Hector Berthelot,
Les mystères de Montréal
(Feuilleton dans Le Vrai Canard entre 1879 et 1881)
“ Est-ce vous qui avez dessiné ces deux cœurs ? — Je penserais, répondit Cléophas en se levant et en poussant un gros hoquet chargé d’effluves alcooliques. Ça me prend, moi, pour tatouer un homme. — Vous ne me paraissez pas riche, l’ami. Aimeriez-vous à gagner cent piastres en or en trois jours ? — Cent piastres en or ! Me prenez-vous pour une tête sèche ? Venez donc pas m’achaler avec votre argent ! — Écoutez, l’ami. Je suis sérieux. Si vous vous engagez à faire sur un jeune homme un tatouage aussi bien réussi que le vôtre, je vous donne cent louis, parole de gentilhomme. ”
