Gustave Guillaumin, Heures de loisir : poésies intimes (1894)
“ L'enfant qui dort obtient du Ciel De beaux rêves pour récompense. Dors, mon amour ; sèche tes pleurs, Et demain nous irons ensemble Voir jouer sur l'herbe qui tremble Les papillons avec les fleurs ; Puis nous ferons encor l'aumône A l'aveugle qui tend la main En priant au bord du chemin. — Il s'enrichit, celui qui donne ! — Ferme tes yeux, encor, encor! Ferme ta docile paupière ! Que peux-tu craindre quand ta mère Est là, veillant sur son trésor? Avec tendresse, avec prudence, Elle te garde et te défend : Une mère est la Providence Que Dieu donne au petit enfant. ”
