Jules Claretie,
La maison vide
(1878)
“ Robert entendit un soupir. C'était l'amiral qui revenait à lui. Le regard de Salviac, cherchant celui de Pierre, demanda : – Il est mieux, n'est-ce pas ? Et le geste muet de Pierre répondit : – Oui. Bien ! Alors, doucement, sur la pointe des pieds, Robert s'éloigna, contemplant encore, le coeur gonflé et ses joues gardant l'amer sillon des larmes, cette chambre où respirait l'homme qui lui avait tué son bonheur, et à qui il avait, lui, volé sa joie. – La vie est une pièce mal faite, songeait Robert. Cet homme, ce héros, je le respecte et je l'eusse aimé ! ”
