Goût public

Définition et enjeux

Portrait de Hippolyte Rigault Hippolyte Rigault Conversations littéraires et morales (1859)

Qu'est-ce qu'un public, un vrai public ? Est-ce une réunion d'individus juxtaposés, un simple nombre? Évidemment non. C'est un être collectif ayant, comme tous les êtres, une unité morale. Cette unité se fonde sur une communauté de pensées et de sentiments à l'égard des choses d'esprit, sur la discipline du goût. Le goût est un don et un art. C'est un don peu commun, et la nature en est avare : elle donne à tous le jugement, parce qu'il est le nécessaire, et au petit nombre le goût, parce qu'il est le superflu. De plus, c'est un art difficile dont la perfection dépend de sa culture.
Source : Gallica

Portrait de Gustave Planche Gustave Planche Le Roman français en 1857

C’est aux esprits capables d’inventer qu’il appartient d’élever le niveau du goût public. Qu’ils produisent des œuvres de longue haleine, qu’ils concentrent leurs facultés sur une donnée féconde, au lieu de consumer leur vie dans la peinture, des détails, et le goût public sera bien forcé de se réformer. Ceux qui pensent par eux-mêmes, ceux qui trouvent pour leurs émotions, pour leurs souvenirs, une forme que la foule ignore, doivent dominer la foule.
Source : Wikisource

Jean-Xavier Vêtu Les vrais principes sur la prédication… (1839)

Les règles ont pour objet de prévenir et de redresser les erreurs du goût. Car, il faut le dire, la raison développée des peuples civilisés est, en littérature, un guide moins sûr que l'instinct des peuples primitifs. Les conventions sociales, la mode, la satiété, le caprice, la dépravation des mœurs peuvent fausser le goût public.
Source : Gallica

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