Legouis, Revue des Deux Mondes
“ Tantôt vers l’autre armée, et les faire trembler En lourds oscillemens qu’un cri peut ébranler Et pousser brusquement au sens de la victoire ! Et quel autre moment, gros d’un siècle d’histoire, Quand, tout d’un coup, l’armée, — et nul ne sait comment, — Sent qu’elle a la journée, et d’un seul glissement Refoule l’ennemi briser dans la défaite ! ”
Ammien Marcellin, Marcellin, Jornandès, Frontin, Végèce…
“ Détachez le plus d’ennemis que vous pourrez de leur parti, recevez bien ceux qui viendront à vous ; car vous gagnerez plus à débaucher des soldats à l’ennemi, qu’à les tuer. Il vaut mieux avoir plus de corps de réserve derrière l’armée, que de trop étendre son front de bataille. Celui qui juge sainement de ses forces et de celles de l’ennemi, est rarement battu. ”
“ Je vous réponds que vos troupes n’oublieront rien pour bien se battre. Mourir de la main des ennemis leur paraîtra quelque chose de bien doux au prix de tous les maux qu’ils voient prêts à fondre sur eux et à les accabler.V. Si, par hasard ou par votre faute, votre armée se rencontrait dans des lieux plein de défilés, où l’on pourrait aisément vous tendre des embûches, d’où il ne serait pas aisé de vous sauver en cas de poursuite, où l’on pourrait vous couper les vivres et les chemins, gardez-vous bien d’y attaquer l’ennemi ; mais si l’ennemi vous y attaque, combattez jusqu’à la mort. ”
Antoine Charles Étienne Paul de La Roche Aymon, Mémoires sur l'art de la guerre… (1857)
“ Si l'intérêt de l'ennemi est de vous attirer le plus tôt possible à une action générale pour être en état d'assiéger une de vos principales forteresses, y former de nouveaux dépôts, et avancer dans le pays de plus en plus, jusqu'à ce qu'il vous ait enfin forcé à l'évacuer entièrement, ou à faire une paix telle qu'il voudra la dicter, toute votre attention doit se porter à éviter un engagement général; car, en employant habilement l'armée que vous tenez en campagne, vous pouvez forcer l'ennemi, quelque supérieur qu'il soit, à abandonner ses projets, et à se retirer avec une armée ruinée. ”
Léon Tolstoï,
Guerre et Paix
(1869)
“ En apprenant que nous attaquerions l’ennemi le lendemain, en entendant, des sphères supérieures de l’armée, l’affirmation de ce à quoi ils voulaient croire, les hommes épuisés, chancelants, se rassérénaient et s’encourageaient. ”
Ernest Tonnelat, À travers les lignes ennemies… (1922)
“ Éclairez vos camarades jeunes et moins expérimentés sur ces misérables tentatives de l'ennemi, montrez-leur ce que notre ennemi mortel attend d'eux et ce qui est en jeu. Recueillez tous les tracts et brochures, portez-les à vos chefs qui les transmettront au haut commandement, lequel saura en tirer des déductions précieuses sur l'état de l'opinion ennemie. Vous faciliterez ainsi la conduite de la guerre et vous contribuerez à hâter la victoire. ”
Th. de Wyzewa, Revue des Deux Mondes
“ Modelez votre tactique sur le génie de votre peuple. Ménagez-vous une grande armée de réserve, qui attende l’ennemi et l’accable au dernier moment ; et que le reste de vos troupes, divisé en petits corps d’armée, mène surtout contre Napoléon une guerre de vivres ; qu’il s’efforce uniquement d’affaiblir et d’affamer l’envahisseur. Car c’est chez vous que vous aurez à vous défendre, et c’est la vie même de votre peuple qui sera l’enjeu de la lutte. ”
Félix-Archimède Pouchet,
L'univers : les infiniment grands et les infiniment petits
(1891)
“ On se demande contre quel formidable ennemi on a lancé une telle armée d'hommes! Qui donc les uns vont-ils attaquer avec les bâtons qu'ils brandissent de toutes parts? De quels agresseurs puissants les autres prétendent-ils arrêter la marche par les longs fossés qu'ils creusent? ”
Rudolf Apponyi, Journal du comte Rodolphe Apponyi… (1913-1926)
“ En un mot, tout tourne contre vous. Vous vous voyez entouré d'une puissance ennemie et cachée, vous en êtes sans cesse mortellement blessé sans savoir d'où part le coup, sans savoir quel est l'ennemi qui s'acharne contre vous, qui s'attache à vos pas, qui vous poursuit dans la capitale comme en province, dans les salons dorés comme sous l'ombre de votre verger. ”
