Rudyard Kipling,
Le Livre de la jungle
(1894)
“ — J’ai vu Mowgli parmi les Bandar-log. Il m’a prié de vous le dire. J’ai veillé. Les Bandar-log l’ont emporté au delà de la rivière, à la cité des singes — aux Grottes Froides. ”
Rudyard Kipling,
Le Livre de la jungle
(1894)
“ — J’ai vu Mowgli parmi les Bandar-log. Il m’a prié de vous le dire. J’ai veillé. Les Bandar-log l’ont emporté au delà de la rivière, à la cité des singes — aux Grottes Froides. ”
Rudyard Kipling,
Le Livre de la jungle
“ Tout meurtri, las et affamé qu’il fût, Mowgli ne put, malgré tout, s’empêcher de rire quand les Bandar-Log se mirent, par vingt à la fois, à lui dire combien ils étaient grands, sages, forts et doux, et quelle folie c’était à lui de vouloir les quitter.—Nous sommes grands. Nous sommes libres. Nous sommes étonnants. Nous sommes le peuple le plus étonnant de toute la jungle! ”
Rudyard Kipling,
Le Livre de la jungle
(1894)
“ Parfois il découvrait des milles et des milles de calme jungle verte, de même qu’un homme au sommet d’un mât plonge à des lieues dans l’horizon de la mer ; puis, les branches et les feuilles lui cinglaient le visage, et, tout de suite après, ses deux gardes et lui descendaient presque à toucher terre de nouveau. Ainsi, à grand renfort de bonds, de fracas, d’ahans, de hurlements, la tribu tout entière des Bandar-log filait à travers les routes des arbres avec Mowgli leur prisonnier. D’abord, il eut peur qu’on ne le laissât tomber ; puis, il sentit monter la colère. ”
Robert Henri Auguste Claude Lafontaine, À travers l'Inde (1913)
“ On croise des femmes délicates ; elles détournent la tète en passant ou bien se protègent d'un pan du voile à hauteur du visage d'une jolie mine indifférente et peu sincère. Des grappes d'enfants dans les coins sombres. Des marchands dans les boutiques : ils racolent avec des sourires câlins. Après les hautes murailles du palais de Vizianagram, c'est le Monkey Temple, le temple habité par des singes. Les « Bandar-log » sont là chez eux, chimpanzés vigoureux, importants et capricieux. Sous le joli cloitre qui borde le sanctuaire, ils tiennent des conciliabules, très graves, en rond. ”
Georges Bell,
Voyage en Chine du Capitaine Montfort…
(1860)
“ Dans les forts ras-de-marée qui ont quelquefois lieu pendant la mousson du Nord-ouest, la mer y déferle. Le navire qui a du lest à jeter ne doit pas venir mouiller par moins de douze à quatorze brasses ; autrement il s'exposerait à ce qu'on le fit changer de mouillage. La police de la rade est confiée à deux bandars. On appelle à Lombock bandar l'individu que le radjah autorise à acheter le riz des agriculteurs et à le revendre aux navires. L'un de ces bandars, que la faveur du radjah met à même de faire le plus d'affaires, est un Anglais nommé King, l'autre est un Chinois. ”
Jules Verne,
La Maison à vapeur
(1880)
“ D’ailleurs, ces pauvres diables avaient là une occasion de gagner quelques roupies, et cela suffisait à leur donner force et courage. Mais il n’en était pas ainsi d’un certain Indou, ou plutôt un Bengali, à l’œil vif, à la physionomie rusée, qui, sans trop chercher à s’en cacher, nous suivit pendant toute notre excursion. En débarquant sur le quai du Manmenka Ghât, j’avais, en causant avec Banks, prononcé à voix haute le nom du colonel Munro. Le Bengali, qui regardait accoster notre gondole, n’avait pu s’empêcher de tressaillir. ”
François Bernadi, Au temps des Mongols : roman (1990)
“ Moi, je pensais que c'était toi... — C'est pas moi, La Chine, et j'ai pas mangé cette lapine. — Alors c'est quelqu'un qui te ressemble, mais c'est pas les Mongols, sûrement pas les Mongols. Le vieillard eut un petit rire qui lui fendit largement les lèvres, il se leva, traîna sa chaise derrière lui, reprit sa place près des braises, penché sur l'âtre. ”
Emmanuel de Las Cases,
Journal écrit à bord de la frégate "la Belle-poule" par Emmel…
(1841)
“ Burnes. L'Indus supérieur et ses beaux affluents étaient au pouvoir du roi de Lahore, Rendjit-Sing, notre ami, mais notre amibien douteux. L'Indus , soit comme ligne commerciale, soit comme ligne de défense, était nul pour nous. De plus, la vraie frontière et barrière de l'Inde est la chaîne des monts Brawouiks qui s'élèvent à l'ouest de l'Indus comme un véritable rempart. Cette longue chaîne n'a que deux ou trois portes praticables pour des armées : le col de Bolan, le passage de Caboul et peut-être un ou deux autres sur lesquels on n'a que des notions incertaines ”
