École vénitienne

Définition et enjeux

L. Peisse Revue des Deux Mondes

Il était naturel qu’il se produisît de préférence dans cette école qui, tournée de bonne heure vers le côté matériel de l’art et maniant la couleur avec une force souveraine, cherchait, avant tout, à éblouir et charmer les yeux, et pour qui tous les sujets étaient bons à représenter, pourvu qu’elle y pût faire jouer la puissance de sa main, et tous les objets bons à peindre, pourvu qu’elle pût déployer sur eux l’éclatante et somptueuse parure de sa palette. L’école vénitienne introduisit dans l’art l’éclectisme, qui, ici comme ailleurs, ressemble assez au scepticisme, du moins par ses effets.
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Marcel Reymond Revue des Deux Mondes

Nous allons voir l’école vénitienne sommeiller pendant tout un siècle et ne vivre, elle jusqu’alors si autonome et si fière de son indépendance, qu’en s’éloignant de ses traditions et en se mettant à la remorque des écoles étrangères. Les peintres de Venise vont imiter les peintres de Bologne, et cela est logique : c’est la suite de l’arrêt porté contre Paul Véronèse, c’est la conséquence de l’action souveraine exercée sur toute l’Italie par les papes de la contre-Réforme : ils exigent que partout l’art se consacre exclusivement au service de la pensée chrétienne.
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