Gustave Thomas, Metz : guerre de 1870 (1871)
“ L'ennemi qui nous investit péniblement depuis plus de 70 jours, sait qu'il est prêt d'atteindre le but de ses efforts : 'il demande la Place et l'Armée, et n'admet pas la séparation de ces deux intérêts. ”
Antoine Charles Étienne Paul de La Roche Aymon, Mémoires sur l'art de la guerre… (1857)
“ Que fera cependant le général ennemi? Il verra des têtes de troupes dans les principaux points de la position qu'il veut attaquer ; et au lieu d'une armée en bataille et disposée pour se laisser compter et battre, cette armée partagée en colonnes dont il ne pourra juger ni la profondeur ni l'objet. ”
Joseph-Paul Ferrer, Mirabeau guide du républicain (1872)
“ Il faut apprendre, ajoute l'éminent orateur, il faut apprendre à toutes les nations que ai, pour étouffer à jamais le germe des combats, il fallait renoncer à toute force extérieure, détruire nos forteresses, dissoudre notre armée et brûler nos flottes, nous donnerions les premiers l'exemple. ”
Timoléon Taillefer, La France et l'Europe. Système défensif… (1841)
“ Seuls contre tous, attaqués sur tous les points à la fois, l'ennemi peut faire quelque trouée. Or, qu'il pénètre sur le sol de la patrie; l'armée, la garde nationale ne peuvent avoir d'auxiliaires plus puissans que ces corps insaisissables, se dissolvant, se réunissant au premier coup de sifflet ; interceptant les convois de vivres, d'argent, d'équipement; détruisant fourrageurs et maraudeurs; affamant l'armée ; enlevant dépêches, hommes isolés, espions ; éclairant nos généraux sur les positions, les forces, les mouvemens de l'ennemi ; se trouvant partout et nulle part ”
Honoré Arnoul,
La guerre, histoire complète des opérations militaires en Orient et dans la Baltique pendant les années 1853…
(1856)
“ L'extrême mépris qu'ont montré des officiers et d'autres personnes attachées à cette armée pour ce qui réclame le respect, en visitant le théâtre d'un récent combat, en dépouillant les morts ou en achetant les objets pillés, a motivé de la part de nos alliés une plainte grave. Tout ce qui se trouve sur le champ de bataille appartient à la nation victorieuse. ”
Collectif, Encyclopédie anarchiste
“ Mais comme l’ennemi, dès la première attaque, est sur le qui-vive, il garnit solidement ses tranchées, fait venir des renforts, de l’infanterie et de l’artillerie, consolide son mur : et on a beau lancer des troupes fraîches, on ne passe pas. ”
Henri Leplus, La campagne de 1800 : à l'armée des Grisons (1908)
“ Tout ce qui tend à ébranler l'ennemi doit être employé, fussent même la moitié et les deux tiers de votre armée; je ne demande point pour mon compte la gloire qui en résultera, elle rejaillira nécessairement sur l'armée ou partie d'armée qui aura opéré ; où en serions-nous si l'un ou l'autre éprouvait un échec? que de sacrifices perdus et quelles ressources par la suite pour nous maintenir ? l'ennemi enflé d'un succès passager pousserait peut-être plus loin son audace, et nos troupes découragées répandraient bientôt l'alarme dans nos départements méridionaux. ”
George Sand,
Souvenirs de 1848
“ Pourquoi cet appareil de guerre lorsque l’ennemi n’est point à nos portes, et que les nations étrangères ne songent pas à nous combattre, mais à nous imiter ? Pourquoi habituer le peuple à ne marcher qu’avec un fusil au bras ? ”
Charles Lachaud,
Affaire Bazaine : plaidoirie complète de Me Lachaud…
(1873)
“ Vous le savez bien, c'était beau autrefois : homme contre homme, dix contre cent, poitrine contre poitrine; l'ennemi qu'on voit, l'ennemi qu'on sent, l'ennemi sur lequel on peut se précipiter, et que l'on trouve devant soi : voilà la vraie bataille, la bataille que la France a toujours aimée!. Mais le canon, l'ennemi qu'on ne voit pas, l'obus sifflant qui vous arrive, les journées entières qu'on passe en voyant tomber de malheureux soldats sans qu'il soit possible de savoir d'où est parti le coup, cette espèce de combat de fer, dans lequel la valeur de l'homme n'est rien !. ”