A. Jacobs, Les Voyages d’exploration en Afrique…
“ La région méridionale du Bornu, laquelle confine à l’Adamawa, est aride et triste. Des hommes d’une race particulière habitent la frontière ; on les appelle Shuwas : ce sont des Arabes qui, s’avançant graduellement de l’est par le Darfur, le Waday et le Bagirmi, ont pénétré jusque-là et s’y sont établis depuis plusieurs siècles sans se mêler aux peuplades qui les entourent. Les mœurs et le langage de leurs ancêtres se sont conservés plus purs au milieu d’eux que chez les Arabes nomades de l’Afrique. ”
François Bernadi, Au temps des Mongols : roman (1990)
“ Penché sur l'évier de pierre grise, Sébastien nettoyait deux poignées d'anchois salés. Il avait allumé la lampe à pétrole et un feu de sarments dans l'âtre. De l'eau chauffait dans une casserole posée sur le trépied. — La cuisinière est éteinte, mais il fait bon ici, pas vrai, Turc ? Et avec la lampe on y voit bien assez. — Surtout pas d'électricité ! Ça éclaire trop ! Si jamais la lumière passe à travers les volets, les Mongols viendront frapper sur la porte. Manquerait plus que ça ! Qu'ils te démolissent la porte ! ”
Henri Blerzy, Les Révolutions de l’Asie centrale
“ Bien que délimitée sur presque tout son pourtour par la mer ou par des montagnes, l’Inde a des voisins remuans : à l’est le faible roi de Birmanie, dont les tribus frontières sont insoumises, au nord les habitans belliqueux de l’Afghanistan, les insurgés du Turkestan chinois, — dans le Golfe-Persique, les fanatiques wahabites de l’Arabie, dont les agitations se répercutent au milieu des provinces musulmanes de l’Hindoustan. ”
François Bernadi, Au temps des Mongols : roman (1990)
“ Fais pas de bruit. Tu ne peux pas tomber et je ne peux pas te pousser. Tu es trop haut. Mais je vais ouvrir ta porte. J'en ai pas pour longtemps, tu verras. Juste le temps d'aller chez moi chercher des outils. Mais avec ta chemise blanche, les Mongols risquent de te voir de loin, je vais te cacher avec ma capote de mer. Mais surtout, tais-toi, fais pas de bruit. — Oui, Sé, oui, fais vite... Mais qu'est-ce qu'il me veut, à moi, le Bon Dieu ? D'un geste brusque, Sébastien avait jeté sa veste huilée sur Albert. ”
Jules Verne,
Le Tour du monde en quatre-vingts jours
(1873)
“ Le Mongolia faisait régulièrement les voyages de Brindisi à Bombay par le canal de Suez. C’était un des plus rapides marcheurs de la Compagnie, et les vitesses réglementaires, soit dix milles à l’heure entre Brindisi et Suez, et neuf milles cinquante-trois centièmes entre Suez et Bombay, il les avait toujours dépassées. En attendant l’arrivée du Mongolia, deux hommes se promenaient sur le quai au milieu de la foule d’indigènes et d’étrangers qui affluent dans cette ville, naguère une bourgade, à laquelle la grande œuvre de M. de Lesseps assure un avenir considérable. ”
James Rennell,
Description historique et géographique de l’Indostan
“ Le territoire d’Adjidsing est contigu à Bundelcund à l’ouest ; il touche au pays des Marattes au sud et au sud-ouest, et à l’est à la province de Benarès. Son étendue, en y comprenant quelques Zemindaries tributaires au sud-ouest, est à-peu-près égale à celle de Bundelcund, et ces deux territoires sont également exposés aux incursions des Marattes. Rewah ou Rooah passe pour la capitale. Elle est située sur la grande route, entre Benarès et Nagpour. Nous n’avons qu’une connaissance très-imparfaite de la géographie de ce pays dont les limites ne sont pas bien déterminées. ”
L. de Miloué, Annales du Musée Guimet
“ Les explorations — qu’il serait trop long et fastidieux d’énumérer toutes — se multiplient dans les provinces frontières de Ladak, de Ngary-Khorsoum, de Cachemir, de Népaul, de Sikkim et de Boutan, faites, pour la plupart, par des officiers de l’armée des Indes ou des fonctionnaires anglais, dont quelques-uns parviennent à faire de courtes incursions sur le territoire interdit. ”
Johan Splinter Stavorinus, Voyage par le Cap de Bonne-Espérance à Batavia…