Godefroi La Tour d'Auvergne, De l'impossibilité de faire une guerre sérieuse… (1831)
“ Pour engager les habitans à plus d'obéissance, il faut faire courir le bruit que l'ennemi pille et ravage tout ce qui se présente devant lui. Il faut avoir soin de munir de provisions les places qui sont exposées à être attaquées par l'ennemi , et qui, par leurs fortifications, sont en.état de faire une défense qui vous donne la facilité d'assembler une armée, pour venir à leur secours,; par cette manoeuvre l'on amuse l'ennemi en lui faisant éprouver de très grandes pertes..... ”
René Bittard Des Portes, L'insurrection de Lyon en 1793… (1906)
“ Retranchez-vous, présentez ce front redoutable de l'homme libre qu'on veut opprimer et que, désespérant d'une victoire atroce, vos ennemis se tiennent à une distance respectueuse. Citoyens, l'ennemi est à vos portes, il n'est plus temps de délibérer. Guerriers, courez aux armes. Citoyens, rappelez-vous que les défenseurs de la République française n'ont jusqu'ici résisté à des armées innombrables pendant la saison rigoureuse qu'en passant les jours et les nuits au milieu des frimas et en reposant sur la neige leurs corps fatigués. ”
Michel de L'Hospital,
Poésies complètes du chancelier Michel de L'Hospital…
(1857)
“ Vous qui, pour le moment, refusez brutalement les modiques subsides destinés à l'entretien d'une armée, si vous voyiez les légions espagnoles s'avancer, enseignes déployées, menacer la capitale, ravager les campagnes environnantes, brûler les maisons, que ne promettriez-vous pas pour faire cesser vos terreurs et vous délivrer, vous et vos fortunes, des invasions ennemies ? ”
Prosper Poitevin, Revue générale et comparée des concours classiques… (1846)
“ Quant à ses vertus militaires, les ennemis tant de fois attaqués, nos soldats même qu'il a tant de fois, en leur faisant pour ainsi dire de son corps une barrière, empêchés de fuir et ramenés au combat, et le général ennemi percé de son dard, sont autant de preuves de son courage et de son intrépidité. ”
“ En attendant, l’Armée les menace tous les jours de ses fusils et de ses mitrailleuses. L’Armée se prépare peut-être à les pousser vers de nouveaux champs de carnage. L’Armée leur prend les meilleures, les plus jeunes énergies et s’en sert et les corrompt. ”
Amédée Gayet de Cesena, Campagne de Piémont et de Lombardie en 1859 (1860)
“ L'ennemi est encore le même : atroce, assassin, impitoyable et pillard. Vos frères de toutes les provinces ont juré de vaincre ou de mourir avec vous. C'est à nous de venger les insultes, les outrages, Ja servitude de vingt générations passées; c'est à nous de laisser à nos fils un patrimoine pur de la souillure de la domination du soldat étranger. ”
Les Murailles politiques françaises… (1875)
“ Citoyens! on s'occupe de votre armement. Ceux qui ont accepté la tâche de vous administrer, n'ont plus d'autre souci. — Ayez confiance dans leur patriotisme et leur énergie, — Mais n'attendez pas. — Armez-vous tout de suite vous-mêmes ! Secondez-nous par votre propre initiative, et que, devant l'élan unanime de la nation entière, l'ennemi effrayé comprenne enfin qu'il ne trouvera plus en France que la famine et la mort! AUX ARMES ! Tout fer est bon pour en forger ! Que ceux qui ont des fusils fondent des balles ! Partout où les fusils manquent, armez-vous de lances. ”
François-Alphonse Aulard,
La guerre actuelle commentée par l'histoire…
(1916)
“ On a vu, on voit, dans la grande bataille, l'ardeur d'initiative, la fougue d'énergie de nos officiers fraîchement sortis du rang, et qui, lieutenants ou capitaines, presque tous jeunes, formés à la guerre par la guerre, ont étonné leurs chefs, ont effrayé l'ennemi par la mordante hardiesse de leurs décisions dans l'offensive, par leur ardente fermeté dans la défensive, par leur immobile solidité sous la pluie des obus monstrueux. ”
Auteur :, Revue des Deux Mondes
“ Nous serrons la main de l’ennemi battu par les armes et qui lève la main pour se rendre. Mais quant à l’ennemi qui n’accepte pas la paix et s’obstine à verser notre sang et celui de nos peuples, il subira notre contrainte... ”
Louis Sacré, Histoire de l'invasion, deuxième Empire… (1875)
“ Lorsque, au prix d'une certaine patience, l'on a bien saisi le vaste ensemble des mouvements d'une armée, lorsque la vue embrasse le panorama de la lutte, tout s'éclaire vivement dans l'esprit, l'horizon s'étend immense et lumineux devant le regard, chaque bataille devient une scène émouvante d'une grandiose épopée, au dénouement de laquelle sont attachés les destins des peuples. ”
Charles de Mazade,
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire…
“ Ils sont d’avis qu’il faut attendre l’ennemi dans des positions de défense soigneusement fortifiées, on les jette dans une offensive périlleuse avec des corps disjoints, séparés par plusieurs marches. ”
François Arago,
Sur les Fortifications de Paris…
(1841)
“ Il est nécessaire que l'armée active, entièrement libre de ses mouvements, soit maîtresse de décider en quel temps, en quel lieu elle se portera sur l'ennemi par de redoutables attaques de flanc, ou de manière seulement à couper' ses communications. ”
R.-H.-J. Cambresier, Dictionnaire walon-françois
“ La présence subite de l’ennemi donne l’alarme, la vue du combat cause l’effroi, l’égalité des armes tient dans l’appréhension, la perte de la bataille répand la terreur, les suites jettent l’épouvante parmi les peuples & dans les provinces ; chacun craint pour soi ; la vue du soldat fait frayeur ; on a peur de son ombre. ”
É. Lamy, Revue des Deux Mondes
“ Gouverner sur l’ennemi, deviner ses projets, éviter son choc, le frapper, saisir dans ces évolutions l’instant propice à l’artillerie, soutenir en même temps que la grande lutte les combats de torpilleurs, mettre à la mer et recueillir les uns, couler les autres à coups de mitraille, être tout entier à toutes ces lâches, diriger le personnel appliqué à chacune d’elles, à travers le déchaînement de tous les périls garder la vision nette du champ de bataille et conduire une action furieuse avec une âme immobile : quelle tâche ! ”
Abram-François Pétavel, La fille de Sion, ou Le rétablissement d'Israël… (1868)
“ Oui, guerriers intrépides, vous allez maintenant regagner vos positions et culbuter l'ennemi. Mais, si votre général eût ménagé ses jours, s'il n'eût pas affronté à votre tête le feu de l'ennemi ; si, à la vue d'un si grand péril, transportés et hors de-vousmêmes, vous ne fussiez pas devenus soudain d'autres hommes, vous cédiez à des forces supérieures aux vôtres, et la victoire encore indécise échappait de vos mains. ”
Frédéric Delbreil, Lettres à l'Assemblée nationale… (1871)
“ Notre armée, humiliée par des défaites auxquelles son glorieux passé l'a rendue plus sensible, va retrouver des compagnons d'armes prêts à partager ses périls et à la reconduire à la victoire, le jour où les revanches seront possibles. ”
César-Pierre-Thomas Lavelaine, Les évolutions de ligne, par bataillons en masse… (1852)
“ Juger sainement de ses forces et de celles de l'ennemi ; se régler d'après l'avantage du nombre et de l'espèce de troupes ; mettre en balance la valeur, la supériorité des forces, le terrain coupé, accidenté, et la disproportion des forces. Donner de fréquents combats ; harceler l'ennemi sans lui donner de repos ; quand il bat en retraite, faire fondre, pour ainsi dire, l'ennemi par des pertes continues; faire la guerre sans rien donner au hasard, c'est le plus haut point de perfection et d'habileté d'un général. ”
“ Encore une fois, éclairez toutes les démarches de l’ennemi, quelles qu’elles puissent être ; mais veillez aussi sur vos propres troupes, ayez l’œil à tout, sachez tout, empêchez les vols et les brigandages, la débauche et l’ivrognerie, les mécontentements et les cabales, la paresse et l’oisiveté. ”