“ Bernagor est un village qui appartient à la Compagnie ; aussi y voit-on, comme à Chinsura, flotter le pavillon hollandois, quoiqu’elle n’y tienne qu’un simple subdélégué du fiscal. Ce village est situé sur la rive orientale du Gange, à dix ou onze lieues au-dessous de Chinsura. C’est ici qu’on fabrique la plus grossière espèce de mouchoirs bleus. La Compagnie y a une maison à peu de distance du fleuve ; elle n’est point habitée, et ne sert que de pied-à-terre à ses employés qui montent ou descendent le Gange. ”
Sabin Berthelot,
Journal d’un voyageur ou recueil de notes pendant un voyage autour du Monde
“ Lombok fait un commerce assez considérable de riz pour Java, Bourbon et la France. Comme tout appartient au Rajah, il charge un courtier de la vente moyennant une redevance qui varie suivant l’importance des affaires. Le courtier actuel paye sa charge 15,000 piastres. Les négociants et capitaines ont en outre un courtier à eux. C’est un Chinois qui est le nôtre : curieuse figure osseuse, aux pomettes saillantes, aux yeux bridés et d’une mobilité remarquable, elle pétille d’intelligence et de ruse. Type à peindre ; ce courtier est tout long, agile et souple comme un serpent ”
Émile Delmas,
Java, Ceylan, les Indes : excursion sous l'équateur et la zone torride
(1897)
“ On a très nettement l'impression qu'on arrive chez un peuple pauvre et que la région des pillards est proche. Il n'y a plus d'Hindous à Peschawar; tout est musulman; dans la foule, je vois un grand nombre d'Afghans, beaux hommes, des brigands de Callot, à l'allure fière et l'expression dure de gens prêts à toutes les besognes. Les maisons sont toutes en bois, comme à Srinagar, avec des façades, des balcons, des portes, des fenêtres, découpées en dentelle. Une ville pareille, avec la plus petite brise soufflant sur un commencement d'incendie, doit flamber tout entière, en un clin d'œil. ”
François Bernadi, Au temps des Mongols : roman (1990)
“ Il s'approcha de La Houra qu'il distinguait plus nettement dans la lumière rosée. — D'abord les Mongols ne viennent pas au bord de la mer, et puis, écoute, elle est pleine, tu entends ? Pleine de petits lapins ! Il tendait l'animal à La Houra. Les longs bras de celui-ci se laissèrent aller de tout leur poids. Al Turc voyait s'affaisser la lèvre inférieure de son ami et luire le blanc de ses yeux stupéfaits. — Mince de mince ! — Et après, La Houra ? N'empêche que ce sera extra sur le gril... avec un peu de poivre. C'est pas tous les jours qu'on mange une lapine pleine. Non ! ”
Jules Verne,
La Maison à vapeur
“ C'est l'ancienne capitale du Bundelkund, une ville qui fut florissante dans la première moitié du dix-septième siècle. Mais les Mongols d'une part, les Maharates de l'autre, lui portèrent de terribles coups, dont elle ne se releva pas. Et, maintenant, l'une des grandes cités de l'Inde centrale n'est plus qu'une bourgade, qui abrite misérablement quelques centaines de paysans.J'ai dit que nous étions venus camper sur les bords de la Betwa. Il est plus juste de dire que le train fit halte à une certaine distance de sa rive gauche. ”
Jules Verne,
Les voyages au théâtre
“ Aucun étranger suspect n’a été remarqué dans la province et n’a débarqué à Suez. FIX. Ce n’est que trop vrai, Excellence ! Voici déjà quinze jours que je suis ici, que je ne quitte pas ce quai, que je dévisage les passagers de tous les paquebots pour tâcher de reconnaître le voleur de la Banque d’Angleterre, et rien ! rien ! MUSTAPHA. Un peu de patience, monsieur. Les voleurs ne sont pas toujours si pressés de se faire prendre. À propos, vous savez que le Mongolia a été signalé hier au large de Port-Saïd. Il ne peut donc tarder à arriver. FIX. Et le Mongolia vient directement de Brindisi ? ”
“ Il y avait des forces antagonistes en présence, dont l’une était représentée par le Rajah Allang, le pire des oncles du Sultan ; gouverneur de la rivière, il pratiquait toutes les exactions et les vols, et pressurait à mort les Malais du pays, malheureuses victimes sans défense, qui n’avaient même pas la ressource de l’émigration. – « Car », me faisait remarquer Stein, « où et comment les pauvres gens pourraient-ils s’en aller ? » ”
Émile Delmas,
Java, Ceylan, les Indes : excursion sous l'équateur et la zone torride
(1897)
“ Rentrés à Agra, nous apprenons que, cette nuit, en l'honneur de je ne sais quel Dieu ou quel animal, il y a fête hindoue au Taj, danses de bayadères, etc. Nous nous sentons trop las et nous y renonçons à regret, ce qui ne nous empêche point, d'ailleurs, de rester, jusqu'à minuit, suspendus aux lèvres d'un colonel anglais, commandant un régiment d'irréguliers à la frontière, qui nous fait le récit le plus curieux et le moins édifiant des moeurs afghanes. ”
Pierre Loti,
Les Derniers Jours de Pékin
“ Jusqu'à l'horizon, il y en a toujours, des tourelles, des mâtures, des fumées,—et c'est la très étonnante escadre internationale, avec tout ce qu'elle traîne de satellites à ses côtés: torpilleurs, transports, et légion de paquebots.Ce Bengali, où je vais m'embarquer pour un jour, est l'un des petits bâtiments français, constamment chargés de troupes et de matériel de guerre, qui, depuis un mois, font le pénible et lassant va-et-vient entre les transports ou les affrétés arrivant de France et le port de Takou, par-dessus la barre du Peï-Ho. ”
Alfred Jacobs, Voyage en Asie et en Afrique, d'après les récits des derniers voyageurs (1855)
“ Ils ont une élévation de plus de trente pieds au-dessus du Gange, et cependant, depuis le lever jusqu'au coucher du soleil, ils fourmillent dans toute leur étendue d'hommes embarquant, débarquant les marchandises, ou pratiquant leurs ablutions et récitant des prières. Benarès est certainement des cités de l'Hindoustan celle qui a le caractère le plus oriental. Aucun Européen n'habite dans l'intérieur, et pas une rue n'est assez large pour donner passage à une voiture ; un palanquin même ne passe qu'avec difficulté dans ses ruelles étroites, tortueuses et encombrées par la foule. ”
Louis Bougier, Précis de géographie physique, politique et militaire… (1882)
“ Sur l'Hymalaya en face de la vallée du Gange, le Bhoutan est inconnu aux voisins, à l'E. les Lushaïs, pillards, occupent la frontière de Birmanie. A l'O., en Beloutchistan, le Khan de Khelat est menacé par la Perse et soutenu par les Anglais. Ce pays est stérile, mais important comme intermédiaire entre l'Inde et la Perse. L'Inde Anglaise en résumé paraît avoir atteint ses limites partout; elle a des voisins turbulents, non dangereux, mais au N. la Russie menace le Beloutchistan, l'Afghanistan, Candahar, Caboul. V. ASIE CENTRALE. — Afghanistan ou Kaboul. ”
Léon Feer, Le Birma et les Birmans, séjour d’un médecin européen à la cour de Mandalay
“ Sachant combien de fois la capitale de l’empire a changé dans le cours des siècles et quels voisins entreprenans et redoutables sont établis près d’eux, les Birmans ne peuvent se dissimuler la probabilité d’un changement nouveau, qui n’est peut-être pas fort éloigné. ”
A. Jacobs, Les Voyages d’exploration en Afrique…
“ Omar, expulsé un instant, reprit ensuite le dessus : il rentra dans Kukawa, tua son frère et se ressaisit du pouvoir ; mais dans la lutte le pauvre vizir avait été pris par ses ennemis, qui lui avaient tranché la tête. L’histoire du Bornu, à laquelle M. Barth a consacré de très profondes études, est loin de manquer d’intérêt, et, par plus d’une étrange analogie avec certains faits de nos histoires européennes, elle atteste une fois de plus combien il est vrai que, dans des pays bien différens, sous les formes extérieures les plus diverses, les hommes sont au fond partout les mêmes. ”
Jean de La Ville de Mirmont,
La Revue hebdomadaire
“ Après qu’il eut croisé en vue de bien des terres ignorées, dont aucun livre de bord ne porte la mention et qu’il eut traversé des océans verts, des mers bleues, violettes, grises ou blanches, le City of Benares conçut cette notion désolante, par laquelle commence l’instruction rationnelle des enfants des hommes sur les bancs de l’école primaire. À force de tourner autour du monde il se rendit compte de la vanité de ses recherches, et que la terre n’est qu’une boule, légèrement aplatie — dit-on — aux pôles. ”
Alfred Martineau,
Mémoire sur quelques affaires de l’Empire Mogol
“ Alors le raja entre en composition ; l’affaire est d’autant plutôt terminée qu’il n’ignore pas que le soubahdar, poussé à bout, pourroit nommer un autre gouverneur, et que le soubahdar de son côté sait bien qu’un changement est toujours suivi de mille inconvéniens. Avec tous ces avantages, Benarès n’est point une ville aussi commerçante qu’elle pourroit l’être, si l’on excepte le commerce des lettres de change, quelques manufactures d’étoffes brochées ; tout l’argent qu’elle enferme est un argent mort. C’est dans cette ville qu’on fait les plus riches voiles pour les femmes ”
